XXII PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION
tout j'ai pris pour règle, dans cet ouvrage élémentaire, de citer et de discuter seulement les écrits qui rentrent dans le cadre de mon exposition.
D'autre part, comme l'indique le titre général que j'ai donné à ma première partie {La liberté moderne), j'ai voulu étudier les constitutions, et celles-là seulement, qui « ont la liberté politique pour objet direct », selon le mot de Montesquieu (3). Elles me paraissent faciles à distinguer : ce sont celles qui ont proclamé et pris pour base le principe de la souveraineté nationale (quelle que soit d'ailleurs la forme de gouvernement qu'elles organisent), et celles des monarchies, qui, sans proclamer ce principe, ont adopté et pratiquent le gouvernement parlementaire ou gouvernement de cabinet. Il y a dans le monde, comme dit encore Montesquieu, de grandes monarchies qui n'ont point la liberté politique pour objet direct de leurs constitutions; celles-ci « ne tendent qu'à la gloire des citoyens, de l'Etat et du prince » (4). Elles forment aussi un objet d'étude intéressant; mais ce n'est pas celui que je nie suis proposé. La Constitution de l'Empire d'Allemagne et celles de la plupart des Etats particuliers qui le composent appartiennent à cette seconde classe. Par suite ^t tout naturellement, c'est en vue des constitutions de ce type que les écrivains allemands ont construit leurs théories constitutionnelles. Voilà pourquoi, moi, qui dois tant par ailleurs à la science allemande, je ne l'ai point mise ici à contribution. J'ai largement puisé, au contraire, dans la littérature constitutionnelle de l'Angleterre et des Etats-Unis.
Dans la mesure que je viens d'indiquer, je me suis efforcé de mettre cette seconde édition au courant des lois, des faits et des doctrines depuis 1896. Sans modifier le plan ni altérer les théories, j'ai retouché, refondu, complété des passages assez nombreux et parfois importants.
M. Delpech, docteur en droit, chargé de conférences à la Faculté de droit de Paris, a bien voulu rédiger pour cette seconde édition une table des matières alphabétique et détaillée; je lui en exprime ici toute ma gratitude.
Paris, novembre 1898.
(3) Esprit des lois, 1. XI, ch. v.
(4) Esprit des lois, l. XI, ch. vu.
PREFACE