‹ Eléments de cosmographie: Ouvrage rédigé conformémerit aux programmes officiels de 1866 pour lChapitre 4 sur 105 · MOUVEMENT DIURNE · texte numérisé non relu

MOUVEMENT DIURNE

et il nous faudra, pour continuer de la voir, nous pencher de plus en plus veris l'orient.

Quelques minutes pourront suffire à constater ce premier fait; mais si notre observation est plus prolongée, si elle dure une ou deux heures par exemple, le mouvement de progression de toutes les étoiles nous paraîtra très-marqué, et les arcs décrits par chacune d'elles seront d'une longueur très-* aisée à apprécier par un simple coup d'œil.

£n poursuivant notre examen, nous reconnaîtrons que, pendant toute la durée de la nuit, de nouvelles étoiles apparaissent sans cesse ou se lèvent sur toute la demi-circonférence orientale de Thorizon, du point nord au point sud. Pendant ce temps, les étoiles que le mouvement diurne amène successivement à l'horizon occidental, disparaissent sans cesse ou se couchent, tout le long de Tautre moitié de la circonférence.

Mais, pour toutes ces étoiles qui se lèvent et se couchent, la longueur des arcs parcourus sur la voûte céleste, et la durée de leur visibilité au-dessus de l'horizon sont fort variables. Il en est, vers le sud , qui ne font qu'une courte apparition, et se couchent presque aussitôt levées. A mesure que le point où les étoiles se lèvent s'éloigne plus du sud en se rapprochant de l'est, les arcs décrits sont plus grands, la durée du trajet plus longue. L'arc devient une demi-circonférence pour les étoiles qui, se levant précisément à l'est, vont, 12 heures environ après leur lever, se coucher à l'ouest.

Au delà, c'est-à-dire pour les étoiles dont le lever a lieu de plus en plus près du nord, les arcs que leur fait décrire le mouvement diurne sont de plus en plus grands, ou, pour parler plus exactement, sont des portions de circonférences qui approchent de plus en plus de la circonférence totale ; la durée de leur séjour au-dessus de l'horizon est de plus en plus considérable. Les plus rapprochées du nord même se lèvent, décrivent à peu près une circonférence entière, puis se couchent pour apparaître de nouveau et se lever •presque aussitôt après leur coucher.

Enfin, si l'on se tourne vers l'horizon du nord, on aperçoit une vaste région de la voûte céleste qui se distingue de

celles que nous venons d'explorer par un fait très-remarquable, à savoir que toutes les étoiles dont elle estparsemée.

Fig* 3. Sphère céleste. —- Moavement diurne*

tout en participant au mouvement diurne, ne se lèvent ni ne se couchent jamais. Le jour seul, par sa clarté, les fait disparaître.

Les arcs qu'elles décrivent sont des cercles entiers, trop élevés au-dessus de l'horizon pour l'atteindre. Ces cercles sont d'ailleurs de plus en plus petits, à mesure que les étoiles sont plus voisines d'un point du ciel oîi Ton voit briller une étoile particulière, qui est elle-même à peu de chose près immobile.

C'est à cette étoile qu'on donne le nom A^étoile polaire^ parce qu'elle marque à peu près la position du pôle^ point qui ne participe pas au mouvement diurne et reste immobile dans la voûte céleste. La zone qui l'entoure et où, comme nous venons de le dire, se trouvent toutes les étoiles qui, dans le même lieu, ne se lèvent ni ne se couchent jamais, se nomme la zone circumpolaire. Elle touche l'horizon

MOUVEMENT DIURNE. Il

précisément au point nord. Les étoiles qu'elle compose reçoivent elles-mêmes la dénomination i' étoiles circumpolaires. Mais nous verrons plus tard que retendue de cette zone varie suivant les horizons.

Une étude plus attentive du mouvement diurne a permis de reconnaître que les arcs décrits par les étoiles sont des portions de circonférence, ou des circonférences entières , toutes concentriques entre elles, de sorte que les arcs sont parallèles. Chaque étoile a de plus un mouvement uniforme, c'est-à-dire qu'elle décrit des arcs égaux en temps égaux. Enfin, la vitesse angulaire est la même pour toutes, ce qui veut dire qu'elles achèvent toutes un tour entier dans le même temps, qui est un peu moindre qu'un jour ordinaire de vingt-quatre heures. Une conséquence de cette uniformité , dont la vérification est facile à tout le monde , c'est que les étoiles .conservent toujours, quelle que soit Theure de la nuit ou l'époque de l'année, leurs mêmes distances relatives; de sorte que les figures qu'elles forment entre elles restent invariablement les mêmes. Nous allons voir bientôt qu'il y a quelques exceptions à cette règle.

En résumé, le mouvement diurne s'effectue comme si la sphère entière du ciel tournait uniformément autour d'un axe invariable, qui passe par un point fixe nommé pôle et aboutit au lieu de l'observation. Cette ligne a reçu des astronomes le nom à'axe du monde; mais il ne faut pas oublier que cette signification doit être restreinte aux phénomènes célestes, tels qu'on les observe de la Terre, et qu'elle n'a de sens que relativement à notre planète.

L'axe du monde va percer le ciel au-dessous de notre horizon en un second point, immobile comme le premier, dans une région d'étoiles invisibles pour nos contrées. On distingue les deux pèles l'un de l'autre en appelant celui que nous voyons pôle boréal ou pâle nord, et le pôle invisible pour nous pôle austral ou pôle sud^.

1. Le pôle boréal se nomme aussi pôle arctique et le pôle austral, pôle antarctique. Nous verrons le sens de ces mots quand nous décrirons les constellations d'étoiles.

Si par l'axe du monde et par la verticale du iieiï l'on imagine un plan, ce plan ne sera autre chose que le plan méridien. Nous avons déjà dit que ce pian coupant en deux parties égales les arcs décrits par chaque étoile en vertu du mouvement diurne, se trouve précisément passer par le point le plus élevé du cours de chacune d'elles* De là vient qu'on nomme passage au méndim la position d'un astre qui se trouve au point le plus élevé de son arc diurne.

Les étoiles circompolaires, décrivant des cercles entiers, passent deux fois en vingt-quatre heures par le méridien. De là, les dénominations de passage inférieur et de passage supé'^ rieur, pour distinguer l'un des phénomènes de l'autre.

Enfin, le plan vertical dont nous venons de parler donne le midi du lieu de l'observation, quand le centre du disque du Soleil vient précisément à coïncider avec lui. Nous verrons plus tard que ce midi n'est pas. d'ordinaire celui que marquent les montres bien réglées.

Nous avons donné plus haut un procédé élémentaire pour

Fig. 4. Boussole terrestre de déclinaison.

déterminer la position du plan méridien. L'observation des étoiles fournirait un procédé analogue, et il suffirait de noter

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