‹ Éléments de géologie, ou, Seconde partie des éléments d'inorganomie particulièreChapitre 31 sur 56 · TERRAIN DILUVIEN. 1S · texte numérisé non relu

TERRAIN DILUVIEN. 1S

dispositfea par trahiées y est mokis sensible, et ils y paraissest plus disséminés. Une circonstance assez remarquable , c'est que les blocs les plus volu* mineux * se trouvent yers les côtes méridionales de la Baltique, d'où leur volume va généralement en diminuant, tant vers le sud que vers le nord ; mais c'est de ce dernier côté , et notanunent dans la Scanie et la Smalande , que les bloes sont les plus abondants; leurs traînées y forment des collines longitudinales , que les Suédois nomment as.

275. Ossements des casernes. — Les ossements des ccivemes sont enfouis dans un dépôt terreux ou pierreux , principalement composé de carbonate calcique , quelquefois imprégné de matières animales ; lequel forme une ou plusieurs couches , communément peu épaisses, sur le sol des cavernes qui se trouvent dans les dépôts calcareux **.

Ces ossements ne sont jamais réunis en un squelette entier, mais ils sont séparés, dispersés et plus ou moins fracturés ; quelques-uns semblent même avoir été brisés ou entamés par les dents d'un animal carnassier ; ils sont qudquefois usés et accompagnés de cailloux roulés ; la majeure partie appartient à des carnassiers. Dans les cavernes d'Allemagne ce sont les ours qui dominent, surtout une grande espèce, que l'on a nommée Ursus speiams. En Angleterre ce sont , au contraire , les ossements d'hyènes qui sont les plus abondants. On a également reconnu dans ces dépôts des restes de chats, de chiens, de putois, de belettes, de gloutons , de campagnols, de rats, de lié*vres, quelquefois de chevaux, de bœufs, de cerfe, d'éléphants, de rhinocéros , d'hippopotames , etc. , ainsi que des débris d'oiseaux , de reptiles , de mollusques , d'insectes , et des excréments de mammifères. On y a aussi trouvé, notamment aux environs de Liège et en Languedoc , des ossements humains et des traces de l'industrie humaine; mais plusieurs géologistes sont d'avis que ces objets doivent être considérés comme appartenant à des dépôts modernes***.

276. Brèches osseuses. — Les brèches osseuses ont été principalement

* On fait à Berlin une coupe de granité qui a 21 mètres de circonférence et qui a été tirée d*un gros bloc, pesant près de 500,000 kilogrammes , qui reposait sur le sable près de Furstenwald.

** La Franconie est une des contrées où les cavernes à ossements sont les plus abondantes et où ce genre de dépôt a attiré TattenUon en premier lieu. Mais depuis que Ton s'est occupé plus particulièment de ces recherches, on en a aussi trouvé dans le Harz, dans la Westphalie, dans les environs de Liège , dans l'Torkshire en Angleterre , en Languedoc et en général ^ partout où il y a des cavernes, c'est-à-dire, à peu près dans tous les pays où il existe des calcaires ammonéens et bémiiysiens.

*** Parmi les ouvrages qui font mention de Texistence d'ossements humains dans les carêmes. Je citerai les belles recherches que M. le docteur âchmerling publie en ce moment sur les oeaemente des cavemet de la provinee de Liège.

observées snr les côtes septentrionales de la Méditerranée, notamment à Gibraltar, à Cette, à Antibes, à Nice, à Pise, en Corse, en Sardaigne, en Sicile , à Cérigo , en Dalmatie , etc. ; elles forment dans le calcaire des filons consistant en un ciment souvent rougeâtre, composé de calcaire, de sable et de limonite , renfermant des jpragments , ordinairement anguleux, de diverses roches , surtout de celles traversées par les filons , et des restes de corpi^ organisés, principalement des os^ments de ruminants. On y a reconnu, entre autres , plusieurs espèces de cerfe , une espèce d'antilope ou de mouton , des chevaux, deux espèces de lapins, deux espèces de lagomis, un campagnol, une musaraigne , deux espèces de chats , un chien , une tortue , un lézard , et plusieurs espèces de coquilles terrestres , fluviatiles et lacustres. On dit même y avoir trouvé des restes d'animaux qui caractérisent les terrains que nous verrons plus tard , tels que des paléothères et des chéropotames ; mais il n'est pas encore bien démontré que ces restes n'y soient pas accidentellement^ comme les fragments de roches.

377. On voit, par ce qui précède , que les animaux des cavernes et ceux: des brèches osseuses appartiennent, comme ceux des dépôts meubles, à des genres qui existent encore , mais qui souvent n'habitent plus que la zone torride. De même , aussi, que chez les animaux des grands dépôts diluviens, chaque fois qu'il a été possible de déterminer les caractères spécifiques, on a reconnu des espèces distinctes de celles qui vivent actuellement.

Quant aux différences qui paraissent exister entre les animaux des dépôts meubles, ceux des cavernes et ceux des brèches, elles annoncent plutôt une autre répartition des espèces , qu'un système d'organisation différente ; car les mêmes genres et les mêmes espèces se retrouvent en général dans les dépôts meubles, dans les cavernes et dans les brèches osseuses. On serait tenté de dire que les différences se réduisent à ce que les grands pachydermes dominent dans les dépôts meubles, que les carnassiers de moyenne taille caractérisent les cavernes^, et que les petits herbivores sont particulièrement abondants dans les brèches osseuses.

Du reste , les ossements des cavernes et ceux des brèches sont dans le même état que ceux des dépôts meubles, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas subi une grande altération, et qu'on y trouve encore des principes gélatineux, surtout dans ceux des cavernes.

278. Fer d'alluvion. — Plusieurs géologistes ont cru pouvoir rapporter au terrain diluvien des minerais de fer que l'on désigne souvent par les noms de /fer d'alluvion et de fer en grain; mais les relations géognostiques de ces dépôts ne sont pas encore bien déterminées. Il y a même heu de croire que le plus grand nombre d'entre eux doit se ranger dans les terrains ammonéens. Ces minerais appartiennent en général à l'espèce limonite , et forment des filons fragmentaires et des couches ou amas superficiels , qui se trouvent

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