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CHAPITRE III

ARRANGEMENT DES FOSSILES DANS LES COUCHES.- FORMA- TIONS D'EAU DOUCE ET MARINES.

Indication fournie par les fossiles de la formation successive des dépôts. — De la présence des coraux et des coquilles dans des calcaires. — Preuves de l'augmentation graduelle des couches, résultant des fossiles. — Adhérence des serpules aux spalangus. — Bois percé par des teredina. — Tripoli et demi-opale formés d'infusoires. — Composition de la craie « à laquelle contribuent principalement des corps organiques. — Différence entre les formations d'eau douce et les formations marines. — Des divers genres de coquilles terrestres et d'eau douce. — Manières de reconnaître lés testacés marins. — Gyrogonile et Chara. — Poissons d'eau douce. — Alternance de dépôts marins et d'eau douce. — Liim-Fiord.

Après avoir, dans le chapitre précédent, considéré les formes de stratification , sous le rapport de la détermination que permet d'établir l'arrangement de la matière inorganique, nous allons actuellement fixer notre attention sur le mode de distribution des débris organiques dans les dépôts sédimentaires. Souvent, il nous serait impossible de reconnaître aucun signe de

cil. m.) FOSSILES DANS LES STRATES. 51

stratification ou de déposition successive, si des espèces particulières de fossiles ne se présentaient çà et là à diverses profondeurs dans la niasse ; mais telle couche est caractérisée par des coquilles bivalves d'une ou de plusieurs espèces , telle autre par des coquilles univalves, telle autre encore par des coraux , en même temps que certaines formations renferment des lits de matière végétale, servant de séparation entre les strates.

Un commençant comprendra difficilement comment des montagnes de plusieurs milliers de pieds d'épaisseur peuvent s'être remplies' de fossiles , depuis le sommet jusqu'à la base ; mais la difficulté disparaîtra dès qu'il réfléchira à l'origine de la stratification, telle qu'elle vient d'être expliquée dans le chapitre précédent, et dès qu'il admettra une durée de temps suffisante pour l'accumulation du sédiment. Il ne doit jamais perdre de vue que pendant le temps que le dépôt s'est opéré, chacune des couches qui forment la montagne a jadis été successivement la couche supérieure, et que sur elle , par conséquent, a immédiat tement reposé l'eau dans laquelle vivaient des animaux aquatiques. Chaque couche, quelle que soit aujourd'hui la place qu'elle occupe au-dessous de la surface, a donc formé jadis le lit de quelque mer; elle a été, durant le temps que l'eau la recouvrait, à l'état de sable incohérent et de limon boueux , substances dans lesquelles des coquilles et divers autres corps ont pu s'introduire aisément.

L'examen attentif de la nature de ces débris nous

52 DÉPOSITION GRADUELLE (part, i,

met souvent à même de reconnaître si le dépôt s'est formé vite ou lentement , s'il a eu lieu dans une mer profonde ou . dans une mer basse, près du rivage ou loin du continent, et si l'eau était salée, saumâtre , ou douce. Quelques calcaires consistent presque entièrement en coraux , et leur position a évidemment été déterminée par la manière dont les zoophytes ont pris leur croissance ; car si la couche est horizontale , la tête arrondie de certaines espèces est dirigée vers le haut, et le point d'attache vers le bas. Cet arrangement se répète quelquefois sur toute l'étendue d'une grande série de couches. Ce que l'on sait rela- 4 tivement à la croissance de zoophytes semblables dans les récifs modernes , conduit à supposer que l'incrément de leur accroissement était extrêmement petit , et que certains fossiles ont dû vivre pendant des siècles, comme les arbres des forêts, avant d'avoir atteint une aussi grande dimension. Durant ce temps , l'eau dut nécessairement rester claire et transparente, carde tels zoophytes n'auraient pu vivre dans de l'eau trouble. De même , quand par toute l'étendue d'une longue série de couches nous voyons des milliers de coquilles qui ont atteint leur entière croissance , nous ne pouvons douter qu'un certain temps ait été nécessaire à la multiplication de générations successives. La lenteur de l'accumulation devient plus évidente encore par les preuves qu'on découvre si souvent , du séjour sur le fond de l'Océan, de certains corps fossiles, après leur mort, et avant leur enfouissement

, ch. Hi.) INDIQUÉE PAR LES FOSSILES. 53

dans le sédiment. Rien , par exemple , n'est plus ordinaire que de voir dans l'argile, des huîtres fossiles, avec des serpules, des coraux et autres corps organisés, adhérants à l'intérieur des valves , ce qui prouve que le mollusque n'était certainement pas enfoui dans le limon argileux au moment où il mourut. Il doit, au contraire, avoir été entouré d'eau claire durant tout le temps qui fut nécessaire au testacé qui y adhère, pour passer de l'état d'embryon à son entier développement. Les coquilles adhérentes, mais extérieuresseulement, comme quelques unesdes serpules re; présentées dans la fig. 8 , se développent souvent sur une huître, ou sur quelque autre coquille, tandis que l'animal que cette coquille renferme est encore vivant; mais lorsqu'elles sont intérieures, leur formation n'a pu avoir

Giiphœa fossile, couvera l'extérieur et à Heu qu'après la mort l'intérieur de serpules fossiles. ^ l'habitant de la

coquille, qui leur sert d'appui. La figure 8 représente

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