CH. VIII.) DES ROCHES VOLCANIQUES
n'ont tout au plus qu'un pouce (2 ljâ""1- environ). Quant au diamètre , celles d'Âilsa ont neuf pieds (3m à peu près) , et celles du Morven , un pouce ou même moins (*). Quoique le plus ordinairement elles soient droites, quelques-unes, pourtant, sont courbes; lile de Staffa offre plusieurs exemples des unes et des autres. Dans une nappe ou lit horizontal de trapp, les colonnes sont verticales; dans un dyke vertical , elles sont horizontales. La masse de basalte que Ton observe à Sainte-Hélène, et qu'on désigne sous le nom de cela Cheminée, » présente un autre exemple très-remarquabledu phénomène en question. (Voy. Fig. 98.) Cette
masse, qui consiste en une pile de prismes hexagones, de 64 pieds (20m environ) de haut , est évidemment le reste d'un dyke étroit , dont les alentours, c'est-àdire, les portions delà for che que ce dyke traversait originairement, ont été détruits sur toute la haPUteur qui dépassait le fti- ,. veau de la nier. La'Fig. 99 représente un© petîte^por-
Fig
BBPSI
Btai
Dyke volcanique composé de pris mes horizontaux. Sainte-Hélène.
tion de ce dyke sur une échelle moins réduite (*'
(') MacCulloch, Syst. of Geol., vol. n , p. 137. (*•) Scalc's Geognosy of St. Henela , plate 9.
212 STRUCTURE COLOKNAIRE (*ÀRT. I,
La fluidité originelle et la consolidation subséquente du trapp colonnaire une fois établies, les prismes sont dits être toujours perpendiculaires aux surfaces re- Fie 99 f raidissantes. Si donc ces surfaces,
au lieu d'être verticales ou horizontales, sont courbes, les colonnes doivent présenter toutes les inclinai- 1 sons possibles par rapport à l'hori- Pzon. Ce phénomène se déploie avec toute sa magnificence dans Tune des dyke représenté v allées du Vivarais , district montais. 98. gneux du midi de la France. Là , soudain, au milieu d'une région de gneiss, le géologue rencontre plusieurs cônes volcaniques de sable incohérent et de scories. Du cratère d'un de ces cônes, appelé la Coupe d'Aizac , descend un courant de lave qui occupe le fond d'une vallée étroite , à l'exception des parties d'où cette lave a été arrachée et emportée par les eaux du Volant et des torrents qui se perdent dans cette rivière. Le dessin ci-joint (Fig. 100) représente ce qui rçste de la lave en l'un des points où un torrent latéral rencontre la vallée principale du Volant. Il est évident que jadis la lave remplissait toute la vallée jusqu'à la ligne ponctuée d a; mais depuis, la rivière ayant entraîné tout ce qui était au - dessous de cette ligne , et le torrent tributaire ayant mis à découvert une section transversale des matériaux restants, il s'ensuit que Ton peut aisément reconnaître que dans la partie non entraînée par les eaux , la lave
Cfl.Viu.) DES ROCHES VOLCANIQUES. 213
Fig. 100.
Lave de la Coupe d'Ayzac, près d'Ântraigue , dam la province de l'Ardèche.
se compose, comme d'ordinaire dans cette contrée , de trois parties ; savoir, a , qui est scoriacée ; 6, qui présente des prismes irréguliers; et c, dont les colonnes régulières , qui sont verticales sur les bords du volant , où elles reposent sur une base horizontale de gneiss, s'inclinent peu à peu, et finissent, après avoir passé par tous les degrés d'inclinaison possibles, par devenir horizontales en f. Suivant la loi ci-dessus mentionnée, leur position se trouve ainsi déterminée sur tous les points, par la forme concave de la vallée primitive.
La figure ci-jointe ( 101 ) représente quelques-unes des colonnes courbes et inclinées que Ton observe sur les flancs des vallées de la région montagneuse située au nord de Vicence, en Italie , et au pied de la partie la plus élevée des Alpes (*) . Contrairement aux colonnes
C ) Fortis, Mém. sur l'Hist. nat. de l'Italie , 1. 1 , p. 233, pi. 7.
Fig. 101.
Basalte colonnaire dans le Vicenlin.
(Forlis.)