FRACTURES NON CONSOLIDÉES, OU FAUSSES ARTICULATIONS
Anatomie pathologique. — Quand une fracture ne s'est pas consolidée, ses fragments sont le plus souvent réunis par une lame de tissu fibreux qui leur permet de se mouvoir en sens contraire. Lorsque les fragments ont exercé l'un sur l'autre une pression considérable , il peut arriver qu'il existe entre eux une membrane synoviale, comme dans une articulation normale.
Opération. — Le nombre des moyens employés pour remédier à cet état, qui constitue une grande infirmité, quelque considérable qu'il soit, ne laisse pas que d'être insuffisant dans certains cas.
4" Contention prolongée. — Quand les fragments se sont cicatrisés isolément, quand du tissu fibreux les sépare, la contention du membre dans un appareil , avec l'immobilité la plus absolue, fût-elle de plusieurs mois, sera toujours inefficace. Ce moyen peut réussir dans les cas où la consolidation ne s'est pas faite, mais il échouera toutes les fois qu'il y aura une fausse articulation.
2" Compression. — Cette méthode de traitement ressemble beaucoup à la précédente. Elle consiste à exercer une compression avec des liens, tels que bandes et courroies, appliqués pardessus un étui de cuir entourant le membre fracturé.
3" Flottement des fragments. — Depuis Celse, qui le vante, ce moyen a souvent été employé, et pourtant je ne crois pas qu'il existe un fait bien observé de guérison par le frottement des fragments l'un contre l'autre; car, comme le fait observer Boyer, ou bien il y a commencement de consolidation, et alors ce procédé n'est propre qu'à détruire le travail de la nature, ou bien il existe une fausse articulation, et alors le moyen est insuf[isant.
4" Héseclion. — Faites une incision dont la longueur sera i)ro-
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portionnée au volume de Fos sur lequel vous opérez, et portant sur le côté du membre où l'os est séparé de la peau par une moins grande épaisseur de parties molles ; incisez transversalement le tissu fibreux qui réunit les fragments, et faisant saillir au-dessus les deux extrémités correspondantes de l'os non consolidé, vous les réséquez un peu au-dessus de la partie recouverte par le tissu fibreux.
Une scie ordinaire est l'instrument le plus commode pour cela ;. mais si l'os n'était pas trop gros, je préférerais me servir d'un sécateur, tel que la pince de Liston, parce que les os sciés ont moins de tendance à. se réunir que ceux qui ont été coupés par un instrument qui leur fait une solution de continuité qui a quelque analogie avec une fracture en rave.
Si l'os qui est le siège d'une fausse articulation est Ihumérus, on fera l'incision en dehors du bras. Si c'est le fémur, on incisera en avant de la cuisse pour les trois quarts inférieurs de ce membre.
Quand on pratique la résection pour combattre une fausse articulation, on doit resécpjer l'extrémité des deux fragments et ne jamais faire cette opération sur l'un des deux seulement, d'après le procédé que M. Malgaigne attribue à Dupuytren, parce que alors il suffirait qu'un des fragments fût recouvert de tissu fibreux ou fibro-séreux pour que la consolidation restât impossible.
5° Grattement des fragments. ■ — Ce procédé paraît avoir précédé celui de la résection : il est complètement abandonné. Avicenne et Guy de Chauliac, qui en parlent, le critiquent plutôt qu'ils ne le décrivent. Comme pour la résection, on ferait une incision par laquelle on attirerait l'extrémité des fragments; mais, dans ce cas-ci, on se contenterait de racler les parties fibreuses qui s'opposent à la formation d'un cal osseux.
6" Séton.- — Cette méthode consiste à passer une aiguille à séton au travers du membre , entre les bouts des fragments ; à opérer chaque jour des tractions en sens inverse sur la mèche du séton, pour produire l'inflammation des parties fibro-celluleuses intermédiaires aux extrémités des os, etobtenir la formation d'un cal osseux.
Depuis l'époque où Percy pratiqua cette opération avec succès à l'armée du Rhin , la méthode du séton a réussi quelquefois ; mais elle n'a pas tenu tout ce qu'elle promettait.
Au heu d'introduire l'aiguille à séton au travers de la peau, Wardrop incisa les parties molles jusqu'à l'os , et ne passa la mèche à travers le cal fibreux qu'en guidant l'aiguille avec le doigt indicateur introduit au fond de la plaie.
Le premier procédé est, sans doute , d'une exécution plus dif-