DES DIFFÉRENTS AGES DES ROCHES VOLCANIQUES
Des diverses manières de reconnaître l'Age des roches volcaniques, savoir : par la superposition et la pénétration ; — par l'altération des roches en contact; — par les débris organiques qu'elles renferment quelquefois ; — par le caractère minéralogique; — par les fragments étrangers qu'on y trouve accidentellement. -» Roches volcaniques des époques Pliocènes récente et moderne* — Périodes Miocène, — Eocène, — Crétacée, — Oolithique, — du nouveau Grès rouge. ■*■ Carbonifère, — du vieux Grès rouge,-* Silurienne, — Cambrienne. rr. Ages relatifs des Trapps pénétrants.
Après avoir rapporté les strates sédimentaires à une longue suite de périodes géologiques, il nous reste maintenant à examiner jusqu'à quel point les formations volcaniques peuvent être classées suivant un ordre chronologique semblable. L'âge relatif des roches de cette classe se reconnaît par les moyens d'épreuve suivants : 1° la superposition et la pénétration, avec ou sans altération des roches en contact; 2r les restes organiques; 3° le caractère minéralogique; 4° les fragments enchâssés de roches plus anciennes.
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Moyen d'épreuve par la superposition, etc. — Lorsqu'une roche volcanique repose sur une roche aqueuse, de ces deux roches, c'est toujours la première qui doit être la plus récente ; bien que, toutefois, la même règle ne s'applique pas aux cas dans lesquels c'est la formation aqueuse qui repose sur la formation volcanique; car, ainsi que nous l'avons déjà vu (p. 209), la matière fondue peut, en s'élevant de bas en haut, pénétrer une masse sédimentaire sans atteindre la surface; ou s'introduire d'une manière concordante entre deux strates, comme b en D (Fig. 284) ; puis, se Fig. 284
refroidir et se consolider. La superposition n'offre donc pas, comme moyen d'épreuve relativement à l'âge des formations, la même ressource è regard des roches volcaniques non stratifiées* qu'à l'égard des radies fossilifères. On ne peut l'employer avec certitude pour les formations volcaniques que là où ces roches sont contemporaines de celles qui les accompagnent, et non dans les lieux où elles ont pénétré par voie d'intrusion, Les roches volcaniquessont dites contemporaines lorsque l'action qui les a produites s'est exercée suBuftanétnentavec la formation des strates auxquelles eltes sont associées. Ainsi, met c appartenait tous deux à la même époque géologique, on pourrai*
«a nm . ) de$ HOClfBS VOtCAWlQtms. 547
affirmer qu'en D (Flg--184), lé trapp 6 s'est répandu sur le lit fossilifère c< et, qu'après sa solidification, a s'est déposé dessus, Mais'si la couche a était altérée par b au poipt de contact; on si, en suit ant b jusqu'à une certaine distance, on finissait par découvrir qu'il coupe a et le recouvre ensuite, il faudrait en conclure que le trapp a pénétré par voie d'intrusion.
On peut, néanmoins, se tromper asément, et prendre une roche volcanique contemporaine pour une roche pénétrante; car, en se répandant* sur le fond de la mer, une nappe de lave ne peut pas reposer partout sur les mêmes strates ; soit parce que ces strates se trouvent dénudées en quelques places, soit parce que si eHesont été récemment déposées, elles s'amincissent en de certains endroits, et permettent dans te casa la lave de couper leurs tranches. D'un autre côté, le fluide igné peut souvent, par l'effet de sa pesanteur et de son mouvement, se frayer un passage à travers des lits de sable et de vase molle. Supposons, par exemple, que la lave sous-marine F soit ainsi venue en Fig. 285. contact avec les strates
a, 6, c, et qu'après sa solidification, les strates d, e, aient été déposées presque horizontalement, mais de manière, toutefois, à reposer sur F en stratification discordante. Bien que le trapp, dans cette figure , offre toute l'apparence d'une roche pénétrante, il constitue pourtant
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une formation contemporaine. Il faut donc s'abstenir de prononcer sur la roche F avant de s'être assuré si, à sa jonction avec les strates & ou e, celles-ci ont subi une altération analogue à celle qui pourrait être le résultat de la chaleur , car cela sçul peut fournir la preuve de l'origine intrusive de F,
Lorsque dans le VHP Chapitre de cet ouvrage , nous avons décrit les dykes trappéens, nous les avons représentés comme étant plus modernes que toutes les strates qu ils traversent. On observe à Quarrington- Hill, près de Durham, un dyke basaltique dans le terrain houiller. Les couches qui forment ce terrain sont légèrement inclinées, un. peu dérangées de leur gisement primitif, et s'élèvent, au nord du dyke, de vingtquatre pieds (7p env.) de plus qu'an midi. Voyez la coupe représentée Fig. 386.
Fig. 286.
Dyke.
Çoupë prise à Quarri%gto%*Hill , à l'ttt de Durham*
a. Calcaire magnésien.
b. Nouveau Grès rouge inférieur, r. Couches de charbon.
Quant aqx lits horizontaux du nouveau Grès Rouge et du Calcaire Magnésien surjacents, ils ne sont pas coupés
es. XXIII ) DBS ROCHES VOLCANIQUES. 5W
par le dyke. Ici, non-seulement les couches de bouille avaientétédéposées préalablement, maiselles s'étaient, en outre, trouvées fissurées et dérangées de leur position première , ayant que le trapp fluide s'y fût intro* duit pour former le dyke; de plus, quelques-unes des tranches supérieures des couches de charbon avaient, ainsi que la partie supérieure du dyke, été emportées par la dénudation avant que le Nouveau Grès Rouge Inférieur et le Calcaire Magnésien leur eussent été superposés, Dans ce cas même, toutefois, bien que la date de l'éruption voloanique se trouve circonscrite entre des limites très-bornées , on ne peut la déterminer avec précision : cette éruption pouvant tout aussi bien avoir eu lieu soit à la fin de la période carbonifère, soit au commencement de celle du nouveau grès rouge inférieur, soit enfin entre ces deu* périodes , alors que la création animée et la* géographie physique de l'Europe étaient en voie de changement, c'est-à-dire, en voie d'abandonner insensiblement le type de la période carbonifère pour celui de la formation du Nouveau Grès Rouge Inférieur.
Quant à tous les tufs volcaniques stratifiés , leur âge peut être très-bien déterminé par la superposi» tion; ce mode d'épreuve étant parfaitement applicable à ces roches, lorsque, suivant les règles déjà établies, elles sont accompagnées d'autres roches sédi-» mentaires. (Voyez p. 816,)
Mode d'épreuve par le$ restée organiques. ~~ Nous avons vu comment , dans le voisinage des volcans
550 MANIEURS DE RECONNAÎT HE L'AGE XwkWl. It,
actife, il arrive souvent que des scories, des ponces, du sable fin, et des fragments de roche sont lancés en Pair» et retombent ensuite , soit sur la terre, soit dans les mers ou dans les lacs environnants. Les coquilles, les coraux, ou tous autres corps organiques, qui, en étant susceptibles dune longue durée , sont exposés à être répandus sur le fond d'un lac ou d'une mer, et, par suite, à se trouver enchâssés dans le tuf, Mettent à même > par leur présence dans cette substance volcanique, de déterminer l'époque géologique à laquelle eut Heu l'éruption qui y donna naissance. C'est ainsi , par exemple, que les strates tufacées formées de cette manière aux alentours du Vésuve, de l'Etna, du Stromboli , et de divers autres volcans actifs , situés ou dans des lies, ou dans le voisinage de la mer, peuvent rendre témoignage de leur âge relatif, longtemps, bien longtemps même, après 4'extinction des feux de ces^ montagnes. A l'aide de telles preuves, il devient facile d'établir d'une manière nette et dis* tincte la coïncidence d'âge qui existe entre les roches volcaniques, et les différentes strates fossilifères primaires, secondaires et tertiaires dont nous nous sommes déjà occupés.
Les tufs en question ne sont pas marins exclusivement; car, en quelques endroits, ils renferment des coquilles d'eau douce, et en plusieurs autres > des os de quadrupèdes terrestres. La diversité des débris organiques qu'on retrouve dans les formations de cette nature se conçoit aisément lorsqu'on réfléchit à l'im-
CM. ixm.) DE» BOCHES VOLCANIQUES. 551
mense étendue sur laquelle se sont répandues les matières provenant de certaines éruptions récentes, telles entre autres que celle du volcan de Coseguina, dans la province de Nicaragua , qui eut lieu le 19 janvier I83&. Dur&nt cette éruption , des scories fines et brûlantes furent lancées à une très-grande hauteur,; puis, en retombant sur le sol, elles s'y accumulèrent et formèrent , dans la direction du sud , et sur un espace de huit lieues, à partir du cratère, une couche de plus de dix pieds ( 3m ) d'épaisseur. Les oiseaux , le bétail , et les animaux sauvages périrent en grand nombre, et furent ensevelis sous ces cendres. Une partie de la poussière volcanique alla tomber jusqu'à Chiapa, à plus de 1,200 milles (435 1.) du volcan, dans une direction opposée à celle du vent, — circonstance qui fournit une preuve frappante de l'existence d'un contre-courant dans les régions supérieures de l'atmosphère. Il en tomba aussi une certaine quantité à la Jamaïque, à 700 milles (253 1.) à peu près, dans la direction nord*est. En mer, également, on aperçut des traces de ce terrible phénomène ; car, àl, 100 milles (398 1.) du point d'éruption , le Conway, capitaine Éden , navigua sur une étendue de 40 milles (141.), au milieu de ponces flottantes , dont plusieurs étaient d'une grosseur énorme (*) .
Mode d'épreuve pur la composition miner alogique.
(•} Caldcleugh, Phil. Trans., 1836, p. 27; et Officiai Documents of Nicaragua.
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— De même qu'au moment où il est déchargé par l'embouchure de quelque grand fleuve, un sédiment de nature homogène se trouve souvent déposé simultanément sur un espace considérable ; de même aussi, durant une éruption , une sorte particulière de lave peut , à sa sortie de quelque cratère, se répandre sur une très-vaste étendue. C'est ce qui arriva en Islande, lorsqu'en 1783, la matière fondue rejetée par le Skaptar Jokul, s échappa sous forme de courants, en directions opposées, et forma une masse continue dont les points extrêmes étaient à 90 milles (33 1.) l'un de l'autre. Cet énorme courant de lave pouvait avoir de 100 à 600 pieds (30 à 180*) d'épaisseur ; sa largeur variait entre u ne étendue égale à celle d'une gorge étroite de rivière, et un espace de 15 milles (51.) (*). Or, si par la suite des temps, une telle masse venait à être divisée en plusieurs fragments par la dénudation, on pourrait encore, peut-être, reconnaître l'identité de ces fragments à leur composition minéralogique. Ce moyen d'épreuve, toutefois, ne suffit pas toujours au géologue ; car, bien que les diverses émissions de lave qui ont lieu durant une même éruption, et même les courants successifs qui sortent d'un volcan, présentent d'ordinaire un caractère dominant, quelquefois, cependant, les différentes parties d'un courant de lave, ou d'une masse continue de trapp, varient tellement . ainsi que nous l'avons déjà yu, tant sous le rapport
(.) Voyez les « Principes, » Index, « Skaplar Jokul. tf