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ooim^tre * la coupe de Porentruy a Sienne , et nous allous donner une idée de ce travail.
L'auteur établit quatre ^rou/^e^^ qu'il distingue par les épithètes déportkmdien, corallien, oxfordien et oolitique. Le premier correspond à l'étage supérieur ; les deux suivants à l'étage moyen , et le dernier à l'étage inférieur ; il subdivise ensuite ces groupes en quatorze divisions de la manière suivante :
1^ Le calcaire partlandien (Portiandgtone)^ qui est principalement composé de calcaire compacte, quelquefois oolitique ou un peu feuilleté , à cassure souvent conchoide, de couleurs claires, très -variées , passant dans ses parties inférieures à la marne; renfermant entre autres fossiles la Gryphœa mrgiUa ou Exogyra virgula, des isocardes et de nombreux moules de coquilles turriculées, qui appartiennent à l'un des genres proto , Hérinée ou turritelle.
2^ Les marnes kimméridiennea ( kimmeridge clay) , formées de marnes jaunâtres , renfermant des bancs subordonnés de calcaire ai^ileux ou sableux, quelquefois compacte , d'autres fois oolitique , passant à la lumachelle, renfermant beaucoup de fossiles, souvent mal conservés, où dominent les acéphales , notamment la Giryphœa virgula, des térébratules, des huîtres , des peignes.
S"* Le calcaire à Ofgtarte que l'auteur rapporte au calcaire de Bhmgy (391) et qui est compacte, à cassure concholde, de couleur claire, assez pure, renfermant très-peu de fossiles, parmi lesquels on distingue surtout VAsiari» mimma.
4*' Le calcaire à nérinées, qui est blanc, compacte , à cassure souvent concholde, renfermant peu de fossiles, dont les plus fréquents sont les Nerinea bruntrutana , elegcms et puichella.
h"" VooKte corallienne, qui est une oolite à grains inégaux, dont la couleur ordinaire est le blanc, rarement le gris de fumée ou le bleuâtre.
6'' Le caicaire corallien, qui a la texture compacte, quelquefois grenue, passant aux textures lamellaire et saccharolde ; mais cette dernière appartient à des polypiers qui sont extrêmement abondants dans ce système, et dont le tét est souvent passé à l'état siliceux.
Ces quatre dernières divisions, qui se lient très-intimement, paraissent se rapporter au coralra^g, et forment le groupe corallien de M. Thunnann. Les deux divisions suivantes forment son groupe oxfordien, et les six dernières appartiennent à son groupe oolitique.
l"" Le terrain à chailles, qui est composé de calcaire argileux ou sableux et de marnes renfermant des rognons sphéroldaux, du calcaire gris de fumée et des rognons souvent géodiques d'une argile plus ou moins
* Méaurires de la Société d'hif toire natureUe de Strasbourg , année 1832.
oereùe^ fue l'on Bonme chailks en Frenche-OHnté. Les fossiles y sont soiiv<»it »Uceiix : on y distingue plusieurs espèces de serpules, quelques ammonites, la TurriiMa echinata, plusieurs coquilles d'acéphales, des échinides et un grand nombre de polypiers.
8** Les ma/mes oxfordiennes et le kelhwayrock , qui sont composés de marnes bleues, renfermant des bancs et des rognons sphéroldaux de calcaire argilenx compacte, gris de fumée. Les fossiles y sont très*nombreux ; on y remarque notamment beaucoup d'ammonites, dont le tét est transformé en pyrites.
9*" La dailB nacrée, qui est une luraachelle feuilletée, passant à l'oolite miliaire , présentant des lames cristallines et des reflets nacrés, et renfermant une grande quantité de fossiles, mais trop triturés pour pouvoir être déterminés.
10^ Les ccUcairef roux sableux, dont la couleur varie du ja^ne-roussàtre, lequel est la teinte dominante , au rougeàtre, au violàtre , au bleuâtre , etc. , dont la texture est ordinairement grenue, un peu cristalline, et qui sont accompagnés de marnes jaunâtres, quelquefois bleues, souvent sableuses et ferrugineuses. Les fossiles y sont nombreux , mais mal conservés , et paraissent se rapporter à ceux du Bradford clay.
11** La great colite, qui est une oolite miliaire, dont les grains sont unis par une pâte compacte, légèrement lamellaire, très-cohérente, de couleur ordinairement blanche, souvent bleuâtre à l'intérieur, refermant quelques fragments de fossiles indéterminables.
12* Les marnes à ostrea acuminata, qui paraissent se rapporter au fiillers earth d'Angleterre , et se composent de marnes gris-jaunâtres , quelquefois bleuâtres, accompagnées de calcaire argileux, de mêmes teintes^ passant à l'oolite.
IS"" L'ooHie suboompacte ou inferior oolite , qui est une oolite miliaire, dont les grains sont enveloppés par une pâte compacte, un peu lamellaire, devenant ferrugineuse dans la partie inférieure.
14* VooHte ferrugineuse, qui est une roche à texture oolitique, dont les grains sont ordinah*ement de limonite plus ou moins mélangée de calcaire et enveloppée dans une pâte de même natui^, à texture lamellaire, et se liant dans sa partie inférieure avec des grès et des marnes sableuses, dont H. Thurmann forme, sous le nom de grès superliasique ou ma/rly sandstone, la quinzième division de son terrain jurassique: mais que, pour des motifs qui seront exposés à l'article suivant , nous considérons comme appartenant au terrain liasique.
424. Terrain jurassique des C^>ennes.—Les Cévennes présentent aussi des dépôts jurassiques, qui se rattachent d'un côté à ceux du Poitou , et de l'autre a ceux des Alpes du Dauphiné , de sorte que le massif primordial du
200 CéOGNOSIE.
centre de la France est entouré par une ceinture jurassique presque pas inter* rompue. Les dépôts jurassiques des Cérennes ont beaucoup de ressemblance aTcc ceux du Jura, en ce qu'ils s'élèvent aussi à de grandes hauteurs , que le calcaire compacte y domine et que les divers systèmes y sont moins distincts que dans les collines qui bordent le bassin de Paris.
Mais les Gévennes diffèrent du Jura, en ce que dans celui-ci le massif ammonéen est tellement puissant que l'on n]y arrive pas aux terrains inférieurs , tandis que dans les Gévennes , les terrains ammonéens ne ferment qu'une espèce de manteau, qui, dans ses déchirures, laisse apercevoir les terrains primordiaux, et qui est, dans beaucoup d'endroits, traversé par des dykes, des culots ou des coulées de terrains pyroldes. Une autre circonstance que présente aussi le terrain jurassique des Gévennes est l'existence de la houille qui s'y trouve, notamment dans les environs de Milhau, vers la partie inférieure du dépôt. Cette houille, qui tient à peu près le milieu entre la houille proprement dite et le li^^nite, est appelée stipite par M. Brongniart, parce que les débris de végétaux qui l'accompagnent , au lieu d'être des fougères, des équisétacées et d'autres plantes analogues à celles du terrain houiller, sont généralement composés de cycadées.
425. Houille de Boltigen. — Les incertitudes qui régnent encore sur la détermination géognostique des dépôts des Alpes , que l'on rapporte au terrain jurassique, sont cause que nous nous bornerons à ajouter ici que M. Studcr place dans ce groupe une véritable houille , qui se gonfle au feu , brûle avec flamme et odeur bitumineuse , en semblant se fondre , et que l'on exploite dans le Simmenthal, notamment à Boltigen, canton de Berne. Ce combustible est accompagné de calschiste bitumineux et de macigno, et cet ensemble, surtout la houille et le calschiste, renferme des fossiles que leur état de destruction rend difficile à déterminer; mais que M. Brongniart * a cru pouvoir rapporter aux genres moule, avicule, toupie ou cadran, astarte, cythérée, lucine, corbule et caryophyllie.
ni" GMvn. — Terrain liasique.
426. Observation préliminaire. — Nous désignons par la dénomination de terrain liasique une association de roches dont le type a été nommé Has par les géologistes anglais. Gette association n'a peut-être pas plus de titres pour figurer comme groupe spécial, que plusieurs dé celles que nous avons réunies , comme systèmes , dans le terrain jurassique. Mais l'importance qu'on lui a donnée et la manière dont un grand nombre de géologistes l'ont prise pour point de repère , ou , comme dit M. de Humboldt , pour horizon
• Jun. de$ 8C. nai., tome XI, page 366.
TERAAIN LIÂSIQUE. iOt
géognoftUque , nous ont engagé à lui conserver aussi un nom particulier dans notre nomenclature '^.
4S7. Caractères généraux. — Les principaux caractères qui distinguent ce groupe du terrain jurassique, sont la présence, ou plutôt Tabondance de la Gryphœa arcuata de Lamarck ou Gryphœa incu/rva de Sowerby, et l'absence , ou plutôt l'extrême rareté des roches à texture oolitique. Mais on sent qu'une circonstance aussi variable qu'un accident de texture , n'est pas de nature à être bien constante , et il est peu probable , d'après ce que nous apprend l'étude de la nature , qu'une espèce d'être vivant se trouve exclusivement concentrée et généralement répandue dans un seul groupe de terrains. Aussi existe-t-il beaucoup de contrées où le terrain liasique n'a pu être distingué jusqu'à présent; et il est possible que l'on reconnaîtra un jour qu'il n'y a de constant dans les caractères attribués maintenant à ce groupe , que sa position entre le terrain jurassique et le terrain triasique.
Du reste , le terrain liasique ressemble beaucoup au terrain jurassique , avec lequel il se mêle plus ou moins intimement ; sa stratification est généralement la même **.
Il est aussi composé de roches calcareuses , argileuses etquartzeuses, qui souvent alternent indéfiniment entre elles, surtout les roches calcareuses et marneuses, mais qui se développent ou s'isolent où domine successivement chacun de ces genres. Ces systèmes sont quelquefois disposés en allaut de haut en bas, dans l'ordre que nous venons d'indiquer. Mais comme un même étage, ainsi que nous avons déjà eu l'occasion de le faire remarquer plusieurs fois , est dans le cas de changer de nature, selon les lieux, on a cherché s'il n'y
* H. Dufréooy, dansson Mémoire sur le plateau central de la France, réunit le lias avec le terrain jurassique, parce quMl y a une Téritable liaison entre ces deux groupes et que la séparation est souvent difficile à déterminer. J*ai d*autant moins envie de contester la réalité de ces deux circonstances que, pendant longtemps, je n*ai fait qu'un seul groupe du terrain jurassique, du lias et du mtêschelkalk; mais si les liaisons des terrains suffisaient pour empêcher leurs divisions, on ne devrait faire qu'un seul groupe de toute Técorce du globe; car, comme je Tai dit au commencement de ce livre , il n'y a de transition brusque que quand la série natureUe est interrompue , et Ton ne doit voir dans toutes nos divisions qu'un moyen de faciliter l'étude sans leur donner plus d'importance qu'elles n'en méritent réellement.
** M. Charbaut,dans son intéressant mémoire sur la géologie des environs de Lons-le-Saulnier {Ann. des mines, 1819 , t. IV, page 579) , insiste beaucoup sur la discordance de stra* tification qui existe dans cette contrée , entre les terrains liasique et jurassique, ou , d'après sa nomenclature, entre le calcaire à gryphites et le calcaire oolitique; mais cette circonstance, contraire à celle que M. Dufrénoy a observée dans le sud-ouest de la France ( twtir la note précédente) ^ annoncerait seulement, d'après ma manière de voir, qu'il manquerait à Lons-le-Saulnier quelques termes de la série, ou , au moins , que le sol aurait éprouvé quelque dérangement dans l'intervaUe qui s'est écoulé entre la déposition de la dernière couche à gryphites et celle de la première couche ooUtique.
aoa GÉOGNOSIE.
avait pas de caractères moins variables, et on a eni remarquer que l*ttage supérieur renfermait ordinairement plus debélemnites, l'étage moyen plus degryphées, et l'étage inférieur plus de plagiostomes, de sorte que Ton s*est quelquefois servi du nom de ces coquilles pour les distinguer, surtout des deux premières espèces.
Les dépôts liasiques se' trouvant presque toujours à la suite des massift Jurassiques , et ayant été ordinairement décrits en même temps que ces massifs, nous allons faire connaître ceux qui forment la continuation des coupes jurassiques dont nous avons parlé à l'article précédent.
4J8. Terrain liasiqtie de la BMêe-Nomumdie. — Nous commeneerons donc par citer le terrain liasique de la Basse*Normandie, qui suit immédiatement l'oolite ferrugineuse de Bayeux (400). Il y est formé de couches alternatives de marne et de calcaire, et peut y être divisé en trois étages, que M. de Gerville a respectivement désignés par les noms de banc des bétomn nites, de banc des gryphiteg et de ba/nc des pecHnites, d'après les espèces de coquilles qui y dominent.
429. Calcaire à bélemnites de Jîayew^. —L'étage supérieur est composé principalement de marne et de calcaire marneux bleuâtre. M. de Caumont a remarqué que ce calcaire devient quelquefois ferrugineux, qu'il prend alors une couleur jaunAtre et renferme des grains politiques, ainsi que des rognons de silex, de sorte qu'il ressemble à l'oolite ferrugineuse de Bayeux, avee laquelle on l'a souvent conf6ndu. Lorsque cet étage repose immédbttemmC sur les roches quartzeuses et schisteuses des terrains pénéens et hémilysi^is, il éprouve des variations encore plus fortes; il y prend souvait une texture conglomérée et renferme beaucoup de noyaux quartzeux ; d'autres fois il y prend une texture lamellaire qui le fait ressembler à certains systèmes oolitiques supérieurs *.
430. Calcaire àgrypMtesde Bayeux.— l»^ calcaire à gryphites paraît plu$ uniformément composé de marne et de calcaire marneux bleuâtre passant quelquefois au noirâtre ; on y voit cependant des bancs et des rognons de
* M. Hérault, dans ton TabliBau des terrains du département du Calvados , dit que le calcaire à bélemnites doit être rangé dans le terrain jurassique , et je n'ai aucune observation à foire à ce sujet, puisque , dans ma manière de voir, chacun peut , en quelque feçon , placer plus haut ou plus bas , raccourcir ou allonger, à yojonté, les accolades qui Indiquent les divisions que Ton établit pour Tétude des séries d'êtres naturels ; mais M. Héraalt ajoutant , page 97, qu'il a tout lieu de croire que l'étage supérieur du lias manque dans le département du Calvados , je dirai que j'ai beaucoup de peine à admettre qu'il manque dans cette contrée nn terme de la série des terrains entre les groupes jurassique et liasique. Tout me semble annoncer, au contraire, qu'il y existe une Uaison intime entre ces deux groupes; opinion que l'ouvrage de M. Hérault confirme encore lorsqu'il avance que M. de Gaunoiit a réuni dans son calcaire à bélemnites des assises qui appartiennent à l'oolite infërienre ; car
TERRAIN LIASIQUE. MS
cakaire compacte, à cassure conchoide , et fa-aversé par des Teines de catoaire cristallin.
H. de Caumont cite les fossiles suivants comme se trouvant dans les denx étages dont nous venons de parler, savoir : des vertèbres d'ichtyosaures et de plésiosaures, le Dapedmtn politum, ainsi que plusieurs autres poissons ; les Ammoniteê siellarù, fuga/ns, concavus, eœca/ims, f^cUcotn, BtuiMandU, fimbriatus, Stokesi, Strangwaysii , falcifery dedpiens, et une grande espèce dont le diamètre est quelquefois de près d'un mètre; le NatUiha truncatusy deux ou trois espèces de bélemnites, les Terebratula txcuta, omithocephaia et qtuzdrifida; les Spirifer oblattis et fTalcotii, la CardUa Hriata? YVnian crcbsnsêima, les Pholcuiomia gibbosa et fyrata, les Gryphasa inùurva et dilatata, la PHcatula spinosa, les Pecten csquioabm et b€MrbcUiôij le Plagiostoma gigcmtea, la Modiola ctmeata, la Pinna lan^ ceoiata, des pentacrioites , quelques polypiers , du bois à odeur de truffes, etc.
431. Calcaire de Valognes, — L'étage inférieur, que M. de Caumont appelle calcaire d'Osma/nville ou de VaJognes^ est composé de calcaire jan* nfttre ou blanchâtre, rarement gris-bleuàtre, dur, dont la texture est grmue, quelquefois un. peu lamellaire , renfermant des grains de sable et qui alterne avec des lits minces d'argile jaunâtre et de sable argileux. Les fossUes de cet étage sont, d'après M. de Caumont, des peignes, des plagiostomes , des limes, des placunes, des venus, des avicules, des huîtres , des pinnes (P. lanceolata)^ des moules, des mélanies, des ammonites, notamment la grande espèce que nous avons citée dans les étages supérieurs ; des cidarites , des astrées, du bois fossile, des vertèbres de sauriens, probablement des plésio* saures , et même la Gryphœa incurva , que l'on avait cru longtemps ne pas se trouver dans ce système.
432. Terrain liasique du Luœemboterg. Calcaire à bélemnites d^OrvcU. Marnes de Carigna/n. — Nous passerons maintenant au terrain liasique qui se trouve sur le prolongement, vers Luxembourg, de la coupe se dirigeant de la Champagne à Florenville, dont nous avons parlé à l'article précédent. On y rencontre d'abord , à la suite de l'oolite ferrugineuse de Margut (414) ,
je ne puis croire qu*un observateur tel que M. de Caumont , aurait pu faire une semblable réunion, sMl n'y avait pas de liaison entre ces assises. D'un autre côté, le calcaire à gryphées de Bayeux, étant considéré par M. Hérault, aussi bien que par M. de Caumont, comme ap* partenant à Tétage moyen du terrain liasique, il me parait plus rationnel , d'après ce que Je Tiens de dire , de rapporter, ainsi que le fait M. de Caumont , à l'étage supérieur de ce groupe, le système qui repose immédiatement sur l'étage moyen. De cette manière le calcaire àbélemnites de Bayeux demeure assimilé à celui des Gévennes , qui occupe la même position , et qui est caractérisé par les mêmes fossiles, rapprochements qui doivent l'emporter sur quelques différences minéralogiques qui sont probablement dues au soulèvement de cette chaîne de montagnes.
un puissant étage de calcaire jaunâtre gremi, quelquefois oolitique, oiHitenant des grains de quartz et passant au grès calcarifère et au sable. Cette roche, qui fournit de beaux matériaux de construction, est, entre autres, très>bien prononcée dans les environs d'Orval (Luxembourg), et renferme quelques lits de marnes micacées verdàtres et de marnes ferrifères qui, dans certains lieux, comme dans les environs de Carignan, se développent et paraissent prendre la place du calcaire. M. Boblaye a observé dans cet étage les mêmes fossiles que ceux de l'oolite de Margut que nous avons cités dans le chapitre précédent , et il le considère comme étant principalement caractérisé par l'abondance des bélemnites. Cette dernière circonstance , ainsi que la présence de la Gryphcea arctmta et Fidentité de position avec le calcaire à bélemnites de Bayeux, que M. de Claumont regarde comme une subdivision du lias, nous a aussi porté à ranger ce système dans le terrain liasique plutôt que dans le terrain jurassique.
435. Calcaire à gryphites.— On voit sortir de dessous cet étage un autre massif, caractérisé par une grande abondance de Gryphcea arcuata, et qui se prolonge sur plusieurs plateaux de cette contrée. Ce nouvel étage est composé de marnes et de calcaire marneux ordinairement «bleuâtre, quelquefois jaunfttre, et qui donne de la chaux recherchée pour les constructions hydrauliques. Indépendamment de la Gryphœa arcuatay M. Boblaye a trouvé dans cet étage des cythérées, des huîtres , des plagiostomes (P. punctata, P. gigantea)^ des ammonites, des cirrhus, le Pleurotomaria omata, des turbinolies; on y trouve aussi des térébratules.
4M. Grès de Luxembourg. — Cet étage est suivi par un autre massif, qui est, entre autres, très-dé veloppé à Luxembourg, et qui est presque entièrement composé de grès blanc ou jaunâtre , souvent calcarifère , passant du calcaire sableux et même du calcaire (narneux de Tétage supérieur, au sable et quelquefois au poudingue. Les fossiles sont très-rares dans les couches de grès bien prononcé ; mais ils sont très-communs dans les petits bancs de calcaire sableux qui lui sont subordonnés. Les plus caractéristiques de ces fossiles sont le Plagioitoma giga/ntea; on y trouve aussi la Grypiiœa arcuata ^ des ammonites , des peignes. Ce grès , qui est très-propre à faire des pierres de taille, a été rapporté au quadersa/ndstein des auteurs allemands: mais placé entre le calcaire à gryphites et le terrain triasique, sa position est bien différente de celle que l'on attribue maintenant au grès de Kœnigstein (369).^ On l'a aussi rapporté, sous le nom de keupersa/ndstein , au terrain inférieur, mais ses fossiles étant ceux du terrain liasique, nous croyons, avec MM. âteinninger et Élie de Beaumont , qu'il convient de le considérer comme appartenant à ce groupe.
435. Terrain liasique de l'Juxois. Marnes brunes à bélemnites. — Dans l'Auxois on voit immédiatement après le calcaire à entroques dont nous
TERRAIN UISIQUE. M»
avons parié à rarticle précédent (419) , un mas^ principalement composé de marnes argfleuses , brunes ou d'un gris-Meuàtre, quelquefois noirâtres ou riolàtres, à texture schistolde, souvent micacées et bitumineuses, renfermant des bancs et des )*ognons de calcaire ordinairement marneux , passant à la lumachelle et de couleur grise ou de teintes plus foncées. Ce système renferme beaucoup de fossiles , surtout des bélemnites. M. de Bonnard y a aussi trouvé des ammonites, des toupies, le Pecten incequivalvU, le Plagkh sÉoma ffigantea ,\a Gryphœa cymbium, des huîtres , des modioles, des térébratules , etc. Ces fossiles se rapprochant beaucoup de ceux du calcaire à bélemnites de Bayeux (429) , nous avons cru devoir ranger ce système dans le terrain liasique , quoique M. de Bonnard, auquel nous en devons la connais* sauce, l'ait placé dans la même division que le calcaire blanc supérieur, plutM que dans celle du système inférieur, dont nous allons parler; du reste les marnes brunes qui nous occupent se lient avec l'un et l'autre de ces systèmes.
436. Calcaire à gryphites. •— Ces marnes brunes sont suivies par un système formé de calcaire et de marnes , et qui est caractérisé par l'abondance de la Gryphœa ctrcuata. Le calcaire de ce système est ordinairement blMnoiràtre ou gris-blanchàtre marbré; le premier, que l'on appelle /itéme bUe ou pierre, bleue , est le plus cohérent et le plus rempli de fossiles ; le second, que l'on appelle /itérre blanche, est moins cohérent et parait de nature plus argileuse. Dans quelques lieux , il passe à un calcaire un peu lamellaire, pénétré d'une grande quantité d'oxyde de fer, et que l'on appelle jnerre rouge. Ce calcaire renferme assez fréquemment des veines et des rognons de barytine , ainsi que des grains de galène et des filons d'une argile mélangée de nûnerai de fer, avec des noyaux de barytine et d'apatite. Les fossiles sont trèsabondants dans ce système , et , outre la Gryphœa arctuUa, M. de Bonnard y a observé beaucoup de bélemnites, YAmmonites Bucklandi, des toupies , le Pecten lens et d'autres peignes , la Mya intermedia, VUnio hybrida, du bois passé à l'état de lignite fibreux , des empreintes de fucoldes.
437. Marnes et bimachelles àplctgiostomes. — Le calcaire à gryphites se lie avec un massif qui le sépare du terrain granitique , et dont M. de Bonnard appelle la partie supérieure , terrain de marnes et de htmachelles, et la partie inferieure , terrain d'a/rkose.
Le premier de ces systèmes est principalement composé de marnes grisâtres et noirâtres plus ou moins argileuses, et d'un calcaire lumachdlede même couleur, ordinairement marneux, qui se trouve quelquefois, surtout dans les assises supérieures, en rognons dans les marnes, et qui, d'autres fois , surtout dans les assises inférieures , forme des couches réglées qui passent au macigno et même a l'arkose ; car le feldspath entre quelquefois dans la composition de ce macigno, lequel forme non-seulement des coudies , mais se
fi05 GEOGl^OSIE.
trottTe atissf en fragments dans la lumachelle. On voit encore dans cette dernière, de même que dans le macigno, de petits noyaux de calcaire marneux jaimfttre : les roches de ce système renferment également des veines de barytine, des grains de galène, et on trouve dans les marges des rognons ^des nnas et quelquefois de petits bancs de gypse.
Quoique ce système soit ordinairement séparé du granité par le système dont nous allons parler, il le touche quelquefois immédiatement , et M. de Bonnard a observé à Toutry de la lumachelle qui adhérait fortement au grasite.
Les fossiles sont extrêmement abondants dans ce système. M. de Bonnard y a , entre autres , reconnu le Plagiostoma IceviusctUum , YUnio hybrida, ainsi qu'une grande quantité d'huttres , de peignes , de térébratules , dont les ei^èces sont indéterminables.
438. Jrkoses à p/agiostomes. — Lé système inférieur est principalement composé d'arkose , de psammite et de macigno , roches qui alternent Tune avec rautre, et qui passent de l'une à l'autre par la disparition du feldspath qui transforme Tarkose en psammite, et par l'accession du calcaire qui la transforme en macigno. Du reste , ces deux dernières roches forment ordinairement la partie supérieure, et établissent, comme nous l'avons déjà dit, le passage au système précédent. L'arkose forme, au contraire, la partie inférieure ; eUe a souvent la texture granitolde ; d'autres fois grésiforme et presque compacte ; elle touche quelquefois immédiatement le granité , ainsi que le psammite et le macigno ; mais le plus souvent elle en est séparée par un dépdt meuble arénacé , que l'on nomme arène dans le pays , et qui est un granité sans cohérence, lequel se trouve quelquefois en filons dans le granité cohérent , et d'autres fois forme des lits entre les couches d'arkose. Du reste, cette roche ne diifère souvent de l'arkose que par son état arénacé.
Ce système renferme aussi de la barytine , de la fluorine, de la galène et de l'Oligtste. Ces substances ferment quelquefois des veines et des noyaux, mais le plus souvent elles se trouvent disséminées en lames cristalline^ ou en grains dans l'intérieur de l'arkose, et y sont si abondantes qu'elles y forment quelquefois, surtout la barytine, un des éléments constitutifs de la roche. Mais ce qu'il y a de plus remarquable pour un terrain aussi cristallin, c'est la présence de beaucoup de coquilles , tant dans l'arkose que dans le psammite et le macigno* M; de Bonnard a reconnu parmi ces coquilles le Plcyiosiomapeo* tinoideê, le P. pimctata, la Gryphœa arcttata, Viltiio hybridaj des ammonites, des trigom'es^ des astéries, des polypiers cylindroldes; et d'autres fossiles indéterminables.
439. Les relations géognostiques de ces deux systèmes sont loin d'être déterminées d'une manière positive. M. de Bonnard, qui nous les a fait connaître , en exprimant ses doutes à cet égard , parait incliner pour l'opinion
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qui les rapporterait à nos terrains triasique et pénéen; mais la natnre des fossiles qu'ils recèlent, quelques autres rapports avec les marnes à bélemnites et le calcaire à gryphites qui les surmontent , ainsi que l'absence de jriusieurs des caractères qui distinguent les terrains triasique et pénéen , nous portent à ne ?oir dans ces deux systèmes que l'intérieur du terrain liasique , c'est-^ dire, un système parallèle au grès de Luxembourg, modifié par la circonstance que les arkoses de l'Auxois reposent immédiatement sur du granité , tandis que le grès de Luxembourg succède aux marnes et aux grès triasique ât pénéen.
440. Terrain liasique du Jura. -— Dans la chaîne du Jura le terrain lia*sique se présente ordinairement dans la partie inférieure des montagnes dont le sommet est composé de calcaire jurassique; il est notamment très-bien ca^ ractérisé dans les environs de Lons-Ie-Saulnier et de Salins , contrée qae la description de M. Charbaut * a , pour ainsi dire , rendue classique sous ce rapport: il y consiste en un calcaire argileux compacte, placé, dit M. Charbaut , en stratification discordante sous le calcaire jurassique , et en marnes qui passent par des nuances insensibles aux marnes triasiques.
Terrain liasique des Cépennes. — Le terrain liasique existe aussi dans les Cévennes, où l'on peut également distinguer les trois étages que nous avons déjà remarqués dans d'autres lieux.
442. Calcaire à bélemnites.— L'élàe^ supérieur^ qui est le plus puissant, a été désigné par M. Dufrénoy ** sous le nom de calcaire à bélemnites. Il est principalement composé d'un calcaire noirâtre ou gris de fumée foncé , ordinairement compacte, et traversé par des veines cristallines blanches. Ce calcaire est presque toujours argileux ; il se trouve souvent en blocs aplatis dans des marnes. Celles-ci , qui forment aussi des couches alternatives avec le calcaire, deviennent fréquemment schistoldes, passent quelquefois au calschiste, et se lient intimement avec le dépôt renfermant de la houille, dont nous avons parlé ci-dessus (424) ; peut-être même qu'il y a des couches de houille qui doivent être considérées comme appartenant an système qui nous occupe. Le calcaire de ce système passe également à la dolomie, et c'est notamment cette dernière roche que l'on trouve presque toujours, lorsque ce système est en contact immédiat avec le terrain triasique. On rencontre aussi dans la partie supérieure du système des amas, plus ou moms considérables, de gypse blanc, gris ou rouge, tantôt saccharolde, tantôt fibreux, renfermant des cristaux de quartz. Ce système contient de même des veines, des rognons et des grains de barytine et de fluorine ; mais une de ses propriétés les plus remarquables, c'est de renfermer fréquemment des substances métalliques.
* Jnn, des mineê, 1S19, tome IV, page 579.
^ ^ Ménoirts pour lerrir à une deferipiton géologique de la France , tome !«'.
dOB GEOGNOSIE.
teUes que de la galène, de la blende , de la ealamine , de roligtete et de la Umonite , substances qui se trouvent en petits lits , en fflons, en rognons, ou en grains, et qui sont quelquefois susceptibles d'exploitation.
Parmi les fossiles de ce système on considère les bélemnites {B. apicicur- ^atus) comme les plus caractéristiques. M. Duiîrénoy y a également reconnu les Ammonites Stokem^ ^alcotii et Johnstomij les Gryphasa gigemfea, Mac(njJoolmîXûymintmh; \ePecten œquivaivis, les Plagiosiama punotata et sulcata^ les Pinna kmceolata^ la Trigonia striata, les Terebratala tePr<Mdra et omithocephala , le Spirifer ^alcotii^ le PentacrmUe$ •cajmê Medusœ y etc.
443. CcUcaire à gryphites. — L'étage moyen ou C€$lcaire à gryphite$ n'est pas commun dans les Gévennes ; M. Dufrénoy l'a observé à Aubenas et à Alais. Il y présente un calcaire noir, quelquefois grisâtre, compacte, contenant des lamelles cristallines dues à des entroques. Ce calcaire est ordinai* rement très-argileux, et passe, comme le précédent, à des marnes schistoldes. Il est principalement caractérisé par la présence de gryphées arquées qui s'y trouvent quelquefois à l'état siliceux , et qui alors sont composées d'un ass^onblage de petites rouelles formées de fibres concentriques. M. Dufrénoy y a aussi reconnu les AmMomtes Stokerii, fF^aJcotii, Thumeri et Humphrenarms; les Bélemnites- suicatus et apicicurvatus, des ampullaires, des mélanies, des pleurotomaires , le^Pecten cequivoMs, les Plagiostoma punctata, des modioles , la Terebratula obsoleta.
444. Étage infériewt. — L'étage inférieur y est, comme dans l'Auxois, composé principalement de roches quartzeuses conglomérées, c'est-à-dire, d'arkoses , de macignos , de psammites et de grès. Ces trois dernières roches se remarquent principalement lorsque ce système repose immédiatement sur les terrains triasique et houiller, tandis que l'arkose domine dans le voisinage des terrains talqueux et granitique.
Du reste, il parait que, sauf la nature quartzeuse et la texture conglomérée, <se système présente à peu près les mêmes caractères que le calcaire à bélemnites , c'est-à-dire que l'on y trouve de même de la bary tine , du gypse , de la fluorine et diverses substances métalliques. D'un autre côté, il est souvent diiHcile de distinguer les roches que l'on doit ranger dans ce système, de celles qui appartiennent aux terrains triasique, pénéen ou houiller, d'autant plus que les fbssiles y sont' assez rares ; mais les observations faites dans le Poitou , dans TAuxois et sur les flancs des montagnes du Forez, sufKsent pour prouver qu'une partie des arkoses et des grès des Gévennes doivent aussi être rangés dans le terrain liasique,
446. Terrain de la Te^entaise. — Les motifs qui nous ont fait parler du fiysch des Alpes (S75) et du macigno de Toscane (377) nous font aussi un devoir de ne point passer sous le silence le terrain de la Tarentaise, qui
TERRAIN LIASIQUE. 209
attire fortement Mtention des géologistes depuis que M. Elie de Beaumont a présenté , à son occasion , des yues si différentes de celles qui étaient admises il y a peu d'années , et si importantes pour les conclusions géogéniques 911 en découlent
446. La Tarentaise est une des- contrées les {Ans élevées et les plus Iné^ gales des Alpes. Son sol est formé de roches de diverses natures, en couches' fortement inclinées, et qui paraissent alterner indéfiniment entre elles. Ler principales de ces roches sont le calcaire , le quartz , le schiste, le stéaschistv et Tanthracite; mais le mélange de leurs éléments et les variations de leur texture donnent naissance à un grand nombre d'espèces et de variétés différentes.
447. Le calcaire de la Tarentaise est ordinavement de couleur bleuâtre, avec beaucoup de raies et de taches blanches. Sa texture est souvent gremie, passant au saccharoide, au compacte, au schistoide, au bréchiforme et an poudingiforme. Il est communément susceptible d'être poli comme marbre, et on emploie surtout à cet usage une brèche connue sous le nom de marbré de Fillette. Ce calcaire contient souvent des grains de quartz et quelquefois des cristaux de feldspath. Il renferme presque toujours des silicates de ma* gnésie ; d'autres fois cette base y est à l'état de carbonate , et la roche passe à la dolomie. D'autres fois aussi le calcaire devient argileux et passe au calschiste.
448. Le quartz a ordinairement une texture grenue passant au compacte , très -souvent au schistolde, quelquefois au grésiforme et au poudmgiforme; et comme est presque toujours mélangé de silicates d'alumine et de silicates de magnésie, il passe au sthéaschiste , au schiste, au psammite et au poudingue. Mais il est à remarquer que la plupart des roches poudingiformes.de la Tarentaise sont ordinairement très -mélangées , et qu'il y en a qui doivent se ranger avec les roches talciques et les roches schisteuses, aussi bien que dans l'espèce poudingue.
449. Le schiste appartient souvent à la variété du schiste argileux gris ; d'autres fois il renferme des principes charbonneux , et passe au schiste bitumineux et à l'ampélite; très -souvent il renferme du calcaii*e, et devient du calschiste. Il y a des variétés de ce dernier qui se délitent en grands feuillets comme les ardoises, que Ton emploie également à couvrir les toits, et qui ne diffèrent des véritables ardoises que par la présence du calcaire. Une variété de cette roche a été appelée veinée ou rubanée, parce qu'elle est traversée de nombreuses veines de calcaire fibreux,^ remarquables par leur parallélisme, et dont la couleur blanche tranche sur le fond gris-bleufttre de la masse.
450. Les stéaschistes de la Tarentaise ne sont, en quelque manière, que des schistes et des quartz fortement imprégnés de silicates de magnésie; aussi
tlO GÉOGNOSIE.
pttsenMU continneOement aux roches schisteuses et quartzeuses ; d'autres fois anx roches calcarenses ; ils admettent aussi le feldspath dans leur composition, et passent à la protogine : alors on leur a quelquefois donné le nom de gneisse , parce que Ton considérait une partie des silicates de magnésie de la Tarentaise comme du mica; substance dont ils se rapprochent beaucoup. Quelquefois ces stéaschistes foldspathiques sont plutôt veinés que schistoldes ; d'autres fois ils deviennent porphyroldes, parce que le feldspath y forme de frands cristaux.
451. L'anthracite de cette contrée n'est, pour ainsi dire, qu'une houille «èche , très -peu bitumineuse , souvent mélangée de pyrites et de noyaux de quai*tz, et quj forme des couches très-irrégulières, placées entre des schistes pailletés terreux et des schistes noirs passant au psammite schistolde.
462. On trouve encore dans la Tarentaise du gypse et de la karsténite , qui paraissent y former des amas et des filons plutôt que de véritables couches. On y rencontre également quelques roches foldspathiques et amphiboliques , qui semblent devoir être considérées comme des dykes de terrain porphyrique. Enfin, il y existe des filons proprement dits: mais le gîte métallifère le plus -oélèbre de la contrée est la mine de galène argentifere de Pesey, qui parait Revoir être considérée comme un amas couché en forme de boudin, plutôt ^e comme un filon proprement dit.
453. Les fossiles sont assez rares dans la Tarentaise , on a même cru pendant longtemps qu'il n'y en existait point; mais en 1808 M. Brochant a annoncé * l'existence, dans le voisinage des anthracites , d'empreintes végétales , parmi lesqudles M. Ad. Brongniart a déterminé les espèces suivantes : Nevropteris 'tBnuifolia, N. fieûmosa, N. Soretii, N. rotundifoHa; Odonpteris Brardii, O. obtusa; Pecopteris polymorpha, P. arborescens, P. Beaumontii, P. Plukenetit^ P. obtusa; Volkmannia? erosa, Asterophylliies eqtdse' t^bmUs, Annularia hrevifoKa. On a aussi trouvé des calamités , des sigillaires et des lépidodendrons dans le prolongement du même terrain hors des limites de la Tarentaise. D'un autre côté , M. Élie de Beaumont a découvert en 1827 **^ à Petit-Cœur, un grand nombre de bélemnites etd'encrines dans des bancs de calschiste , intercalés entre les schistes noirs à empreintes végétales. M. de Beaumont a également trouvé *** une ammonite à cloisons p^*^ «liées, des bélemnites et des pentacrinites entre la Gtte et le col de la Sauce, près du col du Bonhomme.
454. Ce que nous venons de dire du terrain de la Tarentaise prouve combien il diffère des autres systèmes que nous avons examinés jusqu'à présent.
* Journal des mines, tome XXIII , page 391.
•• jinn.desic. nat, tome XIV, page 115.
*** td9m, tome XV, page 558.
TERRAIN TRIASIQUE. Ml
et on ferra , par oe que nous diroiifl ei-après, qvll a au contcaire les plus grandes ressemblances avec les terrains hémilysiens ; aussi rayait^on généfalement rangé parmi ces derniers. On le considérait même comme appartenant à leur partie la plus inférieure, c'est-à-dire, à celle que l'on ^pelait terrainâ primitifs; mais , en 1808 , M. Brochant a foit voir que l'on devait les placer à la partie supérieure, c'est-à-dire, à celle appelée terrains intermédiares; et, en 1828 , M. Élie de Beaumont a émis l'idée que le terrain de la Tarentaise devait être rapporté au lias des Anglais, se fondant à cet égard sur l'existence des béleronites qu'il avait découvertes à PetitrCœur, et sur ce que ce terrai» n'est que le prolongement des couches du Jura et de celles qui, dans les en« virons de Digne, contiennent des gryphées arquées, des plagiostomes, dea peignes, des ammonites, des pentacrinites , et un grand nombre de fdsailes dont les espèces sont connues pour se rencontrer habituellement dans le terrain basique. Nous n'émettrons aucune opinion sur un rapprochement qui ^ dans l'état actuel de nos connaissances, parait encore fort extraordinaire; nous nous bornerons à dire que si , d'un côté, cette opinion reçoit un grai4 aiq[>ui de la réputation et du talent d'observation de son savant auteur, ainsi que de la circonstance que l'on ne voit dans aucune partie des Alpes* les f^ siles animaux propres aux terrains hémilysiens; d'un autre côté, la nature des fossiles végétaux, analogues à ceux du terrain houiller, est au moins un motif pour que l'on ne se hâte pas trop de rejeter complètement l'ancienne m«iière de voir.
IV* GROUPE. — Terrain triasique.
455. Synonymie. — Nous réunissons, avec M. d' Albert!*, sous le n<mi de terrain triasique , plusieurs associations ou systèmes de roches qui ont été désignées par les noms de keiq^er, m^imes irisées, redmart, muschél" kalky terrain saJifère, bunte mergel, bunter sandstein, grès bigarré^ grès de Nébra, grès des Vosges, etc. **
* Monographie des bunten Sandsteinê, Muschelkalks wtd Keuper; von F, von AUwrti. Stuttgart, 1834.
** Lors de mes premiers mémoires, j'avais réuni le grès bigarré et le grès den Vosgee avec le TodtUegende en un groupe que j'ai désigné par le nom de formation du gris rouge et ensuite par celui de terrain pénéen. Depuis lors M. Élie de Beaumont, dans son beau travail sur les Vosges {Jnnales des htines de 1827 et 1828), ayant annoncé que le grès bigarré était nettement séparé du grès des Vosges , tandis qu'il se liait intimement avec le muschelkalk et les marnes irisées ou keuper des Allemands , j'ai cru , dans la première édition du présent ouvrage, devoir réunir ces trois systèmes en un groupe , que j'ai désigné par le nom de terrain keuprique, en laissant le grès des Vosges dans le terrain pénéen; mais ce mode de division a présenté beaucoup d'inconvénient ; car la séparation ^ entre le
456. Caraetère$générmMf. —Ce groape, ainsi qu'on peut d^à en jvg^ par la synonTinie qui précède , est principalement composé de grès, de marnes et de calcaire. On y trouve aussi du selmarin, du gypse , de la karsténite , de la dolomie , du lignite et d'autres roches moins remarquables. Les fossiles y sont nombreux, mais très-inégalement répartis; ils annoncent, en général, une nature très-dilVérente de celle des groupes supérieurs. On y remarque notamment plusieurs espèces de plantes ; telles que les Voltzia, qui n'ont plus été retroufées dans ces groupes. On n'y a pas encore observé de bélemnites , et il en est à peu près de même de presque toutes les coquilles qui caractérisent la plupart dés systèmes que nous avons examinés jusqu'à présent.
457. Dhigion en étages. — * Le terrain triasique présente trois étages qui, en Allemagne et dans le nord-ouest de la France , sont respectivement caraetérisés par la prédominance des marnes , du calcaire et du grès. Le fins élevé de ces étages est ordinairement désigné par le nom de keuper on de mamet triiées. Le moyen a été nommé par M. Brongniart terrain conchjfHen, et est plus connu sous le nom allemand de muschelkalk. Enfin l'étage inférieur, qui correspond au terrain pœcilien de M. Brongniart ou au hunier sa^stein des géologistes allemands , comprend le grès de Nébra de M. de HumtK)ldt et le grès des Vosges de M. Élie de Beaumont.
458. Terrain triasiqus de la Souabe. t- Le massif triasique de la Souabe étant celui quj a été décrit de la manière la plus complète, nous allons le donner conune exemple.
Ce massif occupe une grande partie de la contrée en s'appuyant du côté de rouest sur les massifs primordiaux du Schwarzwald et de l'Odenwald , et en se perdant du côté de l'est sous le massif jurassique du Rauhe Alb. Quoiqu'il ne recouvre pas les cimes les plus hautes du Schwarzv^ald , il s'élève cependant, au Homisgrind, à la hauteur de 1,170 mètres. Il présente les trois étages bien caractérisés.
459. Étage keupriqus. Marnes. — L'étage keuprique, dont la puissance
grèt bigarré et le grès des Vosges , que M. de Beaumont avait remarquée Sur le versant occidental des Vosges, ne s*est pas retrouvée partout où existent ces dépôts. D a été reconnu, au contraire , que dans plusieurs parties de TAUemagne ces deux systèmes se Uent si intimement que les géologistes de ces contrées ne peuvent pas les distinguer, et que la coloria- Uon d*une carte géognostique devenait impossible dans ce système de division. D'un aaU« côté , le nom de terrain keuprique donne ridée du keuper seul, plutôt que ceUe des trois grands systèmes que je voulais désigner. Sur ces entrefaites M. d*Alberti a publié l'excellent ouvrage indiqué ci-dessus, dans lequel, après avoir démontré Tintime liaison du keuper, du muechelkalk, du grès bigarré et du grès des Vosges, U propose de réunir ces systèmes en un seul groupe , sous le nom de trias , et comme ce mode de division faisait cesser les inconvénients que je viens de signaler, je me suis empressé de Tadopter.
TERRA» TRU8IQUE. t»
tel d'wfkùù 880 mètres, est principateaimt tormé par des marnes d<mt la eooleur yarie du rouge au brun , au violet, au Ueuàtre, au gris, au yerdàtre, au jaunâtre et au blanchâtre.
D'après les analyses de M. Gmelin, ces marnes contiennent du carbonate magnésique, qui est quelquefois plus abondant que le carbonate caldque : elles ne renfermât presque pas de fossiles ; mais les autres roches qui les aecompagnent en contiennent beaucoup. Les principales de ces roches sont des grès dans la partie supérieure ; du lignite argileux {Lettenkohle)^ de l'argile carbonifère et du calschiste dans la partie inférieure.
460. Grès de Stuttgart.— Les grès se trouvent immédiatement en contact arec le terrain liasique; mais sans qu'il y ait, dit M. d'Alberti, de liaison en^ ces deux dépôts *. Ils sont ordinairement blandiàtres, prenant qudquefois une légère teinte de verdAtre , de grisâtre ou de jaunâtre. Le plus re^ marquable de ces grès est celui qui fournit la belle pierre de construction employée à Stuttgart; il a le grain fin , est un peu argileux, qudquefois micacé, et renferme souvent des nids d'argile, ainsi que des empreintes de plantes, notamment d'Equisetum arenaceum, de (kUamites arenaœui, de FiHcites Stuttgartiemis et tanceolata, et de PterophyUum Jasgeri, d'où M. Jseger l'a nommé SchUfscmdstein. Au-dessus de ce grès on en trouve dont le grain est beaucoup plus gros , qui est souvent friable , et qui renferme des nids de lignites, ainsi que des fragments ou des cristaux de feldspath, de calcaire et d'autres minéraux. On y a trouvé des calamités et des restes de reptiles que M. Jaeger a nommés Phytosaurus cubicodon et cylindricodan. Enfin il existe à Taebingen un banc de grès tout à fait supérieur, dont le grain est fin et qui renferme des écailles de Gyrolepis tenuistriatiM , des dents de Psammodus heteromarphus , d'ffybodusplicatilis, obliquuê et mblasms, ainsi que des coquilles de Mya nuwtrcides, de Modida minuta et SAvicula socialis.
Dans les marnes qui séparent le grès à gros grain du Schilfsandsteîn, on trouve un petit banc de calcaire argileux qui renferme le Btu)oinum turtnU"
* La position du grès de Stuttgart conduirait à le considérer comme parallèle au grès de Luxembourg , et par conséquent à le ranger dans le terrain liasique ; mais comme on n*7 trouve plus les fossiles du lias , il parait beaucoup plus convenable de le laisser, ainsi que le f6nt les géologistes allemands , avec le keuper ; toutefois ce n*est pas une raison pour considérer, ainsi que Tout fait quelques-uns de ces géologistes , le grès de Luxembourg comme appartenant au keuper, puisque ce grès renferme les fossUes du lias. Il y a plutôt lieu de croire que Tétage inférieur du terrain liasique manque en Souabe ; ce qui , dans ma manière de Yoir, explique la séparation tranchée que M. d*Alberti annonce exister dans ce pays entre les terrains liasique et triasique. Du reste , quand je dis que Tétage liasique inférieur manque en Souabe , c'est pour parler d*utte manière générale ; car Je crois que te grès de Frickenboffen , nommé Bnchitein , est un rudiment de cet étage.