‹ Éléments de géologie, ou, Seconde partie des éléments d'histoire naturelle inorganiqueChapitre 55 sur 89 · GÉ0GN061E · texte numérisé non relu

GÉ0GN061E

mânes sont le grisâtre et le jaunâtre, mais il y en a aussi de rougeâtres, de bleuâtres, de verdàtrès, de blanchâtres; ils sont presque tous parsemés de paillettes de mica. On en fait des pavo qui sont, en général, plus solides que œia de grès, et qui n'ont d'autre dé&ut que de devenir un peu pissants par le poli que l'usage leur £iit prendre; on les emploie aussi comme pierres de taille, moellons, carreaux, meules à aiguiser, etc.

Indépendamment de leur liaison intime arec les schistes, ces psammites passent aussi au grès, au sable, au poudingue, au phtanite et au quarz grenu; ou plutôt ils ne sont qu'une nuance de la série de passages qui Rétablit depuis le schisie jusqu'au quarz pur. Les ff^ès, les sables, lesphunites et les quarz grenus sont assess rares dans le terrain antbraxifêre, et doivent j être considéréi comme subordonnés aux autres rocbes.

Les poudingues sont ordinairement forwa d'une pâte de psammite rougeatre, qui reafisnae des firagments plus souvent anguleux qu'ammdb de diverses rocbes ordinairement quaraeoses, notamment du quarz compacte blanc, du qnsrz grenu rougeatre ou grisâtre et du phtanite noirâtre. D autres fois les fragments sont agglatino l'un à l'autre sans que l'on aperçoive le ciment qui les unît Ces poiidingues forment souvent des pierres très-solides , que l'on emploie à Êiire des ouvrages de hauts fourneaux , des meules de monlin, des pavés, etc. Quelquefois ils passent à des amas de cailloux roulés , enfouis dans un sable

TBRIUlfl ANTHIUXirÈRE. 44'

argileux ou dans une argile sahleuse. En général, ces poudingnes ont beaucoup de tendance à passer au psammite et qudquefots à Taille rouge.

Le j^tanite est assez abondant dans la contrée qui nous occupe. H s'y trouve soit en rognons ou en petits bancs dans le calcaire, soit en fragments anguleux dans les poudingnes. U forme aussi des systèmes de couches et des fragments enfouis dans des dép6ts meubles, mais les premières paraissent appartenir, plutôt au terrain hoailler, et les seconds aux dépôts métallifères dont nous allons parler. Le pbtanite intercalé dans le calcaire est ordinairement noir et assez par; il passe, mais très-rarement , au silex corné, les autres sont plus variables et passent souvent an scbiste argileux, à Tampâite, à la limonite, au silex corné, au jaspe, au sable, au psammite, à rhalloysite, à Tallophane, à l'aide, etc.; leur cooleur devient quelquefois grise, blanche , brune et même rouge.

Toutes ces rodies quarzeuses sout souvent et les roches schisteuses sont qudquefois traversées par des veines de quarz blanc, qui éprouvent parfois des renflements, et laissent des vides ou des géodes dont- les parois sont tapissées de cris- ^Qx de qaarz, soit blancs, soit limpides.

517. Toutes les roches dont nous venons de sirauficaiioo: &ire connaître les principaux caractères, forment ' des couches dont llnclinaison est très-variable ^us le rapport des angles qu'elles forment avec rhwizon, mais ces couches ont Une directioijt

444 GÉOGNOÛE.

assez constante, qui parait éprouTer une générale vers le milieu du bassin, c'est-à-dire, sur une ligne que l'on peut considérer comme passant par Namur et Rochefort ; de manière qua l'occident de cette ligne la direction est de l'ouest à l'est, et qu'à l'orient elle est du 8ud*ouest au nord -est p'^^l^'y 5] 8. Il résulte de cette disposition que ces diverses roches se présentent, aa premier coup d'œil , comme formant des bandes dirigées dans le sens de la direction générale dés oonchet; et comme ces bandes montrent souvent la rqiétidon des mêmes roches, on a cru pendant long-temps que la contrée se composait d'un très-grand nombre de systèmes placés sur leur tranche les mis à côté des autres; mais M. Dumont * a reconnu, dans ces derniers temps, que l'ensemble du terrain pouvait être considéré comme composé de quatre systèmes superposés l'un à l'autre, et fû^ mant des espèces de bassins dont les bords $(mt quelquefois renversés, ainsi que nous l'avons d^ remarqué en parlant du terrain houiller qui complète ce système de bassin , ou plutôt qui le commence lorsque l'on va , ainsi que nous l'avons tàil dans cet ouvrage, du haut vers le bas.

Ces quatre systèmes se distinguent par leur nature : le plus élevé, ou sjrstème calcareux supérieur, est principalement composé de calcaire et de dolomie; le suivant, ou système guarzo-schis-

* Dans Vouvrage cité à la noie de la page 3 19.

TERRAIN AmnRAXIFÈRE. 44^

ieux supérieur, est principalement composé de psammites et de schistes ; le troisième , ou système cakareux ir^érkur, a la même composition que le premier; enfin le quatrième , ou système guarzoschisteux inférieur, est, comme le second , principalement composé de schistes et de psammites; mais il s'en distingue par la présence assez fréqueiile des poudingues et parce que la couleur nmge j est plus commune; c'est Yold red sandstone de Anglais.

5 19. Nous ayons déjà dit qu'il est bien pro-DmiiM«w. babie que le terrain houiller et l'ensemble du SL^ terrain anthraxifère de cette contrée forment Un grand bassin remplissant une dépression du sol ardoisier; mais les divers systèmes qui composent ce grand bassin sont loin de s'emboîter de manière s ne former qu'un bassin unique.

Le seul système quarzo-schisteux inférieur parait être dans ce cas, car il se montre à peu près sur toute la bordure du grand bassin; mais ce système, formant un sol très-inégal, se montre au jonr Qon-seiilem^it sur les limites du terrain ardoisier, mais aussi dans l'intérieur du grand bas^ sin: il y forme même une bande continue qui le trayerse dnas le sens de sa longueur, et le di- ^se en deux autres bassins inégaux, qui sont eai-mémes subdivisés en un grand nombre de bassins plus ou moins étendus et plus ou moins complets; car, de même que le relèvement des schistes, des psammites et des poudingues du système quarzo-schisteux inférieur, réduit les bas: sins partiels aux trois auti^es systemes et au ter-

446 GÉOÔMOSIE.

raiû kouiller, le relèvement du système câcarenx inférieur réduit les bassins supérieurs à deui systèmes anthraxifères et au terrain houiller, et ainsi de suite. Du reste, on doit éviter de prendre oe mot de bassin dans un sens tn>p rigoureux, et de croire que chacun de ces petits nutssi& présente toujours laTÀritable forme de bassin, c'est-à-dire que l'on y voie constamment les mêmes couches s'enfoncer d'un côté et se relever de IW tre; il y a au contraire de ces massifi qui ne sont, en quelque manière, qu'une partie de bassin, c'estnà-dire qui ne présotitent qu'un système de couches inclinées dans un seul sens et qui se terminent yers leur pied en s'appuyant sur la couche qui leur sert de support commun , laqudle reparaît seul au jour.

■••du 5^0. Les recherches de M. Dumont ne sàant encore étendues que sur la partie septentrionale du grand bassin, nous ne somimes pas à même de Étire connaître positivement le nombre et la position des bassins partiels ; mais parmi ces Inosins nous en indiquerons un qui forme, à lui seul, la plus grande partie d'une contrée située entre la Lesse et TOurte; et que l'on connaît sous le nom de Condros.

Cette contrée présente un grand nombre de collines longues, étroites, dirigées du S. 0. au N. £., dont les flancs en pentes douces donnent naissance à des vallées parallèles peu enfoncées. Mais ces collines et ces yallées longitudinales sont coupées par d'autres vallées beaucoup plus profondes, dirigées en tout sens, dont les

àm Comâtt,

TERRAIN ANTHTRAXIFÈRE. 44?

flanc» sont escarpés et qui servent ordinairement d'écoulement aux rivières. Ces dernières Tallées paraissent n'avoir aucun rapport avec la constitution géognostique; elles se propagent indifféremment dans tous les systèmes. Mais il n'en est pas de même des vallées et des collines longitudinales, les premières étant ordinairement formées par le système calcarenx supérieur, et les secondes par le système quarzoschisteux supérieur, de sorte que le calcaire y forme de petits bassins longitudinaux emboîtés dans les psammites. Toutefois ces petits bassins , au lieu d'être entièr^nent isolés, se réunissent souvent par une de leurs extrémités à des mas- $\& plus «tendus qui interceptent la continuation des collines longitudinales de psanunites ; de sorte que l'on doit les considérer conune des parties d'un grand bassin séparées p^ des échancrures.

Le calcaire de ce bassin supporte quelques petits bassins bouillers qui, à l'exception de celui de Bois et Borsu, ne sont pas assez riches en houille pour donner lieu à des exploitations. On voit aussi à la sur&ce du sol des dépôts sableux et argileux, accompagnés de fragments de phtanite et de limonile, et dont nous parlerons à la suite des dépôts métallifères.

Sa 1 . L'étude des fossiles du massif anthraxifère F«Miict. d entre l'Escaut et la Roer n'est pas aussi avancée qu'on le désirerait; voici cependant la liste que donne M. Dumont de ceux qu'il a observés dans ia province de Li^e, savoir :

GÉOONOfilC

Dans le système calcareux supérieur :

Caiimam Trittam.

— mmcnpkiaima.

Orikoeera striata.

Ammonites sphmriemt, Buedamm tumimm.

Efomf^mlut caiiilms.

— penia^aius, Turbo muricaius.

— ttriaius* Tmrriteila.

Gnrns rotmadMtms»

ffmtica gioiosM, Neriio spiraia, Heliciaa.

Holis earimaims.

Biiieropàom iemoifascia,

— apertus,

— Aiuieus.

— costatas* Tenhraimta iimeaia.

— crmmenota,

— kasiata,

— indent ata,

— im^igaia.

— iacmnosa,

— moniicniaris,

— vesiiia.

Spirifer giaher,

— hisHcaims.

^ oblaias.

— roiundatus*

Sjpiei/er iHgoamiis.

Prodmeims seoticmt.

— spinmlùsns, -* MaiifmMini,

— èomi^kemCÊS, •^ ia/tssimms.

— Mains,

— Mfariim\

— pmndéUns,

— Jùnàriains.

— concsnams.

— longispinns, — . ptnomalns, ^ piicaiitis.

— rmgosms.

— sarciaaiatns,

— snleains.

— - innsversms, Sitopàomeaa rmgosa.

— pileopsis,

— marsnpiin, VnlseUa lingnlaim.

Cjpricaréim mmnmiaia.

Snngninoiaria, Gorgonia ripisieria.

Fnngia discoidea, Cjtabophjtlum tmrhimntmu,

*— cmspHosan.

Syringopora rmmmlota* Sncriniies,

Dans le système quarzo- schisteux supérieur

Terehraittia aspera, — Wilsonii.

Terehmlnla lineatn.

Sniriftr aitenaatns.

TERRAIN ANTHRAXIFÈRE.

^M/tr èismicmimf.

Lmcimmf

— iiaeatms.

CrassaUlia f

— pw$mfs.

Smxicapa ?

Prodmcius aculeaius.

Vmio f

StrapàoMKÊmi frile^iis.

Çfaikâpkfilm

PecieM ptUmimt,

BaeriBit0$.

Dans le système calcareux inférieur:

Sotarimm, NeriU. Tenàraiëim prisca,

— expIûMiia,

— asperm,

— mimismaiis, Spiri/tr aiiemmatms»

— Kmemtus ?

SiropAorncBa, Maaom /aposum.

Jietipara aatifmg.

Amikophifilmm bicosiaimm.

CjfmikopàyiiMM diaathus*

— plieaimm,

— fêtmdrigimitutm.

— emspiiosum.

— petUagonum, -— mmmmmt,

CMlamora spaugiiês.

— polymorphe* Kaerinites.

Dans le système quarzo -schisteux inférieur:

Prodmetms Aemispkmricms, — Cûucêideî.

Spirf/en

Siropàomêiut.

Smaimits.

Indépendamment de la plupart de ces espèces, ou en a trouvé dans la province de Namur d'autres qui n'ont pas encore été convenablement déterminées, maïs d'après lesquelles on peut ajouter aux genres ci-dessus, des spirales, des turrilites, des mélanies, des bucardes ( cardixun hibernicum de Sowerby), etc.

Il y a aussi dans ce terrain des végétanix qui

oi^ullt&rtt

45o GÉOONOSIE.

ne sont pas encore déterminés , mais que 1 on suppose se rapprocher des fucoîdes.

On remarque que les fossiles sont beaucoup plus communs dans les roches calcareuses que dans les roches schisteuses, et beaucoup moins rares dans celles-ci que dans les roches quarzeuses. En général, c'est dans les roches calcareuses friables qu'ils sont le plus abondants.

D^u 532. Nous avons déjà indiqué que le massif anthraxifère d'entre l'Escaut et la Roer renferme beaucoup de dépôts métallifères^ mais nous n'oserions assurer qu'ils appartiennent réellement à ce terrain.

Ces dépôts sont principalement caractérisés paEr la présence de la limonite, que les mineurs nomment mine jaune, par opposition à l'oligisie (5 1 5} qu'ils appellent mine rouge. Cette substance est souvent de couleur jaune-brunâtre ou bnine et quelquefois noirâtre j sa cohérence varie depuis l'état terreux jusqu'à une grande ténacité. Les parties cohérentes se trouvent au milieu des par* ties terreuses sous des formes concrétionnées ou fragmentaires, et présentent souvent des géodes qui sont quelquefois tapissées de mamelons irisés, dont on fiât de superbes échantillons de cabinet Ce minerai foiffnit du fer d'excellente qualité.

Les autres substances métalliques qui accompagnent la limonite, sont : la sperkise, la marcassite, la galène, la céruse, la calamine, la smithsonite et la willémite. La première de ces substances est quelquefois exploitée pour la &brica-

TERRAIN ANTHRAXIFÈRE. 461

lion de la couperose; la galène Ta été dans difiei^ntes localités et l'est peat«tre encore, soit pour en retirer du plomb, soit pour être directement employée comme alquifoux; enfin, la calamine et la smithsonite qui, à l'Altherg près d'Aix-la- Chapelle, forment une masse très ^considérable, sont e&ploitéçs pour en retirer le zinc, ou pour la préparation du laiton.

Ces dépôts ont des relations géognostiques difficiles a bien déterminer, et on les a souveAt considérés comme ayant des gites très-différents les uns des autres.

Us forment notamment des filons fragmentaires qui traversent les systèmes calcareux , et qui se prolongeut quelquefois dans les schistes et lespsammites environnants. Ces filons renferment ordinairement, outre la limonite et les autres substances métalliques indiquées ci -dessus, de lai^e, de l'ocre, du sable, du pbtanite, du quarz, du calcaire, de la dolomie, de la barytine, de Thalloysite, de l'allophane, du lignite, de la fluorine, etc.; souvent ces filons ne sont qu'un mélange coniîis de fragments de limonite et de phtanite empâtés dans une ai*gile ferrugineuse; d'autres fois ils ressemblent davantage aux fdons proprement dits , et présentent beaucoup de substances cristallisées. A Védrin,près deNamur, où il a existé une mine importante de plomb, le minerai de ce métal occupait la partie moyenne du filon; tandis que les pyrites dominent dans la partie inférieure, et que la limonite était la seule substance métallique de la partie supérieure.

4^2 GâOGNOSIE.

D'autres foU la limonite se trouYe placée sur les lignes de jonctiou des systèmes calcaieui et quarzo^chisteux y où elle forme des dépots qud- • quefois très-paissants y queJ'ouaooxisidérés comme des couches» comme des amas couchés, et comme des bassins, selon les formes qu'ils afiectent et la puissance qu'ils présentent ; mais ces dépôts pom*raient bien n'être que des filons plus ou moins développés. Ceux que Ion a considérés comme ^es bassins, parce que les matières qui les composent paraissent disposées comme les couches d'un bassin, dont les assises inférieures sont ordinairement des phtanites et des sables, donnent en général lieu aux exploitations les plus abondantes, et renferment les meilleurs minerais. On trouve notamment plusieurs de ces gttes entre la Sambre et la Meuse.

La limonite se rencontre aussi en fragments épars dans les dépôts toiimix qui recouvrent le sol, et notamment dans ceux des vallœs longitudinales du Condros (Sao); mais ce qui caractérise plus particulièrement ces dépots, cest la présence de nombreux fragments anguleux de phtanite passant quelquefois au jaspe rouge, au quarz blanc cristallisé et au silex. On voit aussi, entre autres aux environs de.Ginej, de ces fragments quarzeux qui ne sont, pour ainsi dire, formés que d'un assemblage de rouelles d'encrines. Ces dépôts présentent deux circonstances remarquables : l'une, c'est qu'au lieu de se trouver dans la partie la plus basse des vallées longitudinales, ils reposent le plus souvent sur leurs flancs, c'est-

TERRAIN ANTHRAXIFÈRE. 4^3

à-dire à la ligne de jonction des systèmes calcareux et quarzo*schisteux; l'autre, c'est qu'ils passent quelquefois, en s'enfonçant, à des dépôts de sables ou d'argile purs, c'est-à-dire qui ne renferment plus de phtanite et qui n'ont plus l'apparence limoneuse des dépôts superficiels; mais il est à remarquer que ces dépôts sableux et argileux ne sont pas ordinairement rapportés au terrain anthraxifère, et que plusieurs géologistes les ont même considérés comme tériaires. *

* rù parlé ici des minerais métalliques qui se trouyent dans le terrain anthraxifère d^entre TEscaut et la Boer, parce que cet minerais forment un des caractères les pins remarquables de ce terrain, et parce que rincertitode où Ton est en général lur le véritable Age des filons, est cause que Ton a Thabitude àe les décrire arec les terrains qui les renferment; mais je suis loin de prétendre que ces minerais et les matières qui les accompagnent ont été formés à la même époque que le terrain anthraxifère. La présence presque continuelle des phtanites dans lesdép6ts métallifères, et le fait rapporté par M. Bouësnel en 1810 (Journal des mines, tome XXIX, page ^07), que les filons métallifères s^arrétent au terrain boniUer , m^araient porté k croire que Ton pouvait rapprocher Uépoqne de la formation des dépôts métallifères de celle des phtanites qui se trooTent dans U partie inférieure du terrain houiller; mais, k présent que les obserrations de M. Dnmont démontrent que U terrain anthraxifère a été plissé en même temps que le ter» rain kouiUer, je suis porté à croire que les dépôts métallifères sont «Qssi postérieurs au terrain houiller; car la présence de (es dépôts aux lignes de jonction des différents systèmes antbraxifères, c^est-k-dire aux points où le soulèyement d*un système inférieur a fracturé le système supérieur, paraît deroir ^tre attribuée k une intercalation par injection plutôt qn*k une «déposition par stratification. L^absence des filons dans le terrain houiller ne* contrarie pas cette manière de Toir; carjelle veut provenir de ce que le terrain houiller ne s*est pas fen-

454 GÉOGN06IE.

m.' GROUPE. — Terrain eirdoisier.*

syM-y-ùe. SsS. Lc gTOupe auqucl nous donnons le nom de terrain ardoisier correspond à une grande partie de celiii qne les auteurs allemands appeUent grauwacke et M. d'Aubuisson Traumaie; mais il en diffère en ce que les schistes et les psammites, que nous avons rangés dans le terrain anthraxifère, sont aussi souvent considérés comme appartenant à la grauwacke.

dill^ comme le calcaire, pour receToir les matières des filoa». Cette fanoo de voir tendrait donc à rapprocher Toripse des minorais métalliques d^entre TEscant et la Roer de IVpoqae pénéenoe» et effectÎTcment nous aurons Toccasion de faire remarquer dans le livre suivant, que c^est là une des époques où il est sorti de Tintérieur de la terre le pins de matières méuUiqnes et quarxenscs. D^un antre côté, les npports qui datent entre les dépôts méullifères» et ceux de sable et d^axçile que Ton troare sur le terrain anthraxilîère ou plutôt dans les enfoncements pratiqués à la surface de ce dernier , et i> circonsunce que ces amas de sable et d*argîle sont anssi le plos ftouvent sur les lignes où le sonlèrement des systèmes inférieais a fracturé le système supérieur, me portent à croire qae ces sables et ces argiles, bien loin d^étre tériaires, comme on le croit communément^ appartiennent aussi au commencement de la période ammonéenne.

* TtÀ cru devoir continuer à me servir de la dénominattou de terrain ardoUier, que des considérations locales m^avaieii mis dans le cas d^employer dès 1808, non pas que je ticave ce nom meilleur que d^autres plus usités; mais, comme je ne limite pas mon groupe de la même manière que ceux auxquels on donne dVntres dénominations» j^ai cru quUl valait mieiix que je continuasse à me servir du nom que j^avais pour ainsi dire créé, plutôt que de changer Tacception donnée à une autre dénomination.

5a4* Du reste, la distinction entre ce groupe c^r^iirca et le terrain anthraxifère, si tant est qu'dle existe néellement , est encore plus difficile à établir que celle entre ce dernier et le terrain houiller ; aussi devons-nous avouer que les caractères qui nous servent à séparer les terrains anthraxifère et ar« doisier, ne sont pas admis par la plupart des igéo^ iogistes , ce qui s^nblerait annoncer qu'ils ne tien^ nentqu'àdescirconstanceslocales.Nousnepouvons ^ . disconvenir, en efiet , que ces caractères sont, pour ainsi dire, empiriques et ne consistent que dans des circonstances qui sont de nature à varier se« Ion les lieux; ce sont: la tendance des roches schbteuses à présenter de plus grands feuillets, d mieux résister aux influences météoriques, à passera l'ardoise et aux roches talciques; la ten^ dance des roches quarzeuses à former des quars grenus plutôt que des psammites, la rareté des roches calcareusesj enfin une différence mieux prononcée avec les terrains secondaires, et plus de rapprochements avec ceux qui nous restent à examiner, surtout avec le terrain talqueux.

5!i5. Les fossiles ne sont pas dans le cas àt ^^^ jeter beaucoup de lumière sur cette questions parce qu'ils sont fort rares dans le terrain ardoisier, et qu'étant encore plus identifiés avec la roche que ceux du terrain anthraxifère, les déterminations spécifiques sont fort difficiles. Du reste , ils paraissent avoir beaucoup de rapports avec ceux de ce dernier terrain; ce sont, en général, les mêmes genres, et on y a notamment observé des trilobites, des spirifères et des en-

456 GÉOGICOSIE.

crines; mai^ k» espèces n'étant pmnt , en général , Jûen déterminées jusqu'à présent, on ne peaten* core £iire connaître d'une manière posittTe s'il y a identité ou différence entre les espèces de fossiles enfouies dans le terrain ardoisier et dans le terrain anthraxifère, d'autant plus que, la plupart des auteurs ne limitant pas leurs ^Yisions de la même manière, nous ne sommes pas dans le cas de pouvoir assurer que certains gifecs appartiennent à l'un ou à l'autre de ces deux groupes. Parmi les espèces déterminées qui ont été reconnues dans le terrain ardoisier, et qui jusqu'à présent^ ne l'ont point été dans d'autres, nous citeromi trois espèces d'ogygies (O. GueUardii, O. Demaresii, O, ff^ahlenbergii) qui se trouyent dans les ardoises d'Angers. Du reste, on ne dem pas mettre une grande importance dans les difféi^nces qui pourront être reconnues entre les fossiles du terrain ardoisier et ceux du terrain anthraxifère, pour en conclure des raj^rts de position, puisque nous avons vu dans la série des terrains anunonéens que les fossUas variaient souvent avec la nature des couches, c'est4i-dire que deux couche$ argileuses, séparées par une couche calcareuse, avaient quelquefois des fossiles cQuununs qui ne se trouvaient pas dans la couche calcareuse intermédiaire.

536. Nous prendrons pour exemple du temia riHÏI^c ardoisier une région qui touche immédiatement r» au massif anthraxifère que nous avons décrit à l'article précédent; c'est celle connue sous le nom d'^rdenne, et que nous avons déjà indiquée (76)

TERRAIN ARDOlSimi. 4^7

comme s'étendant des sources de la Roer à celles de rOise.

Cette région forme un plateau entamé par des vallées plus ou moins profondes : elle est peu propre à la culture; aussi esl>«lle généralement couverte de landes et de forets.

Le terrain ardoisier s*y trouve bordé au nordouest par le terrain anthraxifère indiqué ci-dessus. Une autre bande de ce terrain se retrouve a l'est, mais la jonction y est souvent cacbée par des terrains ammonéens dont les divers systèmes viennent successivement recouvrir la limite méridionale de l'Ardenne.

$27. Le terrain ardoisier de cette région est coaiponuaa. principalement composé de couches alternatives déroches schisteuses et quarzeuses, plus ou moins inclinées, très-souvent verticales, communément dirigées du nord-est au sud-ouest, formant des espèces de bandes qui paraissent moins constantes ^e cdles du terrain anthraxifère, et qui sont ^versées par de nombreux filons ordinairement quaraeux.

528. Les roches schisteuses de l'Ardenne ap- »•»<*•• paitiennent en général au schiste ardoise; leur couleur la plus ordinaire est le gris Meuâtre, qui passe souvent au verdâtre, au rougeatre, au gris de cendre, etc.; mais, quelle que soit la couleur et même Fétat d'altération de l'ardoise, on peut la distinguer du schiste argileux du terrain anïkraxifere par sa cassure, qui est toujours schistoide jusque dans ses plus petits fragments; par ^ tendance à se diviser en grands feuillets et

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