STRATIFICATION DISCORDANTE. (PARTI
Fig. 74.
Couches contournées des Alpes Isellen.
ce cas , il est évident qu'entre la production des deux suites de strates , une certaine période a dû s'écouler, et que durant cet intervalle, la série inférieure ayant, par suite de quelque choc violent, été dérangée de son gisement primitif, s'est inclinée ou est devenue verticale, d'horizontale qu'elle était d'abord. Dans cet état de choses, les couches de la série supérieure étant venues à se déposer horizontalement sur celles de la série inférieure, on conçoit aisément qu'elles n'ont pu être parallèles à ces dernières. Lorsque les strates de la série supérieure sont inclinées aussi , on en conclut tout naturellement que les couches inférieures ont été déplacées deux fois ; la première , au moment où
CH.v.) STRATIFICATION DISCORDANTE. 131
elles-mêmes subirent l'inclinaison qui leur fut imprimée avant la déposition des strates supérieures ; et la seconde, alors que celles-ci, à leur tour, perdirent leur horizontalité.
Il arrive souvent que dans l'intervalle compris entre la production de deux séries de strates discordantes, la roche inférieure a été dénudée, et quelquefois percée par des coquilles perforantes. Autreppe et Gusigny , près de Mons , offrent des exemples remarquables en ce genre. On y observe des lits d'une certaine pierre , de formation ancienne, que Ton désigne ordinairement sous le nom de calcaire de transition. Ces lits , trèsinclinés et souvent contournés , sont recouverts de couches horizontales de marnes verdâtres et blanchâtres de la formation crétacée, dont il sera fait mention dans un des chapitres suivants. Le lit le plus bas , et par conséquent le plus ancien de la série horizontale ,
Kig. 75
Jonction de couches discordantes aux environs. de Mons, en Belgique
consiste ordinairement en sable et en un conglomérat a, qui renferme des fragments de pierres roulées, d'un pouce"(2 f/2ceBl""-) à 2 pieds (6d'cim ) de diamètre. Ces fragments, auxquels sont attachées des coquilles adhé-
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rentes, ont été percés par des mollusques perforants. La surface solide du calcaire inférieur a aussi été percée de manière à présenter des cavités cylindriques et en forme de poires, lesquelles (voyez c) sont l'ouvrage de mollusques saxicaves ; on y remarque aussi un grand nombre de fractures qui, telles que b, s'étendent à plusieurs pieds, ou même à plusieurs mètres dans le calcaire, et ont été remplies de sable et de coquilles semblables à celles de la couche a.
Fractures des strates. — On voit souvent dans les roches un grand nombre de fentes qui n'ont point occasionné de déplacement dans les parties qu'elles ont disjointes; mais souvent aussi, il se trouve une fissure de quelques pouces ou même de plusieurs mètres de large, entre les portions désunies de la roche. Ces fissures sont ordinairement remplies de terre et de sable très-fin , ou de fragments angulaires de pierre, provenant évidemment de la fracture des roches adjacentes.
Quant aux parois de ces mêmes fissures, leur surface est souvent aussi parfaitement polie que si elle était de verre ; de plus, elle est striée, c'est-à-dire qu'elle présente sur toute sa hauteur des lignes saillantes alternant avec des sillons parallèles, tels que ceux qui seraient produits par Je frottement continu de surfaces d'inégale dureté. Ces surfaces polies sont appelées par les mineurs anglais « slicktfr-sides. » On suppose que les lignes des stries indiquent la direction suivant laquelle les roches furent ébranlées. Durant l'un des
ch. v.) FAILLES. 133
derniers petits tremblements de terre qui ont eu lieu récemment au Chili, on remarqua, pendant la durée des secousses, que les murs de brique d'un bâtiment offraient des lézardes verticales en plusieurs endroits, et qu'ils vibraient durant plusieurs minutes ; les fentes se refermaient aussitôt après sans aucune trace de dommage, et ne laissaient apercevoir que les lignes suivant lesquelles s'étaient faites les déchirures. Lorsque tout mouvement avait cessé, on voyait sur le plancher de la maison, à l'extrémité de chaque fente, de petits tas de poussière de brique très-fine, résultant évidemment de la trituration.
Failles. — Assez fréquemment il arrive que de l'un des côtés de la fissure, la roche se trouve soulevée audessus ou abaissée au-dessous de la masse avec laquelle elle était en contact de l'autre côté. Ce mode de dé-1 placement est ce que l'on appelle un rejet, un glissement ou une faille, « Le mineur, » dit Playfair, en décrivant une faille , « est souvent arrêté dans son voyage souterrain par un dérangement dans les strates, qui change tout d'un coup les lignes et les indications qui, jusqu'alors, avaient guidé sa marche. Quand sa mine atteint un certain plan , lequel est tantôt vertical , comme A B, Fig. 76, et tantôt oblique, comme C D, ibid., il trouve les lits de la roche séparés, — ceux de l'un des côtés du plan ayant changé de place en glissant , suivant une certaine direction, le long de la surface des autres. Quelquefois, dans ce mouvement , ils conservent leur parallélisme ,