É06K08IE
non en petits fragm^its, parce qi/elle miste beaucoup mieux aux influences météoriques, et parce que les résultats de sa décomposition sont d'une nature différente de ceux des schistes argileux. On a vu, en efièt, que ces derniers se décomposent en une terre argileuse, qudquefois sablonneuse; tandis que Fardoise donne naissance à une terre légère, onctueuse, qui ne £iit point pâte avec Teau.
IjCs ardoises qui se montrent au jour sur lo plateaux, ont en général éprouvé une certaine altération; elles ont une couleur jdua pâle que les autres , et deviennent souvent blanchâtres ; elles sont tendres, friables, douces au toucher, d*an aspect stéatiteux;mais il estàremarquarquecegenre d'altération n'a pas lieu dans les ardoises que l'on expose maintenant aux actions météoriques, ni même dans celles qui se montrent au jour dans les escarpements qui forment les flancs des vallées , ce qui annonce un ordre de chose ana^ logue à ce que l'on remarque dans plusieurs espèces de roches amphiboliques et felspathiques.
Les ardoises de l'Ardenne, et notamment les carrières de Fumay , donnent de très^bims matériaux pour couvrir les toits; on les emploie aussi pour la bâtisse, le carrelage et autres usages.
Ô29. Ces ardoises ont une grande tendance à passer au stéaschiste, et l'on voit souvent dans l'ardoise ordinaire des. parties qui forment un tout avec la masse, et qui doivent être considérées comme du stéaschiste ; d'autres fois ce sont des couches entières qui présentent ce changement
TERRAIN AROOISIER. 4^9
En général, ces parties preanent ua6 couleur verdâtre, passant à l'oUyâtre et même au blan- ' châtre, et sont quelquefois accompagnées de sili* cates magnésiques et alumino^magnésiques à 1 état cristallin* Ces substances se trouvent surtout trèsbien caractérisées dans les géodes et dans les filons de quarz blanc qui sont si fréquents dans le terrain qui nous occupe.
Parmi lés autres roches auxquelles passe Tardoise de l'Ardenne, une des plus remarquables, sous le rapport économique, est le schiste coticule ou pierre à rasoir, qui forme des veines jaunâtres au milieu de l'ardoise bleuâtre ^ nous devons aussi citer des ampélites ou crayon des charpentiers, et d'autres roches schisteuses qui , plus tendres que les ardoises , servent à £siire des crayons pour écrire sur les plaques d ardoise : quelque fois les ampélites du terrain ardoisier ressemblent tellement au schiste houiUer, qupn y a déjà entrepris des recherches de houille, mais toujours infiiictueusement.
Une autre roche assez remarquable qui a été trouvée à Ottré, province de Luxembourg, paraît être un stéaschiste renfermant de petits grains noirâtres dune substance laminaire, que Ton a cru poiv» voir rapporter à la diallage et dont on a fait aussi une espèce particulière sous le nom i^oiirélite.
53o. Les roches quarzeuses de l'Ardenne pré- ro«i.«. sentent plusieurs modifications : la plus abondante est le quarz grenu, dont la couleur la plus ordinaire estlegi^isati^ passant souvent au bleuâ- Xvt et au noirati^ , quelquefois au jaunâtre et
^BanruM*.
46o GéOGNOSIE.
au rougeâtre. Sa texture est souvent schistolde, d'autres fois la roche forme des couches massÎTes très-puissantes; les yariétés noires ont quelquefois Faspect extérieur des trapps, et plusieurs minéralogistes les considèrent comme appartenant à cette espèce, quoique leur infusibilité nous les fasse encore ranger dans le quarz grenu ou dans le phtanite. En général , c est par le^ yariétés de couleur foncée que le quarz grenu passe aux roches schisteuses } tandis que les variétés grisa* très, jaunâtres ou rougeâtres font plus communément le passage au psammite, au grès et au poudingue.
Les poudingues de TArdenne ont, en général, une certaine tendance à la structure feuilletée, qui leur donne un aspect particulier et rappelle un terrain où cette structure est presque générale; en effet, ils tendent' ordinairement à se rapprocher des quarz grenus schistoïdes ou des ardoises, et on voit souvent des noyaux quaraeui qui s'alongent et s'unissent intimement avec la pâte, laquelle devient souvent d une nature analogae à celle de l'ardoise et du stéaschiste; alors leur texture ressemble plus à celle des gneisses qu'à celle des poudingues, d'après l'idée que l'on a de ceux-ci. Indépendamment de cette plus grande tendance a prendre la structure schistoïde, il parait que les poudingues du terrain ardoisier peuvent se distinguer de ceux du terrain anthraxif(k*e, parce que la couleur rouge y est moins commune, parce quau lieu de jwsseï' au schiste argileux , ils passent à l'ardoise sléatiteuse, et parce
qu'ils présentent plus rarement des noyauiL arrondis. *
Les psammites ne sont pas très-communs en Ardenne; si ce n'est sur les bords de la région, où ils se lient ayec le système inférieur du terrain anthraxifère. Ils font cependant, sous le nom de pierre àfauac, lobjet d'un commerce assez avantageux pour les environs de Y iel-Salm et de Houffalize. Cette pierre est un psammite schistoïde verdâtre, très-micacé, qui se trouve réellement dans le terrain ardoisier. Quand elle n est pas trop feuilletée, on l'emploie aussi à faire des meules à aiguiser.
Les grès sont encore moins communs dans cette région que le psanunite^ on exploite cependant,
*il ne faut pas confondre ces poudingnes du terrain ardoi* lier avec un autre dép6t qui a des caractères très-^lifféreots et ^i se trouve aussi dans les limites géographiques de PArdenne, entre Malmédj et Stavelot , où il remplit une espace de cavité ^Q terrain ardoisier, STec lequel il est en stratification disoor* dante. Ce dëp6t est principalement composé d'un poudingue, formé de gros noyaux de grès et de qnarz grenu, quelquefois de calcaire et de qnars blanc, plus ou moins liés par un ciment trét-ferruginenx. Cette roche passe au pséphite, au schiste et au C^^t rouge , surtout dans la pi^rtie supérieure du dépôt. M. Du* mont y a obserré les fossiles suivants : une tnrritelle, les iSy^in/er aUenuatMis et rotundatuê , on strophomène , le Siromatopora coneentrica , les CjrathophyUum pUeatum , pentagonum et ananas; luj^strea porosa et agarieites, le Sjringopora ctBSpHowa, Ui CaUunopara goMandica , poljrmorpha et spongiies , et des toerioes. Ces fossiles annoncent les terrains bémilysiens^ mais, comme ils se trouvent dans des noyaux qui peuvent appartenir ^ nne époque antérieure k la formation du dépôt poudingiiorme, d*autres considérations ont fait rapporter celui-ci au groepe pénéen.
I 4^2 G£oON081£.
«iitr6 Weisme et Malmédj, un beau gi^ blanc très-bien prononcé; mais il a une tendance particulière à prendre une texture analogue à odle des poudingues, et il passe à une rocbe composée d'une pâte de grès blanc, farcie de grains de la grosseur dW pois, de quarz gras transparent En général , le passage des grès et des psammites du terrain ardoisier au poudin^e, donne naissance à beaucoup de grès et de psammites à gros grains ou de poudingues à petits noyavix.
Ces grès et ces psammites contiennent qndquefois du felspatb ordinairement altéré, et deviennent des arkoses, lesquelles diflTèrent pea des grès et des psammites ordinaires.
, Le quarz blanc compacte forme une grande quantité de reines et de filons dans les couches schisteuses et quarzeuses qui viennent d'être indicées. Quelquefois, surtout dans les quarz grenus, ces veines sont si nombreuses qu'elles forment des mélanges analogues à ce €{ue l'on remarque dans certains marbres. D'autres fois, surtout dans les couches schisteuses , le quarz forme des filons assez puissants que l'on exploite pour les employer dans les &briques de porcelaine ou de faïence et dans les verreries.
eauriîrM. ^^ * ' Quoique le calcaire soit en général si rare dans le terrain ardoisier de TArdenne , que son absence est un des caractères qui le fait distinguer des dépots anthraxiferes voisins, il ne lui est pas tout>4-fait étranger, et Ton a notamment trouvé à Aile, à l'ouest de Bouillon , un banc mince de cette roche. Elle y est bleuâtre, d'une texture
lamellaire, mais si feuilletée que, si ou n'y faisait pas une attention particulière,- on ne la distinguerait pas de l'ardoise, dans laquelle elle est intercalée en stratification concordante, et avec laquelle elle se lie^ intimement, qu'une partie du banc calcaire est encore de l'ardoise.
553. On a observé à Derille^ au nord de Mé- ^^r zieres, une roche intercalée dans le terrain ardoisier ordinaire, et qui s'en distingue par la présence d'une grande quantité de cristaux , de grains et de noyaux de felspath. Cette substance y est accompagnée de grains de quarz limpide ou gris de fumée, et le tout est enveloppé dans une pâte grenue qui avait d'abord été rapportée aux rocbes qui, dans cette contrée, forment souvent le passage entre le quarz et l'ardoise, mais qui pourrait aussi être rapprochée des diorites stéatiteux.
La question se présente maintenant de savoir si cette rocbe, qui diifère tant de celles qui composent la masse principale du dépôt ardoisier de ces contrées, doit être considérée comme faisant partie de ce terrain ou comme appartenant au groupe porphyrique? La première de ces opinions avait d'abord été adoptée, parce que l'on ▼oit des liaisons et des passages entre la roche porphyroïde de Deville et d'autres qui appartiennent décidément au terrain ardoisier, c'està-dire qu'il y existe, près de la roche porphyi*oîde, des bancs qui sont décidément en stratification concordante avec le terrain ardoisier, et qu'à la premièrevueonprendraitpour des schistes
4^4 GÉOGN08IE.
grossiers, mais où Ton aperçoit, avec un peu d'attention , tous les éléments de la roche porphyroïde. Le felspath n'y forme plus de cristaux, mais on le reconnaît aisément par sa texture laminaire et son clivage rhomboïdal ; le quarz sy distingue par sa cassure vitreuse; Yna et Fautre se confondent avec une pâte feuilletée qui parait analogue aux stéaschistes que nous avons dit être subordonnés dans les ardoises ; mais cette espèce ^ de passage «ntre la masse porphyroïde et le ter-
rain ardoisier ne prouve plus que celle-là appartienne à celui-ci , depuis qu'il est reconnu que les parties des dépots neptuniens qui avoisbent les masses plutomennes diflerent souvent des autres parties de ces dépôts , et sont quelquefois comme imprégnées des substances qui caractérisent les masses plutoniennes. Or, quoique Ion n'ait pas encore reconnu positivement $i la roche porphyroïde de Deville forme un banc ou un dyke, nous sommes porté à adopter maintenant la seconde de ces opinions, et à y voir une dépendance du terrain porphyrique analogue aux diorites du Brabant et du Hundsinick, qui, d'après toutes les apparences, forment des culotscu des dykes au milieu de massi& ardoisiers qui composent probablement un même ensemble avec celui de l'Ardenne, dont ils ne sont séparés que par deux bandes ou bassins de terrains supérieurs. vmûim. 535. La connaissance des fossiles du terrain ardoisier de l'Ardenne est une science à peu près nouvelle, car il y a quelques années que l'on contestait encore l'existence de ces corpSi
tandis qu'à présent- on en a déjà observe une asses grande quantité, mais qui ne sont pas bien détermines. Les plus communs sont des spirifères très<-alongés dans le sens de leur largeur; 6n y a aussi trouvé des calymènes, des asaphes, dç pentacrinites, une hamite et un po* lypier voisin des astrées, que Ton avait pris originairement pour luie plante.
534. L'Ârdenne renferme beaucoup de gites gi*« métallifères^ quoiqu'il n'y ait pas de mines trèsimportantes. Ces gîtes sont fort différents de ceux des massifs anthxaxifères et ammonéens qui les dToisinent; au lieu des matières terreuses qui dominent dans ces derniers , ceux du terrain ardoisier sont principalement composés de matières à textures cristallines ou massives, et au lieu d'être presque toujours accompagnés de limonite, cette sobitanoe ne s'y trouve que dans quelques localités particulières. D'après M. Cauchy^, les gîtes métallifères de FÂrdenne ne forment que trèsrarement des filons, mais ib sont en général disposés par amas couchés ou par séries de nids, de noyaux et de cristaux disséminés dans des couches schisteuses et suivant la même direction que celles-ci. Us présentent plusieurs espèces de minerais.
Celle qui donne lieu à l'exploitation la plus importante , est le minerai de plomb de Longwilly près de Bastogne; la principale substance métallique y est la galène souvent antimonifère : elle
* AbmIm At» niaes, 9.* sM«, <om« IV, page 4«9-
466 GÂOGNOSIE.
sfy trouve en cristaux ou en plaques qui s*éteii« dent ie long des parois de schiste. On Irouve aussi dans la partie qui avoisine la surfwe, des cristau de céruse et' des cristaux ou des concrétions de pyromorphite, et aux points où ces deux sobs* tances cessent de se montrer, on voit ^paraître de la marcassite et de la blend&
Le minerai de cuivre a aussi été exploité a Stoiasenbourg près de Vianden. Il s y compose de chai- Lopyrite associée avec de la marcassite,du sidérose, du calcaire , du quarz et de la bary tine A Viel- Salm on voit des enduits et des cristaux de malachite, d'azurite et d aphérèse.
Le minerai d'antimoine a été paiement exploité à Gœsdorf près de Wils, oii il présente de petits amas et des veines de stibine laminaire. ' Le minerai de manganèse se trouve à Bibia et dans quelques autres lieux des environs de Vid- Salm. Il parait y être composé d'un mélai^ d'oxides et d'hydrates de ce métal. Sa couleur est noirâtre, son aspect terne, et il s*unit d'une manière très-intime avec les roches schisteuses dans lesquelles il est intercalé.
On trouve aussi en Ardenne jdusieurs espèces de minerai de fer. La plus abondante est la limo* nite, qui a notamment été exploitée près deChamplon, à l'est de Marche, et qui l'est encore pour les forges de Linchant au nord de Méùères : sa texture y est ordinairement compacte et sa couleur brune. L'oligiste rouge colore souvent les roches schisteuses; l'oligiste spéculaire forme daos les Glons quarzeux des environs de Y iel-Sahu de
TERRAIN TALQUEUX. J^&J.
grancU ciistaipcoudes plagnailammairesd'un yia d'acier. L'aimant se trouve firequemipeiàt en pe* tiu grains ou en petits cristaux octaèdres disséminés dans les ardoises: il en est de même de la marcassite, qui accompagne aussi presque toutes lei autres substances métalliques I et dont les cri^ taux se trouvait quelquefois en tout ou en par^ lies tnmsformës en limonite.
iv/ GROUPE. — * Terrain taUjueux*
535. Le groupe que nous désignons par le nom canct^rt' |é. de terrain talqueux, parce que la plus grande partie des roches qui le composent renferment du talc> de la stéatite ou du mica, forme une association moins naturelle que celles des groupes précédents, et nous n'oserions ^ssur^ qu'il ait une position bien déta^minée dans Tëcorce du globe; car les divers systèmes que nous réunisr sons dans ce groupe, sont très *- différents les uns des autres; et, quoique les géologistes aient été long-temps d'accord pour considérer ces sys* tèmes comme iijiférieurs à^ tous ceux que nous avons examinés jusqu'à présent, il en est qui se lient intimement arec le terrain de la Tarentaise ^ M. Élie de Beaumont, ainsi que nous l'avons dit ci-dessus (4^4)» pl^ce dans une position assez élevée parmi les terrains secondaires. Il résulte de ces circonstances, que la détermination de la position du terrain talqueux et l'expression de ses caractères généraux sont encore plus difficiles
468 CtoGNCfilE.
qoe celles des antres groupes; du reste, noos ctojOBS que l'on peut dire qne, ind^endammeDl de l'abondance des roches talcîqnes et micaciqaes, le terrain talqneox se distingue des groupes précédents par la Ênéqnence de la textorecrblalliiie, et par la tmdance que plnsieiHS de ses-^^m» •ont de se ranprocker du terrain sranitiqtie: les
commnnes, et, quoique les dépôts de ce groupe se lient, ainsi que nous Tenons de le dire, avec des terrains qui pourraient être assez élevés dans la série secondaire, il ne parait pas que, jusquà présent , on Fait tu recouTrir d'une manière positive aucun des autres groupes que nous afons examinés dans les articles précédents.
sjwmjmu. 536. Le terrain talquenx, t/A que nous Fentendons, comprend, k peu près, toutes ceOesdes associations de roches appelées terrains primitifs qui ne se rangent pas dans nos groupes granitique et porphy rique , -notamment cdles que Ton a désignées par les noms dejbrmation du schiste talqueux, formation duschistemicacéetjbrmalion dû gneisse : il est prohable aussi qu'une grande partie des calcaires et des tfuarz dits primitifs, doiTcnt se ranger égalemait dans ce terrain; aussi le nombre de roches qui entrent dans sa composition , est-il très-considérable.
cnçirret 537- Cc tCHTain est très-répandu à la surface du globe , cependant les massifs où il se montre seul au jour, sont rarement d'une grande étendue ; il constitue quelquefois des cimes très-âerées, et parait également dans des contrées très^basses;
gtfograpkitiBrf.
TERRAIN TAL^KJEUX. éfi^
nais, en. génétvl, cm ne le ^oit pas dans les grandes plaines ^ qiû sont ordinairement recoor Teites par des terrains tériaires. Le terrain talqueux» de même que le terrain ardoisier, est peu fiivorable à la culture, et les lieux où il est au jour, sont ordinairement peu fisrtiles et ooi:^ Terts de landes, de pâturages ou de Ibrets.
538. On sent y d'après ce que nous avons dit iK^im ci«dessus, que la position des divers systèmes qui composent le terrain talqueux, n'est pas assez con* nue pour que nous puissions leur assigner un ordre géognostlque bien déterminé ; ce qui d'ai^ leurs ne paraîtra pas étonnant, quand on fera attention que nous avons maintenantperdulesdeux guides principaux qui nous ojit dirigé dans Farrangeinent des groupes précédents, savoir la superposition des masses , et la nature des fossiles. I^ous avons vii en effet, que plus nous avançons <Ians la série des tarains, moins la position apparente des couches peut nous instruire sur leur position originaire, parce qu'elles sont souvent renversées ou repliées Tune sur l'autre; or, le terrain talqueux a une stratification encore phis généralement inclinée et contournée que les terrains précédents. Pour ce qui concerne les fossiles, il n'est pas démontré qu'il en existe dans le groupe qui nous occupe; ceux que l'on a cru pouvoir lui attribuer appartenant probablement aux terrains supérieurs.
D'un autre côté, il est très-possible qu'il n'y ait pas d'ordre de superposition constante entre les systèmes du terrain talqueux, mais que les difië-
470 cdbooicofiiB.
lenceB quB nous remarquoiis entra ces lyslmo
ne soient qœ le réniltat da déVeloppenieiit aocidentd de certaines conchei on de eertaines substances qui entrant dans la composition géiiàak de ce terrain^ ainsi qne nous avons dqà eu fooeasion de le tsàre remarquer ponr d'autres groupes. En effet, il est très-rare que l'on trouve un massif un peu puissant de ce terrain, sans que l'on y reconnaisse en plus ou moins grande qnanlitë, et souvent en stratification alternativei plusieurs des roches qui caractérisent les principaia systèmes.
Quoi qu'il en soit, on peut reconnaître dans ce groupe cinq systèmes principaux, selon qœ dominent le stéaschiste, le quarz, le calcaire, le micaschiste et le gneisse; et, malgré, ainsi qu'on Ta vu ci-4essus, que l'on n'ait point de données positives sur la position respective de ces systèmes, il parait que le premier est ordinairement le plos élevé, et que les deux derniers sont ordinairement les plus inférieurs, et ceux qui se lient le plus intimement et le plus fréquemment avec le terrain granitique. Quant au quarz et au calcaire, il parait qu'ils sont moins abondants, et qu'ik pourraient être considérés comme subordonnés dans les autres roches plutôt que comme formant des systèmes particuliers.
559. A coté de ces systèmes, on en a placé d'autres où dominent respectivement des roches schisteuses, feispathiques, amphiboliques, pyroxéniques, et des ophiolites; mais nous croyons que les dépôts principaux de ces roches doivent étrecon-
TERRAIN tALQIJEOX. 4?^
sidérés comme appartenant à d'autres groupes, notamment à notre terrain àrdoisier pour ce qui coDceme les roches schisteuses, et au terrain porphyriqne pour ce qui concerne la plupart des autres. Nous ne votilons pas contester néanmoins qne toutes ces roches ne se lient de la manière la plus intime arec celles que nous rangeons dans le terrain talquéux; tout parait même prouver que les substances qui donnent le caractère principal à ces roches , se trouvent réellement disséminées dans les roches propres au terrain talqneux.
540. Le premier des systèmes indiqués ci-des- s^ui»* SOS, celui où domine le stéaschiste, que Ton désigne souvent par la dénomination àQ formation du schiste talqueux , et que Ton a quelquefois confondu avec le micaschiste, se lie d'une manière toute particulière avec le système quarzeux; carlestéaschiste, ainsi que nous Tavons déjà fait remarquer (itfï/ï. 1027), contient presque toujom^ in qtiarz et passe fréquemment au quarz talciqoe. n y a cependant dans ce système des bancs subordonnés, des amas ou des filons qui paraissent n'être composés que de silicates de magnésie, et que Ton est dans l'habitude de rapporter aux espèces talc, stéatite et serpentine d après leurs caractères extérieurs; mais nous avons déjà eu roccasion de faire voir {Min. 6i5 à 624) que ces caractères n'étaient point en rapports avec la composition atomique, et que ces matièi^es n'étaient en général que des mélanges d'espèces proprement dites. Les stéaschistes sont aussi souvent
47^ OÉOGNOeiB.
mâapgés de silicatâs de fer , qui les coloreat en Tert, et de silicates d'alumine, ce qui les fiât passer à la chlorite.
Le felspath entre élément dans la eomposition de ce système, et alors le stéaschbte passe à la protogine, roche qui a souvent été confondue avec le gneisse, parce que Ton prenait pour du mica le talc qui entre dans sa compositîoa La protogine perd quelquefois la texture schistoïde, si commune dans le système qui nous occupe, et prend une texture granitoîde, d'où Saussure l'a appelée granité veiné, et elle a été plusieurs fois confondue avec le granité; telle est celle qui forme la masse principale du Monl- Blanc, que l'on a souvent considérée comme appartenant au terrain granitique, parce que cest une des plus belles roches granitoïdes connues; mais l'opinion du grand observateur des Alpes (Saussure) ne permet pas de douter de sa stratification, de même que l'opinion de M. d'Aubuisson * nous autorise à ne voir dans cette protogine qu'un membre du système talqueux qui constitue une partie des Alpes occidentales, qui sy présente quelquefois sous des formes si différentes, et qui s'y lie par des passages insensibles avec le terrain de la Tarentaise.
syto.* 541 . Le stéaschiste n'étant souvent, comme on vient de le voir , qu'un mélange de quarz et de talc, on sent, d'après ce qui se passe dans la na-
* Voir son intéressant mémoire sur le département de la Doire , inséré dans le Journal des mines, tome XXIX, pafe 3a8:
TBRRAIN TALQITEDX. 4?^
tare, qu'il y a des lieux où le ]M*inCipe talciqne devient très-rare, tandis que le principe quarzeux se développe davantage, ce qui donne des systèmes presque entièrement quarzeux; c'est notamment ce qui se voit dans les montagnes du Brésil qui recèlent lé quan aurifère, le sidérocriste et Thyalomicte flexible dltacoluma.
54a. Les roches calcareuses entrent aussi dans ^ syi la composition du terrain talqueux; souvent elles y sont subordonnées dans les autres systèmes, surtout dans celui du stéaschiste; mais quelquefois elles se développent au point de caractériser elles-mêmes des systèmes. Les roches calcareuses du terrain talqueux ont communément une tex« ture saccharoïde, et renferment presque toujours de la laagnésie ou des minéraux dans la^composition desquels entre cette terre. Aussi , indépendamment du calcaire, y voit-on souvent de la dolomie, de l'ophicalce, du cipolin, etc. Ce sont œs roches calcareuses du terrain talqtieux qui fom'm^sent les plus beaux marbres connus ^ Elles sont quelquefois accompagnées de gypse et de
lie ealoaire primitif a long-temps jon^ an rélc importaaf ttns la géologie; mait actneUement, que Ton a en quelque manière pris il tâche de rajeunir les dépôts que Ton considérait <^inme les plas anciens, et quHl est reconnu d^aillcurs que les calcaires compactes prennent les textures saeeharof de et lamel- <^re, lorsquHls ont été chauffés par des ^jacnlalions plutonieones, on ne sait, pour ainsi dire» plus, comment citer des exemples de calcaire primitif, considéré comme terrain; car m dépôts auxquels on n^a pas encore' contesté la prérogaliTe dWienneté, ne sont en général que des conches subordonnées 4aos les sté«scl|istes et les micaschistes.
4?^^ 6É061f06IE*
karsténite; fkit, que f on avait révoqiié en doute pendant long-temps, mais qui pandt maintenant suffisamment constaté.
41.. miilAku. ^4^' L'association du mica et du quarz est aussi très-commune dans le terrain talqneux. Loisqoe c'est le mica qui domine dans cette association, on a du micaschiste, Tune des roches les pins répandues de la nature, et dont on s'est hrâncoup occupe à cause des nombreux filons mëtallifiares qu'elle recèle ; lorsque le quarz devient dominant, on a de l'hyalomicte, et ces roches sont ordinairement accompagnées des autres roches propres aux terrains talqueux, et de plusieurs de celles que nous considérons comme appartenant am teirains granitiques et porphyriques.
!^*i^ 544- 1^ felspath entre souvent dans la composition du micaschiste et de l'hjalomicte, quelquefois même il remplace le quarz en tout oa en partie ; de sorte que la masse devient du gneisse. Cette roche, qui est aussi très-abondante dans fécorce du globe, parait former un système dont la composition est généralement moins compliquée que celle des autres systèmes du terrain talqueax. Cependant la diminution ou la disparution de quelques-uns de ses éléments, ou les changements qu'éprouve leur mode d'agrégation, y déterminent aussi l'existence de bancs subordonnés, appartenant à d'autres espèces de roches; et, outre celles que nous avons déjà indiquées, nous devons encore citer le leptynîle, la pegmatite et le granité. Il est à remarquer d'ailleurs que le gneis$e se lie si intimement avec le granité que la ligne
tERRAm tALQtECTt. 4?^
de dànarcation entre le» d^ts où dominent Tune ou l'autre de ces roches est ordinairement trèMlifficile à établir, d'autant plus que les caractères qui les distinguent sont souTcnt difficiles à apprécier ou de peu de Taleur. En ^et, la distinction géognostique entre le système du gneiise et le terrain granitique , consiste principalement dans la stratification du premier et dans la structure non stratifiée du second; or la stratification des roches schistoides hémilysiennes est généralement difficile à aperceroir, et les parties extérieures des massifi degranite sont quelquefois tellement traversées par des fissures, qu'ils paraissent stratifiés ou même feuilletés. D'un autre côté, la différence minéralogique entre le gneisse et le granité ne consistant, du moins dans notre méthode, que dans la prédominance respective du mica ou du felspath , on conçoit qu'une circonstance aussi variable de sa nature, ne peut être constante, et que par conséquent il doit quelv quefois exister dans le dépôt stratifié des parties qui, sous le rapport minéralogique, sont du granité, de même qu'il doit aussi se trouver dans le dépôt non stratifié des parties qui sont du gneisse sous le rapport minéralogique
545. Le terrain talqueux renferme une si grande Miaén.« â\^ quantité de minéraux dissémines, que, si nous »«^i>im. voulions en faire l'énumération, nous serions presque obligé de répéter une nomenclature minéralogique Mous citerons parmi les plus abondants, le grenat, la tourmaline, l'épidote, le distliène, le zircon. Mais c'est surtout par ses nombreux
47^ OÉOGIfOSlE.
g^ies métalli&reft ^e œterraiB est renian|iMble; les uns sont en filons^ les autxes' en amas couchés. Us paraissent s'étendre indistinctement dans tous les systèmes : on serait cependant tenté de les coq- 3idérer comme plus communs dans le micasdùste et dans le gneisse que dans les autres systèmes; tel est le cas des mines d'ai^ent, d'étain, dé cobalt, qui se«trouvent en Suède eten Allemagne, ainsi que de quelques mines de cuivre, de plomb, de fer , et& Cest aussi au terrain talquenx que paraissent appartenir les gttes les plus riches d or et d argent de TAmérique,