IO
ÉCORAT.ION florale d'un rectangle placé horizontalement.
— Le décor se compose d'une ou de deux branches prenant naissance à la partie inférieure sur la ligne médiane, et se ramifiant à droite et à gauche pour porter des fleurs aux quatre angles. Ce thème peut être étudié en sculpture et en décoration plane.
Les études antérieures permettent aux élèves d'apprécier, dans une certaine mesure, la différence d'interprétation nécessitée par les matériaux mis en œuvre suivant la donnée d'un programme. Par les exercices réalisés et par les exemples qui ont été soumis à leur examen, ils ont pu acquérir une certaine intelligence à ce sujet, et, au fur et à mesure du développement des études, le professeur devra exiger d'eux plus d'attention sur les possibilités d'exécution de leurs dessins; il devra faire considérer qu'une certaine interprétation est parfois imposée par la matière même, que l'emploi des matériaux détermine certains résultats et que ces résultats logiquement obtenus sont meilleurs au point de vue artistique que les tours de force de métier.
La beauté d'une œuvre ne consiste pas en enjolivements arbitraires et superflus, mais elle résulte naturellement de la parfaite adaptation de l'objet à sa destination, tandis qu'une chose laide est le plus souvent une chose mal faite et qui n'atteint pas son but.
Il est évident qu'une sculpture sur pierre ne peut être composée comme un projet de dentelle. Toutes les fois que la chose est possible, les compositions doivent être exécutées; les jeunes filles peuvent traduire leurs conceptions en travaux à l'aiguille, broderies, étoffes appliquées, dentelles, etc.; il est également possible de réaliser en céramique, en terre cuite émaillée, en menue sculpture, etc., les compositions les plus intéressantes et ces réalisations sont pour les élèves de fructueuses leçons pratiques.
Figure 382. Sculpture sur pierre. Art français, Fig. 38i.
xive siècle. La fleur et la feuille de l'ancolie sont
traitées avec un réalisme qui n'exclut point l'aspect large et décoratif de cet ornement. Figure 383. Panneau peint. Art moderne français. Composition d'un caractère ample et simple, et présentant une interprétation de la nature analogue à l'œuvre précédente. Le feuillage et la fleur du pommier ont fourni les éléments du décor ; fond blanc jaunâtre, feuilles gris olive, fleurs un peu plus blanches que le fond.
Fig. 382. — Sculpture sur pierre. Réduction au cinquième.
Fig. 383. — Panneau peint. Réduction au tiers.
ÉCOR d'un tapis mesurant om, 85 sur im, 80. Le décor de ce tapis se compose d'une rosace à sa partie centrale et d'une bordure latérale, sa coloration devra être limitée à quatre ou cinq couleurs. Cette composition présente de réelles difficultés, mais elle constitue un intéressant et fructueux exercice pour l'étude de la composition décorative. Toutes les considérations émises à propos des thèmes précédents trouvent ici leur application : équilibre des masses principales du décor, harmonie des proportions entre la partie centrale et la bordure, et, pour la coloration, prédominance des parties auxquelles on veut attribuer une plus grande importance. Ces points principaux étant acquis, il faut ensuite étudier les détails pour donner à l'œuvre un caractère original.
Nous publions fig. 385 et 386 deux dessins de style français moderne, mais les beaux tapis d'Orient à décor géométrique peuvent suggérer d'autres conceptions.
Figure 385. Projet de tapis. Art moderne français. La reproduction traduit assez fidèlement l'œuvre originale pour qu'on puisse apprécier les qualités de celle-ci. Cette œuvre semble manquer de calme par suite de l'écart trop grand entre les jaunes clairs et le fond sombre, l'original ne présente pas autant de différence, les jaunes sont plus atténués et le gris du fond est un peu moins sourd, plus bleu. Nous estimons que les ornements de la bordure sont un peu trop grêles par rapport au décor de la partie centrale.
Figure 386. Projet de tapis. Art moderne français. Composition moins hardie que la précédente, mais présentant néanmoins de réelles qualités. La critique la plus importante qui, semble-t-il, puisse être faite à cette composition, c'est que les taches claires produites par les fleurs sont disposées trop régulièrement sur la ligne médiane, l'effet serait sans doute meilleur, si la première masse, tangente fig. 384.
à la rosace centrale, était divisée en deux parties,
lesquelles seraient portées légèrement à gauche et à droite de l'axe, de façon à encadrer la rosace centrale de six taches claires. Coloration sobre et harmonieuse; fond de la partie centrale et des filets de la bordure roux éteint, fond général gris bleu cendré, feuilles bleu plus foncé, fleurs blanc jaunâtre.
] ic. 3KS. — Dessin d'un tapis. Réduction nu huitième.
Pi . XVII. p. :i
Fig. 3St>. — Dessin d'un tapis. Réduction au huitième.
RNEMENTATÏON d'un jeu de fond. — Ce jeu de fond est composé sans disposition géométrique visible et par la répétition d'éléments très rapprochés. Ce thème présente une apparente liberté, car on ne voit pas de suite la répétition des éléments du décor; cependant, pour que le raccord puisse se faire, le dessin doit être construit sur un canevas géométrique aussi précis que celui des jeux de fond précédemment étudiés. Ce canevas peut être, au gré de chacun, un carré, un rectangle ou un losange de dimensions variables. Pour cette étude le programme proposé peut s'appliquer à la composition d'une étoffe, d'un papier peint ou d'un papier de garde.
Figure 887. Étoffe tissée. Art moderne français. Riche décor obtenu au moyen- de trois couleurs; fond jaune or éteint, feuillages gris perle sertis de jaune clair.
Figures 388 et 38^. Pochoirs japonais. Nous publions deux exemples d'œuvres japonaises de caractère et d'échelle différents, on ne peut que reconnaître la variété et le charme de ces compositions.
Figure 390. Esquisse pour un jeu de fond. Art moderne français. Ingénieux arrangement représentant des cygnes sur une nappe d'eau. La composition a du mouvement et on peut se rendre compte de l'effet agréable que produirait une impression de ce dessin en ton vert gris. Le contraste des deux figures 389 et 3go montre les effets opposés obtenus par la prédominance des valeurs claires ou foncées.
Fig. 389. — Pochoir japonais. Réduit d'un tiers. Fig. 390. - Jeu de fond. Légèrement réduit.
Fie. 38". — Étoffe tissée. Léerère réduction.
Fig. 388. — Pochoir japonais. Grandeur.
ORDURE décorée avec des éléments végétaux. — Cette bordure se développe d'un' seul côté d'une ligne. Nous avons étudié précédemment le principe d'une bordure dont le décor est réparti à droite et à gauche d'une ligne médiane, ligne droite ou sinueuse; le présent thème trouve son application dans les frises au-dessous des corniches, ou parfois de chaque côté des montants d'une baie, d'un rideau, d'un encadrement. Ce thème peut également motiver des œuvres sculptées.
Les trois exemples que nous publions sont destinés à être vus horizontalement, sauf la figure 3g4 qui pourrait sans inconvénient être vue dans le sens ascendant. Dans le cas d'une bordure horizontale, il est plus indiqué de choisir des plantes tombantes. telles que glycine, fuchsia, ou des fruits à grappes.
Figure 892. Filet peint au pochoir. Art moderne français. Ce simple ornement traduit bien le caractère de fermeté de l'élément choisi, la pomme de pin. La tonalité est discrète : bleu violacé très éteint et jaune verdàtre sur fond mastic clair.
Figure 3o3. Petite frise peinte. Art moderne français. Cette composition présente les mêmes qualités que la précédente, mais avec plus d'originalité ; le sens horizontal de la bordure est très affirmé par la nature
même des éléments du décor. Les feuilles sont d'un gris violacé, graines noir mat: les ornements formant second plan, jaune sali, fond blanc mat.
Fie 391.
■ l'iSBonil ES «§as«efliJD««
Fig. 392. — Bordure peinte. Réduction au tiers.
Figure 894. Petite frise peinte. Art moderne français. Ce décor présente une similitude de caractère avec les précédents, mais sa destination horizontale est moins franchement accusée, il pourrait être employé pour une bordure ascendante. Harmonie bleu et jaune sur fond blanc.
2 IÇ
RNEMENTATION d'un plat. — Ce plat mesure o m. 35 de diamètre, et la composition ornementale consiste, ainsi que l'indique le schéma (fig. 3g5), en une partie centrale et un marli richement décorés, et une zone intermédiaire nue ou semée d'éléments très légers; le décor du centre est formé par une branche supportant trois fruits et des feuilles.
Pour l'étude de ce thème dans un cours de composition décorative, on peut proposer le programme d'un plat en porcelaine au grand feu ou en faïence émaillée et limiter le nombre des couleurs à trois ou quatre. Fig. Sçô. Faïence peinte. Damas, xvie siècle. Musée
du Louvre. Collection des faïences persanes. Nous regrettons que la reproduction en
noir ne puisse -traduire qu'imparfaitement le
caractère de cette superbe pièce. Son aspect
est à la fois riche et d'une simplicité parfaite.
Les grappes de raisin sont accompagnées de
feuilles, on peut remarquer que ces feuilles ont
un caractère purement ornemental et qu'elles
forment au centre une sorte de couronne dont
la régularité n'a cependant aucune sécheresse
géométrique. L'harmonie de la coloration est
particulière, elle est sobre et sévère, beaucoup
moins brillante que ne sont en général les
faïences persanes. Le fond est blanc bleuâtre,
les ornements bleu foncé presque noir, les
feuilles vert éteint et les grappes violacées.
Fig. 397. Faïence peinte. Art moderne français. Le thème est traité intelligemment et les
éléments de la composition présentent une
certaine originalité, mais la comparaison avec
l'œuvre précédente est difficile à soutenir, la grâce et la souplesse du décor reproduit
figure 396 rend plus sensible l'aspect quelque peu froid et sec de l'œuvre moderne.
Harmonie assez puissante, fond gris verdàtre chaud, feuillage bleu sourd, courges et
zone intermédiaire blanc laiteux, filets verts.
Fig. 395.
N rinceau de fleurs et feuillages. — Nous avons déjà étudié page i58, thème 52, la décoration d'une bordure verticale avec un rinceau, il suffit d'indiquer aux élèves la destination d'une nouvelle composition sur ce thème et il devient inutile de fournir un schéma explicatif.
Qu'il soit placé horizontalement ou verticalement, un rinceau ne varie guère dans sa composition, sauf le cas où les ornements se composent de fleurs tombantes. On peut remarquer, par les exemples publiés ci-après, que ces ornements pourraient être vus verticalement, en les plaçant tou tefois dans le sens ascendant.
Figure 898. Bordure peinte. Art moderne français. L'attrait particulier de cette composition résulte de l'originalité d'interprétation des éléments du décor, l'harmonie est d'une hardiesse heureuse.
Figure 099. Broderie de soie sur étoffe de lin. Art hongrois. Légère et gracieuse composition ; l'excellente reproduction permet d'en apprécier le charme et la délicatesse, on peut remarquer de nouveau la liberté d'interprétation des éléments naturels.
Figure 400. Dentelle aux fuseaux. Ce document montre des détails analogues à la dentelle de Bruges publiée figure 401, mais avec plus de lourdeur et de sévérité; ce caractère particulier convient d'ailleurs mieux à la destination de cette dentelle qui forme l'entre-deux dans la bordure d'une nappe d'autel.
Figure 401. Dentelle aux fuseaux. Art flamand. Bruges, xvme siècle. Composition élégante et légère, le dessin des détails est original, ce sont des ornements plutôt que des feuilles et des fleurs.
Figure 402. Sculpture sur pierre. Art Rhiner^ ixe siècle, musée du Trocadéro. Riche et gracieux ornement qui offre une singulière ressemblance avec les rinceaux de notre renaissance française.
»*:«* *'«kS\w\V <
Fig. 400. — Dentelle aux fuseaux. Réduction d'un tiers.
Figure 40.3. Broderie de perles. Art français, xvne siècle. Cet ornement est de même provenance que le vase de fleurs publié figure 3-5, thème 67, il t'ait partie de la décoration d'une chasuble: fond de velours rouge, perles jaunes et blanches.
mmmBms&iSMmmtèm
Pi XVIII, i
Fig. 401. — Dentelle aux fuseaux. Légère réduction.
Fig. 403. — Broderie de perles. Réduction d'un tiers.
Fig. 402. — Sculpture sur pierre. Réduction au tiers.
OMPOSITION pour un devant de corsage ou une encolure. —
L'origine de ce décor est sans aucun doute le collier, on peut du reste remarquer que les deux exemples publiés ont l'aspect de riches colliers.'
Le croquis schématique que nous présentons figure 404 ressemble également à un collier terminé par un pendentif. Ce croquis oriente les recherches vers un décor composé d'éléments végétaux, mais il ne doit être considéré que comme une simple indication, dont les élèves peuvent d'autant mieux s'affranchir qu'ils sont parvenus à un degré de culture plus élevé. Pour l'étude de ce thème, les dessins sont faits à la grandeur de l'exécution.
Figure qo5. Broderie de soie sur drap. Art breton. Ce beau décor, composé en grande partie d'éléments géométriques, orne l'encolure d'un gilet breton; l'harmonie est originale et d'une grande richesse, sur le fond de drap mat bleu gris, les soies de l'ornement se détachent en jaune d'or, en bleu et en noir.
Figure 406. Broderie de soie. Art persan. Encolure d'un petit manteau d'enfant. Cette œuvre compte par la richesse du dessin et la finesse de l'exécution. Bien que très réduite la reproduction permet cependant d'apprécier les détails; la broderie est d'une même couleur rouge cerise sur fond vert chaud.
Le rapprochement de ces deux documents permet d'apprécier de nouveau la différence de caractère résultant de la grandeur des éléments décoratifs. La ténuité des ornements de la figure 405 donne à la composition un caractère de légèreté, tandis que la largeur des détails de la figure 406 et leur réunion en masses compactes donne à cette composition plus de plénitude et de calme.
Les deux exemples que nous présentons sont des travaux de broderie. On peut également concevoir l'ornementation d'un corsage avec de la passementerie, soutaches, perles ou de la dentelle.
Fig. 404.
Fig. 406. — Broderie Je soie. Réduction d'un tiers.
AMAGE de fleurs et de feuillage formant jeu de fond. —
Cette disposition ne présente aucune apparence d'arrangement géométrique, il est cependant nécessaire que les différents éléments de la composition se répètent d'une façon précise afin que le raccord se fasse exactement. Les points dominants formés par les fleurs sont d'abord répartis à des intervalles plus ou moins grands, suivant l'importance qu'on veut attribuer à ces points, les éléments secondaires, forment, suivant un terme usité, remplissage.
Les deux exemples que nous publions sont deux fragments de jeux de fond ; afin qu'on puisse mieux apprécier le dessin des détails, nous n'avons pas donné l'ensemble des motifsjusqu'aux points de raccordement.
Dans un cours de composition décorative, un croquis d'ensemble devrait être demandé en même temps que l'exécution en grandeur d'une partie de la composition.
Figure 407. Pochoir japonais. Alternance d'une fleur blanche et d'une fleur noire vues exactement de face. L'intérêt pittoresque de la plante est entièrement écarté, les fleurs sont devenues de simples rosaces ornementales, la composition est très claire et le décor obtenu présente un caractère de richesse.
Figure 408. Cretonne imprimée. Art français, xvme siècle. L'analogie de cette composition avec la précédente est saisissante, les feuillages sont seulement un peu plus maigres; même compréhension du décor dans la répartition des masses et même liberté d'interprétation dans le dessin des détails. La coloration en est agréable, fond écru, FlG- 406-
fleurs rouge ocre, tiges et feuilles bleu outremer éteint.
Le talent du décorateur doit s'employer de façon que l'harmonie subsiste entre les points dominants formés par les fleurs et le jeu de fond constitué par les feuillages. Nous étudierons ultérieurement la composition de jeux de fond où les éléments principaux sont des figures d'animaux ou des personnages, le principe reste le même, il ne doit pas y avoir un écart trop considérable comme volume et comme valeur de tons entre ces points principaux et les éléments qui les accompagnent.
E décor d'un cercle suivant un canevas géométrique.
— Le croquis figure 409
indique la disposition géométrique sur laquelle se
greffe l'ornementation. Ce
thème peut trouver diverses
applications , ainsi qu'on
en peut juger par les exemples publiés ci-après.
Figure 410. Moule à beurre. Art Scandinave, musée ethnographique. Cet objet porte la date de 1784, son décor est uniquement composé d'éléments géométriques taillés en creux.
Figure 411. Faïence peinte. Art moderne français. Les éléments de cette composition manquent
de caractère et présentent quelque confusion, cependant l'effet produit par la coloration est agréable, fond blanc, ornements bleu foncé et bleu clair.
Figure 412. Faïence peinte. Art italien, xve siècle, collection Imbert. Décor sobre d'un très bel effet, toute l'ornementation est blanc jaunâtre sur le fond roux, dans le cartouche central portant des armes, quelques roux plus vifs et quelques bleus.
Fig. 409.
Fig. 410. — Bois sculpté. Réduction au tiers.
Fin. 411. — Faïence peinte. Réduction au quart.
Figure 418. Bassinoire en cuivre repoussé. Art français, xvne siècle, musée des Arts décoratifs. Dans cette composition les ornements floraux, interprétés très librement, sont heureusement liés aux éléments géométriques. Caractère d'abondance et de richesse qui rappelle les exemples d'art Khmer publiés précédemment, voir figure 261.
Edécord'une bordure ascendante. — Le schéma figure^ montre la disposition de cette composition. Les ornements prennent naissance sur une tige sinueuse centrale et se développent du côté opposé à leur point d'attache. Ce thème est applicable à une décoration plane ou sculptée.
Figure 415. Sculpture sur pierre. Art français, xir3 siè-
?cle. Ce très beau bas-relief pro- \ V/ ' '^TfV ;*J^ •.'■^ia^ vient de la porte de l'église de V / ""* \ / ÂfâflA Charlieu (Loire) . Ce sont pro- "•-s.L. MJ ■■'"' ntzSgv bablement les crosses de la
fougère naissante qui ont fourni.
à l'imagier du moyen âge les éléments de. cette riche composition. Ici, l'œuvre du temps n'est pas sans charme, il a effrité les arêtes et usé la pierre, mais la fermeté des lignes et l'énergie du modelé sont restées intactes.
Figure 416. Peinture murale. Art moderne français. Simple composition, qui doit son originalité au dessin vigoureux de ses éléments. Cette bordure décore l'encadrement d'une baie dans une villa au bord de la mer. Harmonie intéressante, fond blanc chaud, feuilles et filets vert chaud, branches et cônes de pin dessinés par un trait jaune roux.
Figure 417. Peinture sur parchemin. Art anglais, xme siècle Musée de Kensington. Cette enluminure forme l'encadrement d'une page manuscrite. Le décor semble être une interprétation d'algues et de feuilles d'eau, il en a le caractère gras et souple; la coloration est très riche, fond d'or, tige centrale verte, fleurs grises rehaussées de blanc, ornement sinueux rouge laque modelé avec du blanc, filets latéraux, blanc, bleu et or.
Les trois exemples ci-contre mettent en évidence diverses interprétations nécessitées par l'exécution en des matériaux différents.
Fig. 414.
ce
ii c
NTRELACS décorant une bordure verticale. — Le thème 12 étudié précédemment est analogue à celui-ci; le présent exercice offre cependant plus de complexité, la partie ornementale qui rompt la sécheresse des lignes géométriques de l'entrelac est plus développée. Ainsi que la plupart des thèmes géométriques précédents, celui-ci peut trouver son application dans de multiples combinaisons. Les arrangements d'entrelacs sont trop variables pour qu'ilsoit utile d'indiquer un schéma préalable. On rappellera ce qui a été dit à ce sujet page 52, en déterminant le but de la composition, bordure peinte, dentelle, bas-relief, etc.... Figure 418. Soie brochée. Art moderne français. Ce décor d'un caractère riche et élégant est formé de deux parties, des palmettes d'une coloration discrète et d'une parfaite symétrie forment une sorte de jeu de fond; des aubépines, partie centrale du décor, s'enlèvent en valeur soutenue sur ce fond. L'entrelac est formé par des branches disposées de façon régulière.
La composition serait meilleure encore, à notre avis, si la disposition des fleurs et des feuilles était moins symétrique. Cette symétrie convient pour l'ornement géométrique du fond, elle est moins heureuse pour les éléments dont le caractère se rapproche de la nature.
La reproduction en couleur traduit assez fidèlement l'aspect du modèle original.
Figure 419. Estampage d'une ancienne sculpture chinoise, ixe siècle. L'original de ce document est conservé au musée des Arts décoratifs. C'est un estampage pris sur une stèle gravée dans une chambre funéraire. L'ampleur et la richesse des éléments de cette composition offrent une similitude saisissante avec les ornements de style Louis XIV. Figure 420. Panneau peint. Art moderne français. Fond jaunâtre, entrelacs et fleurs violet foncé, feuilles jaune ocre.
Figure 421. Bois sculpté. Art suédois, xixe siècle. Cet ornement décore le dessus d'un plateau à lisser le linge. L'irrégularité même de l'ornementation géométrique ajoute au charme de l'ensemble. Les courbes de l'entrelac sont souples, on sent qu'elles ont été dessinées à la main, un tracé au compas n'aurait point cette souplesse, il serait sec et froid. Les ornements sont rehaussés de peinture. Fond vert olive, ornements rouge, jaune et vert plus foncé que le fond. Nous avons publié (fig. 317) le décor d'un objet analogue. Pic.— 419. Pierre gravée. Réduction au quart.
*t* 4k tf
uB. — Soie bn ichi e. Rédui tion au
Pi . MX, p. 2.?
Fig. 420.
Panneau peint. Réduction à moitié.
Fig. 421.
Sculpture sur bois. Réduction au tiers.
AYSAGE disposé dans un rectangle vu verticalement. — Tous les spectacles naturels peuvent inspirer le décorateur, depuis les plus humbles éléments, la plante ou l'insecte minuscules, jusqu'aux larges horizons offerts par les paysages et jusqu'à la figure humaine; mais, quelque grandiose que soit le sujet, le décorateur ne copie point, il interprète en tenant compte des mêmes principes que nous avons énoncés pour les thèmes les plus simples. Moins libre que le paysagiste qui, dans son tableau, interprète sans contrainte et qui, guidé par son seul sentiment, cherche uniquement à traduire l'impression qu'il a ressentie, la lumière ardente d'un iour ensoleillé ou le calme apaisant d'un soir, le décorateur ne dispose que de moyens limités et ces moyens lui sont imposés par les nécessités mêmes de l'exécution ; s'il doit s'inspirer d'un paysage pour composer un vitrail ou la vignette d'un livre, par exemple, son interprétation doit être subordonnée à la destination de son œuvre. Ce serait une erreur de croire qu'il suffirait de diminuer les dimensions d'un tableau pour en faire l'illustration d'un livre ou inversement d'agrandir une vignette pour en tirer la composition d'une tapisserie; si le sentiment artistique est un, chaque métier d'art comporte des moyens particuliers que le décorateur doit connaître et dont il ne saurait s'affranchir sans dommage pour la qualité même de son œuvre. Nous publions ici quatre exemples de décoration de pages.
Figure 422. Gravure sur bois, art japonais. Cette composition a un caractère à la fois simple et vrai, le dessin est vivant et expressif et l'on y sent une sincérité émue en présence de la nature.
Figure 428. Art moderne français. L'auteur de ce dessin a prouvé son intelligence de l'arrangement, mais son œuvre ne résiste pas, ainsi que la précédente, à une analyse attentive. Les bois touffus qui ferment l'horizon, les fleurs du premier plan sont les indices de l'été ou du printemps qui s'achève, dès lors on ne s'explique pas les arbres complètement dénudés placés à droite; de plus le dessin de ces arbres manque de caractère. La comparaison des deux figures 422 et 420 fait ressortir qualités et défauts et le contraste rend plus sensible la vie qui anime la première et la froide convention de la seconde. C'est que l'expression de la vie doit être le caractère essentiel de toute œuvre d'art et toutes les autres qualités, puissance, richesse, grâce, légèreté, originalité, sont subordonnées à ce caractère essentiel.
Figure 424. Dessin à l'encre de Chine. Art moderne français. L'opposition heurtée du blanc et du noir convient au sujet représenté, l'ombre des pins et leur feuillage foncé contrastant avec la lumière éclatante d'un paysage méridional.
Figure 425. Estampe japonaise. Cette excellente reproduction donne assez bien l'impression de grandeur de la pièce originale. De hauts sommets émergent des nuages et les pins placés à la partie inférieure, en donnant l'échelle des éléments du premier plan, établissent la perspective des plans successifs. Mais là, pas plus que pour le décor d'un vase (fig. 498), le décorateur n'a voulu produire l'effet de trompe-l'ceil de nos tableaux modernes. Il n'a retenu du sujet que les caractères principaux pour faire de ce paysage une œuvre synthétique, toute décorative, et on peut presque dire ornementale
Fig. 424. — Dessin à l'encre de Chine Réduction d'un tiers.
Fig. p5. — Estampe japonaise. Grandeur.
Fig. 426.
ORDURE décorée par la répétition
de fleurs et de feuilles. — Les fleurs
formant les motifs principaux de
l'ornementation se répètent de distance en distance sur Taxe, comme
il est indiqué par le croquis (fig. 426). Les exemples publiés ci-contre
montrent que cette composition
peut s'appliquer à un décor en
sculpture ou à une décoration plane ;
dans un cours de composition décorative, l'étude de ce schéma sera donc faite en modelage ou en dessin, suivant le programme choisi.
A mesure que les études progressent, on doit observer plus attentivement les conditions d'exécution inhérentes à chaque projet. La pierre dure, la pierre tendre, le bois, la terre cuite
émaillée, le grès présentent un modelé et un aspect différents par
la raison même que ces différentes matières ne se travaillent pas de la même façon. Il en est de même pour le vitrail, les tapisseries, la céramique. La comparaison d'exemples variés, des visites dans des ateliers sont pour ainsi dire des corrolaires indispensables aux études d'un décorateur.
Figure 427. Sculpture sur pierre. Art français, xme siècle. Cette simple et charmante composition provient de l'ancienne église abbatiale de Saint-Denis, les points dominants sont franchement marqués, bien qu'une parfaite harmonie existe entre le modelé des fleurs et des feuilles ; la simplification du modelé des divers éléments ne nuit en rien à l'aspect vivant de la plante qui a servi de modèle. Figure 428. Cuir frappé et ciselé. Art français, xvie siècle. Ce document provient d'une reliure ; les ornements sont en léger relief, les filets ainsi que quelques nervures sont dorés. La distribution des masses est satisfaisante mais le dessin des détails manque de franchise, feuilles et fleurs n'ont ni le caractère de nature du document précédent ni le caractère purement ornemental de la bordure publiée figure 42g.
Figure 429. Etoffe appliquée et brodée. Art hongrois. Bande ornant le bas d'un tablier en étoffe de lin, brodée de soie. Les éléments végétaux sont interprétés avec une telle liberté que certains présentent l'aspect d'ornements purement géométriques plutôt que celui d'ornements naturels, mais ces ornements ont de l'ampleur et de la souplesse, ils forment de belles taches et l'originalité de cette interprétation n'en exclut pas le caractère vivant. Coloration blonde. Fond gris perle clair, ornements saumon sertis de jaune d'or, ornements blancs sertis de bleu outremer. Les valeurs foncées sur la reproduction Fig. 428.-^- Cuir gaufré. Grandeur, sont produites par du velours noir.
Fir,. 427. — Pierre sculptée.
Réduction au tiers.
Fig.