‹ Éléments de géologie, ou, Seconde partie des éléments d'histoire naturelle inorganiqueChapitre 34 sur 89 · ORDRE · texte numérisé non relu

ORDRE

Terrains tériaires.

2t63. Les terrains tériaires, lorsqu'ils sont en c<r>ctrrft ^ contact avec les terrains modernes, se trouvent en dessous de ces derniers; ils présentent plus de roches cohérentes, et les corps organisés qu'ils renferment appartiennent généralement à des espèces qui n'existent plus ; mais dans lesquelles on reconnaît toutes les classes d'êtres qui vivent maintenant à la surface de la terre, notamment celle des manmuferes.

Ces terrains recouvrent une partie assez consi-

*Vojrag« dans les Alpes, {. 3o5.

ntfrattft.

:àZ2 GÉOGNOSIE.

dërable du globe; entre autres la plupart des plaines les plus fertiles, et par conséquent odks où les hommes ont formé leurs principaux établissements.

DiriM^ 264. Les terrains tériaires présentent, sous le rapport de leurs fossiles, une différence bien remarquable; c'est que dans les uns ces fossiles se composent, en général, de débris d'animaux analogues à ceux qui vivent dans la mer, tandis que dans les autres ce sont principalement des animaux analogues à ceux qui vivent dans l'eau douce. D'un autre coté , une portion de ces terrains est presque entièrement composée de débris de roches qui paraissent provenir de dépôts préexistants. D'après ces considérations nous divisons cet ordre en trois groupes, que nous désignons respectivement par les épithètes de tritonierij de njinphéen et de dilui^ien; mais les liaisons qui existent entre ces trois groupes étant encore plus intimes que celles que l'on remarque dans les terrains modernes et les dépôts qui appartiennent à Tun de ces groupes, se trouvant souvent séparés par des dépôts qui appartiennent aux autres, il est très -difficile de les distinguer ; aussi la plupart des géologistes préfèrent-ils diviser les terrains qui nous occupent d'après leurs positions respectives ; méthode à laquelle il sera facile de ramener notre division, puisque nous subdiviserons chacun de nos groupes en trois étages, dé sorte que, en réunissant chaque étage correspondant, on aura une division des terrains tériaires en trois groupes déterminés par

TERKAira 1ÉRIA1RE8. 353

leur position, et qni seront respectivement supé^ Agit, majren et inférieur; lesquels correspondent, sous le rapport de leurs fossiles, aux trois systèmes que nous avons indiqués (230, 331 et 333) sous les noms de système des élépliants , des mastodontes et des paléothères.^

** Parmi les considérations qui^pent-^tre à tort, m'ont porté iooBtianer jusqu'à présent de diviser les terrains tériaires d'après le mode de formation , se tronre le désir de conserver des eoupes qni se rattachent à l'nne des plus brillantes découvertes de la géologie moderne, découverte qui a tant occupé les naturalistes» depuis que MM. Cavier et Brongniart, dans leur célèbre mémoire sur la Géographie minéralogi<fue des enuirons de Paris ^ la à riaslîtut de France le ii Avril iSoS, ont annoncé, d'une manière positive, que les terrains sur lesquels repose cette capitale, avaient été alternativement formés dans la mer et ^nsles eaux douces. Du reste, tout en convenant que la division de ces terrains par époque de formation présente de grands STaotages et est quelquefois d'une application plus facile, je dirai qu'il me semble que, malgré les immenses progrès que la géologie des terrains tériaires a faits dans ces derniers temps, cette partie de la science ne me parât t pas encore assez fixée pour que je me décide à changer la marche que j'avais adoptée dans la première édition du présent ouvrage. Je me suis seulement attaché à coordonner mes étages de chaque groupe de manière k ce qu'en réunissant ceux de même nom, on ait, ainsi que je l'ai dit ci-dessus , nue division des terrains tériaires par ordre chronologique.

Quant à ce qui concerne les dénominations que j'ai adoptées, je dirai que celles de terrain d'eau douce et de terrain marin que l'on a employées, lorsqu'il a été reconnu qu'une partie de ces terrains avaient été formés dans l'eau douce , ne pouvaient coa^enir à ma nomenclature , puisqu'elles annonçaient que ces deot groupes de terrains tériaires comprennent tous les terrains marins et d'eau douce ^ ce qui n'est pas exact : or, comme M* Broagniart appelle terrain tritonien un de ses groupes marins, fsi cm pouvoir aussi appliquer cette dénomination h pnon

a54 GtoONOSIE*

PREMIER GROUPE. *- TeiToin dUiu^ierL*

oraetbw gë. ^65. Lc gTOupc quc iious désignons par Tépithète de dUm^ienj présente d'autant plus de difficultés dans sa délimitation, qu'il se confond non- * seulement ayec les autres terrains tériaires , mais aussi ayec les terrains modernes , et parce que nous ne pouTons lui appliquer d'une manière rigoureuse le principe de classification que nous avons adopté, sans lui donner plus d'extension qu'il n'en reçoit de la plupart des auteurs qui ont employé cette dénomination.

Ce terrain est, comme le terrain alluvien , principalement composé de dépots meubles, formes

groupe maria , quoiquHl ait plus d^éteudua que la terrain uitonien de M. Brongniart, et comme lee nymphes de la mythologie jouaient à pea près le même r61e k l'égard des eaux douces y que lea tritons à Pegard des eaux marines, j^ai désigné mon groupe d^eau douce par PépithÂte de nymphéen, IXnn autre c6té, j'ai cm deyoir employer la dénomination de Urr^i^ diluvien t correspondante à celle de dilut^ium^ employée par le célèbre Bucklandy Pun des géologistes qui a le plus contribué à la connaissance de ce terrain; mais je regarde le nom de terrains eljrsmiens , employé par M. Brongniart f comme pins exact; car, ainsi qu'on le verra dans le lirre snirant» tons les dépôts rangés dans ce groupe ne doivent pas également leur origine à la catastrophe désignée , dans les monuments historiques, par le nom de déluge,

'*' Ce groupe correspond en grande partie aux terrains eijrs^ miens de M. Brongniart, au diluvial beds des auteurs anglais» aux alluffions anciennes de M. Boue, et aux terrains de trans- ^ort anc/eaf de plusieurs géologistes. J^ai fait counattreàla note précédente les motife qui m'ont fait donner la préférence à la dénomination énoncée d-deuus.

TERRAIN DIUmEN. sSS

de fragmeiits de volumes très-variables. Les principaux caractères qui peuvent servir à le distinguer du terrain alluvien, sont d'être plus répandu, de s'étendre sur des hauteurs où Ton ne peut supposer que les coiu*s d'eau actuels aient jamais atteint; de renfermer des débris d'êtres organisés qui difierent généralement des espèces actuellement existantes, et d'être d'une nature moins dépendante de celle des terrains qui composent les parties supérieures du bassin hydrographique où il se trouve

D'un autre côté, la présence de fragments plus ou moins gros et l'absence de couches étendues, à texture massive , sont les principaux caractères qui distinguent le terrain diluvien des terrains nymphéen et tritonien.

266. Nous divisons le terrain diluvien, ainsi Dm.i«. que nous venons de le dire (204), en trois étages ,

dont le STupérieur, qui correspond exclusivement au terrain diluvien de la plupart des auteurs , serait considérablement plus étendu que les deux autres, s'il était vrai que tous les terrains diluviens superficiels y appartinssent réellement^ mais il est à remarquer que dans un grand nombre de lieux où manquent les terrains nymphéen et tritonien on a rarement les moyens de juger à quel étage appartiennent les dépôts diluviens.

267. Ce n'est donc qu'avec doute que nous sabaiTMisna* rangeons dans i étage supérieur les six systèmes suivants , dont quelques-uns même n'appartienuent peut-être pas au terrain diluvien^ Ces systèmes sont souvent désignés par les dénominations

ri«ar.

336 GÂOGN06D&

de dépôts meubles^ de blocs erratiques» ^ossements des casernes j de brèches osseuses, de fer d'alluvion et de dépôts plusiaques.

^2^u 368. Les dépôts meubles dihwiens sont très-répandus; il est rare de trouver des contrées où Ton n'en voit pas de traces, surtout dans les vallées et dans les plaines voisines des montagnes ou des plateaux élevés. Leur forme est en général trèsvariable.. Dans les plaines éloignées des hautes montagnes ils ne se composent ordinairement que d'une couche mince, placée sous la terre yegétale et caractérisée par la présence de cailloux roulés. Dans les vallées ils forment souvent des couches extrêmement irrégulières, qui s'étendent dans le fond et sur les flancs de la vaUée , qui sont souvent interrompues et qui d autres fois se renflent de manière à former des amas plus ou moins puissants ; ils constituent aussi des collines entièi^s au pied des hautes montagnes, et quelquefois ils remplissent des cavités assez alongées pour pouvoir être assimilés à des filons.

369. Ces dépots se composent, comme ceux du terrain alluvien fluviatile, de limon, de matières arénacées, de graviers et de cailloux, qui se mêlent plus ou moins entre eux, et qui d'autres fojs forment des masses conglomérées; car, quoique l'état meuble soit en quelque manière un des traits caractéristiques de ce système, on doit J comprendre des masses poudingiformes et gresiformes , composées de noyaux et de grains semblables aux fragments des dépôts caillouteux et arénacés. Le ciment qui unit ces fragments a

TERRAIH DILUVIEN. 3 5 7

oommunément pour base de llijdçate ferrique ou du carbonate calcique , plus ou moins mélangé d'argile et de sable; mais il y a aussi de ces roches conglomérées dpnt le ciment est purement sUiceax ou argileux.

270. Ces dépôts renferment beaucoup de corps organisés , qui , de même qiie ceux du terrain alluTien, se subdivisent en deux catégories 9 celle des êtres qui leur sont propres, et celle des êtres qui appartiennent aux terrains inférieurs , et qui s y trouvent, pour ainsi dire, d'une manière accidentelle, comme les fragments de roches analogues à celles qui composent ces terrains. Nous ne nous occuperons pas des fossiles de cette catégorie, que nous verrons successivement paraître dans les groupes suivants.

271 . Quant à ceux de la première catégorie, ils appartiennent ordinairement à ces corps que nous avons déjà indiqués (2!)o) comme intermédiaires entre les débris modernes et les véritables fossiles. Ils consistent principalement en ossements, eil dents et en autres parties solides de mammifères.

n y a cependant deux exemples d'animaux qni ont été trouvés entiers avec leurs chairs et leur peau; l'un est celui d'un éléphant, découvert à l'embouchure de la Lena en Sibérie , et lantre d'un rhinocéros, qui a été observé sur les bords du Y iloui dans la même r^on. Du reste, <»tte conservation extraordinaire s'explique par la circonstance que ces animaux, qui ont été mis à découvert par un éboulement accidentel ,

aSS GÉOGNOSIE.

étaient enloais dans un sol constamment à l'état de congélation.

L'examen approfondi de ces débris a Êiit connaître qu'ils appartiennent à des animaux peu différents de ceux qui existent actuellraient, mais qui cependant s'en distinguent trop pour être rangés dans les niiémes espèces* Il est à remarquer, à cet égard, que, si quelques-uns de ces débris ne présentent aucune différence avec les parties correspondantes des animaux actuels, ces rapprochements tombent sur des organes dont la ressemblance n'empêche pas la différence spécifique , ou sur des espèces appartenantes à des genres danslesquels lesqueletteosseuxdes diverses espèces ne présente aucune différence sensible; tel est, par exemple, le gienre cheral , où les anatomistes n'ont pu reconnaître aucune distinction osléologique entre le cheval, l'âne et le zèbre.

La plupart des mammifères de ces dépots ont été rangés dans les genres éléphant, rhinocéros, hippopotame, cheval, cerf, bœuf, ours, hyène, chat, chien, etc.; mais quelques autres ont présenté des différences assez tranchées pour que les zoologistes aient jugé à propos d'en former des genres particuliers; tels sont les mastodontes, animaux très -voisins des éléphants, que l'on a désignés long-temps sous le nom d'éléphants carnivores; les dinothères, genre très -voisin du tapir , les mégathères, animaux quiparaissent&ire l'intermédiaire entre les tapirs et les paresseoi-

Il serait trop long d'indiquer les lieux où Ton trouve ces débris de l'ancien monde. Il n'y a pas

TERRAIN OILUTIEN. âSg

lon^-temps encore que l'on ne citait que quelques contrées où, comme les plaines de Sibérie et le Tal d'Amo en Toscane^ ils se trouvent dans une abondance qui avait, pour ainsi dire, £)rcé l'attention des personnes les moins curieuses d'ob^ serrer les phénomènes de la nature j mais actuellement que les lecherclies se sont généralement portées vers cette étude, il n'y a presque pas de pays où l'on n'ait découvert de ces ossements. Il parait, en outre, que ces dépôts présentent en geDeral les mêmes espèces dans les diverses parties du globe; et tandis qu'actuellement les grands pachydermes, tels que les éléphants, les rhinocéros, les hippopotames , sont concentrés dans la zone torride , ce sont précisément œs genres qui dominent dans les terrains diluviens des zones tempérées et glaciales, où Ton remarque princi-. paiement VElephas primigenius ou Mammouth, le Mastodon maximus et le Ekinoceros ticho^ rinus.

273. On s'est peu occupé des coquilles de ces dépôts, et il ne parait pas qu'elles puissent oflfrir beaucoup d'intérêt; car, outre que ces corps organisés ny sont pas très-communs, ils ne peuvent pas présenter beaucoup de différences avec ceux des terrains nymphéen et tritonien, lesquels, comme nous le verrons ci-après, ne différent pas beaucoup des coquilles actuelles.

2^5. Les débris de végétaux sont assez communs dans les dépôts qui nous occupent; les uns ont encore conservé leurs £ormes; les autres les ont tGut>à-fait perdues. Parmiies premiers, la plupart

a4o GiOGNOSIfi.

sont seulement altérés ou bituminisés. Il parait qu'il y en a aussi de pétrifiés. Quant aux seconds, ils forment des lignites , de la tourbe et du terreau; mais la flore diluvienne n'est pas bien comiue, d'autant plus qu'il j a encore beaucoup de doutes sur la question de savoir si les principaux dépôts de végétaux fossiles et de lignites que Ton rapporte au terrain diluvien , n'appartiennent pas plutôt aux terrains alluvien, tourbeux, nymphéen ou tritonien.

Bioet :2 7 4 On donne le nom de blocs erratiques à des

fragments déroches qui ne sont, en quelque manière, que les cailloux du système précédent, doués de dimensions plus considérables; aussi ces blocs se trouvent-ils souvent enfouis dans les dépots meubles; mais d'autres fois on les voit reposer immédiatement sur d'autres terrains, ou bien ils sont recouverts par des dépôts modernes.

Ces blocs sont quelquefois très-volumineux; il en est qui sont à peu près arrondis; mais le plus souvent ils présentent seulement des arêtes et des angles émoussés. On en trouve sur des montagnes très-élevées, notamment sur le Jura, où ils sont ordinairement composés des roches hémilysiennes Qu agalysiennes qui forment une partie des Alpes ; mais ils sont en général plus fréquents dans les vallées et dans le» plaines.

Parmi les gisements les plus importants de ces blocs, on peut citer 1^ grande plaine qui s'étend de la mer du Nord aux monts Ourals. Les blocs y reposent sur le sol, ou sont enfouis dans les dq>ots sableux et ar^eux qui recouvrent cette

plaine : ils sont de nature très -variée; mais en général ils appartiennent aux roches les plus cohérenles des terrains primordiaux et surtout des terrains agaljsiens. Us présentent ordinairement de la ressemblance airecles roches qui constituent des chaînes de montagnes plus ou moins éloignées des lieux où ils se trouvent , et l'on y leconnait en général les diverses roches des montagnes de la Scandinavie, de la Finlande et des environs d'Olonetz.

Le comte Rasoumovsky a remarqué que y quand il y a des collines dans ces plaines » on n'y voit des blocs que sur le versant septentrional. On a aussi observé que ces blocs sont, en général, disposés par bandes ou trainées, souvent parailèlei, qui se croisent quelquefois, la plupart se dirigeant du N.-E. au S.-0. , tandis que quelques autres vont du N.-O. au S.-E. Lorsque l'on remonte vers le nord, dans le sens de ces traînées, on trouv^en place des roches semblables à celles qui composent les blocs erratiques , et M. Brongniart a reconnu dans ces premiers massifs primordiaux , des endroits où la surface des roches est polie , et présente des e^èces de rainures dirigées dans le sens des traînées , comme si le sol avait été usé par le passage des blocs qui les com posent Du reste, la Baltique n'interrompt pas ces traînées , en ce sens que les blocs se trouvent dans les plaines au sud de cette mer; mais leur disposition par traînée y est moins sensible, et ils y paraissent plus disséminés. Une circonstance assez remarquable, c'est que les blocs les plus

cavn'QCi.

a 4^ GÉOONOSIfi.

voInmineuiL.^ se trouvent vers lès cotes méridio» nales de la Baltique, dou leur volume va généralement en diminuant, tant vers le sud que vers le nord; mais c'est de ce dernier côté, et notamment dans la Scanie et la Smalande, que les blocs sont les plus abondants ; leurs traînées y forment des collines longitudinales, que les Suédois nomment as.

o«rnin.u <iu ^^ô. Lcs ossemeitts des caçemes sont enfouis dans un dépôt terreux ou pierreux, prinapalement composé de carbonate calcique, qudquefois imprégné de manières animales ; lequel forme une ou plusieurs couches, communément peu épaisses, sur le sol des cavernes qui se trouvent dans les dépôts calcareux. ^

Ces ossements ne sont jamais réunis en un squelette entier, mais ils sont séparés, dispersa et plus ou moins fracturés j quelques-uns semblent même avoir été brisés ou entamés par les dents dW animal carnassier; ils sont quelquefois usés et accompagnés de cailloux roulés; la

'^On fait k Berlin une coupe de granité qni a ai mètres de ci rconférence et qui a élé tirëe d'an gros bloc , pesant prè* d< 3 00,000 kilogrammes, qni reposait sur le sable près de Forttenwald.

'^*La Franconie est une des contrées où les cayemes ^ osse^ ments sont les plus abondantes et où ce genre de dépôt a ittifc Vattention en premier lieu. Mais depuis qne Ton s*est occupe plus particulièrement de ces recherches, on en a aussi troare dans le Harz, dans la Westphalie, dans les environs de Liéget dans TYoTcksh ire en Angleterre, en Languedoc et en géoerai partout où il 7 a des cavernes, cVst-à-dire à peu près dans todi les pays où il existe des calcaires ammonéens et hémiljti*''^

TERBAIN mUTYlEN. 245

majeure partie appartiaott à des carnassiers. Dans les carêmes d'AUeioagne ce sont les ours qui damixieiit , surtout une grande espèce, que l'on a nommée Ursus spelœus. En Angleterre ce sont, au con&aîre, les ossements d'hyènes qui sont les plus abondants. On a également reconnu dans ces àésfot& des restes de chats, de chiens, de putois, de belettes, de gloutons, de campagnols, de rats,delièYres,quelquefQisdecheyaux, de boeufs, de cer&, d'éléphants, de rhinocéros, dliippc^K)^ tames, etc. , ainsi que des débris d'oiseaux, de reptiles, de mollusques, d'insectes, et des excréments de mammifères. On y a aussi trouvé, notamment aux environs de Liège et en Languedoc, des ossements humains et des traces de l'industrie humaine; .mais plusieurs géologistes sont d'avis qoeees objets doivent être considérés comme appartenant à des dépots modernes.^

276. Les brèches osseuses ont été principale- Br^b» ment observées sur les côtes septentrionales de la Méditerranée, notamment à Gij3raltar, à Cette, à Ântibes, à Nice, à Pise,en Corse, en Sardaigne, ea Sicile, à Cérigo, en Dalmatie, etc.; elles forment dans le calcaire des filons consistant en un ciment souvent rougeâtre, composé de calcaire, de sable et de limonite , renfermant des fragments , ordinairement anguleux, de diverses roches, sur-

^Panni les ouvrages qui font mention de Peustence drossemenu humains dans les cayemes, je citerai les belles recherches <pieM. le docteur Schmerling publie en ce moment sur les ostencntt des caTeraes de la proTÎnce de Liège.

:244 GÉOGNOSIË.

tout de celles traversées pdr les filons , et des restes de corps organisés , principalement des ossements de ruminants. On y a reconnu, entre autics, plusieurs espèces de cerfs, une espèce d'antilope ou de mouton , des cheyaux , deux espèces de lapins, deux espèces de lagomis, un campagnol, tme musaraigne^ deux espèces de chats , un chien, une tortue, un lézard , et plusieurs espèces de coquilles terrestres, fluviatiles et lacustres. On dit même y avoir trouvé des restes d'animaux qui caractérisent les terrains que nous verrons plus tard, tels que des paléothères et des chéropotames ; mais il n'est pas encore bien démontré que ces restes n'y soient pas accidentellement , comme les fragments de roches.

377. On voit, par ce qui précède, que les animaux des cavernes et ceux des brèches ossoises appartiennent, comme ceux des dépôtb meubles, à des genres qui existent encore, mais qui souvent n'habitent plus que la zone torride. De même, aussi, que chez les animaux des grands dépôts diluviens , chaque fois qu'il a été possible de déterminer les caractères spécifiques, on a reconnu des espèces distinctes de celles qui vivent actuellement.

Quant aux différences qui paraissent exister entre les animaux des dépôts meubles , ceux des cavernes et ceux des brèches, elles annoncent plutôt une autre répartition des espèces, qu'un système d'organisation différente j car les mêmes \ genres et les mêmes espèces se retrouvent en g^néral dans les dépôts meubles, dans les cavernes

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