‹ Éléments de géologie, ou, Seconde partie des éléments d'histoire naturelle inorganiqueChapitre 33 sur 89 · V.* GROUPE. — Terrain iuffacé · texte numérisé non relu

V.* GROUPE. — Terrain iuffacé

Divuionea 260. Lcs dépots quc nous appelons terrm

«lent cyklc- rv»/ f i !•/»• U

"«• tuffhce présentent deux modihcations, que Ion

pourrait distinguer par les épithètes de terrestre et de marine, parce que Tune se trouve dans Kntérieur des terres et lautrè sur les bords de k mer.

T«rr.m loffacé 261. Lc tcrroin tuffacé terrestre ne forme en général que des dépôts isolés, peu étendus. Il présente quelquefois une stratification très-prononcée, d'autres fois il constitue des amas, où l'on ne distingue pas de coucbes régulières. D est principalement composé de calcaire concre* tionné, passant quelquefois au calcaire compacte, et plus souvent aux dépôts arénacés et terreux des terrains détritique et alluvien. Ces dépots forment même quelquefois des lits intercalés au milieu des assises de tuf. En général , le terrain tuflfacé se lie intimement avec les terrains détritique, alluvien, diluvien et nympbéen, dont il est souvent difficile de le distinguer.

Le calcaire tufTacé est ordinairement rempli

Inrntre.

TERRAIN TUFPACÉ. ariQ

de pores et de cavités , et présente une série de passages, depuis des assemblages de petits filets qui ressemblent à de la mousse pétrifiée, jusqu'au calcaire compacte. Les cavités que Ton y remarque sont de diverses espèces; les unes semblent n'être que le résultat de l'assemblage de petits systèmes particuliers de concrétions qui se sont seulement unies par une partie de leurs sûr- Ëioes ; les autres représentent la place de tiges de végétaux qui, après avoir été incrustées par la maûère calcaire, ont fini par se détruire. Les troisièmes, qui se trouvent dans les parties compactes ou voisines de l'état compacte, consistent dans des espèces de tubulures verticales qui donnent ridée du résultat du passage d'un gaz à travers une masse molle. Ce calcaire donne de bonnes piores à bâtir; celui qui est celluleux est, à cause de sa légèreté et de la manière dont il prend le > mortier, recherché pour certaines constructions, telles que les cheminées et les voûtes , où ces deux qualités sont particulièrement avantageuses ; celui qui se rapproche de la texture compacte donne d'excellentes pierres de taille.

La pierre connue sous le nom de travertin, que Ton extrait aux carrières dePonte-Lucano, entre Rome et Tivoli , etqui a si puissamment contribué à la magnificence des monuments de Rome ancienne et moderne, paraît appartenir au terrain tuifacé, mais pourrait cependant devoir être rangée dans le terrain nymphéen.

Le terrain tuifacé, surtout celui qui est à l'état meuble ou peu cohérent, renferme une grande

Bfviat

aSo GÉ0GN06IE.

quantité de corps organisés, princip^emeot des coquilles d'eau douce ou de*terre et des plantes aquatiques. En général, tous ces débris appartiennent à des espèces actuellement tî vantes sur les lieux. On dit cependant que l'on a trouvé dans les tufi d'Allemagne des ossements d'éléphants, de rhinocéros , de m^athères et d'autres animaux qui n'existent plus dans ces contrées; mais il parait que les dépôts dans lesqueb ces débris ont été trouvés, doivent être rapportés au terrain nymphéen plutôt qu'au terrain tofiacé. Tcrr«0^taff«cë ^62. Le teiTctin iuffacé marin a beaucoup de rapport avec les dépôts âlluviens qui se forment sur les côtes de la mer; il est peu connu, et n'a encore été observé que dans un petit nombre de lieux. M. AÏoreau de Jonnés dit cependant qu'il est assez commun dans les Antilles , où il forme des espèces de glacis ou de plages qui s'élèvent quelquefois au-dessus du niveau ordinaire des eaux. Il y consiste en une roche que les Nègres connaissent sous le nom de maçonne-bon^euj et qui est un calcaire grenu passant quelquefois au compacte, de couleur jaune-ngrisâtre ou gris-jau« nâtre., avec quelques nuance^ de rongea tre. Lorsque l'on examine cette roche à la loupe, on reconnaît qu'elle est principalement composée de débris de coquilles et de madrépores semblables à ceux qui vivent dans les environs et qui sont réduits en grains très-menus. On trouve quelquefois dans cette roche des traces de l'industrie humaine, telles que des débris de vases, des haches, etc.; mais ce qui l'a rendue célèbre, c'est que

TERRAIN TUFFACÉ. aSl

l'on d txwTféy au port du Moule à la Guadeloupe,* des onemento humains qui y étaient incrustes. L'analyse de œs os a fsiit connaître qu'ils n'étaient pas pétrifiés, mais qu'ils contenaient encore des parties ammales et tout leur phosphate de chaux*

Saussure^ a aussi observé une^ roche qui se forme au hord de la mer, sur le phare de Messine, auprès du gouffre de Carybde Cette roche, qoi devient assez dure pour servir à &ire des. meules, est composée de grains de sable unis par un ciment de calcaire

On a Clément observa à la baie des Giiens- Marins, dans la Nouvelle-Hollande, un calcaire grossier qui renferme des coquilles marines, ah» solnment semblables à celles qui vivent dans la mer environnante.

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