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DIRECTION

(PABT. I

inférieure, la valeur de l'inclinaison pourrait encore se mesurer à l'aide des mains avec la même facilité. La description des couches recourbées que Ton observe sur la côte orientale de l'Ecosse, dans le Forfarshire et le Berwickshire , a dû prouver déjà qu'une série de courbures concaves et convexes peut se répéter plusieurs fois. Ces courbures font partie ordinairement d'une série de couches ondulées parallèles, qui, sur une étendue considérable, se prolongent dans la même direction. Ainsi, par exemple, il a été reconnu que la grande chaîne de montagnes du Jura suisse consiste en plusieurs crêtes parallèles séparées par des vallées longitudinales. ( Voyez fig. 66.) Ces crêtes sont formées de couches fossilifères recourbées, dont la nature et l'inclinaison se laissent souvent apercevoir dans des gorges transversales profondes, que l'on appelle « cluses » , et qui sont occasionnées par des fractures perpendiculaires

Fig. 66.

Coupe représentant la structure du Jura suisse:

CH. Y.) LIGNES ANTICLINALES ET SYNCLINALES. 125

à la direction de la chaîne (*). Or, si Ton suppose que ces crêtes et les vallées parallèles courent dans les directions nord et sud, il faudra nécessairement admettre que la direction des couches est nord et sud. et leur inclinaison est et ouest. La ligne imaginaire qui passe par le centre des crêtes A, B, est une ligne anticlinale, de même que la ligne, imaginaire aussi , qui traverse les vallées adjacentes suivant leur plus grande profondeur, est une ligne synclirjale. On observera que quelques-unes de ces crêtes , telles que A , B , sont entières, tandis que Tune d'elle», G, a été fracturée dans le sens de la direction , et qu'une de ses portions a été emportée par la dénudation; d'où il suit que les tranches' des couches qui composent les formations a, 6, c, viennent au jour, ou affleurent, comme disent les mineurs, sur les flancs d'une vallée. La Fig. 67 représente le plan horizontal de la crête C qui a été dénudée, et la Fig. 68 en donne la coupe transversale. La ligne D Ë (Fig. 67) est la Fig. 67. Fig. 68 ligne anticlinale ,

de chaque côté de laquelle l'inclinaison cuit une direction différente, ainsi que l'indiquent les flèches. L'émergence des couches à la sur-

Plan horizontal de la crête dénudée C, Fig. 66.

Section transversale.

O Voyez « Essai sur les Soulèvements Jurassiques de Poreotruy ; Paris 1832. » En 1835 , j'eus occasion d'examiner avec

126 LIGNES ANTICLINALES ET SYNCLINALES. (PART. I,

face a reçu des mineurs le nom d'affleurement. Si, au lieu d'être reployées en crêtes parallèles-, les couches formaient une bosse ou un dôme, et si le sommet de ce dôme venait à être enlevé, les couches, vues alors de champ , présenteraient sur la surface plane restante une suite de cercles ou d'ellipses réunies autour d'un centre commun, Ces cercles seraient les lignes de direction ; et comme l'inclinaison est toqjours perpendiculaire à la direction , il s'ensuit que dans le cours du circuit elle se dirigerait successivement vers chacun des points de la boussole. Ce phénomène est ce que l'on appelle le plongement vers tous les points de l'horizon.

Bien que le plus ordinairement un axe anticlinal forme une crête, et un axe synclinal une vallée (Voy. A, B , Fig. 58, pag. 112) , il arrive quelquefois , ce- Fig. 69. pendant, que les couches

vont en s'inclinant Intérieurement des deux côtés d'une montagne. (Voy. la Fig. 69.) En suivant la ligne anticlinale des crêtes du Jura (A, B, C, Fig. 66), on aperçoit souvent des fissures longitudinales vers les points de cette ligne où la flexion ou courbure est le plus considérable. L'extrémité orientale des Pyrénées offre, sur une petite échelle, un exemple curieux d'un phénomène analogue. (Fig. 70.) Les

M. Thurmann , auteur de cet ouvrage, une partie de ce» montagnes.

CH. v.) COUCH. CONf OtfRN. DANS LES PYRÉNÉES. 127

couches qui , en cet endroit , sont à découvert dans les faffeises, consistent en marne , en grès, et en silex nuageux appartenant à une formation de l'âge du grès

Fig. 70.

Couches de silex nuageux, de grès, et de marne, aux environs de Saint- Je an- de- Luz.

vert des géologues anglais. Quelques-unes des courbures sont si aiguës que certains fragments du chert schisteux, — roche siliceuse très-dure, — pourraient, pris en quelques points, tels que a» où ils forment un angle, servir de faîtières pour le toit d'une maison. Bien que cette substance soit actuellement d'une nature cassante, tout porte à supposer qu'elle était flexible au moment ofi elle prit la forme représentée en a. (Fig. 70.) Cette flexibilité, toutefois, ne devait pas être parfaite , car les nombreuses fentes remplies de calcédoine , que Ton trouve précisément à l'angle de flexion, semblent indiquer une certaine solidité préalable. On trouve aussi dans la même formation quelques veines de quartz, (b, Fig. 70.) Ce quartz, qui a rempli des fissures irrégulières, s'est probablement infiltré dans la roche en même temps que la calcédoine dont il vient d'être question.

Entre Santa-Catarina et Castrogiovanni , en Sicile, on rencontre des marnes gypseuses contournées et

128 INCLIN. RENVERSÉE DE CERT. COUCHES, (part. I ,

ondulées, ainsi que quelques lits minces de gypse solide non stratifié , dispersés çà et là. Bien que ces

couches solides aient quelquefois été rompues, leurs fragments (g g, Fig. 71), résultat de cette rupture, n'en ont pas moins conservé leurs arêtes aiguës.

Quant aux marnes les plus " g. Gypse, m. Marne. flexibles et les plus ductiles, m m, aucune solution de continuité n'a été produite en elles.

Je terminerai ce que j'avais à dire sur les strates contournées par cette dernière remarque, savoir, que dans des régions montagneuses telles que les Alpes, il est souvent très-difficile, même pour un géologue expérimenté , de déterminer exactement l'âge relatif des couches par la superposition, tant à cause du repliement souvent répété des strates siîr elles-mêmes, que par suite de l'entraînement des parties supérieures de la courbure par la dénùdation. Ainsi donc, si nous venions à rencontrer les strates représentées Fig. 72, Fig 72> nous serions tout natu-

/px^^^-v__^\ Tellement portés à supji2\AA^^6\Ài\A poser que cette coupe

renferme douze lits distincts, ou douze séries de lits , dont nous considérerions le n° 1 et le n° 12 comme étant, l'un le plus récent , et l'autre le plus ancien de tous. 11 se pourrait, néanmoins, qu'elle n'en contint que six, repliés à

ch. v.) COUCHES CONTOURN. DANS LES ALPES. 129

la manière de ceux que représente la Fig. 73 ; et dans ce cas, chacun des lits serait répété deux fois, — Tune de leurs moitiés se trouvant renversée , et une portion du n° 1 , qui originairement formait la partie supérieure de la série , en étant devenue la dernière. Ces Fig. 73. phénomènes se

présentent souvent sur une échelle immense dans certaines régions de la Suisse , où Ton rencontre des précipices de 2000 à 3000 pieds (610 à 915m) de hauteur perpendiculaire. Les Alpes Iselten, dans la vallée de Lutschine, entre Unterseen et Grindelwald, renferment des courbes de schiste calcaire de 1000 à 1500 pieds ( 305 à 457m) de hauteur, dans 'lesquelles les lits atteignent quelquefois une profondeur verticale de 1000 pieds (305*) et plus, avant rde se recourber de nouveau. On remarque dans les Pyrénées, et notamment près de Gavarnie, au pied du Mont-Perdu, plusieurs courbures dont les dimensions ne le cèdent point à celles des Alpes.

Stratification discordante. — Les strates sont dites discordantes lorsqu'une série est placée au-dessus d'une autre, de telle sorte que les plans de la série supérieure reposent sur les tranches de la série inférieure. Bans

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