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Cristaux énantiomorphes du système cubique

— En laissant de côté l'alun d'amylamine et les camphres déjà cités et moléculairement actifs, les cristaux de ce genre qui sont actuellement connus se partagent en trois groupes :

a) Le chlorure de potassium, le chlorure d'ammonium, le cuivre oxydulé, hémiédriques plagiédriques (§ 75 ), dans lesquels on n'a pas pu trouver de polarisation rotatoire.

b) Le chlorate de soude, le bromate de soude, l'acétate d'urane et sodinm, le sulfoantimoniate et le sélénioantimoniate de soude, tétartoédriques, et possédant le pouvoir rotatoire {§ 78).

c) Les nitrates de baryum, de strontium, de plomb, l'arséniate double de sodium et strontium, tétartoédriques aussi, mais inactifs.

Le mienx connu des corps actifs du groupe b) est le chlorate de soude NaClO' (fig. 452, 453). Les cristaux, obtenus par l'évaporation lente de la solution^ présentent les faces du cube, du dodécaèdre rhomboïdal, d'un dodécaèdre pentagonal et d'un tétraèdre. Quelquefois on observe le tétraèdre inverse, mais avec des faces courbes en général. Le sens de la polarisation rotatoire est lié à la position du tétraèdre principal relativement

faces hémiédriques. — Dela?08SE, Mém. Sav. étratig. 1837, VIII, 641, a émis les premières idées sur la dissymétrie intérieure des cristaux actifs. — M. Wyrouboff, Ann. de Chiw. 1880, VIII, 340; Bull. Soc. min. 1890, XÎII, 216, parait disposé à nier toute relation entre Phémiédrie et le pouvoir rotatoire, et à tout expliquer par des groupements cristallins (§ 335). Cette manière de Yoir nous parait un peu trop restrictive.

Théoriquement, les cristaux gauches et droits devraient se former en moyenne en proportions égales. Des causes encore mal connues, parmi lesquelles on peut citer l'influence probable de traces de matières dissymétriques étrangères, font que cette égalité ne s'observe pas toujours. Les cristaux de carbonate de guanidine sont en majorité dextrogyres, ceux de formiate de stroDtiane sont en excès tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, suivant le mode de préparation ; le chlorate de soude, l'arséniate double de sodium et de strontium présentent des particularités analogues.

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an dodécaèdre pentAgonal : la figure 452 représente, d'après M. Groth, un cristal dextrogyre, la figure 453 an cristal lévogyre. Une même solation fonmit le plus souvent des cristaax des deux espèces. Le pouToir rotatoire, découvert dans ce sel par Marbach en 1854, est d'environ S^flS pour la lumière jaune de la sonde par millimètre d'épaisseur. Il a la même valeur dans les cristaux gauches et droits, et parait être le même dans toutes

r>g. 4G3. Fig. 453.

les directions ' . Il augmente un peu avec la température. La surface de l'onde serait ainsi formée de deux sphères concentriques. Les cristaux, quoique souvent très beaux, sont trop altérables et de dimensions trop faibles pour que cette égalité d'action dans tontes les directions puisse être contrôlée avec toute la précision désirable.

336. Cristaux énantiomorphes du système quadratique. — En dehors du sulfate de strychnine étudié plus haut ou cite le carbonate de guanidine, le sulfate d'étliylène-diamine, la diacéthylphénolphtaléine, qui paraissent être hémiédriques trapèzoédriques (§ 80), et possèdent un pouvoir rotatoire assez considérable dans la direction de l'axe principal. La dissymétrie

' Le pouToir rotatoire du chlorate de soude a été étudié par M. Sohnckk, Wieih An». 1878, III, 516, et par M. C.-E. Gcti, Archives dei Se. pliys. et nat. 1889, XXII, 130.

ne s'accuse pas en général dans les formes extérieures, si ce n'est pent-étre pour le carbonate de guanidine.

337. Cristaux énantiomorphes du système hexagonal. — En dehors des camphres cités an § 333^ dont la dissymétrie n'a pu être encore vérifiée expérimentalement, mais dépend en tout cas de la molécule chimique, on peut ranger ces cristaux en cinq groupes :

a) L'éther triéthylé de l'acide trimésique, appartenant peutêtre à l'hémiédrie trapézoédrique, avec une structure et des propriétés optiques encore très douteuses (§ 87).

b) La néphéline, qui, d'après les figures de corrosion observées par M. Baumhauer, appartient à la tétartoédrie pyramidale, avec les deux formes inverses le plus souvent mâclées et enchevêtrées, et ne possède pas de pouvoir rotatoire (§ 90).

c) Le cinabre, le quartz, les hyposulfates de plomb, de chaux, de strontiane, les hyposulfates de potassium, de rubidium, de césium, le benzile, le maticostéaroptène, tétartoédrie trapézoédrique accusée par les faces ou par les figures de corrosion, avec les deux formes inverses, et la polarisation rotatoire (§ 94).

d) La diimide de l'éther succinylsuccinique, appartenant au même système, mais inactive.

e) Le périodate de soude, ogdoédrique, donnant les deux espèces de cristaux à pouvoir rotatoire de sens contraire (§ 97 ).

338. Cinabre et quartz. — Presque tous les corps que nous venons de citer sont d'une étude difficile par suite de leur altérabilité et des groupements plus ou moins complexes de leurs cristaux. Le cinabre présente ceci d'intéressant que la rotation qu'il produit est près de quinze fois plus forte que celle du quartz.

Le quartz est le seul de ces corps qui se prête à une étude

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détaillée de ta donble réfraction circalaire'. Sa tétartoédrie se manifeste dans sa forme cristalline, composée le ptas souvent du prinne, de deox rhomboèdres r et r* inégalement déTeloppés, d'une pyramide trigonale s et d'an trapézoèdre trigonal x. Dans

Fig. 4S4. Pig. 4fiS..

les cristaux droits, les faces s et les faces x sont à droite de r. C'est l'inverse dans les cristaQz gaaches (fig. 454, 455). Les deux espèces de cristaux sont d'aillears souvent enchevêtrées l'nne dans l'autre.

La silice fondue est inactive. Les cristanx gauches et droits sont également fréquents, ce qui ne vent pas dire que dans chaque gisement pris en particulier tes ans ou les autres ne ■paissent prédominer.

339. Polarisation elliptique du quartz. — Noas avons ramené la polarisation rotatoire du quartz dans la direction de de son axe principal h la décomposition dn rayon incident en deux rayons polarisés circalairement en sens inverse et cheminant avec des vitesses inégales (§ 318).

* Pour l'historique dea déterminations du poofoir rotatoire du quartz, voyez MtBCAKT, Ann. de l'ÈeoU non». 1872, I, 196; ~ J.-L. SORn et E. Sirabir, ArchiBU de» te. phyt. et nat. 1882, TIII, 6. — Depuis lors MH. Hcbbel, Wied. Ann. 1891, XLIII, 498; et C*ft<r*LLO, Ann. de Ckim. 1892, XXTI, 113, ont étudié U rotation dea rayooa calorifiquea.

Dans les directions inclinées par rapport à Taxe, les deux vibrations qae le cristal laisse passer sans les modifier ont des trajectoires elliptiques semblables, parcourues en sens inverse par la molécule vibrante, et dont les grands axes sont pour l'une parallèles, et pour l'autre perpendiculaires à la section principale du cristal. Dès que l'inclinaison du rayon devient un peu considérable et dépasse une vingtaine de degrés, les ellipses s'aplatissent rapidement, et deviennent, la première la vibration extraordinaire, la seconde la vibration ordinaire, sensiblement rectilignes ' .

Quand un rayon primitivement polarisé rectilignement tombe sur une lame de quartz un peu oblique sur l'axe, il se décompose donc en deux vibrations elliptiques. Celles-ci, prenant une différence de phase dans leur trajet à travers le cristal, ne donnent généralement pas à leur sortie une vibration résultante rectiligne, mais bien une vibration elliptique.

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