DIVISION DES TERRAINS
par la dénomination génériqne de terrains meubles superficiels. Quant aux mots de terrains en place et de terrains de transport, ils se rapportent à l'idée qu'une partie de Técorce du globe est composée de roches demeurées à la place où elles ont été formées , tandis qu'une autre partie est composée de fragments et de débris transportés d'un autre lieu *.
* CtmsidéraiiaHê à l'appui de cette difpidm. — Quoiqu'il n*entre pas dans le plan de cet ourrage , purement élémentaire, de se livrer à des discussions pour soutenir les opinions que Ton y a suivies, ni de donner des détails historiques sur celles qui ont été successivement abandonnées, ou qui s<mt encore admises par d*autres géologistes, il est indispensable que Je présente ici quelques explications sur la méthode que j*ai adoptée, et que je justifie quelques différences qu*eUe oflfre avec d*autres méthodes plus généralement suivies.
Ancienne dhHsian en terrains primiHf s et êectmdaires, — Quand on eut constaté qu'O y avait des parties de Técorce solide du globe qui renfermaient des corps organisés, on sentit que cette écorce n*avait point été formée d'un seul jet, puisque , indépepdamment des dépôts postérieurs à l'apparition des êtres vivants, il devait en exister d'autres formés antérieurement, qui avaient, pour ainsi dire, servi de base solide aux premiers végétaux et aux premiers animaux. On établit dès lors une grande classification chronologique, et on distingua les terrains en primiHfà et iecandaires, c'est-à-dire antérieurs et postérieurs à l'existence des êtres vivants. D'autres observations amenèrent des divisions plus compliquées, et on augmenta successivement le nombre des classes ; mais alors on éprouva le désir de ravoir une division principale qui permit de désigner une grande partie de l'écorce du globe; et, de même que la subdivision des genres de Linnœus a amené les zoologistes à reprendre ces mêmes genres comme des fomiUes , la multiplicité des classes géologiques m'a porté, ainsi que plusieurs autres naturalistes , à ne considérer ces classes que comme des ordres , et à revmir, pour les grandes coupes , à la division binaire ; mais , pensant que les terrains que l'on appeUe de transition s'associaient mieux avec les terrains primitife qu'avec les terrains secondaires , je les avais rangés dans la première classe en substituant au mot primitif, celui de primordial, que l'on pouvait entendre dans un sens plus large et qui peut être opposé à Becondaire, en rendant ces mots comme les simples équivalents de plus ancien et de plus nouveau,
Inconvénienis de la méthode chronologique, —Mais ce mode de division, étant purement chronologique, foisait abstraction du mode de formation , et cette dernière circonstance ayant beaucoup plus influé sur les caractères des masses minérales que l'époque de leur formation, il en est résulté que les rapports naturels étaient rompus par toutes les classifications chronologiques. Aussi, tout en proclamant l'ordre chronologique comme base de la méthode, on s'en écartait, toujours plus ou moins dans la pratique. C'est ainsi que , dans les divisions qui admettaient plus de deux classes , on voyait presque toujours , à eété des classes basées sur l'ordre chronoli^que, une classe (celle des terrains volcaniques) fondée sur le mode de formation. <rest ainsi que , dans les classes fondées sur l'ordre chronologique , on a toujours fait des subdivisi<ms qui intervertissaient cet ordre en faveur des rapports naturels; car les partisans les plus exclusif de la méthode chronologique ont, par exemple , toujours fait deux divisions distinctes des tourbes et des tufs modernes, plutôt que de ftdre des subdivisions chronologiques qui auraient également renfermé des parties de l'un et de l'autre de ces dépôts. Cependant, en agissant de cette manière , ils séparent une assise de tourbe d'un dépôt de tuf qui lui estcontemporain, pour la réunir à une autre assise tourbeuse , qui est trois ou quatre mille ans plus ancienne.
DMêùm en dêus eia$êe9, d'aprèê le tmkk de fl>rmaUtm.-^Ce9 incoBvénlenU de Tordre chronologique auraient sans doute porté depuis longtemps à faire primer la division par mode de formation , si Ton n'avait pas été arrêté d'un côté par les incertitudes sur Porigine de certaines roches , et de Fautre par Topinion où Ton a été longtemps , que les roches , fermées de la manière que les chimistes appellent par la voie sèche, étaient dans une proportion infiniment moindre que celles formées par la voie humide. Mais le développement que Ton a cru pouvoir attribuer, dans ces derniers temps, à la première de ces origines, porte maintenant plusieurs géologistes k prendre le mode de formation pour premier point de départ de leurs divisions ; d'où Ton a fait la classe des terrains straUfiès ou formés par Peau, et celle des terrains non stratifiés ou formés parle féu ; classes que Ton désigne ordinairement par les dénominations plus courtes de terrains neptuniens et de terrains plutoniens. Cette marche donnant des résultats beaucoup plus naturels, et permettant d'établir une' méthode de classification plus rationnelle que celle qui prenait l'ordre chronologique pour point de départ , j'ai cru devoir l'adopter.
Subdivision en ordres, ~ Cette première coupe étant établie, il s'agissait de passer à des divisions d'un rang inférieur; et, sous ce rapport, je ne voyais aucun inconvénient à prendre, comme division de second rang, la plupart des coupes chronologiques dont on se servait habituellement sous le nom de classes; car, outre l'avantage de conserver le plus que possible des divisions usitées , il était indispensable de corriger ce qu'il y a d'hypothétique dans la division en terrains neptuniens et plutoniens, par une subdivision f6ndée sur une base moins difficile à saisir, et l'expérience avait, pour ainsi dire, prouvé que l'on ne pouvait parvenir à un résultat naturel qu'en combinant les considérations tirées du mode et de l'époque de formation ; car, de même que je disais tout à l'heure que personne n'avait jamais pensé à faire avec les tourbes et les tufè des coupes qui , en confondant ces deux natures de dépôt , les subdivisassent par époque de formation, on n'a pas rangé non plus, dans une même division géologique, toutes les tourbes, tous les lignites, toutes les houilles et toutes les anthracites , quoique la plupart des naturalistes aient vu beaucoup d'analogie dans le mode de formation de ces roches.
J'ai cru, en conséquence , devoUr prendre pour premier point de départ de mes ordres, ou divisions de second rang , les six classes de la méthode qui a été le plus généralement suivie dans le commencement de ce siècle; classes que l'on désignait ordinairement par les noms de terrains primitifs, de terrains de transition, de terrains secondaires, de terrains tertiaires, de terrains de transport et de terrains volcaniques ; mais la délimitation de quelques-unes de ces coupes et la dénomination de presque toutes m'ont paru présenter des inconvénients que je vais successivement signaler, en indiquant en môme temps les changements que j'ai proposé d'y opérer.
Terrains agal^siens. Terrains hémifjrsiens. — D'abord les deux premières de ces divisions , celle des terrains primitifs et celle des terrains de transition , réunissent chacune des roches qui appartiennent à mes deux grandes classes; ce qui exige , en premier lieu , de dédoubler chacune de ces deux divisions. Or, lorsque l'on a opéré cette séparation, on obtient, d'une part, des roches neptuniennes , et, d'autre part, des roches plutoniennes , qui ont tellement de rapports entre elles , que leur subdivision en quatre ordres parait tout à fait inutile. J'ai donc cru devoir continuer à n'en faire que deux ordres ; mais les noms de terrains primitifs et de terrains de transition ne pouvant plus s'associer avec ce nouvel arrangement , qui n'avait rien de chronologique , j'ai donné à mes deux nouveaux ordres les noms de terrains agatysiens (dissous), et de terrains hémUysiens (demi-dissous) , que M. Brongniart a employés en 1837 pour désigner des coupes qui correspondaient à peu près à celies que j'adopte. A la vérité, dans son travail de 1829, M. Brongniart a changé l'application de
DIVISION DBS TtlRAINS. f M
cetdeiUjiioU, ai raageMt les |â«8 inporianti de •€• terraiiit «^idytlcM 4^ daite àéê téitaios pliit6*iqii0f ; malt , oonme cet daix dénominattett^appUqiMSittrèi-iiett A met dettzordrtt, le premier éUnt ^énéralemeiit eempoté de roebet plut erittalMnet ^ue leteeoDd^il m*e paru qu*U valait mieux t'eo tenir que d'ea créer de Douvdlet.
Jeftrairemarquer,avaiit de quitter cet deux ordret^ que j'ai pemé, avecplotlem» géele gittet acluelt, que le terrain houiUer devait être placé dant let terraint de tnntitioB, ou hémitytient de ma nomenclature , pUitdi que dant let terraint tecondairet , oà il ett rangé par d*autret.
Jlnraim ammonéêm. JlBrraùu térMrêê. -^ Let nomt de terraint teocmdairet et de terraint tertiairet tont trèt-vicieux, puitqu'ik indiquent let Sh et 3« divitiont, tendit «pi'on ]«t ap|4iqae aux 8« et 4«. J*ai cru , en contéquencç, pouvoir remplacer le nom de terrain tecondaire, prit dant le tent qui vient d'être indiqué, par celui de terraim ammonéem, qui ett dettiné à rappeler que cet terraint tont ceux qui renferment le plut alxmdamment cet, animaux, actuellement perdut, que Ton appelle ammoaitet. Quant aux terraint ter* liairet, J'tediquerai , lortque j'aurai lait connaître Taccroittement que je croit que cette diviaion doit recevoir, let motife tur letquelt ett fondé le nom que je leur attigne.
Termùu modénMet.— Le nom de terrainê de transport f attribué à la cinquième divition, n'eet pat meilleur que ceux de tecondaire et de tertiaire; car, outre que Ton ett loin d*y ranger tout let terraint qui ont tubidettraatportt, on ett forcé d'y comprendre det dépote qui annoncent moint de trantportt que plutieurt de ceux placét dant let autret divitiont, D*un antre côté , je pente , avec IL Brongniart , qu'il convient de retirer de cette divitlon le terrain de trantport par excellence, celui que j'appdle , avec plutieurt géologittet , terrain dUuvien , lequel me parait mieux placé avec let terraint tertiairet ; car, tendit que let autret groupée ditt de trantport ont été formét dant un état de chotet abtolument temblable à ce qui exitte actuellement , le terrain diluvien a été formé, comme let terraint tertiairet, à une époque où l'état de notre globe était différent de ce qu'il ett aHjourd'bui , et il doit ton origine àdet pbénomènet qui différaient, au moint par leur intentité, de ceux qui ont lien maintenant. On c^ecte à la vérité , contre cette dattification, qu'il y a tant de rettemblance entre le terrain diluvien, ou alluviont anciennet, et let aUuviont modemet, qu'il ett touvent impottible de let dittinguer; malt, outre qu'une temblable contidération doit céder le pat ft eeUet tiréet du mode et de l'époque de formation, je forai remarquer que det rettonblanoet autti fortet exittent entre le terrain diluvien et le terrain tertiaire.Ge rapprochement d'une partie det terraint ditt de trantport avec let terraint tertiairet, combiné avec le peu de puittance d^ i»«niiert , m'avait porté , en ISIS , à ne foire de cet deux divitiont qu'un teul ordre,^que j'appelait terrainê mastostoatiques ; mait ayant tenti, depuit, que l'établittement de l'état actuel du globe était une circonttance atsez importante pour motiver l'établittement d'un ordre particulier de terraint, j'ai rétabli cet ordre dant ma méthode. On concevra, d'aprèt ce qui vient d'être dit, que je n'ai pat cru, non plut, pouvoir lui donner le nom de terrûin jovien, employé par M. Brongniart pour une divition qui ne diffère pat beaucoui^ de la mienne, parce que cet ordre étant une dépendance de ma clatte det terraint neptunient, il eût été inconvenant de foire de Jupiter un tHJet de Neptune ; j'ai en contéquence détigné cet ordre par le nom de terraini modernes, imitant en cela let hittorient qui font commencer Vhistoire moderne à l'époque où la phipart det Éfatt politiquet actuelt ont été établit.
Quant à l'ordre précédent qui , tel que je le Umite, ett composé du terrain diluvien et det terraint tertiairet, le nom de terraint mattozootiquet peut toi^ourt lui convenir, puisque c'ett dans cet groupée qu'ont été trouvét let débris de grande mammifèret qui ont ti puittamment contribué aux pregrèt de la géologie , et que d'ailleurs let dtf rit de ce genre tont raret dant let terraint modemet , parce qu'en général ilt te forment ti lentement , que let
lit GÉOGNOSIE.
Nttet iTaniiMux se déooaipoteiit plutôt <|iie de ptteer à TétH fottile, oepentait, la déaotnioatton de terrains mastoxooCiqoes ayattt ritteonvénient d*ètre longue et difficile à prononcer, je l*ai remplacée par celle de tBrroinê tériaire$ , qui ne diffère pas sensiblemeot de celle de terrains tertiaires, à laquelle on est habitué, et que Ton peut cependant considérer eomme dérivée de ihefiumf ce qui lui donne à peu près la même signification que celle de mastozootique.
TtrtQim jpxnÂdea, — Le nom de terrains volcaniques , adopté par opposition aux cinq divisions qui précèdent , présente aussi des inconvénients ; car on est obligé d*y comprendre , outre les produits volcaniques proprement dits, les tracbytes et les basaltes , dont le mode de formation, quel qu*il puisse être, n'est pas absolument le même que celui des produits de nos volcans ; j'ai donc cru devoir remplacer cette dénomination par celle de terrains VT" roltdesy destinée à rappeler que tous ces terrains ont des caractères extérieurs qui les rapprochent des matières minérales qui ont subi Faction du feu; mais il ne fout pas perdre de vue , à cet égard, que le nom de pyroîde, c'est-à-dire qui ressemble aux produits du feu, est très-différent de celui de pyrogène, ou engendré par le féu ; lequel tendrait à indiquer que cet ordre contient tous les terrains auxquels on attribue une origine ignée.
Disposition sériais des terrains,— Le rang dans lequel je viens d'indiquer ces six ordres, diaprés l'usage ancien , ne pouvant plus être conservé , puisque des deux ordres plutoniens, l'un se trouve au commencement, l'autre à la fin de la série, il s'agissait de lui en substituer un autre.
Plusieurs géologistes , voulant concilier l'ordre chronologique avec la grande division d'après le mode de formation, ont imaginé, dans ces derniers temps, de placer, sous le nom de terrains hors de série, les terrains plutoniens à côté des terrains neptuniens , an milieu desquels ils se trouvent intercalés; mais cette marche a aussi, selon moi, plusieurs inconvénients; car, en voulant donner, de celte manière, une espèce de représentation graphique de la position des terrains , on est dans le cas de devoir répéter un grand nombre de fois les noms des terrain* plutoniens , puisque ceux de ces terrains qui , poussés de bas eo haut, ont atteint les terrains supérieurs, doivent aussi se trouver intercalés dans les terrains inférieurs. D'un autre côté, une semblable représentation n'a pas la simplicité que Ton exige d'une classification , et elle a l'air de mettre à la simple énumération des matières qui composent l'écorce du globe, une prétention d'exactitude que la complication de cette écorce et l'insuffisance de nos moyens d'instruction à ce sujet, ne nous permettront jamais d'atteindre.
Il m'a paru , d'un autre côté , qu'il y avait un moyen de pouvoir concilier, jusqu'à un certain point, la division par mode de formation , avec la disposition en une série unique , qui donnât une idée de l'ordre dans lequel les terrains sont disposés dans l'écorce solide do glolie. Ce moyen consiste à placer d'abord les terrains neptuniens dans l'ordre si heureusement introduit par les géologistes anglais, c'est-à-dire, de haut en bas, et de les faire suivre par les terrains plutoniens , disposés dans un ordre inverse ; c'est-à-dire , de commencer par les granités que nous voyons se lier avec les plus inférieurs des terrains neptuniens , de prendre successivement les autres groupes à mesure qu'ils sont en contact avec tes terrains plus élevés dans la série neptunienne , et de finir par le terrain volcanique que nous voyons Venir se poser sur les terrains les plus modernes. Or, je dis que, malgré cette dernière circonstance , Tordre de structure du globe est moins interverti dans cette classification que dans toutes les autres; car on est assez généralement d'avis aujourd'hui que les produits des volcans ne sont pas le résultat de la fUsion des roches que nous voyons à la surfSsce de notre globe ; mais que ce sont des matières poussées de dessous ces roches. De sorte que , si , en plaçant ces terrains dans mon tableau en dessous de toutes les autres roches , je n'exprime pas b position réelle des parceHes qui sont parvenues à nos yeux , j'exprime au moins
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la poilttov des grandes maMet, dont noot «opposons que ces parceUes ont été détadiées. Cotuidérttiionê sur la méthode aoeeêêolre. — Au surplus , quels que soient , sous le rapport rationnel , les avantages de la division en terrains neptuniens et plntoniens, Je ne dislimule pas, ainsi qu^on Ta vu ci-dessus, qu'elle a Tinconvénient d'obliger de se serrir à cliaque instant d'une dénomination qui se prononce sur une question qui, de sa nature, demeurera toujours hypothétique, savoir le mode de fènnation des granités et des porphyres ; mais j'ai cru parer, jusqu'à un certain point, à cet inconvénient, en conservant, comme méthode accessoire, ainsi qu'on l'a vu ci-dessus , la division en terrains secondaires et ter» rains primordiaux ; division que j'ai adaptée à l'ordre sériai naturel que je viens de proposer, en y ajoutant , par forme d'appendice , une troisième petite classe , composée des lerraiiis pyrofdes, lesquels ne sont en effet ni primordiaux , ni secondaires ; car, si d'un côté la position où nous les voyons les a souvent feit ranger parmi les terrains secondaires, Torigino que nous leur supposons les rend , pour ainsi dire, plus primiii/^ que les terrains primitilii proprement dits.
Subdivisùm en groupes spéciaux. — Les classes et les ordres étant étaUis , il s'agissait de passer aux divisions de troisième rang, et ce que j'ai dit ci-dessus a pu faire sentir qu'il convenait de reprendre , dans les limites établies par les divisions de second rang , les conlidérations tirées du mode de formation ; carj*ai déjà fait remarquer qu'il serait absurde de vouloir, par exemple , dépecer chacun des dépôts de tourbe et de tuf pour réunir ensuite des parcelles de chacun de ces dépôts dans l'ordre de leurs époques de formation. Aussi , en appliquant ce mode de subdivision aux terrains modernes , dont l'histoire mieux connue se prête facilement à un arrangement systématique , j'ai obtenu dék coupes qui , non-seulement sont naturelles , mais qui ont , en outre , l'avantage de correspondre avec celles employées dans l'usage vulgaire. C'est d'après ces principes que j'ai divisé les terrains modernes en cinq groupes contemporains , dont le premier renferme des dépôts formés par des animaux \ le second , des dépôts formés par des végétaux; le troisième , des dépôts formés par l'action mécanique des eaux atmosphériques; le quatrième, des dépôts formés par l'action mécanique des eaux répandues à la surface de la terre ; et le cinquième , des dépôts formés par l'action cbhnique des eaux qui sortent du sein de la terre. '
Les terrains tériaires laissant encore entrevoir, quoique d'une manière hypothétique, les circonstances principales de leur formation , j'ai pu aussi y appliquer le même principe , et je les ai divisés en trois groupes que je suppose avoir été respectivement formés , savoir : le premier, par l'action mécanique d'eaux violemment agitées ; le second, par l'action , plus souvent chimique que mécanique, d'eaux douces, et le troisième par l'action, aussi plus souvent chimique que mécanique , d'eaux salées.
Quant aux terrains ammonéens, nous n'avons plus de moyens d'y établir des divisions fondées sur le mode de formation, de sorte que j'ai dû me borner à y (aire, ou plutôt à choisir, parmi les coupes que l'on a déjà établies , une division en cinq groupes , qui sont uniquement supposés représenter cinq époques successives de formations.
Si nous passons maintenant aux terrains hémilysiens, nous trouverons que non-seulement les circonstances relatives au mode de formation nous échappent, mais que celles relatives à l'époque deviennent fort hypothétiques; aussi est-on loin d'être d'accord sur l'âge relatif des diverses associations de roches qui les composent. J'ai cru toutefois pouvoir y établir quatre groupes que l'on est dans l'habitude de considérer comme correspondant à quatre époques successives ; mais je n'oserais assurer que cette manière de voir soit exacte , et il ne serait point impossible que ces groupes se rapportassent à des rapprochements de composition plutôt qu'à une série chronologique.
Le mode de formation des terrains agalysiens étant, comme je Vai déjà indiqué , tout à fait
lit GI0G1I06IB.
bnMthéUque, el to««et kt atiociaCioM de roefatt nofiet dans eel otdre préuptanl de §naà$ rapporte de eompeeitkm, et étaot somreBt interciMi l*aDe daM Tantre, Il parait dHifile d*y trovrer un bon mode de diTiekmi Je me luie en contéquenoe foomé à ranger, aelon Tneage le plue ordinaire, dana on preaDier groupe les rochet ^ ont ordinairement la teztuK granitolde, et dans un second groupe celles qui ont ordinatrement la texture porpliyrolde ; et sans prétendre qu*une ditision aussi empirique soit la mdllevre , je dirai quelle semble correspondre avec Tordre chronologique, les roches du second groupe paraissant araif été consolidées après œHes du premier.
La subdivision des terrains pyroldes présentait aussi des difficultés; car si , d*un côté, les rapports mlnéralogiques avalent d^à porté à établir trois groupes, selon que les basaltes, les trachytes et les téphrines paraissent dominer, il n*est pas encore démontré que Von puisse attacher quelques considérations géologiques à ces trois groupes , du moins pour les deux premiers , qui sont probablement contemporains.
Le choix des dtoominations à donner à ces vingt-deux groupes me paraissait plus diAcOe que leur établissement; car on a pu voir, par les irrégularités que présente le système de division exposé ci-dessus , qu*il était à peu près Indiffèrent que Je choisisse d*a<itres coupes parmi les diverses méthodes en usage, puisque toutes ces méthodes arrivent au même résultat, la connaissance de ce qui existe dans la nature , et qu*il est asseï indifférent que t^e association de roche soit présentée comme une division de troisième ou de quatrième rang. L*obJet important est d'en ftiire connaître les caractères. Mais il n*en est pas de même de la nomenclature, attendu que la plupart des anciennes nomenclatures présentent beaucoup de déftiuts, et ont donné matière a beaucoup d'erreurs. -^Défintis des unetBnneê notnenokh l«r«s.— On sent , en effet , que la nomenclature géologique devrait être uniquement fondée sur le mode ou Tépoque de formation des roches; mais le peu de connaissances positives que nous avons sur ces phénomènes, et la circonstance que des roches, formées à la mèoM époque et sous des conditions générales absolument semblables, présentent de grandes aitffrences dans leur nature et dans leurs caractères , rendent TappUcation de ce principe bien difficile , lorsqu'il s'agit de l'adapter aux divisions inférieures, qui sont toujours moins arbitraires ; aussi la plupart des auteurs, tout en appliquant des dénominations purement géologiques aux grandes coupes, se sont-Us souvent bornés à désigner les groupes de rang inférieur par les noms dHrae roche dominante , et cette espèce d'inconséquence a donné lien à beaucoup de confosion , parce que l'on est à chaque instant dans le cas de ne pas savoir si Ton parle â*vm terrahi ou d^me roche.— Prèic^pes de la nominaiure adopêèe dam cet ouvrage, — ranrais donc désiré de pouvoir donner une classification et une nomenclature des terrains qui fossent exclusivement géologiques ; mais, outre que Je ne me crois pas le talent nécessaire pour opérer une semblable réforme, l'incertitude où l'on est encore sur le mode de formation et sur l'âge relatif d'un grand nombre de terrains , ainsi que les différences de nature qui existent souvent entre des terrains formés à la même époque et de la même manière, ne permettraient pas d'établir une nomenclature en harmonie avec le principe énoncé ci-dessus, sans obliger de créer une foule de dénominations qui occasionneraient de nouveaux embarras en compliquant les synonymies. Je ne pouvais cependant pas admettre dans mon système de nomenclature des dénominations qui m'eussent nûs dans le cas de dire que le calcaire de$ Alpee n'est compœé que de grès dans les Fôsges,
rai cherché à éviter ce double inconvénient en adoptant une espèce de terme moyen, qui consiste à donner seulement aux divisions de troisième rang, c'est-à-djre , aux groupes que Je viens d*indiquer, une dénomination a^jective purement géologique , ou du moins susceptible d'être prise dans un sens exdusivement géologique, et de laisser aux subdivisions de ; inférieur l*un ou l'autre des noms sous lesquels on les désigne le plus communément;
DIVISION OBS TERRAINS. IfS
l'iiieoiiTàilentdMiKMMiiiiiiértlogiqaet dm ptraistant ub peu diniMié |Mir la ftwvltédtlèiir aiQoindre, lorsqu'il était néeettaire, la dénominatloD a4i€oti?c de la dlTWon de troiiièiBe rang; «lait quelque réservé que j'ernse été, alnilqu*<m vient de le voir, dans rétabUssenent decesgroupes,il y en avait pour lesquels Je ne trouvais pas de dénominatioDS géologiques en usage qui pussent s'appliquer, et quelquefois , au lieu d'en créer, J*ai oontlMié à fUre dériver le nom du terrain de celui de la roche principale, m prenant pour guide l*usage déjà introduit pour quelques groupes, c'est-à-dire, de ne ee servir des noms de roches, pour désigner un groupe de terrain , qu'en leur donnant une terminaison adtective, ce qui rend le contre-sens moins fort En effet, quand nous disons que le «fmnén AoifîUsr ds «rfto loi»iUé ne contimi pas de homiUêy notre oreille n'est point choquée, et nous c eac tvous à llnstant que l'on trouve dans cette localité les roches qui aooompagnent oeilnalremettt la houiUe , mais que celle-ci n'y a pas encore été observée.
C'est d'après ces principes généraux et quelques considérations spéciales que Je ferai emmaitre en traitant des groupes en particulier, que J'ai adopté les vingtpdeux dénominaÉlons portes dans le tableau mentionné ci-dessus. On remarquera que parmi oes noms il f en a plusieurs qui sont tirés de l'une des roches qui se font particuUèrement remarquer dans celles qui constituent le groupe. Mais on ne doit pas perdre de vue que cette roche peut manquer tout à teit dans certains lieux , et qu'elle peut se reproduire dans des associations placées nous d'autres noms : ainsi, de même que J'ai dit tout à rheure qu'il y avait du tmrfoim himiller sofis kouUh, on trouve aussi de la houille dans d'autres groupes que celui que j'appelle terrain houiller. Afin d'éviter toute confusion à ce sqjct , on doit avoir soin de ne pas se servir, à la suite du mot temdn , d'une dénomination a^iective dans un sens AMrenl de ceux indiqués au tableau. Ainsi, pour suivre l'exemple cité ci-dessus , Je dirai, lorsque Je voudrai exprimer que la houille se trouve dans diverses associations de roches , qu'il y a l^usieurs terrainê à houille; mais Je n'appliquerai Jamais le nom de tenrnin kauiUer qu*à celui désigné sous cette dénomination au tableau , et qui comprend le àépài de houile le phM important qui a été observé jusqu'à présent.
La ressemblance que Ton trouvera entre mes principes de nomenclature et ceux que M. Brongniari a suivis dans son tabletm des lerrainê, publié en 1090, fera dire , peut-étare , que , pour éviter de nouvelles synonymies, J'aurais dû m'en écarter moins ; et probablement qu'tt en aurait été ainsi , si la rédaction de mon travail n'avait pas précédé la publication de oehii de M. Brongniari; mais ayant été forcé de créer une méthode particullèra,il m'est arrivé ce qui arrive à presque tous les auteurs , c'est-à-dire que Je n'ai pu me décider à sacrifier ce que j'avais imaginé. Du reste, la différence principale consistant dans un moins grand nombre de divisions , U m'a para qu'U n'y avait pas d'inconvénient à présenter une méthode dressée d'après des règles analogues, mais qui , exigeant moins de précision , pût avoir, dans certains cas, Tarantage d'être d'une application phis facile.
SttbiàfMon de9 groupes êpécùm». —Quant aux subdirisions d'un rang Inférieur aux groupes spéciaux , je n'ai pas cra devoir essayer d'y introduire une méthode régulière de classification et de nomenclature. Je me suis donc asseï généralement servi du mot ^yeième pour désigner ces subdivisions, sans, y attaciier aucune idée autre que celle de présenter une division marquée par quelque caractère particulier, etqai, pour être d'un rang inférieur aux groupes spéciaux , pouvait être quelquefois plus importante et mieux caractérisée que d'autres divisions admises à figurer dans le tableau comme groupes spéciaux. D'un autre cûté, i'étttidue de quelques-uns de ces groupes ne permettant pas de se horaer à une seule subdivision. Je me suis aussi servi des motséâoff et mamèraf mais ces deux mots ne pouvaient pas ee prendre dans un sens aussi arbitaire que celui de système: surtout celui d'élo^ y qui présente une idée déterminée de position. Mais comme un même étage se compose quelquelMs
lli GÉ0GN0S1£.
<l« parties présentant des caractères très • différents, c^est- à- dire, formant des systèmes particuliers, j^ai cru devoir faire primer les étages sur les systèmes, et considérer, par consé- <iuent, ceux-là comme division du quatrième rang, et ceux-ci comme division du cinquième rang; mais attendu que nous sommes loin d*avoir des connaissances suffisantes pour pouvoir assigner la position géognostiquede toutes les sulxlivisions que Ton peut établir dans les groupes de terrains, j'ai pris pour règle de n'employer le mot étage, non-seulement que quand nos connaissances sur la position relative de ces divisions le permettait, mais encore lorsqu'une subdivision de cinquième rang était nécessaire. Ainsi , lorsqu'on pouvait se passer d'une semblable subdivision , j'ai ordinairement employé le nom de système, qui, par conséquent, représente souvent, pour moi, des divisions de quatrième aussi bien que de cinquième rang. Quant au nom de fnembre, il exprime moins une association qu'une seule espèce de rocbe qui entre dans la composition d'un terrain quelconque. Cependant, comme on lui donne quelquefois , surtout dans la géognosie allemande , le même sens que celui que la géognosie française attribue au moi ^stème, Je m'en suis servi aussi dans ce sens lorsque, ayant besoin de subdiviser des systèmes, il convenait d'avoir une dénomination moins indéterminée que les mots modifications ti parties, qui non-seulement doivent conserver une acception tout à foit arbitraire, mais qui, d'un autre côté, n'emportent pas en général l'idée d'une distinction qui ait quelque chose de déterminé. On voit , par ce qui précède , que Je n'attache aucune détermination méthodique aux subdivisions des groupes spéciaux; je les prends , au contraire, dans des sens purement relatifs et souvent purement locaux, la géognosie n'étant pas encore assez avancée, et ne devant peut-être jamais être assez avancée , pour que l'on puisse se flatter de pouvoir véritablement cofnparer les relations géognostiques de toutes les roches qui existent dans les diverses parties du globe.
Pour ce qui concerne les dénominations de ces subdivisions , il m'a paru que les étages emportant toujours avec eux des relations de superposition, pouvaient, ainsi qu'on le fait Habituellement, être distingués parles épithètes de supérieur, de mcixen et d'in/èr^ur; mais ces dénominations de position ne pouvaient être appliquées aux systèmes , soit parce que ceux-ci sont souvent parallèles, au lieu d'être superposés , soit parce que la position relative de plusieurs d'entre eux n'est pas encore connue , soit enfin parce que les dénominations numériques que l'on donnerait à ceux dont la position est connue , seraient dans le cas de devenir inexactes dès que l'on découvrirait dans un autre lieu un nouveau système appartenant au même étage; chose dont on a un grand nombre d'exemples. D'un autre câté, j'ai déjà fait connaître les motifs pour lesquels je ne voulais employer pour ces petites divisions que des noms déjà usités , à moins qu'ils ne consacrassent des idées que des observations postérieures avaient fait reconnaître fausses ; mais, comme il y a souvent plusieurs dénominations en usage pour désigner un même système , il convient que je fasse connaître les motifs qui m'ont dirigé dans la préférence à leur accorder. Ces dénominations sont , en général , ou triviales , ou géographiques, ou purement minéralogiques. Les premières , lorsqu'elles ne sont pas trop ridicules, sont, selon moi, les meilleures; aussi voyons-nous, quoiqu'on ait souvent cherché à les proscrire du langage de la science , qu'elles s'y établissent tous les jours davantage , et les noms de lias, de keuper, de sechstetn, donnés à certaines couches par les carriers et les mineurs de quelques parties de l'Angleterre et de l'Allemagne, sont connus de tous les géologistes et se trouvent maintenant dans tous les livres. Les noms géographiques sont loin d'être sans inconvénient, et nous éprouvons toujours un sentiment de peine lorsque npus devons dire que le grès des Vosges est commun dans le Schu>arswald; mais au moins ces dénominations ne donnent point d'idées fausses , tandis que les dénominations purement minéralogiques sont à chaque instant dans le cas de nous égarer, dès que nous voulons nous en servir dans un sens géognostique , puisque le même étage ou la même
Digiti
DIVISION DES TERRAINS. Iltt
eoucbe sont ioureiit dans le cas de changer de nature ou de caractères , non-seulement d\ine contrée à me antre, mais aussi dans le même lien. G*est ainsi, par exemple, que quand nous voyons le grès de Kœnigstein rangé sous la rubrique de grès^ veri, nous ayons beau SToir appris que ce grès est blanc , et que grès vert n*est là qu'une dénomination géognostique, il est presque impossible que Tidée d'une nuance verte ne se représente pas à notre imagination; j*ai donc pensé qu'il convenait de préférer les dénominations géographiques à celles purement minéralogiques. D'un autre côté, les géologistes anglais ayant employé beaucoup de noms géographiques , qui souvent ont été reproduits dans les ouvrages français avec leur construction anglaise , il m'a semblé que cette marche devait être adoptée autant que possible , parce qu'elle donne à ces dénominations géographiques l'avantage des dénominatîMistrtviales. Du reste, comme les rapprochements de systèmes sont souvent plus ou moins hypothétiques, j'ai pensé qu'au'lieu de faire un usage trop fréquent de ces dénominations , prises d'une localité classique , il valait mieux, après avoir fait sentir le rapprochement, le servir habituellement d'une dénomination purement particulière à la localité dont on parie. C'est ainsi qu'en décrivant la Basse-Normandie , je me servirai habituellement de la dénomination de marne argUeuse de Divea; mais, dans mon tableau de classification , je oe ferai figurer, pour désigner ce terrain, que le nom plus classique à^Oxfbrdday.
C'est d'après ces diverses considérations que j'ai rédigé le tableau placé à la fin de ce ?olume.
Observations sur les terrains en place et de transport. — Je ferai aussi remarquer que les dénominations de terrains ou de roches en place, et de terrains ou de roches de transport, rapportées ci-dessus , et qui ont Joué de grands rôles dans la géologie, sont extrêmement vicieuses. La première l'est sous le rapport grammatical aussi bien que sous le rapport géologique; car les corps transportés d'un lieu dans un autre , se trouvent dans la place qui leur a été donnée par des phénomènes naturels , aussi bien que ceux qui sont demeurés dans la pkœe où ils ont été formés. D'un autre côté , les roches que l'on appelle en place ^ sont rarement dans leur place originaire; car, ainsi qu'on le verra dans le livre suivant, la plupart de ces roches, notamment toutes celles en couches inclinées, ne sont pas demeurées dans la place où elles ont été consolidées. Sana compter que les éléments qui composent toutes les rocfœs dites en place n'ont pas été formés sur la place où se trouvent ces roches , mais qu'ils y ont été transportés de distances plus ou moins éloignées ; de sorte qu'à la rigueur toute la difféî*ence qu'il y a entre les roches dites en place et les dépôts dits de transport, c'est que les matières qui composent les premières ont été transportées en fragments assex volumineux , pour que l'on reconnaisse leurs formes antérieures, tandis que les autres ont été transportée» dans un état de division qui ne permet plus de reconnaître ces formea antérieures. Or, comme entre l'état de molécules en dissolution complète et celui de gros blocs de rochea cohérentes, il y a une infinité de modifications intermédiaires, la distinction entre les terrains en place et les terrains de transport est souvent d'une application impossible.
Du reste , quels que soient les défauts des expressions de roches en place ou de transport, il est quelquefois impossible de se dispenser d'y recourir; cv, si l'expression de roches ei» masses, équivaut souvent à celle de roches en place pour celles qui forment des masses (205) , il n'en est pas de même pour les roches en fragments {Min. 235); car nous n'avons pas d'autres dénominations pour faire sentir la différence qu'il y a entre le rognon qui se trouve dans la place ou du moins dans la'fnasse où il a été formé , et celui qui , enlevé de cette masse, a été transporté dans un dépôt postérieur; maisil.est à remarquer qu'il ne s'agit dans ces rapports que de considérations purement géogéniques , qui , d'après ce que nous avons d^à dit, doivent demeurer étrangères à la géognosie.
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