CU XXII) DES STRATES SILURIENNES
choses indique évidemment que jamais ces couches n'ont été dérangées de leur position primitive, si ce n'est par quelques mouvements graduels comme ceux qui, à l'époque actuelle, occasionnent sur des espaces considérables , en Suède et dans le Groenland , un soulèvement ou un abaissement lent et insensible du sol. Les argiles schisteuses et les calcaires anciens du district lacustre canadien ci-dessus mentionné sont aussi horizontaux pour la plupart.
Le dérangement considérable qu'ont éprouvé, par rapport à leur gisement primitif, les roches les plus anciennes; et l'horizontalité qui, d'un autre côté, caractérise les strates récentes, donnent aux faits précédemment cités une grande importance. Les formations tertiaires, c'est-à-dire, les plus modernes, offrent pourtant quelques exceptions à regard de l'horizontalité qui les distingue en général. C'est ainsi que dans les Alpes, par exemple, plusieurs de ces roches sont verticales, ou même entièrement renversées. De telles apparences s'accordent aussi bien que possible avec la théorie qui enseigne qu'à toutes les époques, certaines parties de la croûte terrestre ont été agitées par des mouvements violents, quelquefois si longtemps continués ou si souvent répétés, que le dérangement qui en est résulté a été excessif; tandis qu'au contraire, d'autres portions de l'écorce du globe ont toujours échappé à ces révolutions. Si , comme quel-* ques auteurs l'ont imaginé, la croûte entière de notre planète avait été simultanément en butte â de* con-
5V2 mocHES (part. »,
virisions paroxismique*, les couches primaires fossilifères n'auraient, en aucuulieu, conservé leur horizontalité.
Groupe Cambrien. — Dans la région des lacs de Cumberland. ainsi que dans le nord du pays de Gables, dans le Cornouailles et en diverses autres parties de la Grande-Bretagne, on repcontre, au-dessous des strates Siluriennes, une masse puissante de roches stratifiées, pour la plupart schisteuses et dépourvues de fossiles. Le peu de débris organiques que Ton a découverts dans ces roches diffèrent de ceux de la période Silurienne , soit sous le rapport de l'espèce , soit à legard da genre, et n'ont été trouvés qu'en un très-petit nombre d'endroits. Le professeur Sedgwick a donné au groupe en question le nom de groupe Cambrien, parce qu'il offre un développement considérable dans le nord du pays de Galles, où il atteint une puissance de plusieurs milliers de mètres. Ce groupe consiste principalement en grès schisteux et en conglomérats, dans le milieu desquels se trouve un calcaire contenant des coquilles et des coraux, comme à Râla, dans le Merionetshire. Un certain gTès schisteux qui, dans le Snowdon, forme la base du système Cambrien, renferme aussi des coquilles de la famille Brachiopoda, et quelques zoophytes (*).
On a découvert dans quelques-unes des roches
(') Philipp's Geology, vol. i, p. 129. Lardners Cyclop.,
VOl. XCYII.
co. XXII. ) CAMBHIENNES. 5W
schisteuses du Cor nouailles, t apportées par le professeur Sedg^ick au groupe Cambrien, des céphalopodes d'une structure très-singulière. Ces mollusques, que Ton nomme Endosiphwiites, présentent une forme qui semble n'avoir pas encore été observée dans te système Silurien (*). La coquille des Endosiphonites diffère de
Ffg. 283.
Endosiphonites turinatus, Ansted (**). Slrates Cambriennes, Cornouailles. -
celle des ammonites et des nautiles, en ce que son siphon est ventral , tandis que celui de l'ammonite
(*) Depuis qu'a eu lieu, en août 1838, la publication de l'édition anglaise des « Éléments de Géologie, » le professeur Sedgwick et M. Murchison ont publié conjointement un mémoire (Pbil. Mag. S. 3, vol. xiv, N° 89, April , 1839) dans lequel ils ont démontré qu'une grande, partie des roches du Devonshire et du Cornouailles, qui, jusqu'alors, avaient été considérées comme appartenant aux périodes Silurienne et Cambrienne, devaient être rapportées au système du Vieux Grès rouge C'est à ce dernier groupe, et non au système Cambrien , que l'Endosiphonite semble aujourd'hui réellement appartenir.
("*) Camb. Phip. Trans., vol. vi, pi. 8, Fig. 2.
5&& ROCHES CAMBRIENNES. (PART il.)
est dorsal, et celui du nautile, central, ou presque central.
Quoique à peine encore on puisse considérer la détermination du groupe Cambrien. comme suffisamment établie par le caractère distinctif que présente son assemblage de fossiles, l'épaisseur» toutefois, des strates situées au-dessous des roches les plus bas placées, parmi les roches Siluriennes bien déterminées, est si grande, qu'il est permis de supposer qu'un jour ou l'autre, ces strates qui* étant toutes postérieures à la création des êtres organisés, ont été appelées strates fossilifères primaires, pourront être partagées en deux groupes distincts.