‹ Éléments de droit constitutionnel français et comparé; (volume 2)Chapitre 4 sur 55 · X PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

X PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION

bothécra a rapproché cnoa nom de celui de Bodin W et telle -est la distance entre mon livre et Tœuvre si haute du vieux anaitre, que je n'aurais jamais songé à un pareil honneur. M. Gombothécra, il est vrai, m'adresse en même temps un reproche sur lequel j'ai à cœur de m'expliquer. Il me reproche de <c n'avoir point tenu compte de la littérature contemporaine sur le droit constitutionnel, pourtant si riche, surtout en Allemagne » ; de « n'avoir même pas lu tout ce qui a paru «ur la question en langue française ».

Je n'ai certes pas la prétention d'avoir tout lu ; mais surtout j'ai pris pour règle, dans cet ouvrage élémentaire, de dter et de discuter seulement les écrits qui rentrent dans le cadre et dans le sens de mon exposition.

D'autre part, comme l'indique le titre général que j'ai donné à ma première partie {La liberté moderne)^ j'ai voulu étudier les constitutions, et celles-là seulement, qui « ont la liberté politique pour objet direct », selon le mot de Montesquieu (^). Elles me paraissent faciles à distinguer : ce sont celles qui ont proclamé et pris pour base le principe de la souveraineté nationale (quelle que soit d'ailleurs la forme de gouvernement qu'elles organisent), et celles des monarchies, qui, sans proclamer ce principe, ont adopté et pratiquent le gouvernement parlementaire, ou gouvernement de cabinet.

and teebnical aim of his book, bas readered us a service for France comparable to tbat of M. Bryce for tbe sîster republic ».

{{) Journal du droit international et publie^ Saint-Pétersbourg, 1697, 11* 4, p. 107 : « En ce qui concerne la souveraineté, Esmein développe cette question d'une manière scientifique, d'une manière plus scientifique qu'aucun des écrivains français depuis Bodin »«

(S) Esprit des lois, L. XI, cb. v.

PRÉFACE DE LA DEUXIEME ÉDITION. Xi

Il y a dans le monde, comme dit encore Montesquieu, de grandes monarchies qui n'ont point la liberté politique pour objet direct de leurs constitutions; celles-ci « ne tendent qu'à la gloire des citoyens, de l'État et du prince » W. Elles forment aussi un objet d'étude intéressant ; mais ce n'est pas celui que je me suis proposé. La Constitution de l'Empire d'Allemagne et celles de la plupart des États particuliers qui le composent appartiennent à cette seconde classe. Par suite et tout naturellement, c'est en vue des constitutions de ce type que les écrivains allemands ont construit leurs théories constitutionnelles. Voilà pourquoi, moi, qui dois tant par ailleurs à la science allemande, je ne l'ai point mise ici à contribution. J'ai largement puisé, au contraire, dans la littérature constitutionnelle de l'Angleterre et des États-Unis.

Dans la mesure que je viens d'indiquer, je me suis efforcé de mettre cette seconde édition au courant des lois, des faits et des doctrines depuis 1896. Sans modifier le plan ni altérer les théories, j'ai retouché, refondu, complété des passages assez nombreux et parfois importants.

M. Delpech, docteur en droit, chargé de conférences à la Faculté de droit de Paris, a bien voulu rédiger pour celle seconde édition une table des matières alphabétique et détaillée; je lui en exprime ici toute ma gratitude.

Paris, novembre iS98.

(1) Btprit des loiSf L. XI, ch. vu.

PREFACE

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