‹ Eléments de démographie par le Docteur Jacques BertillonChapitre 29 sur 58 · eor^^HOO ■♦ oo •* «o r · texte numérisé non relu

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par suite de circonstances différentes, on peut garder les malades jusqu'à leur complet rétablissement. Si Ton prend pour base des calculs le nombre des journées de présence, on trouvera, dans le premier des hôpitaux que je viens de supposer, une mortalité plus forte que dans le second, et, pourtant, cette différence pourra ne résulter que du vice de la méthode. Le calcul de la mortalité d'un hôpital est une opération délicate, dans lequel le dénominateur

de la fraction \- r-—, — | doit être le nombre des entrants et

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non pas le nombre des lits ni le nombre des journées de présence. J'ajoute qu'on n'arrivera à des chiffres démonstratifs qu'en tenant compte de la nature des maladies les plus répandues, puisqu'un hôpital de varioleux et autres fiévreux ne peut espérer une mortalité aussi faible qu'un hôpital de vénériens, etc.

Du calcul de la mortalité des militaires. — Le calcul de la mortalité des militaires ne peut pas être établi suivant les mêmes principes que dans les cas précédents. Il faut tenir compte, en effet, dans le calcul de la mortalité militaire, de ce qu'un grand nombre de militaires malades et, notamment, de militaires phtisiques, sont réformés quelque temps avant leur mort : c'est à l'armée que la maladie les a atteints et c'est grâce à une circonstante tout à fait accessoire qu'ils n'y sont pas morts. C'est avec raison que la Statistique militaire mentionne le chiffre des réformés à côté de celui des décès.

Conclusion. — Les exemples qui précèdent suffisent à prouver qu'il ne peut pas exister de règle unique et parfaitement uniforme pour calculer la mortalité. Il faut être un statisticien judicieux et, surtout, impartial, pour choisir celle qui convient au document que l'on veut étudier.

D3 la mortalité des principaux pays de l'Europe. — Le

tableau ci-joint, emprunté aux Confronti internazionali, fait connaître la mortalité par âges des principaux pays de l'Europe.

Dans tous les pays, la marche générale de la mortalité à travers les différents âges de la vie reste à peu près la même. Elle est toujours très forte pendant la première année de la vie, à ce point qu'un nouveau-né a autant de chances de mourir dans l'année qu'un vieillard de 80 ans. La proportion de décès la plus faible se rencontre dans les pays Scandinaves (Norvège, 101), la plus forte dans l'Allemagne du sud (Wurtemberg, 341). La France est un des pays où la mortalité du premier âge est la plus faible.

La mortalité diminue rapidement après la première année de vie; toutefois elle est encore forte de 1 à 5 ans. C'est de 10 à 15 qu'elle est à son minimum dans tous les pays (3,6 en Norvège, 6 en Italie) ; puis elle augmente lentement, deux fois plus forte à 30 ans (8 en Norvège, 10 en Italie) qu'à 15 ans ; et deux fois plus forte à 50 ans (13 en Norvège, 21 en Italie) qu'à 30 ans. A partir de 60 ans, elle augmente, rapidement jusqu'aux extrêmes limites de la vie, sans x<imais devenir égale à 1000, puisque, si vieux que soit un homme, on ne peut jamais affirmer qu'il mourra dans l'année.

De tous les pays de l'Europe, ceux où la mortalité est la moindre sont les Scandinaves et, notamment, la Norvège. A chaque âge, c'est la Norvège ou la Suède qui présente les chifires les plus faibles. Le Danemark et, surtout, la Finlande, sont un peu moins favorisés.

Après eux, on doit citer, comme ayant une mortalité faible, les Pays-Bas, la Belgique, la France, la Suisse, l'Irlande, l'Angleterre, l'Ecosse. Les Pays-Bas ont une mortalité infantile plus forte (195 pour 1,000 vivants de à 1 an) que les pays que nous venons d'énumérer, mais après la cinquième année, la mortalité y devient très faible. La Belgique, la France et l'Alsace-Lorraine ont des chiffres à peu près semblables ; en France, on remarque une mortalité un peu forte à l'âge de 25 à 30 ans (chez les hommes seulement; les femmes ont une mortalité plus normale). En Suisse, la mortalité, un peu forte dans la première enfance (220 pour 1,000 vivants de à 1 an) devient ensuite très faible et reste telle jusque vers 30 ans; passé cet âge, elle devient plus forte que la mortalité française.

Dans les trois royaumes britanniques, on peut douter de l'exact enregistrement des décès du premier âge ; les parents ont un délai trop long pour déclarer les naissances et les décès et, lorsque l'enfant meurt avant son inscription, on doit craindre qu'il ne soit souvent omis. De là vient probablement la mortalité faible (167 décès pour 1,000 vivants de à 1 an) de l'Angletere, et la mortalité plus faible encore (97) que l'Irlande s'attnbu^. Aux autres âges de la vie, la statistique anglaise est, au contraire, tenue avec le plus grand soin. Elle montre, pour l'Irlande, une mortalité faible, pour l'Angleterre et pour l'Ecosse une mortalité un peu plus forte que celle de France.

Les pays allemands ont, généralement, une mortalité assez forte.

BerUUoo. — 6.

En Prusse, la mortalité est faible entre 3 et 40 ans ; elle est assez élevée aux autres âges. On en peut dire autant de la Bavière, de la Saxe, du Wurtemberg et de Bade ; de plus, la mortalité des enfants en bas-âge est plus élevée dans ces pays qu'elle ne l'est en Prusse.

L'Autriche a une mortalité sensiblement plus forte que les pays de l'empire allemand; cette aggravation de la mortalité se fait sentir à tous les âges. Le royaume de Croatie Slavonie est encore plus mal partagé que TAutriche cisleithane ; pourtant, la mortalité des vieillards de plus de 75 ans y est moins forte qu'ailleurs : peu arrivent jusque-là, mais ceux qui y parviennent sont des gens bâtis à chaux et à sable, et leur mortalité est plus faible même que celle des Norvégiens du même âge.

L'Italie est un pays à mortalité élevée ; elle doit être mise à peu près sur le même rang que l'Autriche (peut-être sa mortalité estelle un peu plus faible que celle de l'Autriche). La mortalité italienne a notablement diminué depuis la constitution du royaume, résultat heureux, qu'on doit sans doute attribuer à la prospérité croissante de la nation et, aussi, aux grands efiorts dirigés contre la maVaria.

La mortalité espagnole paraît être, à presque tous les âges, la plus forte de l'Europe.

Il semble, d'après le peu de renseignements que nous avons sur le Portugal, que la mortalité y soit notablement moindre qu'en Espagne. -

Etude de la mortalité de l'enfance (de à 5 ans). — Mortalité de Venfance dans les divers pays. — Le lecteur qui voudra se rendre rapidement compte de la mortalité infantile dans les différents pays de l'Europe, devra lire tout d'abord la colonne 8 de notre tableau 31. Il y verra combien sur 1,000 enfants venus au monde vivants, il y en a de morts pendant les 3 premières années de la vie.

Les colonnes 3-7 donnent le détail, année d'âge par année d'âge, de cette mortalité. La colonne 3 indique combien de décès dans la première année de la yie pour 1,000 enfants nés vivants (ces chifires sont nécessairement influencés par le sens que la statistique de chaque pays donne au mot mort-né, puisque les enfants qui ne sont pas regardés comme mort-nés sont généralement comptés comme décédés de à 1 an, et réciproquement). Les colonnes suivantes indiquent combien de décès en un an pour 1,000 survivants à chaque âge. On s'explique par conséquent, que la colonne 8 ne

contienne pas la somme des précédentes. Elle n'en est que le résumé.

Tableau 3i. — Mortalité de o a 5 ans dans les principaux pays

DE l'Europe.

PAYS

France

Alsace-Lorraine . .

Belgique

Pays-Bas

Portugal

Italie

Roumanie

Grèce

Suisse

Prusse

Saxe

Bavière

Wurtemberg. . . .

Bade

Autriche cisleithane Croatie- Slavonie . .

Russie d'Europe . .

Finlande

Suède

Norvège

Danemark ...

Angleterre et Galles

Ecosse

Irlande

Maspachussetts. . .

Vermont. .....

Rhode-Island. . . .

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