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rement du côté où ils font place à un système inférieur, par des esearpementls qui paraissent être quelquefois la continuation de failles qui se propagent dans l'intérieur de la terre. Cette règle est naturellement sujette à des exceptions pour ce qui concerne les systèmes composés uniquement de roches meubles' ou faciles à délayer^ qui, au lieu de présenter leur escarpement, déterminent au contraire Fexistence de vallées qui se dirigent à peu près comme la ceinture.
387. Cemassif jurassique constitue, en général, un pays de culture céréale: la ' présence des matières argileuses dans la terre végétale y rend celle-ci ordinairement fort collante et exige l'emploi d'une grande quantité de bétes de trait pour les travaux agricoles. Les vallées argileuses sont souvent couvertes de prairies; mais lorsque les lieux où les roches argileuses sont à découvert ne sont pas susceptibles d'arrosement , ou que ces roches sont moins favorables à la production de l'herbe, elles déterminent, ainsi que les dépôts sableux , l'existence de forêts plus ou moins étendues. Le sol calcaire de cette ceinture est très-favorable à la production de la vigne , qui s'y trouve abondamment , sauf aux deux extrémités septentrionales , et c'est lui qoi fournit les célèbres vins de Bourgogne.
388. Coupe de la Basse-Normandie. — Nous joindrons à cette esquisse générale le détaQ de quelques coupes prises sur des points différents de la ceinture, et nous commencerons par celle de la Basse-Normandie, qui a été étudiée avec le plus de soin *.
389. Marne argiletise de Honfieur. — Les dernières assises du terrain crétacé reposent immédiatement , dans les environs de Honfleur, sur un système argileux, que l'on rapporte au Kimmeridge clay **, et qui est princi-
* C'est dans le mémoire sur la fèrmation oolitique du nord-ouest de la France, que M. Des-
. noyers a publié dans les Ann. des se, nat., tome IV, page 353, et dans la topographie géo-
gnostiquedu département du Calvados par M. de Gaumont, insérée dans le tome rvdes
Mémoires de la société linnéenne de Normandie , que j'ai puisé presque tous les détails <pie
Ton va lire sur le terrain jurassique de la Basse^Normandie.
** U parait qu'il manque dans cette contrée quelques termes de la série des terrains, notamment le système crétacé d'e^^i douce {ioeald clajr, hastings sand, purbecks UmesUme) et le premier système de calcaire jurassique ou Portlandstone. On avait cependant rapporté à celui-ci un calcaire qui se trouve à Hennequeville près de Honfleur, mais il parait que ce calcaire est inférieur à la marne argileuse et appartient au système calcareux dont nous allons parler. Du reste, il faut éviter de donner un sens trop prononcé à l'expression manquer à la série, lorsqu'on l'applique à de simples systèmes ; car un système n'étant souvent que le développement extraordinaire d'une couche qui n'existe qu'en rudiment dans un autre lieu, on sent que ce système peut ne pas se remarquer dans ce dernier lieu, sans qu'il manque aucun terme de la série. Aussi l'absence , soit apparente , soit réeUe, de quelques systèmes, n'empéche-t-eUe pas qu'il y ait liaison entre les systèmes restants. D'un autre côté on ne doit pas perdre de vue que la même couche ou la même association de couches change de nature selon les lieux. C'est ainsi , par exemple , que les mêmes couches où domine la marne argi-
TEEEÂIN JURASSIQUE. Ig?
paiement composé d'une marne argfleuse bleuâtre, passant quelquefois au blanc sale et renfermant des bancs très-minces d'un calcaire argileux trèscohérent, que les ouvriers nommentya//e^. On y trouve aussi de petits bancs et des noyaux de lumachelle et de brèche à fragments compactes. Cette marne devient sableuse dans sa partie inférieure , et renferme des bancs de grès calcarifères, ou plutôt de macigno. On a trouvé dans ce système les fossiles suivants : GavialUlongirostris y G. brevirostris , un ichtyosaure, Piesiosatirtis recentior, des toufies ^ Pterocerus oceam, P.ponti, P.pelagt, des lucmes, une grande méléagrine, Ostrea deltoidea, une grande espèce d'huître-, Gerviliia siliqua, G.pernmdeê^Pholadomiaprotd^Dcnumtes Aldimd, Gryphœa virgula, Trigotda nodtûosa^ des végétaux passés h l'état de lignite.
390. Sables de Glos. ^ Dans quelques endroits , notamment à Glos^ près de Lisieux, les matières quartzeuses qui, à Honfleur, ne sont qu'un accessoire peu important des matières argileuses, se développent aux dépens de cellesci ) de façon que la massé principale se compose de sable et de grès *. Les fossiles de Honfleur se retrouvent dans le sable de Glos avec des cucullées et plusieurs petites bivalves non déterminées.
391. Calcaire de Blangy. — La marne argileuse de Honfleur et le sable de Glos sont suivis par une assise calcareuse dont la partie supérieure est nommée par les géologistes normands, calcaire de Blangy ou i^Hennequeville**^ et dont la partie inférieure, que l'on désigne par les noms à'oolite de lisieux ou de Mortagne, correspond au coraJrag.
Le calcaire de Blangy est, en quelque manière, un intermédiaire entre le
leuse , dans les enyirons de Honfleur, sont généralement composées de sable aux environs de Lisieux et redeviennent argileuses à Maroers. Il est à remarquer aussi que celte circonstance n*est pas concentrée dans quelques couches , mais que cette tendance à présenter des roches d'une certaine nature dans un même lieu, se propage souvent dans plusieurs étages et même dans plusieurs groupes.
* M. de Labêche avait rapporté le sable de Glos à Ttron sand ou sable crétacé inférieur; mais M. de Caumont , qui parait avoir été mieux à même de Tobserver, croit que sa vérita* ble place est plutôt la partie inférieure du Kimmeridge clay*
** M. de Labècbe avait rapporté le calcaire d*UennequeviUe au PortlandsUme; mais M. de Caomont , qui a reconnu qu'il est inférieur à la marne argileuse de Honfleur, pense que ce rapprochement ne peut être admis , puisque le caractère principal du Potilandstone est d'être supérieur au Kimmeridge clay.
D'un autre cdté, M. Hérault , dans son Tableau des terrains du départetneni du Calvadosj imprimé en 1859 , a divisé l'assise calcareuse qui nous occupe de manière que chacune des deux divisions comprend des oolites ; mais j'ai cru préférable de continuer à suivre la marche que j'avais adoptée lors de la première édition du présent ouvrage ; laquelle me permet d'employer la dénomination à'ooUte de Lisieux, devenue classique par le beau mémoire de M. Desnoyers.
système précédent et Toolite de Lisieux. Sa partie supérieure se lie avec les marnes de Honfleur et les sables de Glos, le calcaire y étant presque toujours mélangé*d*argile et de sable. Dans les assises inférieures on trouve du calcaire compacte, jaunâtre et blanchâtre, assez pur pour faire de la chaux. D*autres fois ce calcaire passe au silex, et on y voit des bancs de silex corné passant au grès, et de silex noirs, semblables à ceux qui se trouvent dans la craie blanche.
392* Oolite de lÂsieux. — L'oolite est plus puissante que le calcaire de Blangy et forme une bande passant par Trouville, Lîsieux, le Merlerault, Mortagne , la Ferté-Bernard , etc. Elle est fort en usage comme pierre de taille; sa couleur est habituellement jaunâtre, passant au blanchâtre, quelquefois au rougeâtre ; elle est principalement composée d'oolite , dont les grains sont ordinairement plus gros, plus inégaux, plus irréguliers que ceux des autres systèmes oolitiques, dont nous parlerons ci-après. Ces grains ne sont quelquefois que des fragments de coquilles imparfaitement arrondis. Le ciment calcaire qui les unit a souvent une apparence lamellaire , et la masse ressemble quelquefois à des concrétions tufTacées. Cette oolite passe d*autres fois à un calcaire compacte , renfermant des noyaux de silex corné ; mais elle passe plus souvent à un calcaire carié , traversé de tubulures sinueuses , produites par la destruction de polypiers; tels que des madrépores, des astrées, des caryophyllies. Ces polypiers forment souvent eux-mêmes d'assez grandes masses isolées ou réunies par un ciment calcaire.
Ces polypiers , ainsi qu'une petite dicérate et une.nérinée , qui sont extrêmement abondantes, sont considérés comme les fossiles les plus caractéristiques de ce système, dans lesquels on trouve aussi plusieurs ammonites, un nautile, des toupies, des ampullaires, des mélanies {M. headdingtonensis\ des huîtres (O. gregaria^ O. minima et une espèce plus grande), des peignes (P. fibrosus? P. lens^ P, similis) , des limes , des venus , des lucines, des chames, des trigonies, des gervillies, des moules, uue pinnigène, des cidarites, des clipéastres, etc.; mais en général les fossiles de ce système sont fort altérés et peu reconnaissables.
393, Marne argileuse de Dives. — L'oolite de Lisieux est suivie par les marnes argileuses de Dives^ que l'on rapporte à V Oxford clay. Ce système, qui est plus développé que celui des marnes de Honfleur, est aussi principalement composé de marnes argileuses bleuâtres ou grisâtres, passant quelquefois au jaunâtre, renfermant des bancs minces de calcaire marneux brun-jaunâtre, de lumachelles, de marnes sableuses, de grès calcarifères , ainsi que des noyaux de brèches marneuses, d'oolites et des cristaux de gypse lenticu* laire.
Ce système renferme beaucoup de fossiles, parmi lesquels on regarde comme caracti^ristique la Grypiiœa dilatata. Les trigonies , notamment la
T. ciamUata et la T. castaia qui forment des lits entiers , attirent aussi Tat* tention par leur abondance. Nous citerons encore des téléosaures, des ichtyosaures ^ un poisson (Dapediumpolitum?) la Serpula qiuuinmg%Uari$ , les Ammomtes armatuê, mblems, cotmntmiê, omphaJoideê, eœca/otUuê, acuius, Dunccmi, anntUatus et pHcamphaJtcs ; des bélemnites , le Nautihu ginuatus, le Trockus Gibni; des rostellaires , la Pema avictUoide$ ; les GervUHapemoides et siliqua; les Ostrea gregaria, plicatilis, pal^ metta, minima, carinata et Marschii; la Pinna tetragona, la Modiola gubcarinaia, la lima proboscidea , les Pecten lens et vimineug; les Photadomia ovalis et ofnbigtia; Y Isocardia concentrica , la NuctUapec^ tmata; les Terebratula biplicata et omithocephala j un cidarite , le AucleoHies scutata, les Galerites depressa et patella, XAna/nchUes bicardata; ainsi que du bois passé à Tétat charbonneux ou conYCrti en calcaire fétide.
394. Systèmes inférieunrs. —Les marnes argileuses de Dives sont suivies par une puissante assise de calcaire qui parait correspondre aux,trois systèmes nommés par les Anglais combrash^ foresû marble et greaû oolite, mais qui, n'étant point séparées, comme en Angleterre, par le système argileux du Bradfort clay, ne peuvent être rapportées d'une manière positive à l'un plutdt qu'à l'autre des systèmes anglais. U parait cependant que l'on peut, jusqu'à un certain point, distinguer aussi dans ces assises trois systèmes, qui ont reçu entre autres dénominations, eelles d* oolite de Marner s, de cô/caire de Ra^nmlle et de calcaire de Caen *.
395. Oolite de Ma/mers. — V oolite de Matners , que M. Desnoyers nomme aussi oolite à fimgères, est un système composé de couches alternatives d'oolite blanche , parfois assez fine pour ne pas laisser apercevoir les grains; de calcaire compacte , rarement schistoide , à cassure droite ou concholde; de sables calcarifères et de grès de même nature.
Les couches les plus superficielles se divisent ordinairement en feuillets ou plaques minces , et ont une texture presque lamellaire. La masse principale est composée de bancs pleins et continus d'une oolite blanche à grains assez uniformes , avec des lameQes cristallines , où se trouvent disséminés des noyaux lenticulaires ou tuboleux d'oolites à grains plus fins ou de caleaire compacte. Les grès occupent ordinairement la partie inférieure.
Un caractère de celte oolite, qui est digne de remarque, parce qu'il est rare dans les calcaires, c'est de renfermer des débris de végétaux terrestres, parmi lesquels on a déterminé les Pecopteris Reglei et Desnoyersii, les
* M. Demoyers ajoute à ces trois systènies le caicaire d'Alençan et le calcaire de FaUh qnêê; mais Je considère avec M. de Caumont ces dépôts comme appartenant au terrain liash que , plutôt qu*au terrain jurassique.
190 GÉOGNOSIB.
ZomUeg Beohn, Bucklandi, lagotis et hoitaia, le PoaoUês yuûoa^b^y la MammUlaria Desnoyenii.
On y trouve aussi beaucoup de débris d'auimaui, ordinairement trèsdifficiies à caractériser, à cause de leur état de destruction; cependant M. DeMioyers y a reconnu deux espèces de peignes, des fragments de pinne, de pinnigénes, dliultres, une petite avicuie, deux espèces de térébratules qui se rapprochent de la T. spathioa et de la T. bipSoaia, de petites coquilles voisines des venus, une tige ronde d'encrinite, de petites pointes d'oursins, ainsi que des millépores et des favosites convertis en calcaire saccharolde.
Ces débris d'animaux se retrouvent dans les couches inférieures de saUes et de grès o& il n'y a pas de végétaux, mais où U y a de plus , de nombreux articles de pentacrinites , de béleronites et d'autres coquiUes des genres isocarde , trigonie, crassatelle? cucuUée? lucine?
886. Calcaire de Banville. — Le calcaire de Banville, aussi nommé oaloaire àpoh/fmrs de Caen, est principalement composé de calcaire jaanàtre à lamelles cristallines, passant de la texture grenue à celle oolitique. On y voit aussi de véritables oolites et des marnes argileuses , quelquefois il n'est composé que de débris de coquiUes liés par un ciment lamellaire. La partie superficielle est ordinairement schistofde ; plus bas on voit des coudies trèsépaisses, sa cohérence est fort variable ; mais il est souvent assez tenace pour donner des matériaux de construction estimés. Les couches inférieures, qui sont les moins oolitiques , renferment quelquefois des bancs minces de silex msin ou jaunes. Mais ce qui rend ce calcaire remarquable , c'est la grande quantité de polypiers qu'il renferme. Voici l'indication de plusieurs espèces déterminées par Lamouroux : Terebelkma ra/momsimay T. antilope, Berenicea dilufviaw^, Alecto dichotoma, Idmonea triquetra, Theoma chlatrata, Chrysaora dam^BCOmis, C. spinosa, Etmomia radiata, Spiropora ietragona, S. cespitosay S. elegans, S. ifttricata, Fungia otbuHtesy Millepora dumelosa, M. corymbosa, M. conifera, M. pyrifinrmùf M, macrocaule, Cariophyllia trtmcata, C. Brelriê9onii, Ltmnarea mùmillaris , Entelqphora cellariaides, Turbinolopsis ochracea, des escbarres, des alcyons, etc. On y trouve encore beaucoup d'autres (0*siles, notamment des crustacés, Y Ammonites cntnulahis, le Nautiha truncatîMy des bélemnites, le Trochtig eloiigatus, des térébratules (r. têtrandra, T. biplicata, T. Digona, T. coarciaia, T. reUcuia^, r. globâta, T. plicatella, T. êerrata, T. truncaia)^ la Mactra gibbosa, la Pinna pinnigena, des huîtres (O. Ma/rschii, O. Palmetta)^ des peignes (P. comeus, P. vimmeus, P. va^ans)^ le Plagiostoma punctata, la Lima proboscidea, desgervillies (G. pemoides, G. siliqua, C. monotis, G. coitellata)^ des avicules {A. ecMnata, A. costata)^ la Modiola etegans, des
eidarUes, des djrpées {C. êinuatui, C. cBniculariê)^ une astérie^ VBnerinites pyrifinnmsy des pentaerinites , des apiocrinites.
397. Calcaire de Caen. — Le calcaire de Caen, afnsi nommé parce qn'O a fourni les belles pierres de taille qui ont servi à bâtir la ville de ee nom , repose communément sur le système précédent. Ce calcaire est ordinairement blanc ou jaunfttre; sa texture est généralement grenue, rarement oolitiqae, quelquefois lamellaire; sa cohérence est variable; il est souvent tachant comme de la craie; il contient des rognons , quelquefois des bancs de silei cornés jaun&tres et noiritres , qui passent au grès calcarifère. Les fossiles y sont beaucoup plus rares et beaucoup moins reconnaissables que dans le sys-* tème supérieur, étant généralement brisés en petits fragments ; on y a observé des débris de téléosaure ou crocodile de Caen , et de mégalosaure, des dents de spares et de squales , des défenses de baliste , des armures de raies , des nageoires de poissons acanthoptérygiens ; ainsi que des coquilles et des polypiers qui ne paraissent pas se distinguer d'une manière fort tranchée de celles du système supérieur.
598. Marne de Fort-en -Bessin. — On trouve sur les cAtes occidentales du Calvados, notamment à Port-en-Bessin , une marne argileuse Meuàtre, passant quelquefois au jaunâtre , qui alterne avec un calcaire marnenx de mêmes couleurs. Ce système paraît se rapporter au fullers earth d'Angleterre. Cependant M. de Caumont le considère comme parallèle idutôt quln^ fërieur au calcaire de Caen. Les fossiles animaux y sont rares , mal conservés*, et ne se distinguent pas sensiblement de ceux des systèmes voisins; on y trouve beaucoup de bois pénétrés de calcaire et de pyrites.
599. Oolite de Meslay. — Les marnes de Port-en-Bessin reposent sur un massif calcareux qui correspond à Yinferior oolite des Anglais, et qui se divise en deux systèmes. Le supérieur ou ooHte de Meslay ou de Croisilte est fbrmé d'un calcaire blanc, friable, à texture grenue, passant à Toolite, et qui ressemble au calcaire de Caen , de manière k ce que l'on ne peut presque pas l'en distinguer dans les lieux où manque la marne de Port-en-Besrin. Les fossiles y sont rares.
400. Oolite ferrugineuse de Bayeua^.—Le système inférieur ou ooStede Bayeux est aussi appelé oolite ferrugineuse et oolite sablefuse y parce qnli contient ordinairement beaucoup de limonite et de sable, surtout dans les assises tout à fait inférieures où il y a des couches de sables et de grès calcarifères, ainsi que des oolites dont les grains, de nature ferrugineuse , deviennent quelquefois des noyaux de la grosseur du poing; dans ce cas elles contiennent presque toujours, à leur centre, dit M. de Caumont, une petite coquille ou un fragment de calcaire analogue à celui des assises inférieures, lequel est entouré de feuillets concentriques d'argile fcrrugineuse ; mais ce système, qui se lie avec le terrain liasique, est surtout remarquable par
l'imnieilse quanUtë de fdssfles qu'il renferme. On y distingue, entre autres^les Ammonites di8(yu8 , ctcutus, gtuxdrattùs, Bmckenrigii, Gervilln, Bronr gmartii, BlagderU^ cmnuJatus, tripUcatus^ bipleœ^ rotunduSy lœmuseuhiSy contractas et coTdplicattis j le Nautilus obesus, des Be/emnites, le RosteUaria Parkinsoni, les Melania headdingtonensis et lineata, les Turbo omattis et rotundatttSy les Trochtis punctatus, elongatus, abreviatus, fasciaPuSy grantdatus, sulcatus, omatus, Mcarinaitis , coneavus^ imbricattis et retictUattis j la Pinna pinnigena , les Terebratula concinna, bipHcata, ovoides, lata, dvmidiata^ builtUa, sphœroidaMs et emarginata; la Oucuilea dectissata^ la Ca/rditahmtUctta;\e& AstcMrte eûRcavata^plcmata, rugatus et imbricata; la Pholadomia Murchisom, YOstrea Marschn, les Pecten comètes et vimineus, les Plagiostoma punotata et duplicata, les Lima gibbosa et proboscidea, la GermUiapernùides, \Avicula inœquivalvis, la Trigonia costata, la Myoconcha crassa; amsi que des vertèbres d'ichtyosaures , plusieurs espèces d'oursins et de pentacrinites, du bois passé à l'état de lignite ou à l'état calcaire; ce dernier exhale une odeur analogue à celle des truffes , d'où on l'a appelé tartufite.
401. Coupe de la Champagne à Lua^emboiirg. — M. Puillon Botdaye ayant décrit une * coupe prise à l'autre extrémité de la grande ceinture jurassique, celle de Florenville dans le Luxembourg, à Beaumont-en-Argonne, département des Ardennes, nous prendrons cette coupe pour second exemple, en la prolongeant jusqu'au terrain crétacé de la Champagne. Du reste, il est à remarquer que cette coupe correspond à une portion de la ceinture juras^ sique où elle n'a plus le développement qu'elle avait un peu plus au sud.
402. Oolite du Barrois. — Les marnes argileuses que nous avons vues former la bordure orientale de la Champagne, sont suivies par un massif calcareux qui recouvre, entre autres, les plateaux du Barrois, et qui paraît pouvoir être rapporté au Portlandstone. Ce massif est composé de deux systèmes. Le supérieur, qui se trouve notamment à Brillon, à Savonières et à GheviUon, est principalement formé d'oolite à grains fins passant à la texture grossière , de couleur jaunâtre , et dont on fait de belles pierres de taille. Cette oolite alterne avec quelques petits lits minces de marne, de calcaire argileux et de Umonite.
403. Calcaire compacte du Barrois. — Le système inférieur est presque entièrement composé de calcaire compacte blanc, qui est souvent trop fendillé pour être employé en architecture , et qui d'autres fois est recherché l)onr faire des marches d'escalier et des carreaux qui imitent le marbre blanc. Les fossiles sont très-rares dans ces deux systèmes , et le peu qui s'y trouve ne parait pas avoir été encore déterminé avec soin.
* Ann. des sciences nat, tome XVII, page 55.
404. MamB de PreMe-au-Mont. — On trouve sous ces systèmes^ eu moins dans quelques endroits^ notamment à Fresne-au-Mont, près de Verdun^ de la marne argileuse et du cakaire marneux, renfermant des gryphées virgules et que M. Élie de Beaumont rapporte au kimmeridge clay.
Il parait qu'en s'avançant vers le nord , ce système argUeux se développe en même temps que les calcaires du Barrois se resserrent et même disparaissent tout à i^it ; de manière que dans les environs de Rethel, les marnes qui nous occupent sont immédiatement en contact avec celles du terrain crétacé.
405. CcUcaire à cora/ux de BelvaL — Ce système argileux est suivi par un système calcareux que Ton rapporte au corcUrag. Il est principalement composé d'un calcaire blanc, quelquefois tenace, d'autres fois friable, pre~ nant assez souvent la texture oolitique à grains irréguliers, parfois très-gros* Ce calcaire présente ordinairement des cavités qui ont souvent la forme de tubulures allongées , lesquelles paraissent représenter les moules extérieurs d'animaux marins, notamment de grands polypiers. Ce calcaire renferme en général une immense quantité de corps organisés remarquables par leur grandeur. Voici la liste de ceux que M. Boblaye a recueillis dans celui des environs de Belval, près de Beaumont-en-Argonne : des serpules, une turrilite voisine du 7*. babeli, la Melama striata de Sowerby, une autre mélanie voisine de la M. la^tea, un vis voisin du Terebra 9tdoata, le Plngiostoma rigida, un peigne, VOstrea gregcma, la lima radis y une térébratuie voisine de la T. digona^ le Cidaris globatus, des pointes d'oursin très-multii^ées , et de nombreuses encrines.
406. Argile bleue de Belval. — M. Boblaye a observé immédiatement sous le calcaire dont nous venons de parler, une couche d'argile bleue ou noirâtre, grasse et onctueuse, dans laquelle on ne trouve pas d'autres fossiles que des pointes d'oursin et des encrines analogues à celles du calcaire supérieur.
407. OoHte ferruginetise de Belval. — On voit sortir de dessous cette argile une oolite ferrugineuse , renfermant beaucoup de débris de coquiUes indéterminables, et passant quelquefois au sable ferrugineux.
408. Marne de Stonne. — On trouve ensuite un puissant massif argileux qui correspond à XOœford clay, et qui supporte de. grandes forêts. M. Boblaye divise ce massif en deux systèmes : l'un, qu'il considère comme supérieur, parce qu'on le voit sous l'oolite ferrugineuse de Belval, et qui est notamment très-épais à Stonne, est composé de marne argileuse alternant avec un calcaire argileux bleuâtre , qui, dans la partie supérieure , passe à un calcaire ferrugineux sublamellaire d'un bleu sale. Ce système est caractérisé par la présence de la Gryphœa dilataia. M. Boblaye y a en outre recueilli des ammonites, des bélemuites, des huîtres ( O. pectinata, O. pennaria, O. flabelloide$y O. deltoidea) . une anomie, la Pinna lanceolatay des phola-
domies ^ dont une voisine de la P. protei; la Modioia tulq)ea, une moule ^ une térébratule voisine de la T. itûfroHmda, la T. média et des peignes.
409. MoTTie bleue de Stenay. — Le second système qui se voit , entre autres, à la tuilerie de Stenay, est formé d'une marne argileuse d'un bleu foneé, grasse , renfermant du lignite , des pyrites , de petits cristaux de gypse , ainsi 411e des bancs de calcaire schistolde , quelquefois ferrugineux, et contenant, de temps en temps , des noyaux de calcaire compacte. Les fossiles de ce système sont très -différents de ceux de la marne de Stonne. M. Boblaye, qui regarde les Trigoma cosiata et clavellata comme les plus caractéristiques , y a aussi observé une serpule , Yjàmmomtes coronatug? YOstrea nana? une autre huître , un petit peigne et des nucléolites.
410. Calcaires de Stenay. — La marne bleue recouvre immédiatement un massif calcareux , qui est divisé en deux systèmes par un lit d'argOe bleue ou brune. Le système supérieur, que Ton rapporte au combrash, est caractérisé par beaucoup SAvicuia echinata, et composé d*un calcaire dont la partie supérieure se divise en feuillets minces, à texture sublamellaire, quelquefois ooUtique , de couleur jaunâtre et traversé par des fissures rougeàtres ou violettes ; la partie inférieure est formée d'une oolite ferrugineuse d'une texture plus grossière et moins feuilletée. Le système inférieur, que l'on rapporte au forest marble, se compose de petits bancs de calcaire sableux , d'oolites abondantes en polypiers, qui lui donnent quelquefois une texture saccharoide, et d'oolites ferrugineuses. On voit de -ces dernières dans la partie la plus basse du système, qui sont tenaces, et qui sont presque entièrement eomposées de débris de peignes , de pinnes , de pernes et d'autres coquilles. M. Boblaye a reconnu, dans cet étage, des dentsde poissons, VAvicula echinata, le PlagiosUnna cordiformis, plusieurs peignes, et notamment les P. fibrogus et lens, la Gryphœa Htuola, une grande huître, une perne, la Terebratula subrotunda, ainsi que plusieurs autres térébratules lisses, et une espèce striée; un spatangue, le Nucléolites columbaria, des millépores.
411. Marnes blanches de Stenay, — Ces calcaires sont suivis par des marnes calcaires blanches , que M. Boblaye rapporte au Bradford clay des Anglais, et qui sont caractérisées par une grande quantité de pentacrinites , ainsi que par la Gryphcea Htuola, les Terebratula digona et coarctata. M. Boblaye y a aussi reconnu des crabes, des serpules, V Ammonites vuigaris, des nérinées , des turrilites , des ampullaires ou des sabots , des peignes, des spondyles ou podopsides, des pinnes, YAvicula echinata, YOstrea costata, YO. actmiinata, YAstarte planata, des isocardes , des hémicardes? plusieurs térébratules, le Cydarites omaius et beaucoup de madrépores.
412. Oolite de Monhnédy, — On arrive alors à un système calcareux fort
painaitf ^ q«e M. BtMtye r«p|MNrte à la gremi ootiiÊ d'AugMerre, «t cptf eit prîB ripik M Mi rt cooposé d'âne oolMe jmaiAtre, ipMiquefois blaachàtre, à petits grtiBs, qai donne de bonnes pierres détaille exploitées dans un grand nombre de lieux , notamment aux environs de Montmédy. Cette oolite passe dans ses parties inférieures à une lumacheHe grossière. Les fossiles les plus caraotéristiqnes de ee système sont ÏOstrea acumhmtay la Terébrahila tnedia, des madrépores , des pentacrinites, ete.
415. Marne d'Ambtinumi. — On trouve après ce ealeaire un dépôt de marne argileuse Ueu foneé, grasse et onctueuse, renfermant des rognons Séodîques de calcaire compacte gris de ftimée, et des cristaux de gypse. Cette marne est scHivent très-carinmifère; aussi Texploite-t-on quelquefois, notam* ment à jémbSmoni, pour la brûler et en faire des cendres , que Ton emidoie à l'amendement des terres. On s'en sert aussi pour faire des briques. M. Bo^ Maye , qui rapporte cette marne au fuUer$ earth, y a recueilli des ammonttes, des nautiles, des béiemnites (B. oampressuê, B. dUaitUut)^ la Terébrehtula média et une autre térébratule, voisine de la T. vulgari$; des moules de hitraire et de donacites.
414. OoHie ferrtigineuse de Margut. — La marne dont nous venons de parler est suivie par un système principalement composé de calcaire ferrugineux, tenace , schistolde, dont les feuillets ont une texture compacte , et dont h couleur, ordinairement bleuâtre, quelquefois verdltre, dans l'inlérieur^ devient d'un brun rougeàtre par son exposition à l'air. Ce calcaire prend aussi la texture ooUtique, devient friable , et contient tant de fer que , dans quelques endroits, notamment aux environs de Margut , on l'exidoite comme minerai de fer; mais U donne du fér de qualité inférirare à cdui que l'on treuve dans les environs en filons ou en amas superficiels , et dont nous avons parié ii l'artide du terrain dUuvien (281). M. Boblaye considère ce système comme étant caractérisé par la présence de la PHcatula gjnnosa, et dit que l'on y trouve aussi plusieurs espèces d'ammonites (notamment Yjimmamteê De^ lamclkampi)^ des béiemnites, des gryphées (G. arouata, G. cymbkmt)^ le Plctgiostoma pecHnoides , des peignes, des huîtres, des lithodomes, des roodfoles, des pinnes, des encrines, des earyophyllies et des turbinolies; fossiles qui se trouvent égalemmt dans un autre système calcareux , qui n'est séparé de celui-ci que par un lit d'argile Uenltre ou noirâtre, et dont nous parierons à l'article du terrain liasique.
415. Terrainjtirasgigue de l'Auxoiê. — M. de Bonnard ayant donné * une description détafllée de l'Auxois, c'est-à-dire, de la partie de la Bourgogne qui s'appuie sur les terrains primordiaux de Morvan, nous croyons devoir en présenter ici les résultats pour oe qui concerne le groupe jurassique.
* Afm. dm mimé, tome X , année 1S85.
M. âeBonnard désigne sous le nom de terrain de calcaire btanemki puissant , qu'il divise en quatre systèmes principaux , auxquds il donne re^eetivement les noms de calcaire conchoïde, deceiteaire ooHUque^ decalcaire bUmo-ja^u/nâtre mameuœ et de calcaire à entroques.
416. CaJcaire concAoiitfe.— Le premier de ces calcaires est d'un gris-bhnch&tre ou jaunâtre, compacte, à cassure unîeetconcholde, souvent traversé par des veines de calcaire magnésien et de calcaire ferrifère spathique ou terreux ; les fossiles y sont rares, le plus commun est une espèce de lime.
417. Calcaire ooHtiçue.—Le calcaire oolitique, qui est le plus abondant de tous, est ordinairement blanchâtre passant au jaunâtre et quelqu^is au rougeàtre; c'est une oolite à grains fins et assez réguliers. Ses assises super« ficielles ont une grande tendance à se déliter en feuillets assez minces pour qu'on les emploie à couvrir les toits. Ce calcaire est souvent traversé par des cavités , et c'est dans ces couches que se trouvent les célèbres grottes d'Ârcy.
418. Calccnre bUmc-jatmâtre marneux. — Le calcaire blanc-Jaunâire tnameua a une cassure un peu inégale et terreuse ; ses assises superficielles se déUtent aussi en plaques propres à couvrir les toits ; il est surtout abondant au nord-est d'Avallon. On y voit quelquefois des bancs minces d'une lumachelle brune presque enti^ement composée de débris de coquilles , et quelques lits d'argfle d'un bleu noirâtre. Ce calcaire renferme beaucoup de fossOes, notamment des ammonites, la Pema aviouioides, des pinnes, \diPholadomia protei, des arches , des peignes , des huîtres , etc.
419. CaJcaire à entroques.—Le caJcaire à entroquee varie du blanc au gris et au jaune-rougefttre. Sa texture est un peu lamellaire, passant au grenu et quelquefois au saccharolde et même à Toolitique ; il se délite aussi en feuillets dans ses parties superficielles. Il renferme fréquemment des rognons de minerai de fer brun-rougeàtre, et dans les fentes on voit souvent des stalactites d'albâtre. Ce calcaire est quelquefois presque entièrement composé d'entroques. On y trouve aussi d'autres fossiles , notamment de grandes huîtres, des peignes, des térébratules (T. média) ^ des pUcatules, des sabots, des nautiles, des ammonites , des oursins, des polypiers , etc.
420. Rapport a/cec les autres systèm^es. — On voit par ce qui précède, qu'en considérant ce massif calcareux isolément, il est très-difficile de le rapporter aux étages et aux systèmes que nous avons indiqués ; mais M. Élie de Beaumont a reconnu * que ce massif s'enfonce du côté de la Champagne sous deux autres massifs, qui le séparent du terrain crétacé et qui présentent une série de systèmes où Ton reconnaît facilement le Portlandstone, le /mnmeridge clay, le coralrag et YOxford clay. D'un autre côté , le calcaire blanc de l'Anxois repose sur un système argileux, dont nous parierons dans le
* .4nn. des se. nat,, tome XVI , page 957.
chapitre sahrant, comme appartenant au terrain liasique; de sorte que le calcaire blanc de rAiixois représente Tétage inférieur du terrain jurassique; Alors on pourrait yoir dans le calcaire conchofde un rudiment du cornbroih, du forett marble et du Bradford clay; le calcaire ooUtique représenterait la great oolite; le calcaire marneux correspondrait au fuilers eccrthy et le calcaire à entroques diVinferior oolite.
421. Terrain jurassique du Jura. — Comme le terrain jurassique doit sa dénomination à son abondance dans le Jura (77) , il convient de ne pas terminer cet article sans parler des dépôts qui se trouvent dans cette chaîne, quoique l'étude géognostique des montagnes soit généralement plus difficile, et par conséquent plus sujette à des incertitudes , que celle des pays de collines.
Le massif jurassique du Jura se rattache du côté du nord-ouest à cdui de la Bourgogne , du côté du nord-est à celui du Rauhe Alb , et du oôté du sud* est à celui des Alpes pennines ; il s'appuie au nord sur le massif primordial des Yosges , et il est bordé dans le reste de son étendue par les massifs tériaires des plaines de la Saône , de la Suisse et de l'Alsace.
422'. Le Jura est une des chaînes où l'on voit les exemples les plus fréquents et les mieux prononcés de la stratification arquée (206). Il y a cependant on grand nombre de chaînons où les couches supérieures sont séparées vers le sommet de la montagne, et où la voûte n'est formée que par des couches inférieures ; il arrive souvent alors que les couches supérieures forment aux deux côtés de cette voûte des escarpements , que l'on appelle creUy et qui sont séparés de la voûte par des espèces de vallons élevés , que Ton appelle combes. Quelquefois les couches sont renversées, c'est-à-dire que leur superposition se présente d'un côté de la montagne dans un sens contraire à celui de l'autre côté ; mais ce phénomène ne se remarque que dans les lieux où l'inclinaison est extrêmement forte.
423. Le Jura se compose presque entièrement de terrain jurassique ; cependant les terrains liasique et triasique forment souvent les assises inférieures, tandiis que les terrains tritonien et nymphéen s'étendent quelquefois dans les vallées ; on y voit aussi des dépôts diluviens , notamment des blocs erratiques, qui reposent, dans certains lieux , à une hauteur considérable. La composition de la partie jurassique du Jura est assez simple, et le calcaire, surtout le calcaire compacte blanc, y domine; les roches argileuses et quartzeuses y sont plus rares que dans les autres contrées jurassiques que nous avons examinées ; les fossiles y sont moins abondants , et ceux qui s'y trouvent sont moins bien conservés. Ces diverses circonstances , jointes aux irrégularités de la stratification, sont cause que la distinction des systèmes et leur rapprochement avec ceux des autres contrées plus classiques, sont trèadifflcUes à faire d'une manière positive ; aussi ne possède -t- on pas encore de description géognostique complète du Jura ; mais M. Thurmann a fait