PREMIER ORDRE
Terrains modernes.
334. Les terrains modernes sont prî&cipalement cmum ^ caFactérisés par la présence des monuments de '*'* findostrie kmnaine, et par celle de corps organisés semblables à ceux qui rivent actudlement I^ dépôts meubles y sont beaucoup plus abon« dants que les dépôts cohérents, et ces demieiv ne sont en général composés que de roches calcareases.
235. Nous les divisons en cinq groupes, qui Dwiiioii. te rapportent, ainsi qu'on le verra dans le livre suivant, à cinq modes différents de formation, et que nous désignons par les dénominations de terrains madréporique^ tourbeux ^ détritique, al' iuyien ^tuffacé.
niEHiEil GROUPE. — Terrain madréporique.^
336. Les masses que nous appelons terrain ma- c^Mam «1 dréporique, ne sont pas composées de véritables
* On doit, à Poccftsion de cette dénominatioii » ainsi que de plaaieiin de ceUet qui seront employées pour les antres groupes, ac pas perdre de Tue robservation contenue dans les pages ao4 et aoS f c*est-3i-dire qn^il faut éviter de prendre ces noms dans VQ Miis exclusif ; car, <{uoique je donne au groupe qui nous oecflpe le nom de ierrmiu madréporique ^ parée quHl est le ré- •alut du truvatl des madrépores, on doit bien se garder d^en coadure que toutei les masses formées de cette manière doivent fe Tanger dans ce groupe, puisque je rCj place que celles postérieures aux dernières grandes catastrophes qui ont changé la
a\2 GÉOONOSIE.
substances minérales : aussi n'est-ce point dans les traités de minéralogie que Ton doit en chercher la description , mais bien dans ceux de zoologie; car ces masses se composent des portions solides de polypes, appartenant principalement à la famille des madrépores, et notamment an genre astrée. Cependant,. comme elles recouvrent des espaces considérables , on ne peut se dispenser de les faire figurer dans l'énumération des matériaux qui composent l'écorce solide de notre globe. Leurs parties supérieures présentent, en général, la structure bien nette des polypiers; et Ton reconnaît, dans leur composition, les matières gélatineuses qui accompagnent toujours le carbonate calcique dans les portions solides des polypes pierreux; mais, dans les parties inférieures, ce principe gélatineux diminue ou disparait tout-à-fait; les molécules calcaires se trouvent rapprochées, et la masse ressemble jusqu'à un certain point à du calcaire concrétionné, et même à du calcaire compacte. Du reste, on sent qUe la texture de la masse varie selon les espèces de polypes auxquelles elle appartint , et que les parties solides de ces animaux s'y trouvent ordinairement mélangées avec des restes d'autres êtres
surface de notre planète, et qu'il y a dans les autres groupes beaucoup de masses qui ont un lûode de formation analogue, mais qui appartiennent k des époqnes antérieures, ainsi qn^on le Terra dans le livre suivant. Les marins emploient souvent le nom de banc de corail pour désigner les masses qui font le sujet de cet article.
TERRAIN HADRApORIQUB. 2 1 3
nvaifts , ainsi qu'avec des débris des dépots inorganiques qui existent dans le voisinage.
âSy. Les masses madréporiques se trouvent Gu$mmu principalement dans les iles de TOcéanie; elles- y forment ordinairement, autour des tles, les es^ pèces de ceintures interrompues, que l'on appelle récifs (17), et qui sont séparées de la côte par de petits bras de mer, dont elles dépassent rarement le niveau. Cependant on voit quelque-^ fois de ces masses sur les parties élevées des; tles.
Parmi les autres contrées où ces masses sont abondantes , on peut encore citer les cotes de la mer Rouge, notamment les environs de la ville de Djéda, où, d'après le rapport de For^l, on en extrait des pierres d'un volume énorme.
M-* GROUPE. — Terrmn towi>eux.
a38. Le terrain tourbeux est à peu près dan»c««tiif«i file même cas que le terrain madréplorique , c'està-dire» que les matières qui lui donnent son ca<* ractère principal appartiennent plutôt au règne <^ganique qu'au règne minéral; car, ainsi que nous l'avons déjà fait observer {Min.^ A^)j <^ n est que par tolérance que la toiurbe est admise à figurer dans la série des minéraux.
Les dépôts de tourbes présentent trois niodifications principales : la première n'est presque qu'un tissu ou espèce de feutre spongieux, formé de racines , de fibres et de parties végétales eur core très-reconnaissables; quelquefois même elle
àl4 GÉOGitOSIE.
n^t qu'un tes de plani)» ùa de parties de plantes flétries et serrées les unes ctmttre les autres.
La seconde modification présente une matière d'un brun plus foncé, où Ton ne distingue plus ifoe quelques filaments végétaux.
La troisième no&e en général qu'une substance noire,' bomogène, babituellement molle, qui a beaucoup de ressemblance, dans son a»* pBct et dans sa manière de brûler^ ayec les li« ipites et les bitumes.
Cette dernière est la plus estimée comme com«bustible; mais, en général, dans les contrées où Ton peut se procurer du bois ou de la bouille, la touiîien'estemplojéeque par les olassespeu aisées.
:a39. Les trois modifications de tourbe que nous venons d'indiquer, se trouvent souvent dans une même tourbière , et alors la première occupe la partie supérieure; la seconde, le milieu, et la troisième , le fond. La tourbe forme quelquefois des amas très-puissants ; d'autres fois elle s'étend en coucbes plus ou moins épaisses; elle se trouve de préférence dans des lieux marécageux, quelqu^is aussi dans des étan^ e£ dans des lacs; elle n'est ordinairement recouverte que par de l'eau ou par des végétaux croissants. Il y a oe* pendant des conb-ées où la tourbe se trouve dans des endroits secs et où elle est recouverte, quel* quefois même séparée en assises différentes, par des lits de sable et de limon. Tel est le cas des tourbières nommées hooge veenen dans le nonl^ est du royaume des Pays-Bas.
Les tourbières sont souvent situées dans des
TERBAIN TOURBEUX. aiS
vallées; tdles sont celles des bords de la Somme en Picardie D'antres fois elles se trouvent siu* le
sommet des montagnes, pourvu néanmoins qu'il j ait des plateaux ou de légères dépressions dam le sol ; mais les gites de tourbes les plus étendus et les phis abondants sont ceux des. plaines basses et sableuses des contrées septentrionales, et no-^ tamment celles des plaines de la Basse-Allemag^ç et de la Hollande Ces tourbières formeiit souvent de vastes marais qui, dans certaines saisons, res^ semblent à des prairies, prêtes à engloutir Fimprodent qui voudrait y pénétrer. £n général, oa remarque que la tourbe ne se trouve quf dans des contre bumides et où la température n'est pas fort élevée
340. Les tourbes renferment fréquemment des coips étrangers; on y voit souvent des arbres, et même des forêts entières composées d'arbres ana-^ logiies à ceux qui existent actuellement, etnotam/;* ment des sapins et des cbénes. On y trojave des débris d'animaux, tels que des coquilles et des ossements de mammifères, qui aussi appartiennent principalement à des espèces vivant actudU iement sur les lieux» On y rencontre paiement des monuments de l'industrie humaine; tels que des outils, des armes, des médailles, des fra|^ méats de bateaux, etc.
ai6 GÉOGNOnS.
m.* GROUPE. — Terrain détritique.*
oraritm m/^ 'n^i. Lcs matières que nous désignons par le nom cle terrain détritique ne sont pas encore de Teritables roches, dans le sens que Ton donne ordinairement à ce mot ; mais ce sont des assemblages , ordinairement meubles , de fragments plus ou moins inconnaissables de roches et de débris de corps organisés.
Ce terrain recouvre la majeure partie de la sur&ce du globe ; mais il n'y forme communément qu'une couche superficielle peu épaisse. H présente beaucoup de variations tant sous le rapport de sa nature que de sa textm*e et de sa puissance; mais on peut j distinguer trois modifications principales, que nous désignons par les noms de terres n)égétalesy de terres arides et d'éboulis.
T«i« «tffétaU ^4^- La première doit son nom à la circons-
^nce que c'est dans cette matière que croissent
presque tous les végétaux qui ornent la sur&œ
*M. Brongniart, qui ne connaisMil le présent traTail qt» par vue note mannscriie qn^il m^aTait permis de lui adresser sa oommencemeot de 1899, die» daoa son tmbieau àt$ terrmUu, non gronpe déiritiqne comme sjnonjme de «eloi auquel il * donné le même nomj mais ce dernier fait partie dn groope auquel j*ai conserrë la dénomination de terrain diluvien, tandii que mon terrain détritique appartient, ainsi que mes groapes tourbeux et alluvien , k la classe des terrains aUuTiens de V< Brongniart. Dn reste* je répéterai encore id que Pou doit éviter de donner k ce mot détritique une acception ezdusive dani le sens de sa signification ; car on verra dans le cours de cet ouTraçe que beaucoup d^autres parties de Pécorce du globe sont/bnueei de débris f aussi bien que mon terrain détritique.
TERRAm DÉTRITIQUE. 317
de la terre. Elle forme une couche superficielle, ordinairement très-mince , qui est principalement composée de sable ou d'argile plus ou moins mélangés de terreau, c'est-à-dire, de substances t&gétales ou aninu^es passées à l'état terreux: Dans les pays calcareux, elle contient aussi du carbonate calcique. En général, la terre végétale participe toujours de la nature des dépots sur lesquels elle repose; elle renferme aussi des fi^ments plus ou moins gros des rocbes cohérentes qui Tavoisinent
Les terres végétales se distinguent par la j:iatnre des principes qui se font ^marquer dans leur <x>mposition. Ainsi on dit quelles sont sablonneuses, argileuses ou calcaires, selon que le sable , l'argile ou le calcaire influent principalemeiit sur les efiets qu'elles produisent sur la végétation. En général, les meilleures terres végétaies sont celles formées du mélange de ces troia substances et d'une certaine quantité de terreau. L'art de la culture cherche à amener artificiellement à cette composition les terres qui sont naturellement composées d'une autre manière.
Il est à remarquer, à cet égard, que, quoique l'on parle ordinairement de l'aridité des sables et de la fertilité des terres argileuses ou calcaires^ le sable pur est plus £sivorable à la végétation que f ai^e piue ou le calcaire piu*. La manière dont on s'exprime à cet égard provient de ce que, la nature présentant abondamment des dépôts de sable pur, et rarement des dépôts terreux d'argile pure ou de calcaire pur, on est dans l'habi-
:ll& GiOGNOSIB*
tilde d'Appeler terres argileuses ou terres calcaires celles où f argile et le cakaire sont dëjà mélangés avec le sable* En effet, de tons les dépôts terreux naturellement stériles, le sable est celui que Ion peut lé plus aisément rendre fectile.
n j a encore des substances, antres cpie celles indiquées ci^-dessus, qui, par leur nature ou par l'état dans lequel elles se trouvent, fiiyorisent la végétation d'une manière jilus ou moins puissante j et sans parler ici des cendres et de quelques engrais particuliers que l'expérience ou le raisonnement ont Êiit connaître aux cuitivateurs, les terrains volcaniques contiennent qudqnefois des matières terreuses, extrêmement Êivorablo pour la v^^tion.
T«rr««ridc». 2^S. On voit aussi à la sur&ce du globe des dépôts terreux qui ressemblent beaucoup à la terre végétale, mais auxquels ce nom ne peut convenir, parce que, dans l'état où ils se trouvent, ils sont impropres à la végétation. C'est prindpalement au-dessus des rocbes schisteuses et fel« spadiiques que l'on rencontre ces dépôts, lesquels sont moins généralement répandus, mais sont ordinairement plus puissants que la terre végétale.
£fc,.i» ^44- Nous désignons par le nom èiébouUs un troisième genre de dépôts qui diffère des terres végétales et arides , parce qu'au lieu de former de» assises superficielles , il compose souvent des talus de montagnes et quelquefois des filons ou des amas. Du reste, la native, l'état, la forme et la puissance de ces dépôts dépendent de la nature
TERRÀlKr DÉTRITIQUE. 2119
des racbek qui composent les montagnes auxquelles ils sont adosses ou intercalés , ainsi que de la hauteur et cle la forme des flancs de ces montagnes. Quelquefois les éboulis ne sont composés que de fragments de roches cohérentes plus on moins volumineux , souvent anguleux , irare* ment arrondis. Ailleurs ces fragments sont mélangés avec des matières terreuses, dont la nature rappelle celle des roches altérables qui constitue la montagne; enfin, lorsque cette dernière est uniquement composée de roches &cilement altérables, son talus ne présente ordinairement que des dépbti terreux.
245. On donne, en Savoie, le nom de moraines à des dépôts qui se trouvent au pied des glaciers (16), et qui sont, comme les éboulis, composés de finagments plus ou moins gros de roches analogues à celles qui environnent le glacier.
2/^/S. Le sol de plusieurs contrées sableuses, et s^m «ucbm. notamment celid de quelques parties des steppes ou des déserts du centre de l'Asie, est impré^é d'une grande quantité de selmarin qui , à l'état de dissolution pendant la saison humide, est quelquefois assez abondant pour former, pendant les temps secs , une croûte cohérente à la surface du soL Du reste, tout en mentionnant ici ce fait, nous sommes loin d'assurer que ces dépôts doi- Tent être placés dans le terrain détritique plutôt que dans l'un des groupes suivants.
Les sables salifères contiennent très-souvent du salpêtre, qui d'ailleurs se montre assez généralement dans tous les dépôts détritiques ren-
â^O GÉOGNOSIE.
fennant des matières animales ea décomposition.
347. Le terrain détritique contient beàncoup de corps organisés; les uns appartiennent à des espèces qui vivent encore sur les lieux, les autres à des espèces qui n'existent plus. Nous avons déjà eu l'occasion de faire connaître que les parties solides des premières ont, en général , peu changé de nature, les ossements et les coquilles ayant conservé leur composition ainsi que leur textare. Les débris d'espèces perdues ont, au contraire, saufquelquës exceptions rares, éprouvé de grands changements, et ^ont transformés en matières pierreuses ou en matières charbonneuses qui ont perdu leur texture ligneuse. Du reste , nous n'indiquerons ici aucune de ces espèces, parce que rénumération des premières ne serait que la répétition de ce que nous apprend la zoologie et la botanique dans l'exposition des faunes et des flores actuelles, et que les secondes devant sereprésenter successivement dans la série des autres terrains et ne servant pas plus à caractériser le terrain détritique que les fragments de roches qui les accompagnent, leur indication ferait un double emploi qui n'aurait aucune utilité.
:i^8. On sent, d'après ce que nous avons dit, que le terrain détritique doit renfermer imegrande quantité de traces de l'industrie humaine, ou plutôt que la majeure partie des monuments de cette industrie qui sont enfouis dans l'écorce du globe, se trouvent dans ce groupe.
TERRAIN AIXinriEN. 3211
iv.* GROUPE. — • Terrain albu^ien.*
a49- Le terrain alluvien est, comme le terraîa cmniiM «é. détritique, généralement formé de dépots meubles, composés de fragments dont le Tolume et la forme sont très-variables; aussi est-il souyent très-difficile de le distinguer du terrain détritî* que. Son principal caractère distinctif est de ne ps s étendre, comme le terrain détriticpie, sur les montagnes ni sur les plateaux élevés. Ujse trouve ordinairement dans les vallées et dans les plaines placées à l'embouchure des grands fleuves, ainsi que sur les bords de la mer, d'où on peut le diviser eajluviatile et marin.
35o. Le terrain alluvien des plaines est ordi- An-i^km ••nairement déposé en couches horizontales qui s'étmdent sur un espace plus ou moins considérable, tandis que celui des hautes vallées est souvent disposé en amas irréguliers, plus ou moins puissants, qui s'adossent quelquefois le long des escarpements, de manière à y former des talus.
La composition du terrain alluvien fluviatile est extrêmement variée, et sa nature participe toujours de celle des autres terrains qui composent la partie du bassin hydrographique qui est au-dessus du lieu où se trouve le dépôt alluvien. En le considérant sous le rapport de la texture,
^Mon terrain alluTien ne comprend, ainsi que je Tai àé}k fait obsenrer, qo'nne partie des terrains alluviens de M. Brongaian et de la plupart' des antres géologistes.
uéuaeé».
^2it GÉOONOSIE.
on peut y distinguer les six modifications suivantes; siaToir : le limon j les dépôts arénacés, le graner, les dépôts caillouteux, les gros débris et les roches conglomérées ; mais ces modifications se lient et se mêlent si intimement entre elles, qu'il est difficile d'j établir des limites et de les trouver isolées l'une de l'autre.
u«oii. :i5i4 Le limon est une terre argileuse, qui est rarement asses pure pour être considérée comme une véritable argile. U se trouve principalement dans les plaines et dans les vallées basses. U renferme souvent du terreau, et forme alors une excellente terre végétale iMpAu :253. Les dépôts arénacés du terrain alluvien fluviatile portent ordinairement le nom de sabks de rivière^ mais ce sont rarement de véritable sables , c'est^-dire qu'ils sont rarement composés exclusivement de grains de quarz; on y reconnaît, au contraire, beaucoup de grains d'autres substances minérales. Ces dépôts se trouvent principalement, de même que le limon, dans les plaines et dans les vallées basses. On remarque que ces deux genres de dépôts forment souvent des coucbes alternatives, et que, quand ils sont situés vers l'embouchure de grands coois d'eau, ils atteignent quelquefois une puissance tresconsidérable j tels sont ceux qui se trouvent a Femboucbure de l'Escaut, de la Meuse et du Rhin, et qui constituent le sol de la Hollande, de la Z^ande et de quelques parties des provinces voisines. Ces dépôts sont tellement puissants, dans certains lieux, qu'un puits a été enfoncé en i6o5,
à Amêterdam» jusqu'à lajHrofoiijdeiurde7S mèlref, sans en atteindre le fond-
a53. Le gnu^ier albwkn ne difiere en général Gr-ritr. des dépôts amiacé$ qiie parce qne les ^mixa qui le composent sont plus gros. Il se trouve plus rarement dans les plaines, et plus souTent dans la Yallées.
a54» Les d^ts caillouteux sont très<<X)mmuns jtxpM dans les lits des riTièr^ dpnt ils recouYient ordiaairemeat le sol 5 on les trouve aussi dans d'au^ très parties des vallées; mais ils sont généralement rares dans les plaines ; ils ne différent des graviers que parce que les firagments qui les conqiosent sont plus volumineux Ces fragments ont ordiimiranentieursbQrdsarrondis;maisoni«marque qqe ceux qui se trouvent dam le voisinage des montagnes sont souvent moins arrondis que ceux qui en sont plus éloignés.
a55. lies gros débris se frpuvent principalement croi ^^••• dans les vallée d^smontagneSfLeur nature d^[>end encore plus que celle des aubras modifications, de la nature des roches qui existât en masses dans les lieux plus élevés qui les avoisinent, ou qui forment la partie supérieure du bassin hjdrographiqua Leur volume est aussi subordonné à la nature de ces roches ^ souvent à leur éloignement; les fragments de roches tenaces et solides étant généralement plus gros que ceux des roches friables ou altérables , et ceux dont les roches semblables se trouvent dans le voisinage étant ordiuai^reinent plus gros et ayant des formes pins anguleuses, tandis que ceux qui ressemblent
à des roclies éloignées sont moins Tolamineca et ont des formes plus arrondies.
En général, les gros débris aUuviens ont beaucoup de rapport arec les éboulis à gros fragments , dont il est difficile de les distinguer ; ils sont d ailleurs peu abondants , passant bientôt aux dépôts caillouteux.
loehti a56. L'existence de masses cohérentes dans le terrain allu^ien est un fait qui laisse encore des doutes, quoique Ton ait souvent cité des roches de ce genre dans les terrains d'alluvion ou de transport; mais comme ces dénominations s'appliquent aussi à notre terrain diluvien , naos ne pouvons nous arrêter aux citations dont il s'agit Du reste, on ne peut contester l'existence, dans le terrain alluvien , de petites portions de roches conglomérées qui forment des espèces de rognons au milieu des dépôts caillquteux de nos rivières, et qui consistent dans la réunion , au moyen d'un ciment ferrugineux, de quelques-uns des fingments qui composent ces dépôts. Ces matières paraissent se trouver de préférence dans la partie des lits de rivières qui traversent des lieux habités , et on voit ordinairement dans leur intérieur on morceau de fer plus ou moins oxidé, ou la trace de morceaux de fer détruits par la rouille. *
* Les traTsuz que Ton a ezëcniÀ en iSaS» dans le lit et U Sambre, à Namur, ont fait décooTrir beaucoup de cet rogooof conglomérés, parmi lesquels il j en STait plusieurs qui paraissaient devoir leur origine k des épingles à cheveux , qnii *^ s^oûdant» aTaient fourni le ciment nécessaire pour lier les fragments. Quelquefois les morceaux de fer s^étant exdufivcofnt
TERRAIN ALLWIEN. 3^5
On trouTe aussi dans le terrain aUuyien des
roches composées de noyaux unis par un ciment ordinairement siliceux et quelquefois calcaire. Ces roches, qui sont très-voisines des poudingues ou des gompholites, forment aussi des rognons, des blocs et quelquefois de petits bancs au milien des dépôts caillouteux ; mais leurs relations avec le terrain alluvien ne sont pas aussi évidentes que celles à ciment ferrugineux, dont nous venons de parler ; car il n'est pas aussi démontré que tous les dépôts où on les trouve appartiennent à ce groupe, et il se pourrjait que les blocs de ces roches qui existent dans du terrain alluvien ne fussent eux-mêmes que de gros débris comme les autres fragments qui les accompagpient.
^$7. On a cité beaucoup de dépôts métalli- mai fères dans les terrains d'alluvion; mais, comme ces citations ont été généralement £aites par des personnes qui réunissaient, sous ce nom, nos terrains alluvien et diluvien, et que d ailleurs la distinction à faire entre ces deux groupes est fort difficile, nous ne nous trouvons pas à même de nous prononcer d'une manière positive à ce sujet; cepeziidant, à l'instar de la plupart des géologistes modernes , nous parlerons de ces dépôts à l'article du terrain diluvien. Du reste, il y a des dépôts, incontestablement alluviens, qui donnent lieu
trouyéi en contact ayec des débris d'^ardoises jetés dans la rivière par des coUTrenrs, ils ont donné naissance à des rodons q^ ressemblent k certaines rocbes conglomérées des terrains •rdoisîer on talqaenx.
If