‹ Eléments de géologieChapitre 137 sur 205 · CH. XV.) GROUPE CRÉTACÉ · texte numérisé non relu

CH. XV.) GROUPE CRÉTACÉ

au mont Saint-Pierre, à Maëstricht, et à Ciply, près de Mons, repose sur la craie supérieure à silex. Cette roche consiste en une pierre tendre jaunâtre , peu différente de la craie, et « renferme des masses siliceuses beaucoup plus rares que celles de la craie , d'un volume plus considérable , et composées , non de silex noir, mais de silex nuageux et de calcédoine (*). » De même que la pierre de Faxoe, la roche en question se trouve caractérisée par une série particulière de débris organiques , lesquels sont spécifiquement distincts de ceux de la période tertiaire. Quelques-uns d'entre eux se rencontrent dans la craie blanche.

Comme on a prétendu qu'à l'égard du caractère les couches de Maëstricht étaient intermédiaires entre les formations secondaires et les terrains tertiaires, il peut être à propos de rapporter ici, comme un fait 4 contraire à cette opinion , que

l'on a trouvé dans le calcaire de Maëstricht des Ammonites (Fig. 164), des Baculites, des Hamites et des Hippurites, genres qui n'ont encore été découverts dans aucune formation postérieure à la craie.

Ammonites Rhotomagensis ; ~ . , . ,

Maëstricht; trouvée par le On a rencontré aussi dans

comte Munster. . . . . ^

les mêmes couches de trèsf) Filton, Geol. Proceedings, 1830.

382 COUCHES DE MAEST11CHT. (part, n,

grandes tortues et un reptile gigantesque, le Mosasaurus ou Monitor fossile , dont on a reconnu également quelques vertèbres dans la craie anglaise (*).Les caractères ostéologîques de ce quadrupède ovipare prouvent qu'il devait être intermédiaire entre les Monitors vivants et les Iguanes; de plus, la grandeur de la tète, des vertèbres, et des autres os, fait supposer qu'il avait vingt-quatre pieds (7™ env.) de long.

L'existence de ces tortues et de ces sauriens semble nécessairement impliquer celle de quelque continent voisin , sur les côtes sablonneuses duquel ces reptiles crétacés auraient pu déposer leurs œufs.. Toutefois il se pourrait qu'ils eussent trouvé une retraite convenable pour cela dans les petits tlots disséminés au milieu de l'Océan , tels , entre autres , que l'île de l'Ascension , où Ton rencontre un si grand nombre de tortues.

Origine du silex dans la craie. — Bien que Ton ne puisse guère donner une explication satisfaisante de l'origine du silex dans la craie , soit qu'il s'y présente en couches continues, soit qu'il s'y rencontre sous forme de nodules, tout porte à l'attribuer à ce qu'originairement, ou alors du moins qu'eut lieu la précipitation de la craie supérieure, une terre tout à la fois siliceuse et calcaire formait le fond vaseux de la mer crétacée. Quant h savoir si les divers éléments de cette terre

O Voyez Mantell's Geol. of S. E of England.

eu. IV.) SILEX DE LA CRAIE. 383

furent le résultat de débris de corps organiques, c'est une question qui rentre dans le domaine de la spéculation ; mais ce qui a été dit relativement à l'origine du Tripoli (voyez p. 58) montre comment des infusoires microscopiques peuvent donner naissance à des masses considérables de silice pure. Les squelettes de plusieurs* éponges vivantes consistent en aiguilles ou spicules siliceux, tels qu'on en rencontre en très-grande abondance dans les silex de la craie. Il y a aussi d'autres zoophytes vivants, qui ont la propriété de sécréter des matières siliceuses provenant des eaux de la mer, exactement de la manière dont les mollusques sécrètent des matières calcaires.

Quelle qu'ait pu être , d'ailleurs, la source qui a fourni la silice contenue dans le limon en question , toujours est-il que Ton peut attribuer la disposition parallèle des couches siliceuses à la précipitation successive des matières dont elles se composent. Les espaces qui séparent ces couches sont dus probablement, dit le docteur Buckland, aux intervalles de temps qui s'écoulèrent entre leur production respective, chaque masse nouvelle formant au fond de l'Océan un lit de fluide pulpeux , lequel ne pénétrait jamais celui qui le précédait, et lui servait de support, par la raison que la solidification de ce dernier était trop avancée pour rendre ce mélange possible (*). Cette supposi-

(*) Geol. Trans, First Séries, vol. iv, p. 420

38't ÉTENDUE GÉOGRAPHIQUE (PAHT. II,

tion, toutefois, ne suffit pas pour expliquer le phénomène singulier de la division du silex en couches si parfaitement distinctes de la craie. Peut-être cette circonstance doit-elle être attribuée à ce que la pesanteur spécifique des molécules siliceuses excédant celle des molécules calcaires, la silice dut nécessairement, dans l'acte de la précipitation , prendre place à la partie inférieure de chaque couche de limon.

Etendue géographique de la craie blanche. — L'espace sur lequel la craie blanche conserve un aspect à peu près homogène est tellement étendu , que les géologues ont souvent désespéré de trouver aucun dépôt analogue parmi les formations récentes. En allant du nord-ouest au sud-est, on rencontre la craie depuis le nord de l'Irlande jusqu'à la Crimée , distance qui comprend environ 11 M) milles géographiques (W5 1.). Dans la direction opposée, elle s'étend depuis le midi de la Suède jusqu'au sud de Bordeaux, c'està-dire sur un espace de 84*0 milles géographiques (350 1.)* De là, toutefois, il ne faut pas conclure que la craie ait été répandue uniformément sur toute cette vaste surface, mais seulement qu'elle en occupe de nombreuses parties plus ou moins considérables. Si , ensuite, on tourne ses regards vers les régions de la mer Pacifique, où sont disséminés tant de récifs de corail, on rencontre quelques archipels d'tles à lagunes, tels, entre autres, que l'archipel Dangereux et celui de Radack, qui, en comprenant quelques groupes adjacents, n ont pas moins de 11 à 1200 milles

Cfl. xv.) DE LA CRAIE BLANCHE. 385

de longueur sur 3 à WK) de largeur. La partie de l'Océan que Flinders a proposé d'appeler Mer de Corail , est encore plus étendue; elle a pour limites, au nord, les récifs de la Louisiade ; à l'ouest , la Nouvelle Calédonie ; et à Test, la barrière Australienne. Bien que dans ces régions les lies soient extrêmement clair-semées, le limon provenant de la décomposition des zoophytes peut, à l'aide des courants océaniques, se répandre sur un espace très-grand,

Formation du grès vert. — La division inférieure du groupe Crétacé de l'Angleterre se subdivise, ainsi que nous l'avons déjà vu, en Grès vert Supérieur, en Gault, et en Grès vert Inférieur. L'analyse a fait connaître que les grains verts de ce grès consistent principalement en silicate de fer; quant à leur composition, elle est analogue à celle de la chlorite. La craie blanche marneuse inférieure se charge de plus en plus de ces grains jusqu'à ce qu'elle passe au grès vert supérieur, formation composée de sable et de marne sableuse , et fréquemment mélangée de silex nuageux ; le grès vert , à son tour, passe à l'argile mêlée de marne, que dans certaines provinces on désigne sous le nom de Gault. Bien que souvent ces deux subdivisions se trouvent réduites à deux ou trois mètres d'épaisseur, elles n'en forment pas moins, entre la craie et le grès vert inférieur, des bandes de sable et d'argile • continues et distinctes, lesquelles s'étendent en France , en Angleterre et en Belgique , sur des espaces considérables , en conservant , dans

386 FORMATION (PART, il,

toute leur étendue, certaines particularités minéralogiques et certains fossiles caractéristiques.

Le grès vert inférieur situé au-dessous du gault est formé de grès et de sable , en partie verts et en partie ferrugineux. Le calcaire entre aussi pour quelque chose dans sa composition. Dans le comté de Kent, ces roches se succèdent, en descendant, dans l'ordre suivant :

N° i Sable blanc, jaunâtre, ou

ferrugineux, avec des

concrétions de calcaire

et de silex nuageux 70 pieds (21 m.)

N° 2. Sable avec matière verte. 70 à 100 pieds (21 à 30 m ) N° 3. Pierre calcaire, appelée

Kentish rag 60 à 80 pieds (•) (18 à 24 m.)

Les fossiles du grès vert sont marins, et quelquesuns d'entre eux , comme le Pecten quinquecostatu* ( Fig. 166 ) , par exemple , se rencontrent dans tous les membres de la série. Plusieurs genres de la classe des Céphalopodes, tels que les Hamites (Fig. 167) , les Scaphites, et quelques autres, distinguent en Angleterre la formation du Grès vert de celle de la Craie blanche.

Origine de la formation du Grès vert. — Différent de la craie blanche, ce dépôt consiste en une suite de lits ordinaires de sable, d'argile, de marne et de cal-

(*) Fitlon, Geol. Trans , Second Séries, vol. iv, p. 319.

ch. xv.) DU GRÈS VERT. 387

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