DESARTICULATION DE LA PREMIERE PHALANGE
rompue, saisir le doigt malade avec la main gauche portée pardessus le membre sur lequel on pratique l'opération (fig. 61). Les deux lambeaux ayant été circonscrits par les incisions, on désarticule en glissant le bistouri entre la phalange et le lambeau le plus rapproché de la main qui opère.
Fig. Cl.
H. Main gauche do l'opérateur,
F. Main droite de l'opérateur, j
G. Main de l'aide.
Pour tailler les lambeaux de dehors en dedans,' sans les couper en biseau à leur pointe, voici comment il faut opérer. On commence sur la tète du métacarpien avec le tranchant du bistouri; mais dès qu'on arrive sur la phalange, c'est la pointe qui trace le lambeau jusqu'à ce qu'elle arrive sur la limite des faces dorsale et latérale du doigt, où l'instrument est porté perpendiculairement à la direction de la phalange jusqu'à la jonction de la face latérale avec la face palmaire, où l'on recommence à couper avec la pointe du bistouri.
J'insiste sur les différents temps de cette section, parce que j'ai remarqué que presque toujours les commençants font la pointe du premier lambeau trop étroite, et que cette partie est très souvent taillée en biseau aux dépens du derme.
Dans la désarticulation par la méthode à lambeaux, on a do la tendance à chercher l'articulation ti^op en arrière, et il arrive souvent que le bistouri est porté au delà de la tête du métacarpien.
Pour obviera cette tendance, il faut glisser l'instrument contre la phijiange, parallèhMuent à cet os, jus(iu'à cc(iu"il heurte (contre
le tubercule au-dessus duquel est l'interligne articulaire, puis contourner cette saillie au delà de laquelle le bistouri, porté transversalement, entrera dans l'articulation.
Méthode circulaire. — La méthode circulaire consiste ici à disséquer une manchette dont la longueur est indiquée par le point où les replis interdigitaires se terminent sur le doigt, mais il est toujours difficile de la relever assez haut pour pouvoir désarticuler facilement, ce qui est cause que cette méthode est, pour cette région, généralement abandonnée.
On pourrait, après la section circulaire, faire deux incisions longitudinales aux deux extrémités opposées du diamètre du doigt, et par ce procédé, appelé procédé de Sharp, qui n'est autre que celui de Ravaton, on aurait deux lambeaux parfaitement égaux, qu'il serait facile de relever au-dessus de l'articulation.
Appréciation. — La méthode circulaire ne peut, en aucune manière , supporter la comparaison avec les méthodes ovalaire et à lambeaux, qui, toute! les deux, sont d'une exécution facile et donnent un beau résultat.
Je donne à la méthode à lambeaux la préférence sur l'ovalaire, parce que celle-ci fait à la région palmaire un cul-de-sac dont le fond correspond à la gaîne des tendons fléchisseurs, et. où le pus. en s'accumulant, peut donner heu à des fusées purulentes.
§ 4- — Amputation simultanée fies quatre derniers doigts.
Amputation à lambeaux. — La main du malade étant portée dans la pronation, le chirurgien la saisit, de la main gauche, entre le pouce et les quatre derniers doigts qui sont placés transversalement, le premier sur la face dorsale des doigts qu'on veut enlever, les autres sous leur face palmaire.
Fléchissant un peu les doigts du malade et faisant rétracter en haut la peau de la face dorsale de la région métacarpienne, il pratique avec un bistouri long et étroit une incision convexe dont les deux extrémités correspondent, l'une au bord interne de l'extrémité antérieure du cinquième métacarpien, l'autre au bord externe du deuxième, et dont la convexité est au niveau du bord libre du repli interdigital.
Le lambeau que circonscrit cette incision ayant été disséqué, ou simplement tiré en haut par un aide, pendant que le chirurgien coupe les brides qui le font adhérer aux parties sous-jacentes, l'opérateur ouvre les articulations en coupant tous les ligaments, et, passant son bistouri au-dessous des têtes des phalanges, il ter-