GRANDEURS DES ÉTOILES
lions. D'autres observateurs vont beaucoup plus loin, et M. Ghacomac, à qui Ton doit un atlas des étoiles de la lone zodiacale, ne craint pas d'évaluer à 80 millions le nombre total des étoiles comprises entre la première et la quatorzième grandeur. •
Fig. 130. Un coin de la constellation des Oëmeauz tu an télescope.
Voici ce qu'on entend par ]sLgrandmr des étoiles. Les astronomes ont classé les étoiles en ordres différents, non pas suivant leurs dimensions réelles, encore inconnues, mais suivant le degré d'intensité de leurs lumières : la première grandeur
comprenant les étoiles les plus brillantes, la secoiide celles dont l'éclat est immédiatement inférieure^ et ainsi de suite jusqu'à la seizième et même à la dix-septième pandenr, qui forme le dernier ordre des étoiles que les télescopes actnels les plus puissants permettent de distinguer. .
Les étoiles des six premières grandeurs comprennent toutes, celles qui sont visibles à Tœil nu. Yoici, dans Tordre de leur éclat^ les noms des 20 étoiles qu'on est convenu de ranger dans la première :
1 Sîrius. 8 Procyon. 15 Ataïr.
2 Canopus. 9 Bet^igeuse. 16 Épi de la Vierge.
3 Alpha du Centaure. 10 Achernar. 17 Fomalhaut.
4 Arcturus. 11 Aldebaran. 18 Bêta de la Croix.
5 Rigel. 12 Bôta du Centaure. 19 PoIIux.
6 La Chèvre. 13 Alpha de la Croix. 20 Kégulus.
7 Wéga. 14 Antarès.
On évalue à 65 le nombre des étoiles de la deuxième grandeur, à 200 environ celles de la troisième, à 425 les étoiles de la quatrième, à 1 100 celles de la cinquième etk 3200 celles de la sixième grandeur. Au delà, ces nombres croissent plus rapidement encore. Suivant Ârgelander, il y a, à peu près :
13 000 étoiles de la ?• grandeur* 40 000 — 8« —
Une grande zone d'apparence nébuleuse et blanchâtre partage le ciel eu deux hémisphères irréguliers : c'est ce qu'on nomme la Voie Lactée. Les télescopes ont permis de constater que cette zone est formée d'une innombrable quantité d'étoiles y en apparence si rapprochées les unes des autres que l'œil nu ne peut les distinguer. Suivant Herschel, la Voie Lactée ne contient pas moins de 18 millions d'étoiles.
Sur un horizon donné, à la latitude de Paris par exemple, la sphère étoiléepeut se diviser, ainsi que nous l'avons dit en décrivant le mouvement diurne, en trois zones : l'une, la zone drcompolaire est formée des étoiles qui ne se couchent ni ne
CONSTELLATIONS
86 lèvent, restant visibles dans toutes les nuits de l'aunëe; la seconde comprend les étoiles qui décrivent leurs arcs de chaque (ôté de Téquateur céleste, en partie au-dessus, en partie au-dessous de l'horizon. Le mouvement de translation de la Terre fait que les diverses régions de cette zone ne sont en vue que successivement aux diverses époques de Tannée; enfin une troisième zone qui environne le pôle austral est formée d'étoiles qui, toute Tannée, sont invisibles pour la lati* tade considérée.
Citons les plus remarquables constellations de ces trois zones.
En se tournant vers le nord, et en élevant les. yeux un peu plus haut que le milieu de la distance séparant le zénith du point nord deThorizon,on aperçoit une étoile de deuxième grandeur. C'est la Polaire^ Tétoile la plus brillante de la constellation de la Petite Ourse»
Fig. ist. Coastellatioas cii-compoUires boréales.
Dans aO voisinage de cette constellation se trouve Isl Grande Ourse, composée principalement de 7 étoiles rangées de la
â78 CHAPITRE Vîll. LES ÉTOILES.
même façon, mais en sens inverse, que les 7 étoiles de la Petite Ourse.
Cassiopée est une constellation aisée à reconnaître, une fois qu'on sait trouver la Grande Ourse et la Polaire, car elle est toujours opposée à la Grande Ourse, relativement à cette dernière étoile et à peu près à la même distance. Mais, tandis que la Polaire , à cause de sa proximité du pôle, parait presque immobile, les étoiles de Cassiopée, de la Grande Ourse et de toutes les autres constellations décrivent des cercles, de manière à occuper des positions très-différentes relativement à Thorizon, selon Tépoque de Tannée ou l'heure. de la nuit* «
Entre Cassiopée et la Grande Ourse, et entourant la Petite Ourse, on aperçoit trois constellations Céphée, la Girafe et le Drcigon.
Parmi les constellations circompolaires de l'horizon de Paris, il faut citer encore le Cochei\ dont l'étoile la plus brillante, la Chèvre est de première grandeur; Persée dans le voisinage du Cocher, et le Cygne^ dont l'étoile la plus brillante tantôt dans sa rotation diurne passe presque au zénith, tantôt rase l'horizon.
La Voie Lactée traverse la zone circompolaire et les con* stellations de Persée, de Cassiopée et du Cygne.
La zone qui environne Téquateur céleste comprend les constellations les plus brillantes du ciel visible à la latitude de Paris.
Décrivons-les rapidement dans Tordre de leur visibilité, à partir de Téqninoxe du printemps : c'est Tordre même de leur passage au méridien, de sorte que les dernières décrites sont toujours les plus orientales. Nous supposons Tobservateur tourné vers le sud.
Le 22 mars à minuit, la constellation du Lion s'élève à 60 degrés environ au-dessus de Thorizon; elle est formée de plusieurs belles étoiles, parmi lesquelles la plus brillante, RégtduSf est de première grandeur.
De l'autre côté du méridien, vers Torient, on voit le Boti' vier où brille Arclurus^ étoile de première grandeur, puis
CONSTELLATIONS. 279
entre le Lion et le Bouvier, un petit groupe d'étoiles pressées qu'on nomme la Chevelure de Bérénice. |
li'Èpi de la Vierge se montre à ce moment à peu près à la même distance de Régulus que la brillante du Bouvier, mais à une hauteur moitié moindre au-dessus de rhorizon que ces deux étoiles. Arcturus est plus orientale que TÉpi.
Frg J3î. CoRBtelhtions éfiuatorialçâ, - Le Lien, la Viergï,
Citons encore la Couronne boréale^ à la même hauteur que le Bouvier.
Le 20 juin, à minuit, le ciel est traversé au sud diagonalement par la Voie Lactée, Les constellations principales sont de l'ouest à Test : Hercule ^ la Lyre où brille Wéga^ étoile de première grandeur ; V Aigle au-dessous de la Yole Lactée où l'on remarque l'étoile de premier ordre Atàir. Ataïr, Wéga et la brillante du Cygne forment un triaugle à peu près isocèle, dont la première de ces étoiles est le sommet.
Trois mois plus tard, à l'équinoxe d'automne, on aperçoit k minuit un groupe de 7 étoiles rangées à peu près dans le
même ordre que les 7 étoiles de la Grande Ourse, mais for-' mant une figure heauôoup plus étendue. Ces étoiles appar* tiennent à (rois constellations, Pégase^ Andromède alPersèe. Aucune n'est de première grandeur. On donne le nom de Carré de Pégase au rectangle que forment les quatre étoiles les plus occidentales du groupe.
Tout près de Thorizon, une étoile de première grandeur
Fig. 133. Constellations da Cygne, de la Lyre, de l'Aigle.
perce les brumes ; c'est Fomalliaut du Poisson ausiral, un peu plus occidental que Pégase.
Le 22 décembre à minuit, le ciel méridional est de nouveau traversé par la Voie Lactée^ mais par sa partie opposée. Audessous et en allant toujours de Toccidentà l'orient, on voit briller :
Les Pléiades, petit groupe de six étoiles trè%^rapprochée^; . Le Taureau dont la principale étoile, Aldebaran, de première grandeur, est environnée de plusieurs petites étoiles formant le groupé des Hyades.
CONSTELLATIONS
Fig. 134. Constellations de Pégase, d'Andromède et de Persée.
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Fig. ISS. Constellationi équatorialet. L« Taoreaa, Onon, le Grand Chien.
. Presque dans le méridien et nn peu au S. E. d'Aldebaran, resplendit Orton, la plus belle des constellations visibles sur rhorizen de Paris. Au centre d'un rectangle de 4 étoiles dont deux, diagonalement opposées, Beteigtust et Eigtl sont de première grandeur, on voit trois étoile à peu prèft également espacées, qu'on nomme; le Baudrier d\Orion.
Si Ton mène une ligne d'Aldebara^ au Baudrier, et qu'on la prolonge au S. E. on rencontre Sirius^ la plus brillante étoile de la constellation du Grand Chien et de tout le cieL
ig. 136. Zone circumpolaire australe. La Croix du Sud, le Centaure, leNdVire.
A ce moment brillent encore, mais à Torient de la Voie Lactée, Procyon^ dans la constellation du Petit Chien; Castoi et PolluXy dans les Gémeaux^ et enfin Régulus du Lion, qui nous ramène à la région céleste de laquelle nous sommes partis.
Dans la zone des étoiles çircompolaires australes, invisiblei kuriûorizon de Paris, nqus nous contenterons ide citer ies constellations les plus brillantes, celles notamment qui sui-