‹ Éléments de géologie, ou, Seconde partie des éléments d'histoire naturelle inorganiqueChapitre 65 sur 89 · II.* GROUPE. — Terrain trojckjrtique · texte numérisé non relu

II.* GROUPE. — Terrain trojckjrtique

caraçicTct 586. Lc tcrralu trachy tique est principalement caractérise par l'éclat vitreux dune partie des roches qui le composent, et par sa tendance à former des montagnes coniques. Il se lie si intimement avec les tentai ns volcanique, basaltique etporphyrique, qu'il est souvent ti^ès-dii&cile de

yrincipiHS»

TERRAIN TRACHWIQCE. 5o5

le distinguer de ces groupes; il serait possible même, ainsi que nous l'avons déjà dit, que certains systèmes trachytiques ne différassent de certains systèmes basaltiques et volcaniques que par des circonstances minéralogiques plutôt que géologiques : aussi est-on loin d'être d'accord siu* la position relative des terrains basaltique et trachy tique, que l'on doit probablement considérer comme étant parallèles plutôt qu'ayant une superposition constante. '^

** J^avais beaucoup hësité, lors de la première édition de cet oQTrage, sur la place relative ^ donuer aux terrains basaltîc[ue ei trachytique, et je m^étais èéindé pour'celle qn^on vient de voir par la considération que Pillnstre géologiste qui a, pour ainsi dire» fondé la doctrine des soulêvemenls, considère lea catastrophes qui ont mis les trachytes au jour comme plus récentes que celles qui ont produit le même effet sur les basaltes, et que le jeune savant qui s^st» en quelque façon, approprié lldée de M. de Buch par les heureux développements qu'il Ini a donnés» suppose» ainsi que nous le verrons dans le livre snivanl, que le déluge historique est le résultat du soulèvement des Andes; mais d'un autre côlé M. Beudant, le premier auteur qui ait nettement caractérisé les groupes basaltique et tracbytiqne, a adopté Tordre invene et a eité quelques points 00 Ton voit du basalte sur du terrain trachy tique» et depuis lors, M. Elle de Beaumonta reconnu (^n/i. det mines, 3.* série, tome III, page 53 1), qu'au Cantal les trachytes sont recouverts par dlmmenses dépôts de basalte; de sorte quVn dernière analyse je trouve que , dans l'état actuel de nos connaissances, il est mieux démontré qn'il y a du terrain trachy tique antérieur an terrain basaltique que de celui-ci antérieur à celui --là, et si la question était encore neuve pour moi, j'adopterais l'ordre de M. Beudant plutôt que celui de M. de Buch; mais comme je pense que ces deux .groupes doivent être considérés comme contemporains plutôt que comme successifs, j'ai cru qu'il n'y avait pas de motifs suilisants pour changer l'ordre que j'avais adopté en premier lieu.

5o6 CÉ00N06IE.

s<^i^h!^ 586. Le terrain tracbytigoe paraît écre,^ général , moins disséminé dans les autres groupes que le terrain basaltique, mais il forme ordinairement des massifii de montagnes coniques, dont les cimes atteignent quelquefois une hauteur trèsconsidérable; tel est le Chimboraço ( i83), qui, comme on Y^ vu ci-dessus, passait pour la plus haute montagne du globe avant que Ton connût l'élévation des monts Himalaya.

omfomûn. SS'j, Lcs rochcs qui composent le terrain trachy tique peuvent, comme celles du terrain basaltique, être divisées, sous le rapport de leur tei< ture, en deux systèmes : l'un composé de rckhes cristallines et massives; l'autre de roches conglomérées et meubles. Les premières forment ordinairement des masses non stratifiées , et composent presque toujours des montagnes coniques, tandis que les secondes forment ordinairement des coocbes ou des amas au pied de ces montagnes.

RochM rrucd- 588. Lcs rochcs cristallines et massives du ter-

•iv<9. rain trachytique consistent principalement en

trachyte, en domite, en phonolite^, en perlite,

J^aTais fait fignrer dan» ma série des roches (âfin^p 999) Tespèce et le pom de Uucpttine^ pour ne pas faire à la médiode de M. Broogoiart un changement qui n'était pas absolnmeat commandé par mon système de classification. Depuis lors» on i^est beaucoup occupé de cette roche» et si Ton n^a pas démontré qu^elle constitue une meilleure espèce rainéralogiqnc, on lui a au moins donné une grande importance sons le rapport géologique, parce que plusieurs natnralUes, et notamment BI. Élie de Beaumont, attribuent à Tapparition de celte roche le Mief acluel des Monts-Dorcs, du Canul, du Méun, etc.; opinion conlcstce par d^autres géologistes. D^un autre thlé^ le nom

TERRAIN TRACHrriQUE. Scj

en obsidienne et en ponce; on j troare aussi des eurites et des ai^lophyres. Du reste, il est très-difficile de déterminer maintenant toutes les roches qui entrent dai^s la composition du terrain ti^achy tique, parce que Ton n'est pas encore parvenu à établir,. d'une manière bien tranchée, la séparation enlxe ce terrain et les groupes voi^ sins, et que beaucoup d'observations, dont on est obligé de faire usage, remontent à des époques où Ion n'avait point encore établi de distinctions entre ces groupes.

Indépendamment de leur aspect, vitreux, la plupart des roches trachytiques sont remarquables par une âpreté au toucher, qui est l'origine du nom que porte l'espèce principale. Ces roches ont beaucoup de tendance à prendre la texture porphyroïde, et repferment souvent des cristaux de diverse nature, surtout de felspath vitreux, qui prennent quelquefois de très-grandes dimensions. D'autres fois ces roches ont la structure granitoïde bi^ tel point qu'on en a déjà désigné sous le nom de granité et de laves granitoîdes. U y en a , telles que les belles obsidiennes , appelées miroir des Incas, qui sont tout-à-fait com^ pactes.

58q. Les roches con&loméréès et meubles sont, Hnciie. rongi». en général. composéS de fragments de même^î^""""

<le phonoliie a été seul «mployé dans toutes les discussions qui se sont éleyées li ce sujet; ce qui, joint k sa priorité sur celui de leucottincy et mérae h. sa signification , nie paraît devoir lui faire donner la préférence.

5o8 OÉOGNOSIE.

nature que les roches cristallines et massiva; et comme celles-ci sont souvent traversées par un ' grand nombre de fissures qui leur donnent une apparence bréchif or me, que d'autres fois les roches cohérentes passent par une série de nuances à un état tout4i-&it meuble, il y ^ entre ces deux systèmes une liaison tell^ qu'il est souvent impossible d'établir le point de séparation. Du reste, les roches meubles et conglomérées se trouTent de préférence à l'extérieur des grands dépôts trachy tiques, soit qu'elles forment, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, des couches au pied des montagnes , soit qu'elles forment uae espèce d'enveloppe ou d'écorce à celles-ci.

citai «étaïu. 5qo. La présence ou . l'absence des dépots mé- " ' ' talliferes dans le terrain trachytique est encore un £Eiit douteux , à cause des liaisons et des rap procheinents de ce terrain avec le terrain porphyrique. On considère cependant assez communément quelques mines d'or, d'argent et de mercure du Mexique et de la Hongrie, comme formant des fiions et des amas dans le terrain trachytique. Mais il serait très -possible que œs dépôts appartinssent plutôt au terrain porphyrique, qui s'y lie intimement avec le terrain trachytique.

Les mêmes motifs laissent aussi des incertitude sur les autres minéraux particuliers qui peuvent se trouver dans ce terrain. Il paraît d'ailleurs que la liste de ces minéraux se rapproche de celle de ceux du terrain porphyrique; cependant il semble qu'elle est moins nombreuse.

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TERRAIN TRACHTTIQUE. SoQ

Parmi ces minéraux on distingue notamment les opales, qui sont très-communes en Hongrie*

59 !« Nous devons, en quelque manière, nous ^**"jf ^ borner à ces notions minéralogiques sur le ter-^jj^'jgjJÎ; rain trachytique, parce que Tétude de ce groupe ^^ n'est pas assez avancée pour que Ton puisse y établir de yéritables divisions géognostiques. Cependant M. Foumet a indiqué dans le massif des Monts-Dores en Auvergne (76) cinq systèmes particuliers^. Le premier, qui est inférieur ou traversé par les autres lorsque ceux-ci sont en contact avec lui ^, se compose de trachytes con- ^omérés et ne forme en ^éral que de bibles dépôts stratifiés. Le second, qui est le plus développé et s'étend notamment en nappai sur les plateafux , se compose de trachyte porpbyroide Le troisième présente une domite blanchâtre, formant des élévations coniques qui percent au travers des deux premiers systèmes, et constitue les cimes les plus élevées de ce groupe de montagnes. Le quatrième est formé par un trachyte

* Annales ées mines, 3.* série, tome V, page 337. Je regrette beanconp de ne pas aToir va, jasqu^à présent, la seconde partie de cet excellent travail , qni m^eùt mis dans le cas de présenter ici nne description complète de ce gtte important de terrain trachjr tique.

'^^M. Fonrnet fait observer, k cet égard, qoe, indépendamment de ce qu'il a| pelle les véritables conglomérats traebytiqnesy qu'il regar^? comme le premier terme des éjaculations pyroïdes des Mc.Ats-Dores, il y a dans ces montagnes d'autres rocbes brécbiformes d'une époque beaucoup plus récente et qni se composent de fragments 'de roches tracbytiques, réunies par des concrétions formées par le| eanx minérales.

5 1 0 GéOGNOSIE.

gris, constituant des dykes ou dés culots dans le trachyte porphjroide et des coulées au-dessus de ce dernier. Enfin, le cinquième se compose de phonolite, qui forme dans la partie septentrionale du massif trois élévations coniques ou culots , nommés la roche Sanadoire , la roche Thuil- 1ère et la Malviale.

Les Monts-Dores présentent aussi des basaltes, que M. Foumet croit avoir une position intermédiaire entre les trachytes gris et les phonolites, mais que d'autres géologistes considèrent comme venant à la suite de toutes les roches trachytiques.

îlSrKAÎùîï; 692. L'indépendancequ'affecte ordinairementle ài^ '"^^ terrain trachytique,estcausequesesrelationsaT6c les autres dépôts s'apeiîçoivent rarement On a cependant observé au pied méridional du Cantal (76) que le trachyte traverse et recouvre le terrain nymphéen^ et enveloppe même entièrement des fragments et des amas de ce dernier. Le trachyte y est à son tour recouvert par une assise de basalte, qui entoure la montagne comme un manteau, mais qui est déchirée par les vallées qui sillonnent les flancs de cette grosse masse conique, et surtout par une espèce de cirque qui se trouve vers le sommet et qui forme le point de départ de quelques-imes de ces vallées. Au milieu de ce cirque on remarque quelques pics de phonolites, qui semblent former les sommités d'un énorme culot de cette roche , sur les relations de laquelle on n'est pas plus d'accord que sur celles des phonolites des Monts-Dores ($91 ), les uns,

TERRAIN TRACHYTIQUE. 5l 1

notamment M. Élie de Beaumont» la considérant comme supérieure aux basaltes» et les autres, notamment M. Desgenevez, la considérant comme placée entre ces derniers et les trachjtes.

593. La liaison des trachjtes du Cantal avec le terrain nymphéen, annonce qu'on peut aussi les trouver dans les mêmes rapports avec les autres terrains tériaires, ainsi qu'avec tous les terrains ammonéens, hémilysiens et agalysiens.

D'un autre côté, M. Beudant annonce qu'en Hongrie ou voit des conglomérais trachytiqu« recouverts par du macigno tritonien; mais ce &it, annoncé avant les observations indiquées ci-dessus, mérite d'être revu avec soin, afin de s'assurer si cette superposition, qui parait n'avoir été observée que sur les bords des massi&, ne serait pas le résultat de quelques circonstances accidentelles, plutôt qu'une véritable position générale, commune aux deux masses.

priBCTptttK*

m." GROUPE. — TerrcUn volcanique.

594. Le terrain volcanique qui se trouve ordi- cmt^ikm nairement dans le voisinage des terrains trachytique et basaltique, a tant de ressemblance avec ceux-ci , qu'il est souvent très-difficile de les distinguer j aussi cette distinction doit-elle se faire par vu, ensemble de circonstances plutôt que par des caractères positifs. Les principales de ces circonstances sont : la présence au sommet des élévations coniques composées de ce terrain, d'une

5 1 2 OÊOGIf 08IS.

cavité en forme de bassin ou de coupe, que Toq nomme cratère; la tendance des roches massives ou cristallines à prendre la forme de coulées; labondance des téphrines et de quelques minéraux qui, comme Pamphigène, n'ont pas encore été rencontrés dans d'autres groupes, et la fréquence des dépots meubles formçs de fragments de roches felspathiques, albitiques et pyroxéniques. c-r«ri|T«^ 596. Les massifs volcaniques ont, en général, moins d étendue que ceux de terrain trachy tique, et quoiqu'ils soient ordinairement disposés par groupes ou par chaînes, la continuation du terrain volcanique y est presque toujours interceptée, surtout par des dépots basaltiques et trachjtiques. Ils ont, ainsi que ces deux terrains, beaucoup de tendance à former des élévations coniques qui atteignent quelquefois une très-grande hauteur; mais qui, d'autres fois, ne constituent que de petites éminences.

îiioa. 596. Les roches qui composent le terrain volcanique peuvent, comme celles des terrains trachy tiques et basaltiques, se diviser, sous le rapport de leur texture, en deuxsystèmes particuliers: l'un, composé de roches massives et cristallines; l'autre, de roches meubles et conglomérées, i^^o. ^97* L^ premières, que l'on désigne ordinairement par le nom de laves ^ ont, assez généralement, la forme de coulées qui, le plus souvent, partent d'un point quelconque d'une élévation conique, et s'étendent plus ou moins loin en suivant la pente du solj ces roches se trouvent aussi en fragments de diverses grosseurs.

tËRfUTN yOLGANIQt;& 5lS

Elles appartiennent le plus ' communément à Fespèce téfhTine{gre)rsione de M. Poulett-Scrope), qui a ordinairement une structure celluleuse, et qui renferme quelquefois une si grande quantité, de crislaux , qu'elle prend la structure porphy-roïde ou granitoîde. Les plus fréquents et les plus caractéristiques de ces cristaux sont Tamphi-' gène, mais on y voit aussi très-^souvent du py-^ rouène, du felspath, de lalbite, ainsi que b^u^ coup d'autres minéraux particuliers et des frag^ ments de roches de diverses espèces qui se trou^ vent enveloppés dans la pâte de téphrine. La té-nacité de cette roche, jointe à la légèreté que lui donne la grande quantité de cavités dont elle est ordinairement criblée, la rendent propre à beau-^ coup d'usages économiques. On la recherche, no^ tamment, pour faire des carreaux, des meules de m.oulin , etc.

Diverses circonstances annoncent de véritables passages de la téphrine avec le phonolite, le basalte, la ponce, la perlite, lobsidienne, le tracbjte et la plupart des autres roches pyroxéniques, albitiques et felspathiques ; mais il n'est point encore bien démontré jusqu'à quel point ces diverses roches peuvent être considérées comme appartenant au terrain volcanique plutôt qu'aux terrains trachytique et basaltique.

598. Les roches conglomérées et meubles for- iioeici mmIo. ment des masses non stratifiées, des amas super- 1>>«» ficiels et des couches régulières; eUes composent le plus communément la majeure partie des élévations coniquea surmontées par les cratères, et

5l4 GÈOGfiOSi^

cToù partent l0$ coulées de laves. Ces Sentions formeat souv^fflit comme une espèce de centre , d'où Ifi puissance du terrain volcanique va toujours en diflûnuant; aussi, quand les dépôts toIcaniqqes s'étendent à une certaine distance de cei élévAtionS) ils ne ferment ordinairement que des couclies très-minces. On remarque aussi que le volume des fragments qui composent ces dépôts va toujours en diminuatit à partir de ces centres. Les dépôts qui en sont éloignés ne prése^tmt, en général, que des masses terreuses ou aréuâcées que Ion appelle vulgairement cendres volccmUfws; tandis que dans le voisinage des cratères on voit une grande quanUté de fiants d'un volume ti^- considérable qui, en général, ont la &rme et la structure celluleuse des scories qui se forment dans nos fourneaux. Ces roches appartiennent principalement à l'espèce pépérine; il en est qui sont très-recherchées dans les arts pour faire des mortiers , telle est celle connue en Italie- sous le nom de pouzzolane,

0^ donne dans l'Amérique méridionale lenrai de mtyjra à un dépôt de ce genre, remarquable parce qu'il contient une assez grande quantité de charbon pour que les habitants du pays remploient comme combustible.

icitf^rani». Bqq. Indépendamment des minéraux ou des roches qui se trouvent empâtés dans le terrain volcanique sous la forme de cristaux et de finag* ments, on en voi( aussi assez souvent qui s'y trouvent disposés d'une manière analogue aux sublimations qui se font dans les cheminées de nos

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fourneaux : ce sont notamment du soufre, du i^algar, du selmarin, du salmiac, delà sassoIine,etc«

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