ORIGINE ANIMALE (PART. H
elle s'appuyait aussi du passage à la craie, qu'on observe dans ces fossiles , quand ils sont à moitié décomposés. Mais cette conjecture ayant paru tout-â-fait vague et chimérique à plusieurs naturalistes, ils ne se décidèrent à l'admettre que lorsque de nouvelles preuves mises au jour par des géologues modernes en eurent augmenté la probabilité.
Le lieutenant Nelson nous apprend qu'aux Bermudes il y a plusieurs bassins ou lagunes presque entièrement entourés de récifs de corail. Au fond de ces lagunes on remarque une sorte de limon calcaire, blanc et mou , lequel, dû à la décomposition d'Eschara, de Flustra, de Cellepora, et de diverses autres coralines flexibles, ressemble tellement, lorsqu'il est sec, à la craie terreuse commune, que certains fragments de ce limon, conservés au Muséum de la Société Géologique de Londres, pourraient très-bien, même après l'examen le plus attentif, être pris pour de la craie ancienne, sans les étiquettes qui indiquent leur origine véritable. Vers le même temps, à peu près, où le lieutenant Nelson se livrait à ses observations auxBermudes, M. C. Darwin en faisait de semblables dans les lies de corail de l'océan Pacifique, et par suite se trouvait conduit à cette opinion, savoir, qu'une très-grande partie de la matière blanche et molle que l'on trouve dans le fond de la mer,, près des récifs de corail, a passé par le corps des vers auxquels sont dues les perforations nombreuses qu'on remarque dans les masses pierreuses de corail; et
Fig. 162. Fig. 163.