DES EFFETS DU MARIAGE OUANT A LA PERSONNNE
SOUS le couvert de son mari ; aussi, dans le vieux français des lois anglaises du moyen âge, désignait-on la femme mariée sous le nom de feme-covert^ femina vira cooperta, et son état de dépendance sous le nom de mertiire.
On verra, dans la section suivante, quelles ont été les conséquences de cette absorption de la femme au point de vue de sa fortune, de ses gains, de ses rapports avec les tiers, et comment, après avoir cherché à en atténuer progressivement les inconvénients, on a fini, Jans la loi de 1882, par adopter un système à peu près absolu de séparation de biens, qui en est le contre-pied. Celte révolution aura tout naturellement son contre-coUp dans les relations personnelles des époux, puisqu'elle tend à assimiler, quant à ses biens propres, la femme ïnariée à une femme qui ne le serait point. Elle est encore trop récente, au moment où nous écrivons, pour que nous puissions en mesurer exactement la portée. Mais, en indiquant quel a été le droit jusqu'alors, nous devons faire d'expresses réserves en ce qui touche les Diodifications qu'y apportera forcément, par voie de conséquence indirecte, le Manied Women's Property act en vigueur depuis le 1" janvier 1883 (cpr. n" 151, sv.).
D'après l'ancien droit, le mari ne peut rien donner dii^ctemcnt à sa femme ni passer avec elle un contrat; 'ar lui donner, ce serait supposer qu'elle existe indéendamment de lui, et traiter avec elle, ce serait traiter vec lui-même. Aussi, en général, tout pacte fait entre ax avant le mariage devient-il nul ou, pour mieux dire^ éteiut-il par confusion, du jour où ils se marient ^ ;
Cru. Carol., 551.