MouYemenU et consiitulion générale des comètes
Outre les planètes et les satellites, il existe encore, dans le système solaire, des astres auxquels une chevelure brillante qui les enveloppe a fait donner le nom de comètes. Leur orbite n'est pas k peu près circulaire, comme celle des planètes, mais elle forme une ellipse fort allongée; ces corps se trouvent, dans leur périhélie, infiniment plus rapprochés du Soleil que dans leur aphélie, où ils en sont souvent à de prodigieuses distances, à plusieurs milliards de myriamètres; peut-être quelques-uns ne reviennent-ils pas dans notre système, et décrivent-ils d'immenses paraboles^ c'est-à-dire des ellipses dont Je grand axe est infini et qui, par conséquent, ne sont pas fermées. Loin de tourner toutes dans le plan de l'écliptique, comme les autres corps planétaires en général, les comètes le coupent sous toutes sortes d'angles, elles se meuvent dans toutes les directions; environ la moitié seulement de celles qu'on a observées font leur révolution dans le sens direct, c'est-à-dire de l'ouest à l'est.
Elles paraissent soumises aux lois de la gravitation, exactement comme tous les autres corps matériels; elles sont attirées vers le Soleil, mais éprouvent de fréquentes et grandes perturbations, par l'attraction des planètes, surtout des plus grosses, Jupiter et Saturne.
Pour connaître la marche d'une comète et la retrouver à une époque quelconque, il suffit de cinq quantités, qu'on nomme éléments paraboliques de l'astre; ce sont : 1* la Ion-
DES COMÈTES. 4i
gUude du nœud ascendant; i"" Y inclinaison de F orbite sur Vécliptique; S"" la longitude du périhélie; 4*" la distance du périhélie; 5*" le sens du mouvement^ qui fait voir si la marche de la comète est directe ou rétrograde.
Trois parties constituent ordinairement une comète :
1* Le noyauj point lumineux plus ou moins éclatant, plus dense que le reste de l'astre, dont il forme le centre ; 2'' la nébulosité ou chevelure^ espèce d'auréole qui entoure le noyau de tous côtés; 3"* une traînée lumineuse, quelquefois fort longue, qui prend le nom de queue ou celui de barbe ^ suivant qu'elle suit ou précède la nébulosité.
Beaucoup de comètes n'ont pas de queue ou de barbe sensible ; il y en a sans noyau apparent, et qui semblent être de simples masses globuleuses de vapeurs légèrement condensées vers le centre; mais on n'en a jamais aperçu sans chevelure.
Ce n'est pas à ses dimensions et à sa forme, qu'une comète peut être reconnue comme identique avec une autre déjà observée : car ces astres, en parcourant l'espace, se
odifient de telle sorte que ceux qui ont jadis effrayé les hommes par leur immense queue, leur brillant éclat, peuvent n'offrir aujourd'hui qu'une grandeur et une lumière peu remarquables; tandis que d'autres ont acquis, au contraire, une grandeur beaucoup plus considérable. On a observé en général qu'une même comète s'accroît dans son noyau et sa nébulosité, à mesure qu'elle s'éloigne du Soleil, mais que sa queue augmente au contraire quand elle se rapproche de cet astre.
Les nébulosités sont ordinairement d'une matière si rare, si dilatée, qu'on aperçoit les étoiles à travers leur épaisseur ; les noyaux sont souvent très-petits : celui de la comète de 1793 n'avait que 4 à 5 myriamètres de diamètre; mais la queue est généralement longue de plusieurs millions de myriamètres. On a vu des queues de comètes occuper plus d'un quart de la circonférence du ciel. Du reste, cette partie de
kf COSMOGRAPHIE CELESTE.
Fastre varie d'étendue suivant le lieu d*où on Tobserve, sans doute k cause de la difiërence de Tétat de Patmosphère : ainsi, la eomète de 1769 avait 60 degrés à Paris, 70 à Boulogne et 97 à rtle Bourbon ; en général, ces corps paraissent d'au-* tant plus grands qu'ils sont vus sur mer et dans les pays chauds.
La queue est presque toujours placée à l'opposite du Soleil; on remarque qu'elle incline en général vers la région que la comète vient de quitter, comme si elle éprouvait plus de résistance que le noyau, dans son mouvement à travers un gaz : cette substance gazeuse très-rare, qu'on suppose remplir les espaces célestes, reçoit le nom à*éther.
Une comète peut avoir plusieurs queues distinctes et entièrement séparées.
Les comètes sont souvent, dans leur périhélie, si voisines du Soleil, que l'atmosphère solaire doit alors les atteindre et les envelopper, et son effet nécessaire est de diminuer, par sa résistance, leur vitesse centrifuge : aussi a-t-on pensé que quelques-unes finiront par tomber sur le Soleil. On ne peut dire quelle est la masse des comètes; mais la loi de gravitation fait voir le point au-dessous duquel elle doit se trouver pour quelques-unes : Laplace a prouvé que la comète de 1770 aurait allongé l'année de 3 secondes, par son attraction sur notre planète, si sa masse eût été seulement la cinq millième partie de celle de la Terre, et nul phénomène de ce genre n'a eu lieu. La même comète passa entre les satellites de Jupiter en 1779, sans produire aucun effet sur ces globes.
On ne sait pas encore avec certitude si ces astres réfléchissent la lumière du Soleil, ou s'ils brillent de leur propre éclat. Cependant le premier cas est le plus probable, comme l'a démontré Arago; car on a reconnu qu'un corps lumineux par lui-même conserve exactement le même édat, tant qu'il est visible, à quelque distance qu'il soit; or, les comètes ne le conservent pas : car elles paraissent s'éteindre