‹ Eléments de démographie par le Docteur Jacques BertillonChapitre 30 sur 58 · RÉSUMA · texte numérisé non relu

RÉSUMA

sur

i. 000 nés

vivants

combien

de décès

de A

3 ans

Les pays les plus favorisés sont les pays Scandinaves, dont la mortalité, nous l'avons dit, est à tous les âges la plus faible de l'Europe.

Après eux, il faudrait citer Tlrlande, TÉcôsse et l'Angleterre; la misérable Irlande jouirait même d'une vitalité supérieure à celle de la paisible et laborieuse Norvège. La France est un des pays où la mortalité infantile est la plus faible. La Belgique, les Pays-Bas, ont des chiffres qui paraissent analogues aux nôtres ; puis viennent la Suisse et la Grèce, et loin derrière elles, l'Alsace-

Lorraine. Dans ces pays, on peut dire en résumé que le quart des enfants nés meurent avant 5 ans.

Les pays allemands ont tous une mortalité infantile très supérieure à la nôtre ; dans rAUemagne du Nord, le tiers des enfants nés sont morts avant 5 ans (Prusse 316 ; Saxe 373). Dans TAllemagne du sud, la proportion des morts est plus élevée encore (Bavière, 393 ; Wurtemberg, 397 ; Autriche, 390).

L'Italie et TEspagne ont des chiffres analogues ; ceux de la Roumanie sont un peu moins élevés.

Enfin les pays où cette proportion est le plus élevée sont la Russie et la Croatie- Slavonie ; près de la moitié des enfants meurent avant rage de 5 ans. Ce sont les pays les plus féconds de l'Europe, avons-nous dit, mais cette fécondité ne leur profite guère; près de la moitié des berceaux se vident dans un cercueil, et ne sont pour les parents qu'un triste sujet d'angoisses et de larmes. On remarque que dans ces deux pays où la mortalité est forte à tous les âges de l'enfance, celle de la première année de la vie dépasse la moyenne moins que celle des années suivantes.

On résumera assez bien ce tableau en disant que les pays les plus féconds sont ceux qui perdent le plus d'enfants (Allemagne, Russie, Italie, etc.), et que ceux qui produisent plus d'enfants, conservent assez bien ceux qu'ils ont (Irlande, France, Belgique, Suisse, Suède). Mais cette règle est loin d'être absolue, et il est prudent de ne la prendre que comme moyen mnémotechnique,

Quel que soit le pays que l'on considère, on ne manquera pas de remarquer dans quelle étonnante proportion la mortalité de la première année de la vie l'emporte sur celle des années suivantes ; elle est généralement trois ou quatre fois plus forte que celle de la deuxième année de la vie, qui, elle-même, l'emporte de beaucoup sur la mortalité de la troisième année de la vie ; à partir de cet âge, la mortalité diminue plus lentement. Cette décroissance rapide de la mortalité est d'autant plus rapide que l'on considère une période plus voisine de la croissance. Elle est plus sensible encore pendant les premiers mois de la vie, et plus encore pendant les premiers jours. Une étude magistrale a été publiée sur ce point par feu le D^ F, Th. Berg, directeur de la statistique suédoise, dans le Statistisk 3îrf«<rn/^ (1869, 23® fasc). Voici quelques-uns des chiffres de ce statisticien éminent :

Tableau Sa. — sur iooo nés vivants, combien sont morts dans

CHACUN des premiers MOIS DE LA VIE.

(SuÊDB 1860-1866).

TOTAL

MOIS

MOIS

MOIS

MOIS

MOIS

MOIS

MOIS

MOIS

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