MASSE
celle de la planète
étant 1.
41 800 myr.
Ces satellites donnent fréquemment lieu à des éclipses, tanlôt en passant devant Jupiter, dont ils nous cachent une petite partie, tantôt en passant derrière cette planète, qui les dérobe un instant entièrement à notre vue. C'est au moyen de Téclipse du premier satellite de Jupiter qu'on a trouvé la rapidité avec laquelle la lumière se propage dans l'espace : on a observé, en effet, qu'on voit plus t6t la sortie du satellite hors de l'ombre de la planète, quand la Terre est voisine de Jupiter, que lorsqu'elle en est plus éloignée. On sait que la révolution de ce satellite dure 42 heures 26 minutes, et, comme il s'éclipse à chaque révolution, il devrait s'écouler 42 heures 26 minutes entre la fin d'une éclipse et la fin d'une éclipse suivante. Or, on ne voit pas toujours, après l'éclipsé, apparaître le satellite k l'instant qu'on pourrait prédire en connaissant cette révolution : quand nous sommes le plus loin de Jupiter, la lumière du satellite après l'éclipsé nous arrive 1 6 minutes 26 secondes plus tard que lorsque nous sommes le plus près de Jupiter. Les rayons lumineux emploient donc 16 minutes 26 secondes à traverser le diamètre de l'orbite de la Terre, c'est-à-dire à peu près 30 millions de myriamètres ; ils parcourent environ 31 000 myriamètres par seconde. La lumière du Soleil nous arrive par conséquent 'en 8 minutes 13 secondes. Au moment de l'opposition de Jupiter, c'est-à-dire quand il est le plus loin de nous, sa lumière met une heure à nous arri-
COSM. 3
38 COSMOGRAPHIE GËLESTE.
ver; de sorte que les éclipses de ses satellites ne sont visibles qu'une heure après qu*elles ont commencé. La lu* mière d*Uranus met deux heures et demie à nous parvenir, celle des étoiles les plus rapprochées ne nous parvient pas en moins de six ans et demi, et la lumière des étoiles visibles les plus éloignées a dû mettre plusieurs milliers d'années pour arriver jusqu'à la Terre. Cette découverte de la vitesse de la lumière, faite par l'astronome danois Rœmer, en 1675, a été confirmée dans ces derniers temps par les ingénieuses expériences de physique de M. Fizeau.
Le temps que la lumière des astres emploie à parcourir l'espace est cause que, rapidement emportés par le mouvement de la Terre» nous voyons le Soleil et les planètes à une place un peu différente de celle où ils étaient réellement quand ils nous ont envoyé leur lumière : ce phénomène a reçu le nom à*aberration de la Ivmière.
Gomme notre Lune, les satellites de Jupiter tournent sur eux-mêmes dans un temps égal à celui de leur révolution autour de l'astre; par conséquent ils montrent toujours la même face à leur planète.
Les huit satellites de Saturne sont si petits et si éloignés de nous, que, pour les voir, il faut des télescopes d'une grande force. Le premier, c'est-à-dire le plus voisin de la planète, ne met que 22 heures 37 minutes 33 secondes à exécuter sa révolution ; le huitième, qui est un des mieux connus, fait la sienne en 79 jours 7 heures 53 minutes 43 secondes : c'est le seul sur lequel on ait pu constater une rotation; ce mouvement s'effectue dans le même temps que la révolution autour de la planète.
Les huit satellites d^Uranus sont encore beaucoup plus difficiles à voir que ceux de Saturne. Les plus connus sont le deuxième et le quatrième. Ils diffèrent essentiellement du mouvement général planétaire; car, loin de tourner dans le plan de l'écliptique , ils le coupent presque perpendiculairement , et ils tournent à peu près de l'est à
Touest, c'est-à-dire en sens contraire des autres mouvements planétaires.
On a observé un satellite de Neptvm; mais il est encore très-peu connu.
kO COSMOGRAPHIE CÉLESTE.