FORME DU DISQUE LUNAIRE
Ces apparences sont précisément celles qne présenterait une boule sphériqne dont la périphérie serait snccessivement éclairée par une source lumineuse, dont la position varierait relativement à la boule elle-même.
D'ailleurs, Tobservation prouve que c'est toujours la même
Fig 61. Forme da croissant lanaire.— Fig. 62. Forme da disque de la Lune ayant ou après la pleine Lune.
face, à peu de chose près, qae la Lune montre à la Terre, de sorte qu'il serait absurde de supposer, comme l'ont fait les anciens, qu'une moitié de l'astre est lumineuse par elle-même et l'autre obscure.
Enfin, l'étude des positions relatives du Soleil, de la Terre et de la Lune,nous démontrera bientôt sans réplique, que c'est toujours l'hémisphère lumineux de notre satellite qui est directement tourné vers le foyer de notre système, d'où il résulte avec évidence que la Lune est un corps opaque, dont la surface réfléchit dans l'espace les rayons du Soleil.
En examinant la Lune aux diverses époques de son cours, à l'aide d'une lunette, on observe que le demi-cercle formant le bord extérieur est toujours nettement terminé, tandis que la moitié elliptique , c'est-à-dire la ligne de séparation de la lumière et de l'ombre est toujours irrégulière et dentelée. Les dentelures proviennent des inégalités de la surface, des élévations et des dépressions du sol dont les reliefs sont accises par Villuini|iatioa des rayons splairçs. 3ur les jbords^
les inégalités dont nous parlons se projettent les unes sur les autres, et il en résulte l'apparence lisse et polie que nous venons de signaler.
On voit donc que si la Lune a la forme générale d'une sphère y cette sphéricité est néanmoins imparfaite , comme celle du globe que nous habitons.
Le disque lunaire ne laisse apercevoir aucune trace d'aplatissementy bien que l'un des diamètres de la face visible aboutisse à peu près aux deux pôles de rotation. D'après des considérations théoriques , il paraît certain que le globe de la Lune est de forme allongée dans la direction de la ligne qui joint son centre au centre de la Terre. C'est à cette circonstance, qui est une conséquence des lois de la pesanteur, que Laplace attribue la parfaite égalité de la durée du mouvement de rotation et de celle du mouvement de révolution de notre satellite.
Suivons la Lune dans le cours d'une de ses périodes, et notons les divers phénomènes qui accompagnent chacune de ses phases.
On dit qu'il y a nouvelle Lane^ quand notre satellite n'est visible, ni pendant le jour ni pendant la nuit. La raison de cette invisibilité, nous venons de le dire, est dans la situation de la Lune, très-voisine en apparence du lieu que le Soleil occupe lui-même dans le ciel : elle tourne donc alors vers la Terre son hémisphère obscur qui se trouve perdu dans les rayons éblouissants de l'astre. Cette disparition de la Lune dure deux ou trois jours ; mais l'instant précis de la Lune nouvelle, dont l'indication est donnée par les annuaires as* tronomiques, a lieu quand la Lune et le Soleil ont prédsément même longitude. On dit alors que la Lune est en con"jonction.
Le deuxième et le troisième jour après cet instant*, et le soir un peu après le coucher du Soleil, on voit apparaître la
I . Hôyélias assure n'avoir jamais observé la Lune plua^tôt que 40 he nres après, et 27 heures avant sa conjonction, de sorte que la durée minimum de sa disparition-est de 67 heures, im peu moins de trois jours. Cette durée varie suivant les climats et suivant la latitude de la Lune»