‹ Eléments de cosmographie: Ouvrage rédigé conformémerit aux programmes officiels de 1866 pour lChapitre 33 sur 105 · PHASES DE LA LUNE · texte numérisé non relu

PHASES DE LA LUNE

Lune sons la forme d'un croissant, dont la convexité est tournée vers le point où se trouve le Soleil, au-dessous de IHiorizon.

Entraînée par le mou* vement diurne , la Lune se couche bientôt à Tho* rizon occidental. Le lendemain, le même phénomène se reproduit ; mais déjà le croissant est moins délié, la partie lumineuse plus large, et la Lune, plus éloignée du Soleil, se couche aussi un peu plus tard que la veille.

Fig. 63. Première phase de la Lane.

Le quatrième jour après la ivmvelle Lune^ la forme et l'apparence de notre satellite, qui se couche seulementtroisheures après le Soleil, est celle qu'on a représentée dans la figure 64. La phase suivante est celle qu'on nomme le premier quar-

lier. On dit alors que la Lune est dichotome (divisée en deux parties égales) (fig. 65). C'est entre le septième et le huitième jour de la Lune, qu'elle se montre à nous sous la forme d'un demi-cercle, en parlie visible pendant le jour, ^tque le mouvement diurne n'amène au méridien •que six heures environ après le passage du Soleil. Déjà, dans la phase précédente, les taches dont le disque de la Lune est parsemé étaient visibles. En ce moment, ces taches se distinguent avec une grande netteté sur le demi-cercle lumineux. Entre le premier quartier et la pkine Ume^ sept jours s'é-

Fig. 64. Quatrième joar de la Lune.

coulent de nouveau, pendant lesquels la forme de la partie éclairée approche de plus en plus d'être celle d'un cercle complet (£g. 66) ; la Lune se lève et se couche de plus en plus

Fig. 95. La Lane à ton premier quartier.

Fig. 66. La Lune entre le premier quartier et la pleine Lune.

tard pendant cet intervalle, mais en tournant toujours vers l'occident la partie circulaire de son disque. Enfin, elle nous montre entièrement sa partie éclairée

quinze jours environ après la nouvelle Lune (fig. 67); alors l'heure de son lever est à peu près celle du coucher du Soleil, qui à son tour se lève quand la Lune se couche. Il est minuit quand elle parvient au plus haut de sa course, en langage astronomique, quand elle passe an méridien : alors le Soleil lui-même passe sous Fig. 67. La pleine Lune l'horizon au méridien infé-

rieur, de sorle que, relativement à la Terre, la Lune est précisément à l'opposé du Soleil.

Depuis l'époque de la pleine Lune jusqu'à la nouvelle Lune suivante -r- cette seconde pioitië de la lunaison se nomme le

t>HASÈS DE LA LUNfî.

(UcourSj — h forme circulaire de la partie éclairée du disque décroît progressivement et finit par se présenter, comme au début de sa marche , sous la forme d'un croissant fort délié. Mais alors c'est vers l'orient que la convexité sera désormais

Fig. 68. Décoan da la Lane. Entre la pleine Lune et le dernier quartier.

Fig. 60. Décoursde la Lune. Dernier quartier.

tournée, de sorte que c'est toujours vers le Soleil que regarde le demi-cercle terminant la portion éclairée. Au milieu de l'intervalle qui sépare la pleine Lune de la

période suivante, le dernier quartier donne une phase semblable au premier quartiery mais inversement située (fig. 69).

Dans cette seconde partie de la période lunaire ou de la Lunaison — c'est le mot propre — la position apparente de la Lune dans le ciel se rapproche de plus en plus de celle du Soleil.

Vers les derniers jours, elle ' précède de très-peu son lever, jusqu'à ce qu'elle se confonde de nouveau dans ses rayons pour disparaître et

Fig. 70. Décoars de la Lune. Entre le dernier quartier et la Lune nouyelle.

ramener une nouvelle Lune^ origine d'une lunaison nouvelle.

1 Nous venons de voir que la partie brillante de la Lune, celle que le Soleil édaire directement, varie de forme dans le cours d'une lunaison entière, depuis le mince croissant lumineux de la Lune nouvelle et de la dernière phase, jusqu'au cercle entier que présente Fastre dans son plein. " ^ .

Mais, outre cette lumière assôâ^ éclatante, le disque lunaire offre dans sa partie obscure, à'certaines de ses phases, une lueur beaucoup plus faible, connue sous le nom de lumiëre

cendrée, La lumière cendrée, est aisée à observer à l'œil nu. Tout le monde peut la voir quelques jours avant ou après la nouvelle Lune, alors que nptre satellite apparaît sous la forme d'un croissant délié.

Toute la partie de* Thémisphèretouméversnous, que ne frappent point les rayons du Soleil, s'aperçoit néanmoins distincteiQent,^ de manière à terjniner le cercle entier du disque. La lumière est faible et comme phosphorescente.

La lumière cendrée de la Lune nouvelle apparaît dès que le croissant est visible, et ne disparaît guère avant le premier quartier ; de même, au décoùrs de la Lune, elle devient visible un peu après le dernier quartier, pour ne disparaître qu'avec notre satellite lui-même. D'après Schrœter et de Lalande, c'est vers le troisième jour qui suit ou qui précède la nouvelle Lune qu'elle est la plus vive.

Tout le monde peut remarquer que le contour, extérieur de la partie brillante du disque paraît sensiblement déborder le contour de la partie que la lumière cendrée rend visible. C'est là une illusion produite par le phénomène optique de Virradiation^ qui donne aux objets une dimension apparente

Fig. 71. Lumière cendrée. Dernière pjjitase de la Lune.

LUMIÈRE GËNDBËË. 147

d'autant plus grande qu'ils sont éclairés d'une lumière plus vive. L'intensité de la lumière cendrée peut être assez forte pour qu'on distingae les plus grandes taches de la Lune, même à l'œil nu. Grâce aux lunettes, on peut voir la lumière cendrée beaucoup plus longtemps qu'à la vae simple ; Schrœter l'a observée trois heures après le premier quartier, mais, ainsi que le rapporte Arago, c'est en se servant d'un grossissement de 160 fois appliqué à un télescope de 2"". 3 de foyer.

D'où vient la lumière cendrée? Est-ce une lueur propre à la Lune?

Les anciens, qui n'avaient pas de notions bien positives en astronomie physique, la regardaient comme produite par une sorte de phosphorescence de la surface du sol lunaire. Mais l'explication en est trop simple pour que le moindre doute reste à ce sujet. Selon la plupart des astronomes, c'est Mœstliu qui, en 1596, reconnut que la lumière cendrée est la lumière même de la Terre, réfléchie sur la Lnne par les phases visibles de notrô giobe. Mais la môme explication, ne l'ou^ blions pas pour la gloire d'un grand peintre, avait été donnée, cent ans avant MœstUn, par Léonard de Vinci.

De la Lune, en effet, la Terre doit se voir précisément sous les mêmes apparences que notre satellite vu de la Terre.. Mais les phases terrestres sont inverses des phases lunaires : c'est à l'époque de la Lune nouvelle que la Terre présente à l'hémisphère obscur de notre satellite sa face entièrement éclairée, de sorte que cet hémisphère reçoit alors par réflexion toute la lumière de l'hémisphère éclairé de notre globe.

Gomme, d'ailleurs, la surface apparente de notre globe vu de la Lune est environ treize fois plus considérable que le disque lunaire, il est aisé de comprendre que le clair de Terre doit donner aux nuits de la Lune une lumière bien supérieure à celle de nos clairs de Lune. L'intensité serait même treize fois plus forte, si la surface extérieure des deux astres était douée du môme pouvoir réfléchissant.

Les portions de l'hémisphère éclairé de la Terre visibles de la Lune sont d'ailleurs d'autant moindres que notre satellite est plus éloigné de la position qu'il occupe à l'époque de la Lune nouTelle, ce qui explique fort bien pourquoi la lumière

cendrée n'est guère visible qu'entre le dernier et le premier quartier. La lumière cendrée n'est donc autre chose que le reflet de la lumière du Soleil renvoyée une première fois de la Terre à la Lune, puis une seconde fois de la Lune à la Terre .

Quand la Lune se lève, à l'époque de son plein, par exemple, et que le ciel est bien pur à Thorizon oriental, son disque empourpré et d'un faible éclat lumineux apparaît énorme. Mais à mesure qu'il s'élève^ ou, pour laisser le langage des apparences, à mesure que notre horizon, par le fait de la rotation diurne de la Terre, s'abaisse devant lui, ses dimensions diminuent, l'éclat de sa lumière augmente, et il semble reprendre peu à peu sa grosseur normale. Au plus haut point de sa course, quand l'astre passe au méridien, le disque paraît sous sa plus petite surface. Ce contraste entre les grosseurs de la Lune à l'horizon et au plus haut point du ciel est d'autant plus marqué , que, par l'effet des circonstances de son mouvement ou bien de la position du lieu de l'obserteur, elle s'approche plus du zénith. Enfin le même phénomène se reproduit quand l'astre, s'abaissant à l'horizon, est sur le point de disparaître à l'occident. C'est là une illusion dont il est impossible de se défendre, alors même qu'on est prévenu que la variation du diamètre apparent de la Lune n'est pas réelle ; illusion qui n'est pas, du reste, particulière au disque lunaire, et qu'on éprouve également quand on observe le disque du Soleil ou encore les intervalles apparents des étoiles, près de l'horizon et à leur plus grande hauteur méridienne.

On a donné diverses explications de cette apparence singulière; mais celle qui nous* semble la plus rationnelle est due au géomètre Euler. Ce savant attribue l'illusion dont il s'agit à la forme surbaisssée de la voûte céleste, forme en vertu de laquelle nous jugeons les parties du ciel situées à l'horizon plus éloignées de nous que les parties surplombant nos têtes. Les dimensions angulaires de l'objet observé restant les mêmes à l'horizon et au zénith, c'est quand il nous semble le plus éloigné qu'il doit nous apparaître le plus gros.

Les mesures astronomiques démontrent clairement, d'ailleurs, qu'il n'y a là qu'une erreur de notre jugement, car le

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