STRUCTURE CONCRÉTIONNAIRE. (PART. I
et la plus mélangée formant les parties non encore consolidées de la strate. La cristallisation, commençant vers le centre t dut continuer en formant des couches concentriques autour du noyau primitif, sans se confondre avec la structure lamellaire de la roche. Quant aux radiations partant d'un centre , c'est un phénomène qui , tout singulier qu'il est , s'offre très-fréquemment dans les concrétions sphériques de diverses substances minérales.
Lorsque l'arrangement initial des molécules des roches a été ainsi modifié par des forces chimiques , il est difficile quelquefois , ou impossible même , d'établir si certaines lignes de division sont dues à la déposition primitive, ou à l'agrégation subséquente de molécules semblables. Supposons que trois couches de grès, A, B,C (Fig. 53], soient chargées inéga- Fig.53. lement de matière cal-
caire, et que B soit la plus calcaire de toutes.
Si la consolidation s'opère en B, l'action concrétionnaire pourra s'étendre dans une partie de A , où le carbonate de chaux est plus abondant qu'ailleurs; et par suite, la masse d, e, f, qui fait partie de la couche supérieure , s'unira à la couche B pour former avec elle une masse solide pierreuse. La ligne originelle de division , d, e, se trouvant ainsi effacée, la ligne d, f, pourra généralement être considérée comme la surface de la couche B, quoique n'é-
eu. iv.) EFFETS DE LA PRESSION ET »E LA CHAL. 89
tant pas, rigoureusement, un vrai plan de stratification.
Pression et chaleur. — Quand le sable et la vase tombent au fond d'une mer profonde, les molécules ne sont pas pressées par le poids énorme de l'Océan supérieur; car l'eau qui se mêle au sable et à la vase résiste à la pression avec une force égale à celle de la colonne fluide qui repose sur elle. Il en est de même à l'égard des restes organiques, lorsque, remplis d'eau, ils se déposent sous une grande pression; s'il en était autrement , on conçoit qu'immédiatement ils seraient écrasés et broyés. Néanmoins , si les matières qui composent une couche restaient à l'état de mollesse , et ne se solidifiaient pas , elles seraient comprimées peu à peu par le poids 4es autres matières qui s'accumuleraient sur elles successivement x et éprouveraient exactement le même effet qu'une argile molle ou un sable incohérent sur lesquels on bâtirait une maison. Une telle pression, de haut en bas, peut, en occasionnant le resserrement des molécules d'argile, de sabte et de marne, 'dans un espace moindre que celui quelles occupaient au* moment dé leur déposition , déterminer entre elles upe cohésion permanente.
Des effets analogues de condensation peuvent se produire quand les mouvements mécaniques qui donnent lieu aux courbures, aux déchirures et aux soulèvements de certaines couches au-dessus du niveau de- la mer, impriment aux parties solides de Xécorce terrestre des impulsions diverses. De même aussi, il doit être souvent arrivé que des roches corn*
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posées de matières peu cohérentes , aient été poussées contre des roches déjà consolidées , et qu'ainsi comprimées, elles aient acquis une structure nouvelle.
Mais faction de la chaleur, à diverses profondeurs de la croûte du globe , est probablement la cause la plus puissante de toutes celles qui concourent à l'endurcissement des couches sédimentaires. Je reviendrai encore sur ce sujet lorsque je traiterai des roches métamorphiques , et de la structure schisteuse et par joints.
Minéralisation des débris organiques. — Les changements qu'ont subis les corps fossiles organiques, depuis leur ensevelissement dans les roches, répandent une grande lumière sur la consolidation des strates. Quelques dépôts modernes renferment des coquilles fossiles qui, dans le cours de plusieurs siècles, n'ont éprouvé d'autre altération que la perte d'une partie de leur matière animale. Mais il est d'autres cas dans lesquels la coquille a disparu , ne laissant qu'une empreinte de sa forme extérieure , ou un moule de sa forme intérieure, ou, troisièmement enfin, une contreempreinte de la coquille elle-même , la matière dont elle était formée ayant été dissoute. On se rendra compte aisément de ces différentes formes de fossilisation, en examinant la vase récemment retirée d'un étang ou d'un canal renfermant des coquilles. Si la vase est argileuse , elle acquiert de la consistance en séchant, et l'on voit, en en rompant un morceau, que chaque coquille y a laissé l'empreinte de sa forme ex -
ch. iv.) DES DÉBRIS ORGANIQUES. 9l
térieure. Si , ensuite, on ôte la coquille elle-même, on trouve qu'elle contient un noyau solide d'argile dont la forme est celle de l'intérieur de la coquille — forme qui très-souvent diffère beaucoup de celle de l'extérieur, ainsi que la Fig. 54 en offre l'exemple. Un
Fig. 54. Fijr. 55.
Phasianelfa Heddinglonentus, et moule de la même Coral Rag.
Trochut Anglims, avec son moule. Lias.
conchyliologiste peu exercé ne soupçonnerait jamais que le moule a, qu'on désigne communément sous le nom de vis fossile , est la forme intérieure du fossile univalve 6, Fig. 54. L'on n'imaginerait pas non plus, à la première yue , que la coquille a, et le moule b, Fig. 55, sont deux parties différentes du même fossile. Le lecteur observera dans cette dernière figure (6, Fig. 55) , qu'un espace vide ombré très-fortement, et qui jadis Tut occupé par la coquille elU-wême , se trouve maintenant entre la pierre enveloppante et le moule où se dessinent les tours unis de la spire. Dans de tels cas, la coquille a été dissoute, et ses molécules constituantes ont été entraînées par l'eau qui coulait à