‹ Eléments de géologieChapitre 66 sur 205 · PART. I · texte numérisé non relu

PART. I

A B , faille perpendiculaire, et C D , faille oblique , par rapport à l'horizon.

et alors les strates demeurent parallèles les unes par rapport aux autres , des deux côtés des failles A B , C D (Fig. 76) ; dans d'autres cas , les strates sont inclinées des deux côtés, comme en a, b9 c, d (Fig. 77) ;

Fig. 77.

E F , faille ou fissure remplie de débris de roches , et de chaque côté . de laquelle les couches dérangées de leur gisement primitif ne sontpas parallèles.

mais cela , toutefois, n'empôche pas que leur identité puisse être encore reconnue à l'uniformité de leur épaisseur et à la ressemblance de leurs caractères intérieurs (*).»

(•) flayfair, tllust. of Hutton Theory, $ 42

eu. V.) FAILLES. 135

Quelques mines de sable incohérent très-fin et de gravier offrent , sur une petite échelle, des exemples de glissements parfaitement analogues à ceux dont il vient d'être question. Bien que, suivant toute probabilité, la plupart de ces glissements aient été occasionnés par le dessèchement et la contraction de certaines couches argileuses et autres, — cette double circonstance ayant dû nécessairement donner lieu à un défaut de support, et, par suite, à de légers affaissements, — quelques-uns , néanmoins , ont pu être produits durant des tremblements de terre ; car des phénomènes de ce genre ont ébranlé les continents et changé leur niveau par rapport à celui de la mer, depuis l'époque à laquelle a été déposée une grande partie du sable et du gravier allu viens qui couvrent actuellement leur surface.

Déjà nous avons eu occasion d'observer que dans une région où les couches se trouvent dérangées de leur gisement primitif, un géologue doit se tenir en garde contre les répétitions multipliées qu'offrent, en apparence, certaines roches, dans lesquelles des couches jadis continues ont été contournées de manière à reparaître plusieurs fois dans la même coupe et avec la même inclinaison. Une série de failles a souvent occasionné une erreur semblable.

Si, par exemple, la ligne fortement prononcée A H (Fig. 78) représente le sol d'un pays à la surface duquel les strates abc affleurent fréquemment, un observateur, allant de H en A , pourra prendre pour de

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nouvelles strates toutes celles qu'il rencontrera d'abord, tandis qu'en réalité la répétition des mêmes lits n'est due qu'à des failles verticales ou chutes. Sup-

Fig. 78.

Alternances apparentes de couches, occasionnées par des failles verticales.

posez que la masse originelle A, B, C, D, ait formé une série de couches uniformément inclinées, et que les différentes masses situées au-dessous de £ F, F G et G D , se soient affaissées successivement, de manière à laisser vacants les espaces marquée dans la figure par des lignes ponctuées, et à occuper ceux qui sont indiqués par les lignes pleines, mais faiblement marquées ; puis, imaginez que la dénudation ait eu lieu sur toute l'étendue de A H, et que par suite, les masses saillantes et triangulaires représentées par les lignes faibles aient été entraînées. Dans cet état de choses, un mineur qui, en rencontrant la masse a, que nous supposerons être un lit de charbon répété quatre fois , n'aurait pas aperçu les failles, pourrait espérer trouver quatre lits

CH.v.) FAI1LES. 137

exploitables à une profondeur indéfinie ; tandis qu'arrivé à la faille G, il serait tout d'un coup arrêté dans ses travaux par la rencontre des couches de grès c; de même qu'en F, il le serait par l'argile schisteuse b et le grèsc; et en E,par un mur formé par la roche d. Les différences de niveau qu'offrent dans certaines failles les parties séparées d'une même strate, des deux côtés de la fissure , sont vraiment étonnantes. L'une des plus grandes inégalités de ce genre que l'on connaisse en Angleterre, est celle qui se présente dans la houillère de Newcastle, et que Ton désigne sous le nom de « dyke de quatre-vingt-dix toises {fathoms),y> — dénomination qui lui a été donnée parce que les lits dans lesquels s'est formée cette faille sont de quatrevingt-dix toises (165m environ) plus bas au nord qu'au midi. La fissure a été remplie par une masse de sable qui, à l'état de grès où elle est aujourd'hui , s'appelle dyke. Ce dyke, qui quelquefois est très-étroit, a, en de certains endroits, plus de vingt mètres de large (*). Les parois de la fissure sont sillonnées par des rainures analogues à celles qu'aurait pu produire le frottement des extrémités fracturées de la roche sur le plan de la faille (**). Dans les failles deTynedale et de Craven, au nord de l'Angleterre , le déplacement vertical est endure plus grand, et l'étendue horizontale du mouvement est de 20 à kO milles (de 7 à 14 lieues). Quelques géo-

(*) Gonybeare et Phillips, Outlines, etc., p. 376. (") Phillips, Geology, Lardner's Cyclop., p. 41.

138 SURFACES RAÏNUÎtEES DE CERT. FAILLES, (pakt.I,

logues pensent qu'en pareil cas, le mouvenient de bas en haut ou de haut en bas doit être considéré comme ayant été produit tout d'une fois, et non par une série de secousses brusques -et interrompues ; — idée qui semble devoir son origine à la supposition que les parois rainurées n'ont éprouvé de frottement que dans un sens. Cette circonstance, toutefois, est si loin de se reproduire constamment dans les failles, que souvent on a objecté à la théorie reçue, touchant les slickensides , que les stries ne sont pas toujours parallèles , mais souvent courbes et irrégulières. De plus, on a remarqué que non-seulement les parois de la fissure ou faille, mais aussi les matières terreuses qu'elle renferme , présentent quelquefois les mômes apparences polies et striées. Or , ces faits semblent indiquer des changements partiels dans la direction du mouvement, et quelques glissements postérieurs au premier comblement de la fissure. Supposons que la masse de roche A/B, G (Fig. 79), repose sur une cavité très-

Fig. 79.

étendue d t> formée à la profondeur de plusieurs milles , soit par la contraction graduelle d'une masse de couches chauffées à l'aide d'une chaleur modérée ; soit par la soustraction d'une certaine quantité de

CH. t.) ORIGINE DE QUELQ. GRANDES FAILLES. 139

matière, opérée par l'action volcanique ; soit enfin par toute autre cause. Si dans un tel état de choses, cette région venait à être ébranlée par quelque tremblement de terre, les fissures /*, g, et diverses autres encore, perpendiculaires à celles-ci, pourraient fort bien séparer la masse B de A et de C ; dans ce cas, B n'éprouvant plus d'obstacle pour se mouvoir librement , il est à croire qu'il commencerait à s'enfoncer dans la cavité. Bien que Ton puisse facilement imaginer une fracture assez nette et assez complète pour permettre à la masse B de s'abîmer tout d'un coup jusqu'au fond de l'excavation souterraine, il est, néanmoins, bien plus probable que son affaissement total s'accomplira graduellement et sera le résultat de plusieurs tremblements de terre, — B continuant toujours à glisser dans la même direction, c'est-à-dire, suivant les plans des fissures /*, g, et les tranches de la masse tombante étant de plus en plus brisées et triturées à chaque nouvelle convulsion. Si , comme il semble assez probable, les circonstances qui une fois déjà auraient occasionné le défaat de soutien continuaient à exercer leur action, il se pourrait que lorsque la masse B aurait reînplHataavité première, ses fondations vinssent à s'affaisser de nouveau, et que par suite, elle tombât plus bas encore dtns la même direction. Mais si la direction changeait, l'observation des slicken-sides ne saurait plus servir à rien, parce qu'alors les dernières rainures effaceraient les lignes résultant du premier frottement. Dans l'état d'ignorance où nous sommes sur les causes du phénomène

140 ORIGINE DE QUELQ. GRANDES FAILLES, (pabt. I.)

de l'affaissement , une hypothèse capable d'expliquer l'énorme quantité de déplacement qui a lieu dans quelques failles, par une suite de mouvements successifs, ainsi que cela doit être d'après les principes rigoureux de la mécanique, est infinimentpréférable à toute théorie qui admet que chaque faille résulte d'un seul mouvement produit de bas en haut ou de haut en bas, sur un espace vertical de plusieurs milliers de pieds. L'analogie, d'ailleurs, de cette première hypothèse avec ce qui se passe sous nos yeux, doit presque suffire pour nous la faire considérer comme l'explication vraie du phénomène ; car personne n'ignore que de nos jours il s'opère, à <te grandes profondeurs dans l'intérieur du globe, des actions à l'aide desquelles certaines étendues de terrain, tant grandes que petites, sont ou élevées audessus, ou abaissées au-dessous de leur ancien niveau ; ces phénomènes ^accomplissant tantôt lentement et insensiblement, et tantôt subitement et par secousses, mais à raison seulement d'un petit nombre de pieds ou de mètres à la fois, et non de plusieurs centaines, et encore moins de plusieurs milliers de pieds tout d'un coup. Rien n'autorise à supposer que d'aussi grands mouvements aient eu lieu dans aucune région du monde , durant le cours de ces trois mille dernières années.

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