Méthode expérimentale de M. Eundt. — M. Kondt
a indiqué un procédé beaucoup plus rapide : on saupoudre le cristal avec un mélange de soufre et de minium en poudre fine que Ton projette, à l'aide d'une sorte de soufflet, à travers un tamis de mousseline. Les parcelles de soufre et de minium s'éleetrisent par leur frottement réciproque ; les premières, électrisées négativement, se portent sur les régions positives du cristal; le minium, électrisé positivement, s'accumule sur les régions négatives. La coloration différente des poudres permet de juger d'un seul coup d'oeil l'ensemble de la distribution. Le cristal est chauffé dans un bain d'air, passé rapidement dans une flamme et saupoudré pendant son refroidissement.
* A. KisPT, Wied. Avfi. 18h3, XX, 592; — Kundt et Blasius, ibid. 1886
XXVIII, 145; — KoLENKO, Zeitsch. f. Kryst. 1884, IX, 1; Wied. Ann. 1886^
XXIX, 410 I quartz); — K. Mack, Wied, Ann. 1884, XXI, 410 (boracite); 1886,' XXVIII, 158 (topaze); — Kalkowsky, Zeitsch. f. Kryst. 1885, XI, 1 (struvite); — ScHEDTLKH, N. Jukrb. 188G, Beilagebd. IV, 519 (tourmaline); — Bafer et Brauns, Urid. 1889, 1, 1 (calamine).
PYROÉLECTRICrrÉ ET PIÉZOÉLECTRICITÉ. 613
On peat également obtenir des effets très nets en plaçant le corps à étudier, taillé sons forme de lame à faces parallèles, sur un bloc métallique chauffé, et en saupoudrant pendant réchauffement.
Il faut avoir soin de n'opérer que sur des faces planes et homogènes; les fissures s'électrisent en général en sens inverse du reste de la surface.
CetteH méthode est particulièrement commode pour l'étude des mftcles enchevêtrées qu'il serait à peu près impossible de débrouiller à l'aide d'un électromètre. Ce cas se présente fréquemment dans le quartz, dans la tourmaline; celle-ci parait formée le plus souvent d'un enchevêtrement de portions hémimorphes disposées en sens inverse, qui présentent les unes leur pôle analogue, les autres leur pôle antilogue sur une section perpendiculaire à l'axe; on obtient sur une telle section des figures compliquées.
479. Méthode expérimentale de M. Frieder. — Une demi-sphère métallique de petites dimensions, en communication avec un électromètre, est chauffée à une température convenable et appliquée rapidement sur le cristal froid. Lorsqu'on opère de la sorte aux deux extrémités d'un axe de pyroélectricité, l'électromètre donne des déviations en sens inverse.
Cette méthode présente des caractères particuliers résultant de ce que réchauffement du cristal n'est pas uniforme, bien qu'il s'opère dans des conditions nettement définies et toujours les mêmes, pourvu que la sphère soit notablement plus petite que la face sur laquelle on l'applique.
* C. Fribdel, Bull. Soc, min. 1879, II, 31 (quartz, topaze, blende); — C. Friedel et J. Curie, ibid. 1882, V, 282 (quartz); 1883, VI, 191 (chlorate de soude, blende, boracite); 1885, VIII, 16 (topaze); — C. Friedel et A. de Gra- MOMT, ibid. 1886, VIII, 75 (scolézite).
480. Cas simples inincipaiix. — Les phénomènes considérés dans ce chi^ntre sont fort oomi^exes; ils ymnent solvant les conditions dans lesqœlles se produisit les changements de températore; ils peoyent être modifiés par la forme extérieore da cristal. D conviCTt de sQjqprimer d'abord cette dernière canse de perturbations, en sopposant toujours le oristal parfiûtement développé, ou mieux encore en le supposant taillé en forme de sphère; il convient ensuite de fure abstraction de tous les effets dus à sa conductibilité. D est enfin nécessaire de spécifier nettement les conditions expérimentales de réchauffement ou du refroidissement ; à cet égard, on peut distinguer a priori deux cas simples principaux, qui peuvent être difficiles à réaliser complètement dans la pratique, mais dont on se rapproche souvent plus ou moins, et qui sont nettement caractérisés par leur symétrie ' .
Le premier cas (pyroélectricité polaire homogène) est celai où la sphère cristalline est supposée avoir une même température uniforme dans toute sa masse au moment où on la nentralise en la passant rapidement à travers une flamme, et une antre température, également uniforme dans toute sa masse, au moment où Ton étudie son électrisation par le procédé de M. Knndt ou à l'aide d'un électroscope.
Le second cas simple {pyroélectricité axiale *) est celui où la sphère a une température variable d'un point à l'antre, mais également distribuée tout autour de celui de ses diamètres qui aboutit au point dont on étudie l'électrisation.