CH. XVI.) DU GROUPE WE A LDI EN
ce fossile si extraordinaire du terrain Weaidien. Cette circonstance, qui amène naturellement à conclure que quelques-uns des Sauriens qui habitaient le pays de la grande rivière, continuèrent à y vivre, même après qu'une partie de la contrée eut été submergée par la mer, conduit aussi à supposer que de nos propres jours, l'enfouissement des os de certains grands alligators s'opère très-souvent dans les couches récentes d'eau douce qui se déposent dans le delta du Gange. Mais si une partie de ce delta venait à s'abaisser de manière à être recouverte par la mer, il pourrait en résulter une accumulation de formations marines à la place même où des lits d'eau douce auraient d'abord été formés ; et comme malgré cet abaissement du delta, le Gange n'en continuerait pas moins à charrier ses eaux bourbeuses dans la même direction, et à transporter à la mer les restes des mêmes espèces d'alligators, il s'ensuivrait que les os de ces animaux pourraient tout aussi bien se trouver dans des couches, marines que dans les strates sous-jacentes d'eau douce.
Age du terrain Weaidien. — Quelques géologues ont rangé le terrain Weaidien parmi les membres du groupe crétacé ; mais d'autres l'ont considéré comme ayant plus de rapport avec les dépôts oolithiques antérieurs. La solution de cette question est assez embarrassante , en ce . que les restes organiques des groupes crétacé et oolithique ont une origine marine ; tandis que ceux des couches Wealdiennes intermédiaires sont presque tous originaires d'eau douce. Les
AGE RELATIF BU G. WEALDIEN. (PART. Il,
testacés et les plantes du terrain Wealdien semblent être spécifiquement distincts de ceux de toute autre formation ; mais lorsqu'on vient à examiner les reptiles, on reconnaît que le Megalosaurus Bucklandi est commun aux groupes oolithique et Wealdien, les dents et les os de ce grand saurien se rencontrant également dans le calcaire de Stonesfteld et dans le sable de Hastings.
Parmi les reptiles et les poissons, il est aussi, quelques formes génériques, qui, tout en étant communes àl'Oolithe etauWeald, n'ont point encore été découvertes dans la craie. Les vertèbres du Plesiosanrus, par exemple, ne sont pas exclusivement limitées à l'Ooiithe et au Lias : on en a trouvé aussi dansleWeald; et le Lepidotus , l'un des genres de poissons les plus caractéristiques de cette formation , et qui abonde également dans la série oolithique, est inconnu dans le groupe crétacé.
D'un autre côté, on a vu déjà que la même espèce d'Iguanodon était décidément commune au Weald et au grès vert.
On a trouvé en Ecosse et en différentes parties du continent , certains dépôts marins que l'on croit du même âge que le Weald, et qui, tante l'égard des caractères fossiles que sous le rapport de la position , sont intermédiaires entre les systèmes crétacé et oolithique (*). 11 n'y aurait rien d'impossible à ce que ces
(*) Voyez Fitton, Geol. Trans., Second Séries, vol. iv, p. 328, et les ouvrages auxquels il renvoie.