ÇÔNRS ET CRATÈRES. (part, i
verses autres substances dont elles sont formées, s'y trouvent en proportions convenables pour favoriser la végétation. Comme elles ne font pas effervescence avec les acides, on pourrait croire d'abord qu'elles ne contiennent point de matière calcaire; mais bien qu'à la vérité , le carbonate de chaux ne s'y rencontre que rarement , excepté dans les nodules d'amygdaloïdes , la table d'analyse (p. 192) fera voir que la chaux entre en quantité notable dans la composition du pyroxène «t de l'amphibole.
Dans les régions où l'éruption de la matière volcanique s'est produite dans l'atmosphère, et à la surface desquelles Teau n'a jamais, depuis, occasionné de dénudation considérable, les cônes et les cratères offrent une apparence des plus caractéristiques. Quelques provinces. anciennes de la France centrale, telles que l'Auvergne, le Vêlais et le Vivarais, renferment plusieurs centaines de ces cônes , qui , pour la plupart, observent, dans ces divers lieux un arrangement linéaire, et y forment dès chaînes de collines. Quoique
Fig. 86.
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depuis les temps historiques , aucun de ces volcans
CH. vil.) CÔNES ET CBATB1ÊS. 107
n'ait fait éruption , on distingue très-bien encore sur les flancs de plusieurs cratères, et jusqu'aux points les plusJtfs des vallées actuelles, les traces des courants ete lave. Quant à l'origine du cône et de la forme en y cratère de la colline, on s'en rend compte parfaitement, d'après les observations très-exactes qui, lors de diverses éruptions volcaniques, ont été faites à l'égard de la formation de plusieurs collines du même .genre. Il se produit d'abord dans la terre une ouverture ou une fissure d'où s'échappent d'énormes quantités de vapeur et différents autres gaz. Les explosions sont si violentes qu'elles lancent dans l'air des. fragments de pierre brisée , dont plusieurs parties sont réduites en poudre ; en même temps, la lave, ou pierre fondue, monte et sort ordinairement par la cheminée, ou conduit, qui donne issue aux gaz. Quoique extrêmement pesante, cette lave est contrainte à s'élever par la force expansive des fluides gazeux comprimés ( de la vapeur d'eau particulièrement) , de la même manière, exactement, que de l'eau, en bouillant, se répand par* dessus les bords du vase qui la contient, lorsqu'au moyen de la chaleur, on vient à produire de la vapeur au fond de ce vase. D'énormes quantités de laves sont aussi lancées dans l'atmosphère, où elles se divisent en fragments, et acquièrent une texture spongieuse par la dilatation subite des gaz comprimés; ainsi modifiées, elles forment ce qu'on appelle des scories. D'autres portions sont réduites en une poudre ou poussière impalpable. La chute des diverses matières rejetées auto or
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de l'orifice d'éruption, donne naissance à un monticule conique, dans lequel les dépôts successifs de sable et de scories forment, autour d'un axé central, des couches plongeant vers tous les points de l'horizon. Le passage continu de la 'vapeur et des autres fluides gazeux produit, au milieu de ce monticule, une ouverture qu'on appelle cratère. La* lave, quelquefois, se répand pardessus le bord de ce cratère, et, en tombant sur les côtés du cône , en augmente la force et l'épaisseur ; d'autres fois, elle occasionne une rupture dans Fun des flancs de la colline, et très- souvent s'ééhappe par sa base. (Voyez Fig. 86.)
Ayant donné, dans les «-Principles of Geology , » l'histoire et la description détaillées des phénomènes dus aux volcans récents , je me dispenserai de les reproduire ici , et me bornerai . dans le présent ouvrage , à considérer les caractères des roches ignées tels qu'ils s'offrent au géologue dans la croûte de la terre. Pour traiter ce sujet avec ordre, nous nous occuperons d'abord de la composition minéralogique, de la texture intérieure et de la nomenclature des roches volcaniques ; puis , nous nous livrerons à l'examen de leurs formes extérieures , ainsi qu'à la manière et à la position dans lesquelles elles se présentent dans l'écorce terrestre ; et enfin, nous terminerons par l'étude des rapports qui existent entre les produits «les volcans modernes et les roches auxquelles ordinairement on donne le nom de roches trappéenhes.
Composition minéralogique et texture. — Parmi les
CM. Vil.) ROCHES VOLCANIQUES. 169
roches volcaniques, les variétés les plus remarquables, sous le rapport de la composition , sont le basalte , le grunstein , le grunstein syénitique, la phonolite, l'argilotiteet le trachy te. Quant à celles qui se distinguent principalement par des différences de texture, ce sont le porphyre, l'amygdaloïde, la lave, le tuf, la ponce et les scories. Généralement, on peut dire que ces diverses roches se composent, en très-grande partie, de deux minéraux, ou familles de minéraux simples, savoir, le feldspath commun et V amphibole; quelquesunes sont presque entièrement formées d'amphibole , et quelques autres de feldspath.
Ces deux minéraux doivent être regardés plutôt comme deux groupes que comme des espèces, le feldspath pouvant être soit du feldspath commun, c'est-à-dire du feldspath à base de potasse ( voyez la table, p. 192) ; soit de Talbite, c'est-à-dire du feldspath à base de soude ; soit, enfin , du feldspath-labrador (labradorite), lequel diffère des deux autres, non-seulement par ses nuances irisées, mais aussi par son angle de fracture ou clivage, et par sa composition. Ce minéral comprend encore deux autres variétés : le feldspath vitreux et le feldspath compacte, qui, bien que leurs noms se retrouvent aussi très-souvent dans les livres, ne peuvent être considérés comme ayant autant d'importance que les autres; car l'albite et lorthose se présentent souvent en cristaux transparents ou vitreux; tandis que le feldspath compacte est probablement un composé d'une nature moins bien dé-
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finie, dans lequel', suivant le docteur MacCuIloch, il se trouve quelquefois de la soude et de la potasse.
.L'autre groupe , désigné sous le nom d'amphibole , consiste principalement en deux variétés, savoir, l'amphibole proprement dite , et le pyroxène, — substances que l'on croyait jadis d'une nature très-distincte , mais qu'aujourd'hui, plusieurs des minéralogistes les plus éminents de l'époque sont portés à considérer comme ne formant qu'un seul et même minéral , supposant que peut-être ces deux variétés ne diffèrent pas plus entre elles que ne diffèrent l'une de l'autre deux formes cristallines de soufre natif.
L'histoire des changements d'opinion qui eurent lieu à ce sujet est aussi curieuse qu'instructive. Werner fut le premier qui distingua le pyroxène de l'amphibole ; et sa proposition d'en faire deux substances à part obtint ensuite la sanction de Haùy , de Mohs, et de plusieurs autres minéralogistes célèbres. Il fut reconnu que les cristaux des deux espèces différaient en quelque chose sous le rapport de la forme , et que leurs structures, ainsi qu'on pouvait s'en assurer par le clivage , c'est-à-dire, en cassant ou en fendant le minéral, soit avec un ciseau, soit avec un marteau, dans le sens où il se divise le plus aisément, n'étaient pas rigoureusement semblables non plus. Quant à la composition, l'analyse chimique prouva qu'ordinairement le pyroxène contient plus de chaux et moins d'alumine que l'amphibole , mais qu'il ne renferme point d'acide fluorique, substance qui, tout en ne se trouvant pas
eu. vil.) AMPHIBOLE ET PYROXÈNE. 171
d'une manière constante dans l'amphibole, y entre très-souvent, du moins, en petite proportion. Outre ces divers caractères, on observa encore, comme fait géologique digne de remarque , que le pyroxène et I amphibole se trouvent très-rarement ensemble dans la même roche; et que lorsqu'ils sont associés, ce qui quelquefois a lieu dans les laves d'origine moderne , c'est la partie de la roche où la cristallisation a dû s'accomplir le plus lentement, qui renferme l'amphibole; tandis que le pyroxène ne se trouve que dans les cavités où la production des cristaux a dû être très-prompte. On remarqua aussi que dans les scories cristallines des fourneaux, les formes pyroxéniques sont fréquentes, et que les formes amphiboliques manquent; de là on tira te conséquence que l'amphibole pouvait être le résultat d'un refroidissement lent , et le pyroxène celui d'un refroidissement brusque. Cette conjecture se trouva confirmée par les expériences de MM. Mitscherlich et Berthier, qui réussirent à faire du pyroxène artificiellement , mais ne purent jamais produire de l'amphibole. Dernièrement , M. Gustave Rose, ayant fondu une masse d'amphibole dans un fourneau de porcelaine, trouva qu'en refroidissant , cette masse, au lieu de reprendre sa forme précédente, prenait celle du pyroxène. Le même minéralogiste observa, dans des roches provenant de la Sibérie , certains cristaux qui présentaient le clivage de l'amphibole, en même temps qu'ils avaient la forme extérieure du pyroxène.