CB. XVI.) ABSENCE DE MAMMIFÈRES, ETC
dépôts eussent été des deltas contemporains d'autres rivières venant du même ancien continent.
Absence de mammifères dans les formations Wealdie nnts. — Bien que parmi les nombreux fossiles du Weald, Ton n'ait encore jusqu'à présent découvert aucun débris de mammifères, on ne peut, néanmoins, lorsqu'on examine les dépôts récemment formés aux embouchures duQuorra, de l' Indus, ou du Gange, se défendre de l'espoir de trouver non-seulement des ossements d'oiseaux et de reptiles amphibies et terrestres, mais aussi des débris de quadrupèdes à sang chaud , appartenant aux espèces qui fréquentent les bords des rivières, ou qui, tels que l'hippopotame, habitent les eaux mêmes des fleuves. Car n'est-il pas naturel, en effet, de penser que le même courant qui transporta et roula les os des lézards, des tortues et des poissons du Weald, aurait pu tout aussi bien entraîner dans le delta quelques ossements, ou du moins quelques fragments d'os de mammifères , si des animaux de cette classe eussent existé alors? Une telle considération, toutefois, ne saurait être concluante, en ce que, généralement, on ne peut attacher une grande importance à une induction purement négative , surtout lorsque cette induction , ainsi que dans le cas dont il s'agit , peut, d'un jour à l'autre, être reconnue inexacte par la découverte de quelque os ou de quelque dent de quadrupède fossile dans les terrains Wealdiens, où nous remarquerons , en passant» qu'il n'y a que trèspeu de temps que l'on a rencontré , pour la première
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fois , une petite portion de mâchoire d'Iguanodon , bien que depuis longtemps on y eût recueilli un très-grand nombre de dents de ce lézard gigantesque. Tout ce que Ton peut dire avec certitude à ce sujet , c'est que jusqu'à présent il n'existe aucun exemple de continents couverts d'une végétation luxuriante , ni de forêts habitées par des oiseaux et par de grands sauriens, tant aquatiques que terrestres, dans lesquels il n'y ait en même temps quelques quadcupèdes à sang chaud. L'analogie la plus frappante de cet état de choses nous est offerte par la Nouvelle-Zélande, ainsi qu'on le Verra par la suite avec plus de détails. (Voyez p. 514..)
Quant à présent, je terminerai ce chapitre en faisant remarquer que, depuis l'origine de la formation Wealdienne jusqu'à une époque avancée de la formation Crétacée, on retrouve en Europe des traces d'abaissement, et, par conséquent, de diminution dans la terre ferme ; tandis qu'au contraire, après la production de la craie, c'est-à-dire, pendant les périodes tertiaires, on y trouve des preuves de l'augmentation de la partie continentale. Ces généralisations, toutefois, ne doivent pas s'appliquer à la surface entière du globe; car il se pourrait que, sur d'autres espaces, très-vastes également, les continents eussent gagné durant la formation Crétacée» et qu'ils eussent perdu pendant les époques tertiaires, par suite d'un changement de direction survenu dans le mouvement souterrain dominant.