DÉSARTICULATION DE LA DEUXIÈME PHALANGE
4" Procédé de Lis franc. — Cette manière de faire Je lambeau étant assez difficile, Lisfranc a donné le conseil de le tailler par transfixion, avant d'avoir désarticulé, pendant que la peau offre une résistance qui permet de donner à sa section une forme arrondie. Pour cela, la main du malade étant dans la supination (fig. 58], le chirurgien, tenant comme une plume à écrire un bistouri droit dont la direction est perpendiculaire au pouce qui sert aie tenir, introduit cet instrument à plat, au niveau des deux tubercules indiqués, entre la phalange et la peau qui la recouvre en avant, et le glissant
de haut en bas (fig. 58), il termine le lambeau à l'union du tiers inférieur avec les deux tiers supérieurs de la face palmaire de la phalange, c'est-à-dire tout près du pH de flexion. C'est pour arrondir le lambeau de cette phalange qu'il est surtout utile de recourir au mode opératoire indiqué dans les figures 56 et 57. On peut continuer l'opération en laissant la main dans la supination et en attaquant l'articulation par la face palmaire. Mais il faut alors se souvenir du petit tubercule qui dépasse de ce côté le niveau de la surface articulaire, pour que le bistouri ne soit pas arrêté par cette saillie. On évite la difficulté qui résulte de cette disposition anatomique, on commençant à désarticuler par un côté de l'articulation.
Je préfère encore, lorsque le lambeau a été taillé comme il vient d'être dit, tourner la main du malade en pronation, réunir les deux côtés de la base du lambeau par une incision rectilignc, et désarliculer i)ar la face dorsale.
2" Ou peut désarticuler celle phalange par la méthode circulaire ;
mais, outre que dans ce cas l'opération est plus difficile que la méthode à lambeau, cette manière d'opérer a l'inconvénient de placer la cicatrice au bout de la partie restante du doigt, c'est-à-dire dans le point où elle est le plus exposée aux violences extérieures.
3" On a quelquefois eu recours au procédé de Ravaton, qui consiste à faire une section circulaire sur laquelle tombent deux incisions verticales. On obtient de cette manière deux lambeaux parfaitement égaux ; mais à cause du siège de la cicatrice, je préfère à ce procédé la désarticulation avec un lambeau palmaire.
Autrefois on faisait aussi cette amputation avec un lambeau dorsal, pour que la cicatrice ne fût pa^ visible sur le dos de la main, et comme le résultat eût pu gêner, si l'opération avait été pratiquée sur un ouvrier, on l'appelait amputation des riches. Aujourd'hui l'amputation avec un lambeau dorsal est rejetée toutes les fois qu'il est permis de faire autrement.
S 3. — Désarticulation de la première phalange.
Méthode ovalaire. — La main du malade étant dans la pronation et un aide éloignant les doigts voisins de celui sur lequel l'opération doit être patiquée, le chirurgien saisit le doigt malade avec la main gauche, le fléchit légèrement, et portant le bistouri sur la tête du métacarpien correspondant, il fait une incision qui, commençant à 1 centimètre en arrière de l'articulation, se dirige obliquement vers le point où finit le repli cutané interdigital. A partir de ce point, le bistouri contourne transversalement toute la face palmaire, et étant reporté par-dessus le doigt dans l'extrémité de cette dernière partie de l'incision, il est ramené obliquement sur la face dorsale à 4 ou 5 millimètres en deçà du point où l'on a commencé (fig. 59, n° 1).
Les lèvres de la plaie ayant été disséquées vivement et éloignées, le chirurgien ouvre l'articulation par la face dorsale, coupe les ligaments, et, passant son bistouri au-dessous de l'os, il le fait sortir par la plaie palmaire en coupant le tendon des muscles fléchisseurs.
Si l'on a eu soin de ne pas trop ouvrir les branches du V que figure la partie dorsale de l'incison, la tête du métacarpien est suffisamment recouverte par les lèvres de la plaie (fig. 59, n" 2), qu'on maintient rapprochées au moyen de deux serres-fines ou de deux points d'une suture entrecoupée.
1 » Pour le premier doigt, on peut faire l'incision sur le côté
DÉSARTICULATlOiN DE LA PREMIÈRE PHALANGE.
externe, la base de l'ovale répondant à l'insertion du repli cutané interdigital.
2° Pour le cinquième, l'ovale peut être fait de sorte que, sa base répondant au repli interdigital, sa pointe soit tournée en arrière et sur le bord cubital de la main.
FiG. 59.
A. Main droite du chirur-
gien finissant l'incision ovalaire.