RÉSECTION DES APOPHYSES ÉPINEUSES DES VERTÈBRES
Il est bien rare que les apophyses épineuses des vertèbres soient malades, sans que le corps de l'os participe à la maladie; aussi serait-il difficile de citer un grand nombre de cas dans lesquels il a été possible de songer à la résection de ces prolongements apophysaires.
L'opération est d'ailleurs d'une grande facilité. Une incision longitudinale faite sur la ligne médiane met à nu l'apophyse qu'on résèque avec la pince de Liston, beaucoup mieux qu'avec les scies, qui ne peuvent agir profondément sans exposer le chirurgien à blesser les bords de la plaie faite à la peau.
Je pense qu'il n'est pas permis de réséquer les lames des vertèbres, malgré l'observation rapportée par M. Alb. Smith, chirurgien américain, parce que jamais on ne peut à l'avance assigner la Hmite d'une lésion qui affecte un os recouvert par des muscles, et parce qu"il y a témérité coupable à tenter une opération d'une aussi grande gravité, dans un but aussi incertain. Mais je crois, avec M. Sédillot, que dans les plaies par armes à feu compliquées de fractures vertébrales et de la présence de corps étrangers entraînant des accidents de nature à rendre la mort inévitable, il ne faut pas hésiter à enlever ces corps étrangers et à réséquer les parties d'os qui exercent une compression sur la moelle épinière.
Une incision cruciale suffira toujours pour permettre au chirurgien d'atteindre les fragments qu'il veut enlever.