NATALITÉ
Définition. — Nous appelons natalité (1) le rapport du nombre des naissances à la population N/P.
Examinons avec plus de soin quels doivent être les deux termes de cette fraction. Le numérateur doit, à notre avis, comprendre non seulement le nombre des naissances vivantes,mais aussi celui des mort-nés, car un mort-né ne se distingue des autres décès que par rage auquel survient la mort ; si donc on ne comprend pas les mort-nés dans le calcul de la natalité, il n'y a pas de raison pour y comprendre davantage les autres frustra-nés, c'est-à-dire ceux qui meurent en si bas-âge que leur naissance reste inutile. On obtient, en comprenant les mort-nés dans le calcul de la natalité, des chiflres plus comparables qu'en les excluant, parce que la définition des mort-nés diffère beaucoup d'un pays à un autre ; en France, on regarde comme mort-nés tous les enfants présentés sans vie à l'enregistrement de l'état-civil, tandis qu'en Suède, en Italie, et dans plusieurs autres pays, on ne compte comme mort-né que ceux qui sont morts avant d'avoir respiré (définition médico-légale).
Le dénominateur de notre fraction pourrait comprendre l'ensemble de la population (col. 15 et 16 de notre tableau), ce rapport très généralement usité, n'est pas très satisfaisant. En effet, l'ensemble de la population contient une quantité d'enfants et de vieillards qui ne peuvent en rien contribuer à augmenter le nombre des naissances ; dans les pays où ces non-valeurs sont en grand nombre, elles diminueront indûment la valeur de notre fraction. Quelle est la partie de la population qui peut produire des nais sances ? Évidemment c'est seulement la population adulte, et plus spécialement les femmes adultes, c'est donc à leur nombre qu'il faut comparer le nombre des naissances pour avoir un rapport instructif. Les auteurs fixent tous à 15 ans la limite statistique de
(1) Ce mot a été créé par M. Achille Guillarcl.
râ^e de la parturition ; la limite supérieure a été fixée par les uns à 55 ans, par d'autres à 50 et par (fautres enfin à 45 ans. M. Bertil Ion père préfère la limite intermédiaire, 50 ans ; en effet, les sta tistiques des pays dans lesquels oh relève Tâge des mères, mon trent que les accouchements sont très rares de 50 à 55 ans (en Finlande 0,8 naissances pour 1,000 femmes de 50 à 55 ans), tandis qu'ils ne sont pas rares de 45 à 50 ans (en Finlande, 21 naissances et en Suède 20 naissances annuelles pour 1,000 femmes de 45 à 50 ans)-
Nous pensons donc que le rapport qui exprime le mieux la natalité est le suivant : stir 1,000 femmes de 15 à 50 ans, combien de naissances (mort-nés inclus) en un anl
On trouvera ce rapport dans la col. 3 du tableau 15. Comme on ne peut pas le calculer dans quelques pays, on doit lire cette colonne en s'aidant de la col. 6 et de la col. 16.
On peut diviser au point de vue de la natalité, les pays de l'Europe en trois groupes :
Ceux qui ont une natalité forte, c'est à-dire voisine de 150 naissances annuelles par 1,0110 femmes en âge de parturition : ce sont tous les pays slaves et tous les pays allemands. Avant tous, la Croatie-Slavonie, la Hongrie. Immédiatement après, c'est la Saxe, puis la Bavière, le Wurtemberg, la Prusse ; viennent ensuite les Pays-Bas et enfin l'Autriche cisleithane. L'Italie peut presque être rangée dans cette première catégorie.
Les pays dont la natalité est moyenne, c'est-à-dire supérieure à l'iO naissances annuelles pour 1,000 femmes de 15 à 50 ans. L'Angleterre proprement dite et l'Ecosse, puis la Belgique (malgré la faiblesse de sa nuptialité : les Belges ne se marient pas très volontiers, mais une fois mariés ils ont des enfants), l'Alsace-Lorraine, l'Espagne, le Portugal, la Roumanie, et enfin la Finlande, la Norvège et le Danemark.
-Les pays dont la natalité est faible, c'est-à-dire d'environ 120 naissances pour 1,000 femmes de 15 à 50 ans, ou inférieur à ce chiffre, sont la Suède, la Grèce, la Suisse et après eux, loin derrière eux, l'Irlande (1) enfin la France, qui de tous les pays d'Europe est celui où la natalité est plus faible (2).
(1) Malgré un préjugé inevplicable et 1res répandu qui prétend que rirlande est misérable parce qu'elle est trop féconde.
(2) Si l'on se lixait au rapport dit de natalité génère le (col. 16) la natalité suédoise serait à peu près égale à celle de la France, tandis quVn réalité elle est supérieure. La mortalité suédoise étant très faible, ios enfants suédois se conservent mieux qui* ceux de France, et la population en contient une proiorlion peu élevée : ils diminuent indûment la valeur de la fraction IS/P. La faiblesse de la natalité française apparaît quand on les élimine du calcul.
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