‹ Éléments de géologie, ou, Seconde partie des éléments d'histoire naturelle inorganiqueChapitre 68 sur 89 · Les découvertes de Davy sur la nature des ^ Hypoo · texte numérisé non relu

Les découvertes de Davy sur la nature des ^ Hypoo

J dn contact de

métaux qui forment les bases des terres et des al- 1^ calis, ont donné lieu, dans ces demi«?s temps 9 d'imaginer diverses hypothèses fondées sur la supposition que ces métaux se trouvent en dessous de l'écorce oxidée de notre globe, dans un état qui leur donne pour l'eau une affinité telle que, quand ce liquide les atteint, il s'opèlre des combinaisons et des décompositions rapides qui développent une chaleur assez forte pour fondre les mélanges terreux voisins des lieux où se produit cette vive action chimique, et donnent naissance à des gaz et à des vapeurs qui , cherchant à se répandre dans l'atmosphère, ébranlent et soulèvent l'écorce du globe, et poussent ou entraînent d'autres matières avec eux. Ces hypothèses, qui sont à la hauteur des connaissances actuelles et qui expliquent, d'une manière satisfaisante, les phénomènes des volcans et des tremblements de terre, paraissent cependant susceptibles dune grande difficulté, c'est que l'on ne conçoit pas comment s'établit cette communication continuelle de l'eau superficielle avec les matières métalliques de l'intérieur; car, en supposant qu'une cause quelconque ait établi cette communication,

IralcL

il doit bientôt se faire, à la sur£aice des matières non oxidées, une croûte oxidée qui empêchera la continuation du contact immédiat de Feau et des matières non oxidées, et qui, par conséquent, mettra un terme aux combinaisons et aux décompositions qui résultaient de ce contact ii,»oth^<iru 664. Il semble donc, sans vouloir exclure entièrement l'idée de Toxidàtion des métaux, qu'il convient de chercher une cause plus constante, c'est-à-dire, qui, se rattachant à quelques-uns des grands phénomènes qui doivent se passer essentiellement' dans l'intérieur de la terre , ne soit point subordonnée au contact accidentel de corps entre lesquels la nature semble tendre continuellement à placer des intermédiaires. Or, il parait que Von peut trouver cette cause dans le refroidissement qu'éprouve le globa

Nous avons vu (639) que les observations faites sur la température intérieure de l'écorce de notre planète, prouvent que celle-ci est douée d'une chaleur indépendante de celle que l'action du soleil développe à sa surface; nous avons vu également que la physique nous apprend qu'une partie de cette chaleur devant se perdre dans les espaces planétaires , par les effets du rayonnement , il en résulte un refroidissement continuel, susceptible d'être calculé; nous avons vu enfin que la chaleur intérieure augmente avec la profondeur, de manière que, d'après les estimations de M. Cordier, il doit y avoir, à une profondeur moyenne d'environ dix myriamètres, une chaleur suffisante pour fondre la plupart des roches qui forment récorce du globe.

PHÉNOMÈNES ACTUELS. S^Jl

Or» nous pouvons tirer de ces données deux conséquences susceptibles de jeter quelque lumière sur la question qui nous occupe : la pre^ mière , c'est qu'il se trouve en dessous de Fécorce du globe une masse à Tétat de fluidité ignée et d'un volume immense par rapport à celui de récorce, puisque dix myriamètres font moins de la soixantième partie du rayon terrestare; la seconde, c'est que la partie extérieure de la masse fluide tend continuellement à passer à l'état solide, et se réunit à la partie inférieure de l'écorce, dont l'épaisseur s'accroitra journellement jusqu'à ce que le globe ait perdu assez de chaleur pour étre entièrement passé à l'état solide.

Ces deux conséquences une fois établies, et, quoique l'observation directe en soit impossible, elles paraissent peu susceptibles d'être contestées, tout semble annoncer que l'on doit placer le point de départ des phénomènes volcaniques dans la partie supérieure de la masse fluide qui tend a passer à l'état solide, ce qui rend raison de la plupart des particularités qui caractérisent ces phé-* nomènes.

On conçoit, par exemple, que le dégagement de chaleur n'est qu'une conséquence de la haute température qui r^ne dans les parties du globe d'où proviennent la plupart des matières rejetées par les volcans. La grande ressemblance de ces matières entre elles, quelles que soient les portions du globe où elles se trouvent, ou quelle que soit la natm^ du sol dont elles paraissent ^orties, et lem* diflerence des roches qui ont un

57a GÉOGÉNIS.

autre mode de formation, ne sont, dam cette manière de voir, que des conséquences de Tidentité du point de départ et de l'éloignement où ce point de départ se trouve de la sur&ce de la terre. L'abondance des matières gazeuses, qui «e dégagent dans les éruptions volcaniques, peat aussi s'expliquer très-facilement ; car ce que Ton voit dans nos ateliers , et la production de gaz qid accompagne presque toujours la solidification des laves arrivées liquides à la surface du globe, nous portent à croire que, quand la partie extérieure de la masse liquide change d'état, elle ne passe pas en entier à l'état solide; Biais qu'il s'y opère des décompositions dont le résultat est d'en faire passer une partie à l'état de gaz qui tendent à se répandre dans l'atmosphère. 665. On conçoit plus difficilement la cause qui produit l'ascension et l'éjaculation à la surface des matières liquides et solides r^etëes par les volcans. M. Cordier, qui a abordé cette question dans un mémoire publié en 1827% établit, en premier lieu, que, d'après le peu d épaisseur de l'écorce du globe et les innombrables solutions de continuité qui la traversent , et qui résultent, soit de la stratification, soit de la contraction due au refroidissement progressif, soit des bouleversements, cette écorce doit jouir d'une certaine flexibilité, qui est entretenue, tant par la continuation du refroidissement que par les tremblements de terre. M. Cordier ajoute ensuite:

* Mémoires Ou Muscum d^hist. nat., tome XV, page 161.

((Ces conséquences une fois posées, les phéno* mènes volcaniques sont un résultat simple et naturel du refroidissement intérieur du globe, un effet purement tliermométrique ; la masse fluide intérieure est soumise à une pression croissante, qui est occasionée par deux forces dont la puissance est immense, quoique les effets soient lents et peu sensibles; d'une part, l'écorce solide se contracte de plus en plus, à mesure que sa température diminue, et cette contraction est nécessairement plus grande que celle que la masse centrale éprouve dans le même temps ; de Tautre, cette même enveloppe, par suite oe laccélération insensible dii mouvement de rotation , perd de sa capacité intérieure à mesure qu'elle s'éloigne davantage de la forme sphérique, les matières fluides intérieures sont forcées de s'épancher au-dehors sous la forme de laves par les évents habituels que Pon a nommés volcans, et avec les circonstances que l'accumulation préalable des matières gazeuses , qui sont naturellement produites à l'intérieur, donnent aux éruptions. ^ M. Cordier, pour prévenir l'objection que la contraction qui résulte de la perte de chaleur qu'éprouve la terre, ne serait pas suffisante pour occasioner les éruptions de nos volcans, a calculé le volume des laves rejetées par une forte éruption, et il a trouvé que ce volume était généralement fort inférieiu* à un kilomètre cube. Or, une telle niasse est bien peu de chose relativement à celle du globe , et répartie sur sa surface , elle formerait une couche qui n'aurait pas

y^ de millimètre d'épaisseur; d'où il résulte qu'une contraction de l'écorce solide du globe capable de réduire son rayon d'un milliniètre, suffirait pour produire 5oo éruptions des plus violentes. De sorte que si on évalue à cinq le nond>re moyen des éruptions de cette nature, qui ont lieu cbaque année » on aura pour résultat que la contraction de la croûte du globe ne diminue le rayon moyen de notre planète que de moins d'un millimètre par siècle , et qu'une contraction de trois centimètres suffirait pour avoir occasioné toutes les éruptions volcaniques qui oût en lieu depuis trois mille ans , en admettant même que ces phénomènes avaient plus d'énergie au commencement de cette période qu'ils n'en ont maintenant.

On a objecté contre cette hypothèse, que h partie extérieure de l'écorce du globe étant, comme on Ta vu ci-dessus (640), arrivée à une température qui est déjà à peu près en équilibre avec les effets qu'y produit l'action solaire, le refroidissement y est devenu à peu près nu], tandis que les parties intérieures, dont la température est successivement plus élevée, en raison de la profondeur, se trouvant par la même raison en contact immédiat avec une coucbe dont la température est moins élevée, doivent être dans le cas de se refroidir davantage ; de sorte que l'enveloppe extérieure, au lieu de comprimer la masse fluide, devrait devenir trop considérable pour cette masse.

On répond à cette objection qu'il faut dis-

PHÉNOMÈNES ACTUELS. SjS

tinguer dans l'ëcorce du globe la partie supérieure de la partie inférieure : la première, a la vérité y ne perdant plus sensiblement de chaleur, est, en quelque manière, arrivée à son maximum de contraction thermométrique; mais il n'en est pas de même de la seconde, qui éprouve encore un refroidissement considérable. Or, la contraction ne s'exerçant pas selon une même proportion dans les corps de nature différente , et même dans les corps de nature semblable, lorsqu'ils sont dans un état différent, on ne voit aucune impossibilité physique à ce que la partie infé^ rieure de la croûte solide n'éprouve, ainsi que la chose se passe dans le thermomètre, une contraction plus forte que celle de la masse fluide intérieure ; tandis que la partie supérieure de l'écorce, dont rétat de dislocation est tel que M. G)rdier la compare à un amas de décombres , suit tous les mouvements de la partie inférieure, et contribue avec celle-ci à comprimer le liquide intérieur, non plus par l'effet de la contraction thermométrique, mais par celui de la pesanteur combinée' avec le jeu des pièces séparées, d'une manière analogue à ce qui a lieu lors de l'affaissement d'une voûte construite d'éléments imparfoits.

666. Nous n'examinerons pas jusqu'à quel point cette réponse peut soutenir l'hypothèse de la compression par la contraction thermométrique, et nous nous bornerons à dire que M. Élie de Beaumont, qui fonde, ainsi qu'on le verra dans le chapitre suivant , une théorie très-impor-

PHÉNOMÈNES ACTCELS. 677

il en résultera que cette croûte se soulèTera jusqu'à ce que l'extension de sa capacité ait rétabli l'équilibre entre la poussée et la résistance, ou jusqu'à ce que l'écartement et la fracture de Técorce aient permis Féjaculation au-dehors , c'est>4i^ dire qu'ils aient donné lieu à une éruption proprement dite; de sorte que les soulèvements que nous ayons vu faire partie des phénomènes toIcaniques, sont, comme le reste de ces phénomènes, un effet du refroidissement graduel de la terre, c'estrÀ-dire d'une cause que l'on peut considérer comme constatée par l'application des lois de la physique aux résultats de l'observation sur la température intérieure de l'écorce du globe. Cette cause est d'autant plus satis&isante, que non-seulement elle est constante, que rien ne peut en arrêter les efiets, et qu'elle peut s'associer avec plusieurs autres explications auxquelles on a été conduit par l'examen de faits particuliers : c'est ainsi, par exemple, qu'elle pourrait très-bien s'associer avec l'hypothèse de la décomposition de l'eau par les métaux des terres et des alcalis , puisque l'objection que nous avons laite contre cette hypothèise, prise isolément, devient sans force dès que l'on admet le refroidissement; car ce phénomène^ produisant l'ascension de portions de la masse intérieure, donne un moyen de mettre les métaux non oxidés en contact avec des réservoirs d'eau dont les conduits pourraient être considérés comme étant, en quelque manière, débouchés à de certains intervalles par les phénomènes des éruptions.

SyS GÉOGiNIB.

Trr»bimiaiu QQ^^ jjQ^ ircmblemenis de terre ne donnent nas

de krre» 1

matière à des descriptions aussi poétiques, ni aussi effrayantes que les courants de feu qui s'échappent des Yolcans; mais ils sont plus désastreux pour les habitants de la terre.

Ces phénomènes consistent dans une agitation, plus ou moins yiolente du sol , ordinairement accompagnée de bruits que Ton compare à celui du canon, au fracas de voitures roulant sur le pavé ou à d'immenses éboulements.

Quelquefois cette agitation ne dure qu'un instant, et elle est si faible qu'elle ne laisse aucune trace de son passage, et qu'une partie des personnes qui se trouvent sur les lieux ne la ressentent pas; d'autres fois les secousses sont de plus longue durée, se renouvellent à la suite les unes des autres, et sont si violentes que les édifices sont renversés, que le sol se fend en divers sens, que des lacs sont desséchés , que des rivières sont arrêtées dans leurs cours, que des montagnes entières s'écroulent et qu'il s'en élève de nouvelles.

Quelquefois le même tremblement de terre se prolonge à des distances immenses et agite une surface considérable; c'est ainsi que celui du 17 Juin 1 826 se fit sentir, dit M. Boussingault, dans toute la Nouvelle-Grenade, c'est-à-dire sur une surface de plus de 6000 myriamètres carrés. D'autres fois les secousses sont concentrées dans un espace très- resserré; c'est ainsi que le tremblement de terre qui a eu lieu dans l'ile dischia près de Naples, le 2 Février 1828, a été si violent, rapporte M. Covelli, que File paraissait

PHÉNOMÈNES ÀCTIJELB. 679

prête à s'emevelir dans la mer, qa*un village entier, beaucoup de maisons, et tous les murs qui soutenaient des terres, ont été renversés, et que cependant on n'a ressenti aucune secousse, ni dans la petite île joignante de Procida , ni sur les parties voisines du. continent

Les tremblements de terre accompagnent souvent les éruptions volcaniques : « Cest ainsi , dit M. de Humboldt *, qu'en 1 797 , le volcan de Pasto» à l'est du cours de la Guaytara, vomit continuellement, pendant trois mois, ime Haute colonne de fîimée. Cette colonne disparut à l'instant même, où, à ime distance de soii^ante lieues, le grand tremblement de terre de Rio Bamba, et l'éruption boueuse de la Moya, firent perdre la vie à quarante miUe indiyidns. L'apparition soudaine de l'île de Sobrina, dans l'est des Açores, le 3o Janvier 1811 , fut l'annonce de l'épouvantable tremblement de terre qui , bien plus loin , à l'ouest, depuis le mois de Mai 1811 , ébranla, presque sans interruption, d'abord les Antilles, ensuite les plaines de l'Obio et du Mississipi , enfin les cotes de Venezuela, situées du coté opposé. Trente jours après la destruction totale de la ville de Caracas, arriva l'explosion du volcan de Saint- Vincent, tle des petites Antilles, éloignée de cent trente lieues de la contrée où s'élevait cette cité. Au moment même où cette éruption avait lieu, le 3o Avril 181 1 , un bruit souteiTain se fit entendre et répandit l'effroi dans toute l'étendue

"^TablMa de la natare, édition de 1898, tome iF, page 176.

d'un pays de 2200 lieues carrées. Les habitants des rives de FÂpuré, au confluent du Rio Nula, de même que ceux de la côte maritime , comparèrent ce bruit à celui que produit la décharge de grosses pièces d'artillerie; or, depuis le confluent du Rio Nula et de l'Apuré jusqu'au Yolcan de Saint-Vincent, on compte cent cinquante-sept lieues en ligne droite. L'intensité de ce bruit était à peine plus considérable sur les côtes de la mer des Antilles, près du volcan en éruption, que dans l'intérieur.»

Mais ce rapport entre les tremblements de terre n'a pas toujours lieu, et M. Boussingault rapporte* ff que les tremblements de terreles plus mémorables de l'Amérique, ceux qui ont ruiné les villes Latacunga,Rio Bamba , Honda, Caracas, La Guajra, Barquisimeto, etc., dans lesquek plus de cent mille personnes ont perdu la vie, n'ont coïncidé avec aucune éruption volcanique bien constatée. Dans les Andes, ajoute ce naturaliste, l'oscillation du sol, due à ime énq>tion volcanique, est pour ainsi dire locale; tandis qu'un tremblement de terre, qui, en apparence du moins, n'est lié à aucune action volcanique, se propage à des distances incroyables, et dans ce cas on a remarqué que les secousses suivaient de préférence la direction des chaînes de montagnes. Le tremblement qui détruisit Caracas, cq 1813, exerça son action suivant la direction de la Cordillière orientale des Andes , en renversantcomme des châteaux

* Bulletin de la société géologique de France > t. VI, p. 53.

PHÉNOVÈNES ACrUELS. 58l

de cartes toutes les villes situées dans oette direction. *

On a remarque cependant que les tremblements de terre sont plus fréquents dans les contrées où il y a des volcans, que dans celles où il n'y en a pas; ils sont plus communs aussi dans les pays de montagnes que dans ceux de plaines, et ils ont ime certaine tendance à agir de prefàenoe dans les lieux qu'ils ont déjà secoués : c'est ainsi qu'on ne cite point def tremblements de terre réellement désastreux dans^ le nord de l'Europe, tandis que plusieurs villes du midi ont été détruites par ces terribles phénomènes; mais c'est surtout dans la chaîne des Andes que les tremblements de terre exercent leurs ravages le plus fréquemment; ils s'y répètent si souvent que M. Boussingault dit « qu'il y a tout lieu de présumer que si l'on enregistrait, dans les endroits peupla de l'Amérique, tous les tremblements de terre qui s'y font sentir , on trouverait probablement que la terre tremble presque sans interruption.^

Les tremblements de terre se prolongent sous les eaux de la mer, comme dans les autres par* ties du globe, et l'on sent que, quand la croûte solide sur laquelle reposent les eaux est agitée, celles-ci participent au mouvement; aussi les na^ vigateurs ont déjà r^senti en pleine mer des 9&* cousses qui leur faisaient croire que leurs vais* seaux avaient touché. Mais c'est surtout «ur les côtes que ces mouvements sont sensibles : on voit la mer s'agiter, s'éloigner de la terre, y revenir avec violence et submerger des populations entières.

583 GiOGiNIE.

669. La causé dés tremblements de terre n'ed pas plus susceptible d'être reconnue d'une manière positive, que celle des Tolcans. Nous dirons seulement que les relations qui existent fréquemment entre ces pbénomènes , ainsi que la iacililé que nous trouvons à expliquer les moavemtnlt du sol par lliypotbèse indiquée ci-dessus pour l'explication des phénomènes Tolcaniques » nom porte à voir dans les premiers un résultat de la même cause qui produit les seconds. Ea efièt, dès que l'on admet, ainsi que nons l'avoiu exposé ci-dessus, que la partie solide du globe que nous voyons à sa surface, n'est qu'une croûte peu épaisse, par rapport à l'étendue du rajon terrestre, au-dessous de laquelle se trouve une masK liquide qui tend à se solidifier, et que œ pasta^ de l'état solide à l'état liquide donne lieu à la fcT' mationdegaz, on concevra aisément que ces gaz étant sollicités, par leur nature expansive, à aire des efforts pour gagner la surface extérieure de la terre, il doit résulter de leurs mouvements et des obstacles qui s'y opposent , des secousses et des agitations suffisantes pour produire les effets que nous remarquons dans les tremblemenis de terre Dans le nombre de ces obstacles on peut citer en premier lien les in^iités qui existent probablement à la surface interne de la croûte solide du globe; car on sent que, si les montagnes sont, comme nous l'indiquerons dans le cbapitre suivant, le résultat du soulèvement d'une partie de cette croûte, le fond de nos mers doit cotrespondre à des inégalités en relief sur la sur-

PHÉNOBIÈNES ACTUELS. 583

fiice interae. Oh conçoit paiement que, aW traction faite de cette circonstance , la différence de conductibilité pour la chaleur des matières qui composent la croûte solide, doit snf&re pour rendre fort inégale la surfisice interne de cette œorce. M. Cordier croit même que ces inégalité» sont beaucoup plus fortes que celles de la sur&ce extérieure, et il ajoute que l'on poiurait conclure de ses observations sur la température intérieure, que l'écorcedu globe aurait seize myriamètres de plus à Carmeaux qua Decise^, tandis que nous avons vu (a a) que les plus grandes inégalités de la sur&ce extérieure ne paraissent pas dépasser beaucoup vn myriamètre.

670. D*un autre côté, M. Boussingault, frappé de la manière dont les grands tremblements de terre des Andes sont indépendants des éruptions volcaniques, a proposé dans ces derniers temps ^* une hypothèse qui consiste à attribuer ces tremblements à un tassement qui s'opérerait dans les montagnes. Partant de l'idée que celles-ci ont été formées par un soulèvement, ainsi que nous l'exposerons ci - après , M. Boussingault suppose que, quand les Andes ont été soulevées, le terrain trachytique, qui en forme la masse principale, était à cet état de solidité que notls appelons sclérique {Min. 260), et susceptible de se fracturer plutôt que de se prêter à un changement de forme. Il apporte à l'appui» fie cette

*Voîr la noie du n.* 689, p. 55a.

** BalUcin de la société gcologiqae de France } t. VI, p* 5/(.

584 GtoGÈsa.

opinion la cinxtiutatice que les énormes blocs âe tracliytes qne l'on voit sur ces montagnes ont des angles aigiu, sonrent même tranchants, et qu'enauite , là où le trachy te a percé et sonlevé des oonches de schiste, comme an Tungoragua, ou de micaschiste, comme à l'Antisana, on ne Toit nullement un dérGTsenieDt de la roche soulevante fur la roche soulevée; Or on conçoit qne, dans ce cas, l'immense quantité de fragmoils anguleux, qui se sont {ormes et qui se sont entassés ccmlbsànent les uns sur les autres, ont laissé une infinité de vides entre eux, que ces vides tendent successivement à se combler par un tassement analogue à celui qu'éprouvent les tas de décomhrei formés par les travaux de l'homme, et que les gaz renfermés dans les lavités qui se remplissent par les matières solides qui s'éboolent, doivent tendre à s'échapper et agita- le sol dans leur mouvement

?fous sommes loin de contester une hypothèse aussi ingénieuse, et qui se recommande d'aiUeors par les profondes connaissances de son aoteor; nous sonunes même porté à croire que ce mode de production des tremblements de terre doit avoir lieu dans certaines circonstances; mais l'hypothèse qui donne à ces phénomènes une caoïe analogue à ceux des volcans, nous semble avoir Je mérite d'être plus générale et de mieux rattacher j l'ensemble des grands phénomènes géc^éniqnei |

671. Cependant M. Boussingault cite des &its ' qui, s'ils étaient bien dénmntrés, ne laisseraient, pour ainsi dire, plus de doute en faveur

PHÉNOMÈNES AOTUEIA 585

de son hypothèse, et qui , tels qu'ils se présentent en ce moment, ont l'avantage d'appeler l'atten* tion des naturalistes sur des phénomènes nouyeaux dans l'histoire de la science : ces fiiits sont Y abaissement successif des montagnes.

Lorsque Bouguer, Godin et La Condamine se rendirent, il y a un siècle, à Quito, pour des travaux relati& à la détermination de la figure de la terre, leurs opérations, à la station de Guaguapichischa , étaient très -gênées par la neige; cependant, depuis assez long-temps, on n'aperçoit plus de neige sur ce pic. Cest aussi une opinion généralement reçue à Popayan , 'dit M. Boussingault, que la limite inférieure des neiges qui recouvrent le volcan de Purace, s'élève graduellement; or, cette élévation n'a pu être occasionée que par deux raisons, ou parce que la température moyenne de la contrée s'est augmentée, ou bien parce que la montagne s'est abaissée, et cependant on n'a aucune raison pour admettre une augmentation dans la température de cette contrée, les observations faites par M. Boussingault et par Caldas, trente ans auparavant, donnant les mêmes résultats. D'un autre c6té, toutes les mesures que M. Boussingault a prises dans les Andes, annoncent des hauteurs moindres que celles qui avaient été données trente ans auparavant par Caldas et par M. de Humboldt Si ces différences de résultat étaient dues uniquement à des erreurs d'observations, il serait difficile de concevoir comment ces erreurs auraient agi constamment dans le même sens.

gAog^e.

673. Le phénomène que noas'aTtms iiidic|ué ci-^essu8 comme produisant le soulèvement lent d'une contrée, a beaucoup occupé les naturalistes, sans qu'ils aient pu jusqu'à présent obt^oir des données positives à ce sujet Ce phénomène a été long-temps désigné sous le nom àîabaisscment de la mer, et exprimé de cette manière il doit être tout-à-fait rejeté} car, à côté de ^pieJques cas d'abaissement, plus ou moins susceptibles d'être contestés , on peut citer nne foule de faits prouvant que, dans beauccHip de localités, la surface de la mer a conservé la naême élévation depuis plus de deux mille ans. Or , la tendance des eaux à prendre iih même nivCâU, ne permet jias île supposer que la siirlace tle \a mer ait pu baisser dans certains lieux et conserver Son élévation dans d'autres localités peu éloîgnées;mais, depuis quel'on voit dans les ▼olcans et dans les tremblements de terre un elK't du refroidissement de l'intériem- du globe, on a senti qu'il était très-possible que la même cansc c{ui secoue biiisqucment de gi'andes portïoas de cette ccorcc, et qui fait jaillir de puissantes coulées tle laves à l'extérieur, pût soulevei' d'une manière lente et successive une contrée plus ou moins étendue. On conçoit surtout ce phénomène avec beaucoup de facilité dans l'hypothèse qui assimile l'écorce du globe à une voîile composée d'éléments imparfait$quls'atraisse(665);puisque,daas ce cas, l'arc forme par ccUe voûte se resserrant, il doit y avoir quelques voussoirs qui se relèvent par rapport aux autres. Si, au conlraii-e, on ad-

PHÉNOMÈNES ACTUELS. S8j

met avec M; Étie de Beaumont (666) que la croûte du globe, au lieu de se contracter comme une voûte qui s'afiaisse, conserve son développement, tandis que le noyau intérieur diminue de diamètre; on sent, vu la flexibilité de cette écoroef, qu'il doit s j former des rides , c'est-à-dire des parties qui deviennent plus élevées qu'elles n'étaient auparavant par rapport à l'ensemble de la surface.

Cest notamment sur les côtés du golfe de Bothnie en Suède que l'on a £stit les observations qui ont conduit à admettre l'existence des soulèvements lents, plusieurs observateurs assurant y avoir reconnu que des marques faites sur la cote à la hauteur du niveau de la mer, se trouvent successivement à des élévations plus considérables, et ayant calculé que, dans la plupart de ces lieux, le changement de niveau correspond à un exhaussement de plus d'un mètre par siècle.

673. LeS'phénomènes nommés salses, volcans s*i*«de boue, volcans deau ou volcans et air, ne sont, . pour ainsi dire, que des fontaines où la sortie de l'eau est accompagnée de matières gazeuses et solides, qui, le plus ordinairement, sont lancées par intervalles avec des circonstances qui rappellent les éruptions volcaniques, mais sur ime trèspetite échella

Une des localités où ces phénomènes sont le mieux prononcés , c'est à Turbaco , près de Car tha^ gène dans la Nouvelle-Grenade, où M. de Humboldt a obs^ervé une vingtaine de petits cônes de 7 à 8 mètres de haut^ formés d'une marne argileuse d'un gris noirâtre, et portant à leur sommet une

ouTerture remplie d^n. Il >e fiût de ces midmet3, à de certains interralles, un dégagement de gaz , précédé d'un bruit assez fort , mais sourd. M. de Humboldt considère ce gaz comme éunl du nitrt^ne. Ces explosions «ont quelquefois accompagnées d'une éjaculation de boue qui s'épanche sur les parois des cônes.

Le versant septentrional des Apennins présenle plusieurs phénomènes de ce genre, qui ont éte étudiés avec sotn. L'un des plus remarquables est lasalsedeSassuoIodans leModénais. Oaajvoit, dans les temps ordinaires, qu'une source sortant d'une marne at^euse imprégnée d'un peu de selmarin* et de pétrole. Quelquefois cette arçile forme un petit cône par le cratère duquel l'ean s'écoule; d'autres fois celle-ci sort par un simple trou comme dans les fontaines oixlinaires; maii cette source a de véritables moments d'éruptioD, et alors elle lance des jets d'eau, de la boue, du grizou et même des pierres considérables.

Les fontaines jaillissantes des Geysers en Islande méritent aussi une mention toute particulière. On y voit une multitude de petits monticules de terres diversement colorés, d'où il sort de fortes sources d'eaux chaudes chargées de beaucoup de silice. La principale de ces fontaines qui porte particulièrement le nom de Geyser , se trouve sur un monticule de 3 à 3 mètres de haut, compose de matières siliceuses, et qui présenle à sa partie

• CmI de la pt^MOce du «elmario dan» le* »oor«» q"! P"* Knlcnt ce* pb^nomfnes d»at In Apennin* (jue le noi» "* " tir* (un origine.

supérieure un bassia circulaire, rempli ordinairement d'eau très -limpide, d'une température presque ^ale à celle de Feau bouillante, et d'où il s'élève, de temps en temps, des jets d'eau qui s'élancent quelquefois avec ime telle rapidité » qu'ils atteignent une élévation de 3o mètres, et peutrétre de i oo d'après d'anciens rapports.

674* L'origine de ces phénomènes peut se rattacher à la même cause qui produit les àruptions des volcans; car, dès que l'on admet que ces àruptions sont occasionées par des gaz qui se forment en dessous de la croûte extérieure du globe, on concevra aisément que, si de petits tuyaux traversés par ces gaz sont susceptibles de s'obstruer, les gaz s'accumuleront et se comprimeront jusqu'à ce que leur force expansive puisse expulser les objets qui s'opposaient à leur passage; et on sent qu'alors il y aura ime éruption dont la force sera en rapport avec la puissance de l'obstacle.

On a aussi attribué aux salses une origine moins liée avec les grands phénomènes géologiques, et on a supposé que le gaz qui fait ainsi jaillir l'eau, la boue et les pierres, se forme à de petites profondeurs par la décomposition de matières végétales. Nous convenons qu'il n'est point impossible que des décompositions de ce genre donnent quelquefois naissance à des phénomènes qui ont plus ou moins de rapport avec ceux des salses; mais nous avons peine à concevoir ime cause assez constante de décomposition pour pouvoir entretenir pendant

des siècles ces phénomènes sur un même point et avec une intensité à peu près uniforme.

676. On doit toutefois éviter de confondre les phénomènes des salses avec les éjaculations boueuses que nous avons dit avoir quelquefois lieu lors de l'afTaissement des montagnes volcaniques; celles-ci paraissant devoir être uniquement attribuées à ce que, les voûtes d'une vaste cavité souterraine venant à saf&isser, les eaux et les boues qui se trouvent dans ces cavités sont obligées de jaillir en dehors. On conçoit» en efiet, que les éruptions volcaniques ordinaires laissent des vides à leur suite; car, s*il se forme des gaz lorsque le liquide intérieur passe à Tétât solide, ces gaz doivent être dans le cas de produire des effets analogues à ceux qui ont lieu lors de la combustion de la poudre à tirer qui expulse la charge d'un canon; on conçoit également que ces vides se remplissent d'eau; et, si l'on pouvait former des doutes à cet égard > la présence des poissons (65o) dans les éruptions boueuses les lèverait bientôt; on conçoit, enfin, que de nouvelles secousses, et peut-être le seul ramollissement des masses qui forment, pour ainsi dire, les pieds droits de ces voûtes, peuvent amener leur chute et celle des matières qui les recouvrent Ém«a.tiMt 676. Les émanations gazeuses sont, comme on l'a vu ci -dessus, un des accessoires des phénomènes que présentent les volcans et les salses; mais, comme il y a des localités dont il ne se dégage que des gaz, ces émanations doivent aussi

gaiCMC*.

PHÉNOMàNBS ACTUELS. Sqi

figurer d'une manière particulière dans' l'énumération des phénomènes naturels.

II est bien probable que les différents gaz que nous ayons dit (648) se trouver dans les éruptions Yolcaniques , forment aussi des émanations particulières; mais on n'a en général remarqué que celles qui sont caractérisées par la présence du grizou, du soufre et de l'acide carbonique.

67 7 . Les premières, qui sont les plus communes Fontamr. et les plus remarquables, sont ordinairement désignées par les noms àe fontaines ardentes ou de terrains ardents, parce que le grizou qui sort de terre, s'enflammant par des causes accidentelles, continue à brûler, comme celui qui s'échappe de nos appareils pour l'éclairage. Ces émanations se remarquent le plus communément dans le voisinage des salses : telles sont celles de Piétra- Mala , dans les Apennins de la Toscane, et celles du temple des GuèbreS près de Backu, sur les bords de la mer Caspienne, où les restes des disciples de Zoorastre viennent encore adorer l'objet de leur culte, et où Ton tire parti de ces feux naturels pour préparer des aliments et faire de la chaux.

678. Il se dégage aussi du grizou dans des lieux ou rien n'annonce, comme dans les volcans , les salses et les fontaines ardentes , une communication avec le siège des grands phénomènes géologiques; tel est celui qui se rencontre sou-* vent dans les mines de houille, et dont l'inflammation accidentelle cause quelquefois de si grands désastres. L'origine de ce gaz n'est pas .connue;

Sga GÉoGÉNifi.

les uns croient qu'il 9e troure enfermé dans la houille; d'autres, qu'il est le résultat de décompositions qui se passent dans cette dernière lorsquelle est mise en contact avec l'air extérieur.

679. Une troisième sorte d'émanations de grizou a lieu, pendant les saisons chaudes, dans les marais et dans les mares; mais elles sont peu importantes, et leur origine s'explique aisément par la décomposition des matières oi^niques qui se trouvent enfouies dans la rase.

680. Les émanations gazeuses qui déposent du soufre sont ordinairement désignées par le nom de solfatares : elles ont le plus souvent lieu dans des volcans éteints, ou plutôt à peu près éteints, puisque le d^agement des gaz est encore un reste d'activité. Telle est la sol£aitare de Pouzzolés près de Naplès. Ces émanations contiennent toujours une grande quantité de vapeur d'eau, et on ne sait pas très -bien dans qud état s'y trouve le soufra; il parait néanmoins qu'il y est, soit à l'état simple, soit à celui d'acide hydrosulfîirique, et que l'acide sulfureux que l'on y remarque, provient de la combustion au jour tant de la vapeur de soufra que de l'acide hydrosulfurique.

Menu». 681. Les émanations d'acide carbonique que l'on désigne souvent par le nom de mofettes^ se remarquent principalement dans les terrains volcaniques, telle est celle deja grotte du chiea sur les bords du lac d'Agnano près de Naples. On trouve aussi dans les mines, dans les puits

PHÉNOMÈNES AGTtJELS. 59$

et dans d'autres jcayités souterraines de l'acide car«^ bonicpie, dont l'origine parait devoir étreattribuée à la décomposition de matières organiques ou d'autres substances contenant du carbone, et que, par cette raison, on ne doit pas confondre avec celui qui , formant des courants à peu près constants, parait être le résultat des mêmes causes que celles que produisent les éruptions volcaniques.

682. Les sources de pétrole sont aussi des soweet «it phénomènes très -rapprochés des salses et des ^*^^ fontaines ardentes, car on sait que cette matière ne diffère poUr ainsi dire du grizou que parce qu'elle est à l'état liquide au lieu d'être à l'état gazeux, et on sent que les gaz qui traversent l'écorce du globe peuvent être quelquefois dans le cas de se liquéfier, plutôt que de conserver leur état gazeux. On a aussi attribué l'origine du pétrole à des décompositions ou à des distillations de dépots superficiels; mais on conçoit difficilement comment des phénomènes de cette nature peuvent donner naissanee à des produits constants et sans que l'on voie des traces d'incendié. Il parait au contraire beaucoup plus simple de voir dans l'origine du pétrole un effet de la même cause qui produit les phénomènes ignés, et cette manière de voir, si conforme à la simplicité des opérations de la nature, a encore, dans le cas actuel, l'avantage de nous expliquer pourquoi les sources die pétrole et les bitumes en général se trouvent presque toujours dans le voisinage des salses, des fontaines ardentes et des dépots volcaniques.

5g4 GÉOGÉMC

L'une des plus abondantes de ces sources se trouve près de Backu , que nous venons de citer pour ses fontaines ardentes.

imrrmAirt ée r^ 685. Lcs wccndies dc roches combasiibles, tdles ** ^ que la houille, Fanthracite , le lignite, ont été rapproches des grands phénomènes ignés dont nous YOions de parler, et sont ordinairement dignes par répithète de spontanés, parce qu'efiectirement ils doivent assez communément leur ongiheà la décomposition des pjrites ; mais , conune celle»-ci,^insi que nous l'avons déjà fait remarquer, ne se décomposent qu'autant quelles sont exposées au contact de l'air, et que les roches combustibles ne peuvent brûler qu'autant qu'elles aient aussi ce contact, ces incendies ne prennent ordinairement naissance que dans les lieux où les travaux des mineurs ont préparé ces deux circonstances; aussi parvient -on quelquefois à les éteindre en bouchant toutes les communications entre l'air extérieur et les couches combustibles, lofais souvent on croit avoir atteint ce but, lorsque l'on a seulement arrêté la marche de l'incendie, et, si Ion rouvre des conununications avcSc l'air extérieur , le feu reprend toute sa force. Ces incendies peuvent durer un temps extrêmement long. Cest ainsi qu'il existe près de Planitz, en Saxe, une mine de houille qui brûlait déjà de temps immémorial, il y a trois siècles, et qui n'était point encore éteinte en 1801 , malgré les mesures que l'on avait prises à cet effet

Ces incendies souterrains brûlent non -seulement les couches combustibles, mais ils altèrent

plus OU moins, selon leur force, les autres roches environnantes. Souvent ils se bornent à faire passer les schistes et les argiles à un état analogue à celui des briques; mais quelquefois la chaleur est assez forte pour que ces roches prennent une tex-* ture scoriacée et un aspect vitreux , et pour qu'elles soient transformées en porcellanite. Les vapeurs sulfureuses et ammoniacales qui s'échappent des matières en combustion, donnent aussi naissance a des substances salines , notamment à de l'alun et à de la couperose , qui font l'objet d'exploitations plus ou moins avantageuses.

Quelquefois les masses de combustibles incendiées sont assez puissantes pour que les couches supérieures s'affaissent et se brisent en culbutant, de manière que le boideversement s étend jusqu'à la surface du soL

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