‹ Éléments de droit romain à l'usage des étudiants des facultés de droitChapitre 2 sur 221 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Ce livre, qui vient après tant d'autres traités de droit romain déjà publiés en France , est essentiellement destiné à l'usage des étudiants de licence de nos Facultés de droit. Il ressemble donc à ceux qui l'ont précédé par le but qu'il poursuit. Il s'en sépare quelque peu cependant par les procédés employés pour atteindre ce but. En le publiant, j'ai voulu faciliter aux élèves l'étude d'une matière du plus haut intérêt scientifique, qu'ils considèrent trop souvent comme rebutante et sans profit.

Obligé que j'étais de me conformer à l'ordre des programmes officiels, j'ai laissé de côté toute tentative de reconstitution systématique du droit privé pour m'en tenir au plan adopté par Gaius dans ses Commentaires, reproduit par Justinien dans ses Institutes , et qui d'ailleurs offre , à mes yeux , le double avantage d'être conforme à la tradition romaine et de se prêter facilement à un exposé logique de la marche progressive et du contenu des institutions du droit privé. Je ne me suis pas interdit, toutefois, d'en modifier l'économie, particulièrement dans le détail, quand j'ai cru de pareils changements nécessaires à la clarté des explications.

On trouvera dans l'Introduction générale (V. n° 5) l'exposé des raisons qui, selon moi, justifient l'enseignement du droit romain dans nos Facultés et l'indication de la méthode que j'ai suivie comme étant la conséquence

VJ PRÉFACK.

nécessaire du rôle qu'à l'heure actuelle on doit assigner à ce genre d'étude. C'est ici particulièrement que cet ouvrage se sépare de ceux qui l'ont devancé et qui, à tant d'autres égards, m'ont servi de guides et de modèles (*>.

Il m'a paru nécessaire, en effet, de renoncer plus franchement qu'on ne l'a fait jusqu'alors au procédé exégétique qui rompt l'unité de l'exposé et lui enlève toute couleur et tout mouvement. Aussi , ne me suis-je point préoccupé de reproduire dans leur entier les textes invoqués par moi et qu'on retrouvera dans les recueils de source, encore moins de les traduire ou d'en analyser avec minutie le contenu. Tout le premier, je reconnais les services qu'une telle méthode a rendus autrefois et ceux qu'elle peut rendre encore, à la condition d'être pratiquée comme il convient (2). Dans un livre comme celui-ci , elle n'était point à sa place.

Je n'ai pas cherché non plus à être complet et à épuiser chacun des sujets que j'avais à aborder. Sans grande peine, je me suis résigné à laisser dans l'ombre certaines questions qui m'ont paru secondaires et à supprimer tout à fait nombre de détails qui m'ont semblé de peu d'importance. On jugera peut-être que j'ai été trop loin dans cette voie. Quant à moi, je regrette de n'avoir pu m'y engager plus hardiment. Mais il m'a fallu , dans un livre

(i) Je citerai tout particulièrement : L'Histoire de la législation romaine et l'Explication des lnstitutes d'Ortolan avec les notes de M. Labbé, et le Précis de droit romain de M. Accarias.

(2) Il est bien clair que l'explication des textes ne doit pas être restreinte au texte des lnstitutes de Justinien. Un choix doit être fait parmi les sources appartenant à toutes les époques, de façon à initier l'élève aux difficultés de l'interprétation et à graver dans son esprit les principes fondamentaux. Tout cela ne peut venir que comme auxiliaire de l'exposé historique et dogmatique des institutions.

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