‹ Éléments de chirurgie opératoire ou traité pratique des opérationsChapitre 93 sur 213 · RÉSECTION DES OS DU DASSIN · texte numérisé non relu

RÉSECTION DES OS DU DASSIN

On a réséqué des portions du sacrum et de l'os iliaque : mais comme cette opération ne doit être pratiquée 'quQ pour des cas de fractures compliquées, ou pour ceux dans lesquels une balle ou tout autre corps étranger s'est logé dans un de ces os, le chirurgien s'inspire des indications de la lésion , de sa nature , de la cause qui l'a produite, et surtout de son siège.

ARTICLE IIL

L'application du trépan est une sorte de résection que l'on pratique avec des instruments spéciaux. Ceux dont on se sert habituellement en France sont :

4" Le trépan, qui se compose d'une espèce de vilebrequin dont la partie inférieure (ar5re du irépun) (fig. 13 4, C) s'adapte à une scie circulaire de grandeur variable, qu'on appelle couronne de trépan (fig. '1 .31, B).

Les lames, qui constituent par leur ensemble une couronne, sont inclinées en sens inverso du mouvement qui doit être imprimé à l'arbre.

2° Lo perforatif, dépendance de la couronne, au centre do la-

DES RÉSECTIONS.

quelle il s'adapte , et qu'il dépasse en bas , peut aussi être une pièce indépendante qui se monte sur l'arbre du trépan , et qu'on remplace par la couronne quand elle a tracé la voie que doit suivre celle-ci (fig. 135).

FiG, 134.

A. Vis fixant la couronne B à l'arbre

du trépan.

B. Arbre du trépan.

Fig. 135.

3" Une rugiae^ pour racler le périoste (fig. '136).

4° Un tire -fond, vis d'acier que l'on enfonce doucement dans le trou fait par le perforatif, pour extraire le disque osseux, quand celui-ci ne tient plus que par une lamelle mince (ng. 137, A).

5" Un couteau lenticulaire, boutonné à son extrémité, pour qu'il n'attaque pas la dure-mère, quand on s'en sert pour ruginer les bords de l'ouverture faite à l'os (fig. 138).

6" Une petite brof^se semblable à celle que l'on emploie pour nettoyer les peignes (fig. 137, B).

7" Un élérateur (fig. 139)

Le trépan n'est guère appliqué que sur la boîte crânienne

pour relever un os enfoncé, ou bien pour donner issue à du pus en collection sous la dure-mère. On Ta pourtant appliqué sur d'autres os, sur le sternum entre autres; mais comme l'opération est. à peu près la même, quel que soit l'os sur lequel on la pratique, nous ne la décrirons que pour la région du crâne.

FiG. 13G.

FiG. 137.

CHASRIERE

Fie.

FiG. 139.

La trépanation ne doit point être praticiuéo au niveau des sinus latéraux et du sinus longitudinal supérieur. En réunissant la hvs'ô des deux apophyses mastoides par une ligne horizontale, on a le siège des sinus latéraux , et celui du sinus longitudinal supérieur est indique par une ligne qui, partant de la racine du nez, viendrait tomber sur le milieu de l'occipital.

Il faut, autant que possible, éviter de trépaner près de l'anglo postérieur et inférieur dca pariétaux, où se trouve l'artère méningée moyenne.

Les points les plus convenables pour api)li(|ucr le tropan sont les bosses frontales et pariétales.

Opération. — La tcHe du malade reposant sur uiu) planche recouverte de ling{; et plusieurs aides la maintenant dans Pinuuobililé. une incision cruciale ou on T. comprcicnt (ouïe l'épaisseur

238 DES RÉSECTIONS.

du cuir chevelu, met à nu la portion du crâne sur laquelle on s'est décidé à pratiquer l'opération.

Le périoste est incisé en même temps que la peau , et , si les pinces et le bistouri ne suffisent pas pour le décoller, la rugine sert à le séparer de l'os auquel il adhère.

Les lèvres de la plaie étant écartées par un aide, le chirurgien applique sur le crâne la couronne de trépan munie de son perfovatif. Tenant avec la main gauche le pourtour du pommeau qui surmonte l'arbre du trépan , il Tappuie sur son menton ou bien sur son front ; puis , saisissant avec la main droite la partie moyenne de l'instrument , il lui imprime un mouvement de rotation de droite à gauche, qui, d'abord lent, pour que le perforatif ne glisse pas, devient bientôt très rapide, lorsqu'on sent que cet instrument a pénétré l'os.

On continue à imprimer ces mouvements de rotation à l'instrument jusqu'à ce que la couronne du trépan ait (ail sa voie, en entamant circulairement la portion du crâne qui lui correspond ; on enlève alors le perforatif, qui blesserait les enveloppes du cerveau lui-même, si l'on s'en servait encore, lorsque le trépan a déjà scié la plus grande épaisseur du crâne.

Le diploé, plus vasculaire que la partie compacte du crâne, baigne le trépan , et se laisse entamer facilement. Lorsque le chirurgien reconnaît, au sang qui suinte au fond de la plaie, qu'il est arrivé au diploé, il doit redoubler de précaution et retirer souvent son instrument pour s'assurer que la rondelle d'os qu'il veut enlever n'est pas mobile. Quand il reconnaît que la lame interne du crâne a été attaquée par les dents de la couronne du trépan, il doit introduire sans pression l'instrument appelé lire-fond dans le trou central fait parle perforatif; et, lorsque la vis du tire-fond a pénétré profondément , le chirurgien l'attire à lui, comme s'il s'agissait de déboucher une bouteille avec un tirebouchon.

Quand on a pratiqué cette opération avec toute la prudence convenable, une partie de la lame interne du crâne n'ayant pas été sciée complètement (car on doit s'arrêter dès que le disque osseux est mobile), les bords de l'ouverture sontirréguhers. On doit alors ruginer ces parties avec le couteau lenticulaire, et veiller, en môme temps , à ce que les parcelles d'os que l'on détache ne tombent pas sur la dure-mère.

Quelques précautions que l'on prenne, il est bien rare qu'un peu de sciure d'os ne tombe pas dans l'ouverture qui est pratiquée au crâne. Pour l'enlever, il suffit de souffler avec force, à moins

Page 1