‹ Éléments de géologie, ou, Seconde partie des éléments d'inorganomie particulièreChapitre 19 sur 56 · AFRIQUE. W · texte numérisé non relu

AFRIQUE. W

josqn'an S7« degré de longitude oecidentale et au 60* degré de longitttde orîCTtale.

ZJmi^.— EDe est bornée aanord par le détroit de Gibraltar et la Méditer* ranée; à l'est, par Fisthme de Suez, la mer Rouge, le détroit deBab-el-mandd^ et l'océan Indien; au sud, par l'océan Antarctique, et à l'ouest par l'océan Atlantique; de sorte qu'elle ne tient au reste du continent que par risttime de Suez, dont la largeur est de 10 myriamètres.

143. Étendue et forme. —Son étendue est d'environ 370,600 myriamèb^ carrés, et sa forme donne l'idée d'un cœur renflé par une de ses extrémités supérieures; de sorte qu'elle présente deux grandes péninsules qui embrassât prés des trois quarts de sa surface : l'une au nord-ouest, tracée par une. ligne qui s'étendrait du golfe de la Syrte dans la Méditerranée à celui de Bish fira, dépendance du golfe de Guinée; l'autre au sud, tracée par une Ugne partant du même golfe de Biafra et se dirigeant sur celuid'Aden dans l'océan Indien. Un autre caractère de l'Afrique , c'est la contiguïté des terres qui la ccHnposent , lesquelles ne sont presque pas entamées par des mers intérieures. Les lies y sont même rares et fort petites , à l'exception toutefo» de c^ de Madagascar, à l'est de la péninsule méridionale, qui est une des plus grandes terres que l'on considère comme lies.

144. /{dâé/I— L'Afrique est si peu connue, que l'on ne peut donner de notions positives sur son relief; il parait cependant, du moins d'après ce que nous connaissons de ses côtes , qu'il n'y a pas de plaines basses aussi grandes que celles qui existent en Europe et en Asie. Il y a cependant de vastes contrées dont le sol est uni; mais on suppose que ce sont plutôt des plateaux que des {daines basses. On n'y a pas non plus mesuré, jusqu'à présent, des montagnes aussi élevées que celles d'Asie , ni même que celles d'Europe. On y a reconnu cependant l'existence de chaînes, dirigées, comme les principales chaînes de l'Asie et de l'Europe , de l'ouest à l'est.

La plus septentrionale de ces chaînes est V Atlas, qui s'étend à peu de distance des côtes de la Méditerranée. Ses points les plus élevés , quiapprodirat de 4,000 mètres, sont dans la partie occidentale, et la hauteur va en diminuant à mesure que l'on s'avance vers l'est. Un autre système, plus puissant et probablement plus élevé, semble traverser toute la largeur de l'Afrique vers le 10** degré de latitude boréale. Ce système porte successivement , en allant de l'ouest à l'est, les noms de montagnes de Kong, montagnes deHa Lu/ne et montagnes d'Abyssinie. Il y a lieu de croire que les montagnes qui couvrent une grande partie de la péninsule méridionale peuvent être considérées comme des rameaux ou chaînes transversales, qui se détachent de ce grand système , en se dirigeant vers le sud. C'est dans cette péninsule que l'on cite lapins grande élévation de l'Afirique, \tmontZa/mbi au pays des Holuas, que l'on dit être haut de près de 4,800 mètres.

7a GÉOGRÀFiUE.

145. (kmr$ d'eaUf — Husieunporttoiis de l'Afi^e sont privées de eours d*eau, ce qui en fait de vastes déserts; mais d'autres en sont bien pourvue». Parmi les principaux fleuves connus on distingue : le Nil, qui coule du sud m nord et se jette dans la Méditerranée; le SénégcU, la Gambie, le Kabou ou BithGrande, le Niger ou Djoliba ou Kouara, le Zmre ou Cauango, la Couanza, V Orange ou Gariep, qui se jettent dans Tocéan Atlantique. Les fleuves qui se jettent dans l'océan Indien sont moins connus ; les princqwux paraissent être : le Zcmiheze ou Couama, le Loffih, le Motcherfine, Y(huh tundo et XtZébee ou Kibber. La mer Rouge ne reçoit aucun cours d'eau inn pcHiant. On suppose qu'il existe aussi en «Afrique plusieurs cours d'eau qui so Jettent dans, des lacs sans débouchés ou qui se perdent dans les terres. Le plus important des lacs de ce genre qui soient connus ^ est celui de Techad, situé vers le centre de l'Afrique à une hauteur d'environ 400 mètres , et qui reçoit \t Chary ^\t Yeou.

146. Dkntionenrégione.—V Afrique peut être divisée en deux portions. Tune eepientrionale, l'autre méridionale , qui seraient séparées par la ligne mentionnée ci^-dessus et tirée du goUè d'Aden à celui de Biafra ; mais son in* tMeur est trop peu connu pour que l'on puisse y établir des divi^ns orhydrographiques régulières. Cependant nous indiquerons dans l'Afrique sq^trionalelesonze subdivisions ci-après; savoir : les tlesMadères, Xe^tles Canaries y les tfef ^ Cap- Fert, la Barbarie, ÏÉgypte, la Nubie , le Sahara, la Senégambie, la Guinée, le Soudan et XAbyemUe. Quant à l'Afrique méridionale, nous nous bornerons a y distinguer la partie continentale onpéninn êule méridionale, Varchipel de Madagascar et les ilfe» dePooéan AniarC' tique.

147. Iles Madères. —Les lies Madères sont un petit groupe situé dans l'océan Atlantique , vers le 33* degré de latitude boréale , et composé d'une lie principale et dequatre petites lies. La première ou l'Ue Madère proprement dite, est montueuse et présente une cime, \dpicde Buivo, haute de 1,781 mètres.

148. Iles Canaries. —Les iles Canaries, situées aussi dansl'océan Atlantique, vers le SS"* degré de latitude boréale, sont plus nombreuses et plus considérables. Leur sol est très-montueux, et le pic de Teyde, iân&ïdede Ténériffe, s'élève à la hauteur de 3,710 mètres.

149. Iles du Cap-Vert.— 1m (les du Cap- Fert sont encore situées dans l'océan Atlantique, vers le 16* degré de latitude boréale. Ce sont de petites des montueuses, dont l'une, ïtle de Fuego, atteint la hauteur de 2,400 mètres.

150. Barbarie.— Lsi Barbarie, comprise entre le 12* d^ré de longitude occidentale et le 24* degré de longitude orientale , forme une bande assez étroite le long de la Méditerranée; elle est presque entièrement couverte par

FAtlas. Peut-être que Ton pourrait eonsidérer k fctte de cette ehitiiei ftdsant sa limite méridionale.

Les cours d'eau y sont peu considérables : les plus remar^idilessOÉt la Moutouia, le CheHffti la Medjerdah, qui se jettent dans la Méditerranée. D'autres moins étendus se jettent dans l'océan Atlantique.

151. Egypte. —V Egypte est bornée au nord par la Méditerranée ; à l'est ^ par l'isthme de Suez et la mer Rouge : elle n'a pas de limites bien déterminées au sud et à l'ouest; mais on l'étend ordinairement jusque vers le 84* degré de latitude boréale et le 24* degré de longitude orientale.

Cette région est traversée du midi au nord par la vallée du Nil, qui, dans la partie supérieure, est très-étroite et bordée de rochers escarpés ; mais qui s'élargit dans la partie inférieure et se termine à la Méditerranée par un delta ou plaine triangulaire. Le reste de l'Egypte est un plateau désert , r^ifermant quelques oasis et de petits lacs sans débouchés. Ce plateau est assec uni dn o6(é de l'ouest, où il se confond avec celui du Sahara ; mais il est plus inégal du côté de l'est, et se termhie le long de la mer Rougè par une ebalae de montagnes escarpées.

152. NtUne.—LtkNubiey placée au midi de l'Egypte, est également bornée à l'est par la mer Rouge et n'a point de limites déterminées des autres o6tés.

Cette région a les plus grands rapports avec l'Egypte. La mi^jeure partie de sa surfeice se compose de même de plateaux déserts ; elle présente égriement une chaîne de montagnes escarpées le long de la mer Rouge, et elle est aussi traversée par le cours du Nil, fleuve qui s'y forme par la réunion du Bhor^ el'Abiad ou rivière Blanche, et du Bahr-el-Azrek ou rivière Bleue. La partie méridionale de la Nubie est encore arrosée par d'autres affluents du Nil , notamment par ïj^tbara ou Taoazzé, qui prend sa source, comme le Bahr» el-Azrek , dans les montagnes d'Abyssinie.

153. Sahara.— Le Sahara est une grande région qui s'étend le long de la Barbarie , depuis la Nubie jusqu'à l'océan Atlantique. Son sol, qui est assef uni, parait être un plateau d'une élévation moyenne, presque entièrement privé de cours d'eau ; ce qui est cause qu'il ne forme qu'un vaste désert, dvia lequd se trouvent quelques oasis. Les plus importantes de ces dernières sont celles qui forment le Fezzcm, vers le 26* degré de latitude boréale et le 91* degré de longitude orientale.

A l'exception de quelques petites rivières qui se jettent dans l'océan Atlantique, le peu de cours d'eau qui existent dans le Sahara se perdent dans les saUes ou dans de petits lacs sans débouchés. C'est dans les parties qui appartiennent au versant méridional de l'Atlas que ces cours d'eau et ces lacs sont les moins rares.

154. Sénégcmibie. — La Sénégambie, placée au sud du Sahara, s'étend entre les 18« et 10* degrés de latitude boréale et entre les 6* et W degrés de

n GÉOGRAPHIE.

longitude occidentale. Il paraît qu'elle est bornée à Test par un rameau de montagnes qui s'attache à la chaîne de Kong et qui ferme Taréte entre le bassin du Niger et celui du Sénégal ; elle se termine à l'ouest, le long de l'océan Atlantique , par des plaines basses et de petites lies , dont une partie compose Va/rchipeldes Bissctgùs; elle est arrosée par un grand nombre de cours d'eau, et notmnment par trois grands fleuves : \t Sénégal y la Gambie et la Kabou ou Mo-Gra/nde.

155. Guinée. — La Guinée ou Guinée supérieure * est située entre le iS" degré de longitude occidentale et le 10*" degré de longitude orientale, et entre les 10^ et 4* degrés de latitude boréale. Elle s'étend du Rio Pongo à rouest, au Rio de Gamarones à l'est, entre le golfe de Guinée au sud et le fMte des montagnes de Kong au nord.

L'intérieur de cette région est généralement montueux ; mais les côtes sont souvent basses et marécageuses. Celles en ferme de courbe , qui séparent les golfes de Bénin et de Biaf ra , appartiennent à un delta traversé par les bras du Niger ou Kouara. Beaucoup d'autres cours d'eau arrosent la Guinée ; mais il parait qu'ils sont peu importants.

156. Soudan. — Le Soudan ou Nigritie est une vaste région qui s'étend depuis la Sénégambie jusqu'à la Nubie. Il est borné au nord par les déserts du Sahara, et il parait qu'on peut lui assigner comme limites méridionales, le fttfte des montagnes de Kong et des montagnes de la Lune.

La partie occidentale de cette région est arrosée par le Niger ou Djoliba ou Kima/ra, qui prend sa source vers les limites de la Sénégambie, et qui, après avoir coulé de l'ouest à l'est, prend la direction du nord au sud pour traverser la chaîne de Kong et se jeter, comme on l'a vu ci -dessus , dans le g<ri[fé de Guinée. Au centre de la région se trouve le grand la>c de Tschad, qui reçoit, entre autres cours d'eau, le Cha/ry et V¥eou. Enfin la partie orientale est arrosée par le Bahr-el-Abiody le principal des affluents du Nil.

157. Àbygginie.—VAbysmUe est une région montueuse , située à l'est du Soudan , au sud de la Nubie et à l'ouest de la mer Rouge. Son principal cours d'eau est le Barh-el-Azrek, l'un des affluents du Nil qui traverse le lac de Dembea ou de Tzana.

158. Péninsule méridionale.— Là péninsule méridionale de l'Afrique est

* On étend souvent le nom de Guinée à toutes les côtes qui bordent le ffolfe de ce nom , c'est-à-dire, qui s'étendent du Rio Pongo au Bambarougue, par 16 degrés de latitude australe, et alors la partie méridionale est nommée Guinée inférieure , et la partie septentrionale Guinée supérieure; mais il me semble préférable de suivre , à cet égard , les géographes qui terminent la Guinée au Rio de Gamarones ; d'autant plus que la Guinée inférieure est plus connue sous le nom de Congo,

AFBIQUE. 73

si pea coniuie qu'A y existe jdnsiears contrées très-étendues , auxquelles les géographes ni les statisticiens n'ont pu encore donner de dénominations fixes ; ce qui est cause que nous nous abstiendrons d'y indiquer des subdivisions.

Cette grande étendue de pays renferme beaucoup de montagnes^ qui semblent, comme les Chattes de l'Hindoustan , former une chaîne de chaque côté de la péninsule. Par un autre rapprochement avec les Ghattes, la chaîne occidentale parait être la plus continue et la plus élcTée. C'est elle qui renferme le mont ZanM, que l'on cite maintenant comme la plus haute cime de l'Afrique. La chaîne orientale qui , entre les 20* et 10* degrés de latitude australe, porte les noms de monts Lupata ou Épine du monde, devient très -basse ou cesse même tout à fait vers le 5* degré.

A l'extrémité méridionale de la péninsule ces chaînes sont réunies par des massifs dans lesquels on croit pouvoir distinguer des chaînes transversales, dirigées de l'ouest à l'est; telle est celle du Zwa/rteberg à peu de distance des eûtes, et celle qui comprend les monts Bokkeveld, Roggeveld et Sneeuioberg plus au nord. Ces chaînes semblent former des gradins , et leurs plateaux présentent des espèces de steppes que l'on nomme Karrotss. Les contrées qui s'étendent plus au nord, entre les chaînes occidentales et orientales, ne sont pas connues ; mais on a lieu de croire qu'elles renferment de vastes plateaux.

159. Nous indiquerons ici quelques petites lies que leur peu d'étendue et leur éloignement les unes des autres nous ont empêché de considérer comme formant des régions particuUères, ou de réunir sous une dénominati(m4pommune.

Quelques-unes de ces tles sont situées da/ns le golfe de Guinçe; ce sont celles de Femcmdo Po, du Prince, de Saint- Thomas et à'Annobon, qui sont disposées sur une ligne entre le 4" degré de latitude boréale et le 1*' degré de latitude australe. Leur sol est très-montueux , et la première présente un pic haut de plus de 3,000 mètres.

D'autres sont situées dans l'océan Atlantique , à une distance considérable du continent : ce sont Vile de l'Ascension, vers le 8* degré de latitude australe, qui n'est en quelque manière qu'un grand rocher atteignant la hauteur de 886 mètres. Vile Sainte-Hélène, située vers le 16* degré de latitude australe, qui n'est aussi qu'une montagne escarpée un peu moins élevée que l'Ascension. Les lies de Tristan d'Acu/nha, groupe de trois petites lies situées sous le 37* degré de latitude australe, dont la principale s'élève à la hauteur de 2,700 mètres ; enfin, la petite ile de Diego Alvarez, ou de Gough, sous le 40* degré de latitude australe.

n y a aussi quelques lies le long de la côte orientale de la péninsule. Les principales sont celles de Socotra, à l'entrée du golfe d'Aden, sous le 12* degré de latitude boréale, et deZanzibar, sousle6*degrédelatitudeaustraIe.

74 GÉOCfEAPItlB.

160. Arohipd dé Madagagcar. — Les des que nous réunissoiis avec M. Balbi sous le nom ^archipel de Madaga$car, sont situées dansl'ooéan Indien, entre les S* et S6* degrés de latitude australe.

La principale de ces lies est celle de McutagtMcary l'une des plus grandes terres considérées conune Iles, sa surfece étant de 5,000 myriamètres carrés ; elle est séparée du continent par le canal de Mozambique, et traversée par une chaîne de montagnes dirigées, comme l'Ile, du nord au sud, et présentant des cimes évaluées à S^OOO mètres.

A l'est de Madagascar se trouvent les Iles Bourbon, McnMice et Badrigue, que l'on désigne quelquefois par le nom collectif d'iVe» Mcuca/teignes ; leur sol est aussi très-montueux.

Au nord-ouest de Madagascar on rencontre les iles Comores, groupe de petites des montueuses, et au nord-est, principalement sous le 5* degré de latitude australe, l'océan est parsemé de beaucoup de petites iles qui ferment, entre autres , les groupes connus sous le nom ililes Séchelles, agiles Ami-rantes et ffiles des Sept Frères.

Wl.Iles de Focéan Anttirctique. — Les tles de l'océan Antarctique, qui dépendent de l'Afrique , ne sont que de petites tles isolées, à l'exception de la Terre de Kerffuelen ou Oe de la DésolaMon, située vers le 50* degré de latitude, qui a prés de 20 myriamètres de long. Parmi les autres on distingue la Terre d'Bnderby, sous le 66* degré de latitude ; ïHe de la Circoncision ou Bouvet, sous le 55" degré ; les tles du Prince Edouard et celles de Marùni et Crozet, vers le 45* degré; enfin les lies i! Amsterdam et de Saint^Paul, vers le 88* degré.

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