‹ Éléments de géologie, ou, Seconde partie des éléments d'inorganomie particulièreChapitre 23 sur 56 · DE LA STRUCTURE DE L^ECORCE SOLIDE DU GLOBE · texte numérisé non relu

DE LA STRUCTURE DE L^ECORCE SOLIDE DU GLOBE

197. Joints qui divisent F écorce du globe. — L'écorce du globe n'est pas formée d'une seule masse cohérente ; mais elle se compose , au contraire, de parties séparées par des joints. Ces joints^ qui sont de diverse nature ^ nous paraissent pouvoir être rangés dans cinq modifications, que nous appelons Joints de teofPure^ joints de stratification, joints d'ityection, fissures et faiiles.

198. Joints de texture. — Le» joints de texture déterminent les textiu*es cristallines , feuilletées et conglomérées , qu'affectent certaines substances minérales , de sorte que ces joints ne concourant pas directement à la structure du globe, mais seulement à la texture particulière de ces substances, leur étude ne feit point partie de la géologie, et nous nous bornerons à ajouter à ce que nous en avons dit ailleurs {Min. 238 à 253), que ces Joints n'établissent pas, ainsi que les autres le font ordinairement, de véritables solutions de continuité entre les parties qu'ils séparent ; mais qu'au contraire Q y a ordinairement entre ces parties une adhérence plus ou moins forte.

Joints de stratification et joints d'injection.— Les joints destratificatian déterminent la forme des masses dont nous parlerons tout à l'heure , sous le

* La structure de Técorce solide de notre planète résultant de la manière dont les matériaux qui la composent ont été fermés , ainsi que des déplacements et des altérations que ces matériaux ont subis depuis leur formation, il conviendrait, pour mieux concevoir ce que nous avons à dire sur cette structure , de donner ici quelques notions sur ces phénomènes ; mais J*ai cru préférable , ainsi que je Tai déjà indiqué , de dégager la géognosie de toute considération hypothétique , et je me bornerai , en conséquence, à exposer dans ce chapitre les choses telles qu*elles sont, en renvoyant au livre suivant les recherches sur les causes qui les ont mises dans cet état. Si cette marche rend les explications plus difficiles à saisir, eUe a Tavantagede présenter les faits d*uQe manière indépendante de tout esprit de système.

STRUCTUBE DE L*Éa>RCE DU GLOBE. M

nom decoodies, tandis que les/omt» d*inieotUm limifentles masses que nous ferons eminaitre sous le nom de filons *; les uns et les autres ont pour résultat de diviser l'éeoree du globe en masses, qui ont généralement une de leursdimen* sions fort étendue et une autre assez restreinte. Les joints de stratifteation et ceux de texture des roches feuilletées sont souvent parallèles ^ mais il y a aussi des exemples assez fréquents , notamment dans les roches schistofdes , où les plans des joints de texture forment des angles plus ou moins ouy^ts avec les plans des joints de stratification.

199. PUmres.—l,^ fisiures ont pour caractère prineipal d'établir de nouvelles divisions dans les masses limitées par les joints de stratification et d'in* jection; mais il esttrès-diiBcile d'exprimer, d'une manière générale, les moyens de les distinguer de ces joints , et souvent cette distinction ne peut se faire que par un ensemble de circonstances que l'usage seul peut apprendre à ap* précier. Un caractère cependant qui s'observe quelquefois dans les fissures, et qui n'a pas lieu dans les joints de stratification et d'injection, c'est qu'elles se perdent au milieu d'une même masse. On peut dire aussi que les fissures sont plus irrégulières , qu'elles sont plus rarement parallèles que les autres joints , et que les solides qu^elles limitent ont plus souvent la forme de prismes irrégnliers, dont les dimensions sont ordinairement moins étendues que eeiles des masses limitées par les autres joints , et qui surtout présentent rarement ces formes aplaties qui caractérisent les couches. Les fissures sont parfois restreintes dans les masses limitées par les autres joints ; d'autres fois \^ même fissure se propage dans un grand nombre de masses distinctes , en croisant les autres joints sous des angles plus ou moins ouverts. Du reste, quoiqu'il n'y ait, en général , aucun rapport entre les fissures et les joints de stratification , on r<»narque que celles-là sont souvent perpendiculaires à ceuxci ; et , quoique la combinaison de ces deux espèces de joints tende à diviser l'écorce du globe en prismes irréguliers, il arrive quelquefois, notamment dans les basaltes , que ces prismes présentent une certaine régularité.

200. Failles.^Le^ failles ** ne sont, à la rigueur, que de grandes fissures

* On a quelquefois désigné ce que j*appeUe ^otn/f de $traitfic<iHan , par la dénomination àt fissure de stratification ;maAs cette dénomination me paraît très-défectueuse; car le mot fissure annonce une fente pratiquée dans quelque chose qui était primitivement adliérente, tandis que ces Joints ne tirent pas leur origine d*un phénomène de ce genre , mais résultent au contraire de la simple superposition de deux masses Tune sur Tautre. D*un autre c6té, il m'a paru nécessaire de désigner les joints qui limitent les filons par une dénomination particulière ; car celles qui désignent les autres modifications de joints ne peuvent leur convenir, et j*at cm pouvoir adopter le nom de joints d'injection y qui exprime la manière d<mt U y a lieu de croire que les masses limitées par ces joints ont été formées.

**0n donne souventle nomde/lri/Ztt à de vériUbles fOon^y c*est-à-dire, à des masses piei^ reuses qui paraissent remplir une feote au milieu d'un système de couches; mais il me semble

ipii se propagent sur une longueur considéraUe, et quioonoordent avec un dérangement dans le niveau des parties correspondantes ; de manière que la même couche se retrouve plus haut ou plus bas d'un côté de la fissure que de l'autre, comme si l'un des deux massifs s'était enfoncé, tandis que l'autre serait demeuré en place ou aurait fait un mouvement en sens contraire.

201 » AllfJMre des mcbsses minéraJes. — L'ensemble des circonstances relatives à la position et à la puissance d'une masse minérale , forme ce qu'on ajfpelle Yailure de cette masse. On dit que l'allure est régulière, quand ces diverses circonstances demeurent à peu près les mêmes sur une grande étendue; et qu'elle est irréguJière, lorsqu'elles éprouvent des variations considérables.

Gomme les masses minérales sont rarement parfaitement horizontales , on distingue ordinairement dans leur position une direction et une incHnaùon. Cette dernière est l'angle que le plan de la masse fait avec l'horizon , auquel on ajoute la désignation du point vers lequel il plonge; 'ainsi, l'on dit que telle masse est inclinée d'autant de degrés , plonge à Test, à l'ouest, etc., et simplement qu'elle plonge vers tel point, sous tel angle. La direction d'une masse est celle d'une ligne horizontale , menée sur son plan ; indiquer la direction , e'est assigner les points de l'horizon vers lesquels cette ligne se dirige. On doit remarquer que la direction et l'inclinaison étant à angle droit , on peut conclure la première de la seconde : ainsi , dire qu'une masse plonge à Test ou à fouest, c'est indiquer tacitement qu'elle se dirige du nord au sud. En prenant l'inclinaison et la direction d'une masse, on fait abstraction des sinuosités; de même qu'en indiquant la direction d'une rivière, on fait abstraction de tous ses détours.

â02. Formes des pcM^ties de técorce du globe. —Nous avons déjà fait connaître {Min. 308 à 237) que nous croyons pouvoir ranger les formes que prennent les substances minérales dans cinq divisions principales, désignées par les épithètes de cristallines, concrétionnées, mchssives, firagmentaires et orgamques. Nous avons en même temps traité de quatre de ces divisions ; de sorte que nous ne parlerons ici que des formes massives , qui peuvent être considérées comme embrassant à elles seules toutes les matières qui composent le globe terrestre; car les cristaux , les concrétions, les fragments et les corps organisés fossiles , sont assez généralement renfermés dans les masses qui vont nous occuper.

203. Masses. — Celles-ci sont ordinairement désignées par les noms de couches, de masses non sirotées, défilons, de coulées et d*amas; mais

préférable-de restreindre ce nom au cas indiqué ci-dessus, c'est-à-dire, à celui d'une fissure correspondante à un changement de niveau dans les couches. Ou reste, ce dernier phénomène a souvent Ueu aussi dans les masses traversées par les filons , de sorte qat la même couche je trouve plus élevée ou plus basse d*un côté du filon que de l'autre.

STRUCTURE DE L'ÈCOhCE DU GLORE. n

lesdiflKr<»ices qui existent entre ces diverses modifications ne sont pas aussi tranchées que leurs noms semblent l'indiquer, et il est un grand mmibre de masses que Ton étudie depuis longtemps sans pouvoir être d'accord sur le nom que Ton doit leur donner.

HM. Couches. Caractères générauû;. — On appdle couchée *^ des masses minérales beaucoup plus étendues dans le sens de leur longueur et de leur largeur que dans celui de leur épaisseur, et qui sont posées les unes sur les autres , sans croiser ni couper d'autres masses.

Les deux faces d'une couchesont souvent sensiblement parallèles, de mamèi*e que la couche pourrait s'étendre indéfiniment en longueur et en largeur, si elle n'était bornéepar des escarpements ou par d'autres circonstances accidentelles.

205. Bancs, lits et nappes. — Les mots bancs et Hts sont quelquefois considérés comme synonymes de celui de couches ; mais ordinairement on les applique plus spécialement aux couches d'une nature particulière, qui se trouvent intercalées dans un système de couches d'une autre espèce , avee cette distinction que le mot banc se donne de préférence à des couches cohérentes **^ tandis que celui de lit est plus ordinairement employé pour désigner des couches meubles; ainsi, on dira qu'une montagne est composée de couches de calcaire, renfermant quelques bancs de sOex et quelques lits d'argile.

Par le nom de nappes on désigne aussi des couches particulières , qui diffèrent des masses avoisinantes, mais qui, au lieu d'être intercalées dûis celles-ci, comme les bancs, forment l'assise superfidelle du massif, et ont une étendue ordinairement peu considérable.

206. Diverses espèces de stratification. — Les couches présentent beaiucoup de variations dans leurs positions; tantôt elles sont à peu près horizontales, tantôt plus on moins inclinées et même verticales, tantôt planes , tantôt contournées ou repliées en zigzag. On est convenu d'aj^ler stratification horizontale, celle des systèmes de couches où celles-ci sont généralement peu inclinées, et stratifica^on inclinée, celle des systèmes dont les couches sont ou fortement inclinées ou verticales. On a aussi désigné par le nom de stratification arquée, celle des couches peu inclinées qui constituent une montagne, en s'élevant d'un côte dans le sens de la pente , en se courbant au sommet et en redescendant avec la pente opposée. Enfin, la dénomination de stratification a/^euf^ea été employée pour désigner les couches qui, reposait

* Le mot coudiAy ai latin tiratum, est quelquefois remplacé par celui de strmte, d*où Tiennent les mots de êirtMfié et de êiroHfloaHon, pour exprimer qu'un terrrain est disposé par couche.

** On a vu (17) que les marins donnentnme acception tout à fait différente au mot banc , puisqu*Us remploient pour désigner des masses de sable qui approchent de la surface de la mer, tandis^Mls se servent du mot éeueU pour désigner les rochers cohérents qui se trouvent dans le même cas.

M GÉOGNOSUL

sur un plan fndiné, sontjdns épaisses vers le basque vers le haut, et tendent, de eette manière, à prendre la stratification horizontale.

fiiursque deux ou plusieurs systèmes de couches sont posés l'un sur l'autre, en conservant leur parallélisme , on dit que ceis systèmes sont en strcdifiçor Hon concordante. Lorsqu'au contraire l'inclinaison des systèmes qui se touchent immédiatement est différente , on dit qu'ils sont en êtratificatkm discordante.

Lorsqu'un système de couches est disposé de manière que ceUes-d remplissent une dépression du sol inférieur, et sont par conséquent plus relevées sur ks hords que vers le milieu, on dit que ces couches forment un bassin; si, au contraire , c'est le milieu qui est plus élevé que les bords, on dit que ces couches forment une selle.

Lorsque des couches présentent leur épaisseur au jour, dans le sens de leur direction, on dit qu'elles sont sur leurs tranches; tandis que l'on dit qu'elles présentent leurs têtes, lorsqu'elles sont coupées dans le sens contraire. Ce dernier cas se montre principalement sur les flancs des vallées transversales*

HBfl .Benfiement etrétrécissementdes couches. — Quoique le parallélisme des faces des couches , et par conséquent l'uniformité de leur épaisseur, soit un de leurs caractères généraux , cette circonstance est loin d'avoir toujours lieu, et les couches éprouvent souvent des renflements et des rétrécissements, qui deviennent quelquefois des interruptions totales.

308. Typhons.— On considère comme masses non stratifié et nous proposons de nommer typhons * les parties de Técorce du globe qui présentent une épaisseur considérable , sans être divisées par des joints de stratification ; mais deux circonstances sont cause qu'il est souvent très- difficile de distinguer ces masses des rodies stratifiées : la première, c'est qu'elles peuvent n'être que des couches d'une épaisseur considérable ; la seconde, c'est qu'étant ordinairement traversées par une grande quantité de fissures, il' est trèsdifficile de savoir si, parmi les joints que l'on aperçoit, il n'y en a pas qui soient le résultat de la stratification.

Wd.FUons; caractères génércmsp.—Les filons sont des masses minérales intercalées dans d'autres, qu'elles coupent dans diverses directions. Leurs faces n'étant presque jamais parallèles, on ne doit pas les considérer comme pouvant, ainsi que les couches, s'étendre indéfiniment; mais on doit les envisager comme se terminant en coin ou en cône à une distance plus ou moins grande.

Les filons qui se trouvent dans un terrain stratifié ne sont point parallèles

* L*ab«ence d*ini nom univoqae pour désigner les wHuses non êtratiftée9 présentant des inconvénients ,j*ai cru pouvoir proposer celui Ae typhon ^ appliqué parla mythologie grecque à un géant enfoui dans Tintérieur de la terre, et dont M. Brongniart a dérivé la dénorainatioii d*un terrain qui comprend toutes les masses non stratifiées.

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aux couches; car, s'a en était ainsi, ils seraient des couches, des bancs, des lits, ou des amas couchés ; mais ils coupent les couches sous des angles plus ou moins ouverts. Cependant, comme les filons traversent souvent un grand nmnbre de couches et que leur allure est presque toujours irrégulière, il arrive quelquefois qu'ils suivent Tintervalle de deux couches, et alors , si on ne voit pas leur prolongement jusqu'au point où ils croisent les couches, on ne peut les distinguer de celles-ci que par des analogies tirées de leur nature.

Les filons se divisent souvent en plusieurs branches, se développent dans certains endroits , se resserrent dans d'autres , s'interrompent même tout à fait pour reparaître un peu plus lom. D'autres fois ils se croisent, c'est-à-dire qu'un filon se trouve coupé et traversé par un autre filon, qui lui-même sera à son tour coupé par un troisième.

Jjcs matières qui composent les filons sont ordinairement diflKrentes de celles des masses qu'ils traversent, ou tout au moins elles présentent des caractères particuliers.

On peut diviser les filons en quatre modffications principales , que nous désignons par les noms àe filoris proprement dit$ , de fUons fragmentaires, à^filong muriformes ou dykes et de filons coniques ou culots.

S10. Filons proprement dits. — Les filons proprement dits renforment ordinairement une grande variété de substances à l'état cristallin, et forment les gttes les plus abondants des minéraux , surtout des substances métalliques. On peut presque toujours y distinguer des matières principales et des matières accessoires ; celles-ci sont disséminées dans les premières en cristaux, en ropons , en grains et en veines , ou elles alternent avec elles par bandes minces, ou enfin elles se trouvent dans des cavités dont elles tapissent les parois. Dans les filons métaDifères, les parties non métalliques qui forment la masse principale sont désignées par le nom de gangue. Lorsque plusieurs branches de ces filons, ou lorsque plusieurs filons difl^rents se trouvent rapprochés dans un même massif , la partie qui se trouve , pour ainsi dire , pénétrée par un réseau de filons, est appelée stockwerk par les mineurs allemands.

211. Filons fragmentaires. —1a^ filons fragmentaires sont, en général, composés de fragments, plus on moins gros, de diverses substances ; ils sem* blent avoir leurs plus grande largeur vers la surface de la terre, et aller en se rétrécissant sans atteindre à de grandes profondeurs.

Les uns sont presque exclusivement composés de fragments de roches unis par un ciment pierreux ; tels sont ceux qui traversent plusieurs massife calca* reux des bords de la Méditerranée , et qu'on connaît sous le nom de brèches osseuses , parce qu'ils sont composés d'une espèce de calcaire brèche, renfermant des ossements de mammifères. D'autres fois ils sont composés d'argile, d'ocre, de limonite terreuse, renfermant des noyaux, des géodes, des blocs et quelquefois des amas de limonite, de galène , de calamine, de phtanite et

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d'autres substances : tels sont les principaux gttes de minerais de fer des pays entre l'Escaut et la Roer. Du reste , il y a une teOe liaison entre ces filons ^ les autres dépôts fragmentaires, les filons proprement dits, les amas couchés et les couches, qu'il est souvent impossible de dire à quelle catégorie appartient certain gtte.

212« Dykes. --.Les dykes sont ordinairement composés d'une masse pierreuse uniforme , et se présentent souvent comme des espèces de murs qui se prolongent au milieu de roches de nature différente. Il parait qu'en général leur épaisseur augm^te à mesure que l'on s'enfonce , et leur profondeur est inconnue. Les basaltes et les porphyres sont les roches qui composent le plus souvent les dykes.

213. Culots.— Les filons coniques^ que l'on nomme aussi culots*^ diffèrent des dykes , parce que leur forme, au lieu de donner l'idée d'un mur, approche plus ou moins d'un cône : ils sont quelquefois entièrement cachés dans les matières qu'ils traversent ; mais souvent ils forment au-dessus de ceUes-ci des élévations plus ou moins considérables. Il est probable que ces filons se prolongent jusqu'à des masses non stratifiées inférieures , dont on peut les considérer comme des espèces d'appendices : ce sont aussi les porphyres, les basaltes et les traohytes, qui présentent le plus communément cette modification de forme.

214. Coulées.— Les coulées sont ordinairement des dépôts superficiels qui ont pour caractère principal de présenter la forme d'un torrent qui se serait subitement solidifié **. ^

215. Amas.— On appelle crniM, des masses qui ne sont pas assez étendues pour éto'e rangées dans les typhons , dont les formes s'éloignent trop de celles d'une nappe, d'un mur, d'un cône ou d'un torrent, pour qu'on les appelle couches , filons ou coulées , et qui sont trop volumineuses pour être réputées fragments. Mais, comme il n'y a aucune limite tracée à ce sujet, et, en supposant qu'il y en eût, comme il arrive souvent que Ton ne peut apprécier les

* Le nom de cuhi ^ qui a déjà tant de significations dans les arts , ne me parait pas tr^heureux ; mais , comme quelques géologistes s*en servent maintenant et qu*il est plus commode que les dénominations binaires, j*ai cru préférable d*en faire usage plutôt que de créer un autre nom.

** Je ne place ici les coulées , comme une des formes ^nérales qu*affectent les masses minérales, que pour reproduire, dans ma nomenclature , une dénomination qui est très en usage dans la description des contrées volcaniques , car cette espèce de gisement se confond tout à fait , sous le rapport de Torigine, avec les autres; en effet, les coulées ne sont, à la rigueur, que de véritables amas superficiels ; on sent, en outre, que si la masse fluide d*une coulée s'est moulée dans une fente , elle devient un filon ; que si , au contraire , elle 8*est étendue sur une grande surface , avec peu d^épaisseur , elle formera une nappe , et qu'enfin , si eUe a pris une épaisseur immense , eUe formera une masse non stratifiée.

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dimensions des masses minérales, on sent que Tap^ication da nom d'amas est fort arbitraire ; dn reste, on laisse ce nom à des masses qui composent des collines entières, et à d'autres qui n*ont que quelques mètres cubes.

Les amas sont ordinairement intercalés dans des masses de nature différente, et alors ils ont souvent la forme de boudins, d*œuft ou de lentilles, mais dans des proportions gigantesques ; d'autres fois ils sont déposés à la surface du sol, et alors ils prennent souvent la forme de poches ou de bateaux. En général, les amas ne sont que des couches ou des filons qui n'ont pas les dimensions en longueur et en largeur qui caractérisent ces masses ; dans le premier cas on leur donne ordinairement le nom d'amas couchés.

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