‹ Éléments de droit constitutionnel français et comparéChapitre 11 sur 44 · XVI PRÉFACE DE LA SEPTIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE DE LA SEPTIÈME ÉDITION

reconnue assurerait l'aulorilé nécessaire ». Ce serait l'introduction d'un Conseil économique national, à l'allemande. D'autres, au contraire, estiment.— et c'était la conviction certaine d'Esmein — que la séparation des pouvoirs est la condition de la liberté politique et que le Parlement, contrôlant déjà le Gouvernement et tenant les cordons de la bourse, a une tendance trop fréquente à envahir, à domestiquer l'Exécutif : c'est donc ce dernier qu'il convient de fortifier. Obtiendra-t-on ce résultat en donnant des prérogatives nouvelles et • une plus grande autorité au Président du Conseil ? Assurément non : le Président de la République en sera encore diminué; les conflits — il y en a eu qui appartiennent à l'histoire et d'autres passés sous silence par un ancien Président dans ses Lettres libres au Temps, des 9, 23 août, 27 septembre 1920 — les conflits seront toujours résolus au détriment du chef irresponsable de l'Etat, et c'est encore au Parlement, qui tient en tutelle le chef du Cabinet responsable, que reviendra en définitive ce surcroît de force. Convient-il, au contraire, d'augmenter en nombre et en étendue les prérogatives du Président de la République, notamment dans la direction de la politique extérieure, et de lui donner plus d'autorité par l'élargissement du corps électoral qui le choisit ? A ces vues encore il semble difficile de satisfaire : d'une part le Président ne peut agir qu'avec un ministère qui tire de sa responsabilité une autorité plus grande et l'expérience de 1871-1873 prouve qu'une politique personnelle du Président a pour conséquence fatale une lutte obscure qui ne peut être résolue que par la retraite de ce dernier. Ou bien, il faudrait rejeter le Gouvernement parlementaire, instituer une séparation absolue des pouvoirs : mais celle-ci se maintient difficilement aux Etats-Unis et elle aboutit à des conflits insolubles dont le traité de Versailles est une^ des dernières victimes. D'autre part l'expérience de la seconde République justifie les hésitations qui se manifestent contre une élection des Présidents par un corps électoral trop étendu. Tous ces problèmes — et ils ne sont pas nouveaux — ont été depuis longtemps examinés par Esmein avec ce sens pratique que rien n'est venu démentir et qui aboutit à un hommage rendu aux Constituants de 1875, dont l'œuvre recueille encore aujourd'hui l'approbation de ceux qui ont eu la charge

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