‹ Éléments de géologie, ou, Seconde partie des éléments d'inorganomie particulièreChapitre 39 sur 56 · TERRAIN HOUILLER · texte numérisé non relu

TERRAIN HOUILLER

CalamUBê ramatuê, Ams.

— nodo9Uê, ScHL.

Sphœnopteriê fitrcaia , As. Be.

— al4fta, Ab. Be.

— mulHftda, Saut.

—- dissecia, Ab. Be.

— deUcatula, Srm, "- tri/àtiata, As. Be.

— HœninghausU, An. Be.

— rigida, Ad. Be.

— dUtans, Stbe.

— stricta, Stee.

— obiusiloba, As. Be.

— iati/biia,lL^. Be.

— elegans, Stee.

— ArîemiiiœfbL, Stee.

— acutifàlia. As. Be.

Otopieriê gtbbosa, Sauv. *

— êemicardata, Sauv".

— cxcloidea, Sabv.

— reniformta , Sauv.

— iendulata, Saiiv.

Nevropteris heterophxlla. As. Be.

— gigantea, Stee.

— act«mina/«#, As, Be.

— flexuoêa, Stee.

— ' anguêtifolia, As.. Be.

-— acutifî>lta, As. Be.

— macrophjrlla. As. Be.

— Grangeri, A». Be.

— rotundi/blia, As. Be.

— ct«^t% Ad. Be.

— i:</«A££, As. Be.

Peeopteris blechnoideê, As. Be.

— Aaimonico, Sauv.

— cxothea. As. Be.

— Schlottheimu, As. Be.

— açuilina, Stee.

— Davreuxii, As. Be.

— rigida, Sauv.

— ManteUit As. Be.

Pecopteri$ UmehUiea, As. Be.

— arborescetu, As. Be.

— gigantea , As. Be.

— heterophyUa, Sauv.

— nervosa, As. Be.

— anuBfM, Sauv.

— chnoophoroideê, Sauv.

— dUtans , Sauv.

— pennœfortniê , As. Be.

Lonchopteris eiegans , Sauv.

— eUmgata, Sauv.

— peciinata, Sauv.

— «uftocvto , Sauv.

Odonfùpteriê appendiculaia, Sauv.

Sigiliaria lœms. As. Be.

— elongata, As. Be.

— altemans, Sauv.

— rentfbrmis, As. Be.

— hippocrepiê, As. Be.

— Davreuxit, As. Be.

— noiaia, As. Be.

— mamillariê y kù. Be.

— êcutellata, As. Be.

— ' trCgona,^ As. Be.

— contigua, Sauv.

— antiqua , Sauv.

— «utiittto» Sauv.

— Daumaisit, Sauv.

SphœnophxUum pusillum, Sauv.

— Schlotiheimii, As. Be.

— quadriphyllum , Sauv.

— muUifidum, Sauv.

Lepidodendfxm ophiuruê, As. Be.

— pulchellum, As. Be.

— obovatum, Stee.

— aculeatum, Stee.

— êelaginoides , As. Be.

— eleganê, As. Be.

— r»^o«tfii»y As. Be.

— Stembergn, As. Be.

— Wmon»»», Stee.

*M. Sauveur donne le nom d*o<0!p<en«au genre que M. Ad. Brongniart nomme o'icAJiiler^;

896 GÉOGNOSIB.

Lepidodendron unduMumi S^k. Jnnularia minuta, Âo. Bk.

— imbricatum, Stke. — radiata, Ad. Bk.

— confluem , Stu. jigteroph^llUeêrigida, Ab. Bk.

— laricinum, Ad. Br. — delicatula , Ad. Bk.

Stigtnaria ficoides , Ad. Bk. — etegam. Saut.

— mtm'ma ? Ad. Bk. — e^tse/i/brmt». Ad. Bk.

— mofuna , Sauv. — Umgi/blia , lût, Bti.

— gigantea,Sjivv, Folkmannia grandis, Skirf.

Sterbengta Folkmanni, Saut.

En fait de fossiles animaux, M. Dumont a observé dans la province de Liège: les Ammonites Listeri, sacer, diadema et sphcericus; YOrthocera Steinhatœriy un spirifère, un producte, une évomphale, le Pectenpapyraceus, les Unio (wutus et subconstrictus ,\d. Myfi ventricosay le Cyathophylhim quudrig^ninum, des encrines et d'autres polypiers. M. Davreux possède une empreinte de poisson non déterminable , mais voisin des dupées , qui parait provenir de Tampélite alunifère des environs de Visé près de Liège; enfin , M. Godelet a trouvé dans le terrain houiller des environs de Namur , notamment dans le sidérose sehistolde de Sainte-Barbe , un grand nombre de coquilles qui ne sont pas encore bien déterminées ; mais où Ton a déjà reconnu les genres producte, térébratule, strophomène et ammonite, ainsi que des coquilles terriculées, qui paraissent être des sabots et des mélanies.

Il* GROUPE. — Terrain anthraxifère *.

509. Synonymie. — Nous distinguons par Tépithète ^cmthraxifère un terrain dont nous croyons pouvoir donner comme types principaux les systèmes que les géologistes anglais ont désignés par les noms de carbonifercui limestone, motmtain Hmestone et old red sandstone. Il correspond aussi

* Le nom de terrain anUiraxifère n'est pas très-bon; car, outre que tous les systèmes qui composent ce groupe ne contiennent pas de Panthracite et que cette substance se trouve aussi dans d'autres terrains, il peut, ainsi que le remarque M. Brongniart, donner lieu à quelque confusion , par son rapport avec le nom de terrain houiUer ; mais ayant désigné , flans mes premiers mémoires , par le nom de fàrmatton bUumimfère des associations de roches que maintenant je divise en deux groupes , dont Tun est caractérisé par la présence de la houille et l'autre par celle d'un calcaire que j'appelais , d*après HaUy, chaus carbonaiée bituminifère, j'ai cru devoir désigner ce dernier groupe par l'épithète d^tmikrasifère, depuis que M. Bouesnel a fait connaître ( Joum, des mines , tome XXIX , page 909) que le calcaire dont il s'agit est coloré par de l'anthracite et non par du bitume. Du reste , je ne trouve pas qu'il y ait beaucoup d'inconvénient à ce que le nom de ce groupe fasse sentir ses liaisons avec le terrain houiller; et cet inconvénient, s'il existe, se retrouve aussi bien dans la dénominatimi de terrain carbonifère que dans ceUe de terrain antkrasifère.

TERRAIN ANTURAXIFÈRE. m

60 grude partie aux ierrains abymguei carbonifères et hémiljfsiem ca4çormMf de M. Brongniart "^ ainsi qu*à la partie supérieure des terrains de traiisition des géologistes allemands.

510. Caractères principcma:. — Le caractère principal de ce terrain consiste dans ses fossiles , dont la plupart ne se trouvent pas dans les groupes supérieurs^ ou ne s'y trouvent que dans une proportion relative beaucoup inoindre : tels sont les orthocères , les bellérophes , les évomphales , les spirifères, les strophomènes , les pentamères, les productes^ les trilobites, les encrines et une grande quantité d'autres polypes. Ce terrain est principalement composé de calcaire, de psammite et de schiste. La première de ces radies est ordinairement colorée en bleu ou en noirâtre , par une matière charbonneuse, et traversée par de nombreuses veines de calcaire blanc cristallin; sa texture est compacte ou grenue, quelquefois bréchiforme, rarement saccharolde; elle est très -cohérente; et souvent susceptible d'être polie comme marbre ; eUe passe fréquemment à la dolomie , au calschiste, au schiste et au psammite. Celui-ci est ordinairement gris , jaunâtre , verdàtre, et de diverses nuances de rougeâtre , d'où sont venus les noms d*old red scmdsUme [vieiuc grès rouge) et de grès pourpré; il passe souvent au poudingue, au grès, au quartz grenu et plus souvent encore au schiste. Ce dernier appartient assez ordinairement à la sous -espèce du schiste argileux et est coloré des mêmes nuances que les psammites.

Le terrain anthraxifère présente souvent , même dans des pays peu élevés, une stratification fortement inclinée , quelquefois verticale, d'où résultent des escarpements et des rochers à pic. Il est très-répandu à la surface de la terre, mais souvent il ne se montre qu'en lambeaux peu étendus.

511. Division en étages ou systèmes. — Ce que nous avons dit ci-dessus sur les relations des divers groupes hémilysiens , suffit pour faire pressentir que nous sommes loin de pouvoir encore y établir des divisions en étages ou en

' systèmes, qui soient également appUcables aux diverses parties du globe, et nous nous bornerons à dire , en ce moment, que les roches calcareuses d'une jpart, et les roches schisteuses et quartzeuses d'autre part, donnent ordinairement naissance à des systèmes calcareux, et à des systèmes quartzo-schisteux. On a reconnu quatre de ces systèmes superposés l'un à l'autre dans les environs de Liège, et il est possible que l'on doive considérer des systèmes d'autres contrées, comme étant inférieurs au \système le plus bas des environs de Liège.

* Cesi à tort que M: Brongniart me cite parmi les personnes qui Tont porté à séparer le groupe qu^il appelle abyssique carbonifère de celui qu^il appelle bémilysien calcareux, car ]*ai toujoars réuni les systèmes que ce savant range dans ces deux groupes. La seule modiS^ caUon que j'aie jamais faite à cette partie de sa méthode , c'est d'avoir distrait le terrain bouiUer de ce groupe , ainsi que je Tai dit dans la note précédente.

512. Terrain cmthraxifère d'entre PEscawt et la Roer^ Éiendue ei position. — Parmi les contrées où le terrain anthraxiftre occape un espace considérable ^ nous citerons le pays situé entre l'Escaut et la Roer , où il forme un grand massif^ qui se prolonge de Tournay à Aix-la-Chapelle. Ce massif qui^ vers Namur ^ a plus de cinq myriamètres de large, est bordé au nord et au midi par le terrain ardoisier ; il renferme , dans le sens de sa longueur, la série de bassins houiUers dont nous avons parlé à l'article précédent, et se perd , à Test et à l'ouest, sous les terrains secondaires. Cette disposition semble annoncer que le terrain anthraxifère est encaissé en forme de bassin dans le terrain ardoisier , comme le terrain houiller est encaissé dans le terrain anthraxifère ; mais la position plus ou moins bouleversée et souvent verticale des couches est cause que l'on él^ve encore des doutes sur la position respective de ces terrains ; car des observations faites , dans ces derniers temps, avec beaucoup de soin, ont porté M. Yan Panhuys à penser que le terrain antraxifère serait supérieur au terrain ardoisier du nord , et inférieur au terrain ardoisier du midi; ce qui n'est point probable. Nous croyons donc que l'on approche plus de la vérité , en supposant^ avec la plupart des géologistes , que la masse du terrain anthraxifère est supérieure à la masse du terrain ardoisier, et que l'apparence contraire, qui se manifeste dans certains lieux, est le résultat de circonstances accidentelles analogues à celles qui font que , dans le terrain houiller, les couches paraissent quelquefois sur les bords des bassins dans une situation renversée, c'est-à-dire, contraire à ce qui a, lieu dans le fond du bassin , comme si l'un des bords du bassin avait été si fortement rdevé, qu'il se serait replié sur lui-même.

513. Composition, — Les principales roches qui composent le bassin anthraxifère qui nous occupe, sont : le calcaire, le schiste argileux, le psammite, le poudingue, la dolomie et le phtanite. On y trouve aussi de l'oligiste et quelques autres matières moins abondantes , el il renferme des filons et des amas de limonite et d'autres substances métalliques.

514. Roches calcarenses. — Le calcaire est en couches quelquefois assez puissantes, d'autres fois très -minces. Il présente un très- grand nombre de cavités et de cavernes. Il est, en général, d'une couleur bleuâtre qui passe au gris-clair ou au noir, selon que le principe colorant est plus ou moins abondant; quelquefois, mais rarement, la couleur bleuâtre est remplacée par la blanche ou par la rougeàtre. Cette dernière parait pouvoir être attribuée à la présence de l'oxyde de fer. Ce calcaire dégage souvent, lorsqu'on le brise, one odeur fétide , que M. Bouèsnel * croit pouvoir attribuer k la présence de Tacide hydrosulfiirique. Il est ordinairement très -cohérent; sa texture est souvent ^compacte, quelquefois grenue ou lameUaire; dans le premier cas, la

* Jaum. des mineê , tome XXIX , page 309.

TERRAIN ANTHRAXIFÈRE. t39

caMore tsi eoncholde ; dans les deux autres , elle est droite. Il renfèrttie beaucoup de parties cristallines; les unes ferment des veines plus ou moins pro* longées, les antres. des espèces de noyaux ou de rognons, dans l'intérieur desquels il y a souvent des géodes tapissées de cristaux. On remarque que c'est dans les couches impures et les moins cohérentes que les cristaux et les noyaux eristaUîns sont les plus abondants.

Cette roche est propre à un grand nombre d'usages économiques. On en fait d'abord d'excellentes pierres de taille. Elle fournit également une grande quantité de maril>res , qui sont estimés à cause de leur solidité ; les uns sont formés du mélange de pètes de diverses nuances grises, ou de pâtes grises et de parties cristallines blanches ; d'autres présentent un fend noirâtre poin«tîUé de taches blanches provenant de débris d'animaux; c'est celui connu, dans le commerce, sous le nom de petit gra/nite; d'autres sont composés du mélange de pâtes rougeàtres et grisâtres , et de parties cristallines blanches; d'autres enfin sont tout à fiait gris ou noirs. On feit aussi, avec ce calcaire, d'exceUentes chaux ; les unes, provenant des couches les plus pures, et particulièrement de celles dont la texture est un peu grenue, sont principalement recherchées pour les constructions ordinaires ; les autres, faites avec des couches plus mélangées d'argile, sont très-propres pour les travaux hydrauliques.

Quoique les couches calcaires se conservent en général plus pures que celles de schistes argOeux et de psammites , elles se lient cependant à ces dernières par des séries de passages qui présentent, notamment, du caischiste et du macigno, qu'il est quelquefois difficile de distinguer à l'œil des schistes argileux et des psammites. D'autres fois l'abondance du charbon et la texture feuilletée du calcaire font que ce dernier ressemble à du lignite ou à des schistes argileux noirs du terrain houiUer , ce qui a souvent induit en erreur dans des recherches de houiUe , d'autant plus que ces couches noires sont souvent recouvertes d'un enduit mince d'anthracite , et que d'autres fois elles sont sus« ceptibles de brûler lorsqu'on les met sur le féu.

Le carbonate magnésique se mêle aussi avec le carbonate calcique , et alors le calcaire ordinaire passe à une dolomie remarquable parles différences de sa cohérence , qui varie depuis l'état arénacé jusqu'à celui d'une pierre trèstenace. Cette dolomie est ordinairement de couleur gris de cendre passant quelquefois au blanchâtre ; elle renferme très-souvent des parties cristallines, et paraît se lier fréquemment avec les marbres dits petits grcmitesy qui peutêtre sont quelquefois de la dolomie. D'autres fois elle présente une structure cellulense , formée par de petites cavités irrégulières. Les parties tenaces donnent de bons pavés, et les parties meubles et friables sont employées pour l'amendement des terres , d'où lui vient le nom de môle, qu'on lui donne aux environs de Namur et qui parait être une corruption de celui de marne.

515. Roches schisteuses. — Les schistes argileux de cette contrée sont

princtpdlenieDt caractérisés par leur tendance à se diviser en petite fniBets^ qui , au lieu de présenter , comme cenx du schiste ardoise , une textare sdw« torde jusque dans leurs derniers éléments ^ forment souvent de petits solides qui, abstraction faite de leur peu d*épaisseur, peuvent être considérés comme terminés par des lignes droites, et qui ont quelquefois la forme rhomboldale; de sorte que l'on pourrait dire que ces roches n'ont la texture schistoide que dans leur masse, mais que, considérées en petit, elles ont la texture compacte et la cassure droite.

Leur couleur ordinaire est le grisâtre et le jaun&tre. Il 7 en a aussi derou* geàtres et plus rarement de verdàtres, de noirâtres et de bleuâtres. Ib sont quelquefois mélangés de petites parties de mica qui leur donnent un aspect luisant ou pailleté; ils sont, en général, si altérables par les influences météoriques , qu'ils ne sont propres à aucun usage économique. Il y a même de ces roches qui, sans avoir été exposées à l'air, se trouvent molles et IMables^ et doivent être considérées comme étant de l'argile.

Ces schistes ont d'ailleurs une telle tendance à passer au psammite, que souvent la masse principale du terrain participe autant de la nature de l'une que de l'autre de ces roches , et qu'il est difficile de dire si elle doit être désignée par l'un ou par l'autre de ces noms *. Ces schistes passent aussi, mais beaucoup plus rarement , au phtanite et à l'oligiste.

Ce dernier est ordinairement d'une couleur brun-rougeAtre, qui devient d'un rouge-bninàtre par son exposition à l'air, circonstance qui parait fttciliter sa réduction dans les fourneaux. Sa texture est communément schisto-oolitlque. Il a une grande tendance à se lier, par une série de nuances insensibles, avec les schistes et les psammites, dans lesquels il se trouve subordonné . Ce minerai donne un for tendre et cassant , de sorte qu'il est peu exploité maintenant.

516. Roches giuirtzetises. — Les psammites forment des couches souvent minces, quelquefois épaisses. Ils ont souvent de la tendance à se diviser en fragments rhomboldaux; ils sont quelquefois assez tenaces, d'autres foistrésfriables; leurs couleurs les plus communes sont le grisâtre et le jaunâtre, mais il y en a aussi de rougeâtres, de bleuâtres, de verdàtres, de blanch&tres: ils sont presque tous parsemés de paillettes de mica. On en fait des pavés qui sont , en général , plus solides que ceux de grès , et qui n'ont d'autre défiial que de devenir un peu glissants par le poli que l'usage leur fiit prendre; on les emploie aussi comme pierres de faille, moellons, carreaux, meules à aiguiser, etc.

* Cette liaison est telle que dans plusieurs cantons les ouvriers n*ont point de termes pour distinguer ces deux roches, et ils appellent également agaize, agazhe, agôche, les schistes et les psammites ; il n'y a que les mineurs de bouille qui établissent la différence , et réservent ces noms aux schistes argileux.

TERRAIN àMTMRAXIFÈRE. ^1

; de iNUr liakon mUme aTec las Mbistes^ ces psammitm aussi au grès, au sable, au poudingue, au phtaflite et au quarU gre«u ; ou plutôt Us ne sont qu'une nuance de la série de passages qui s'éta^ Wt depuis le schiste jusqu'au quartz pur. Les grès , les sables , les phtanites et les quartz grenus sont assez rares dans le terrain anthraxifère , et doivent j être con^dérés comme subordonnés aux autres roches.

Les poudingues sont ordinairement formés d'une pâte de psammite rou^ geAtre, qui renferme des fragments plus souvent anguleux qu'arrondis de diverses roches ordinairement quartzeuses, notamment du quartz compacte blanc, du quartz grenu rougeàtre ou grisâtre et du phtanite noirâtre. D'au* très fois les fi*agments sont agglutinés Fun à Tautre sans que Ton aper^ive le eiiiieit qui les unit. Ces poudingues forment souvent des pierres très-solides , que l'on emploie à faire des ouvrages de hauts fourneaux , des meules de moulin, des pavés, etc. Quelquefois ils passent à des amas de cailloux roulés, enfouis dans un sable argileux ou dans une argile sableuse. En général , ces poudingues ont beaucoup de tendance à passer au psammite et quelquefois à l'argile rouge.

Le pbtanite est assez abondant dans la contrée qui nous occupe. Il s'y trouve soit en rognons ou en petits bancs dans le calcaire, soit en fragments anguleux dans les poudingues. Il forme aussi des systèmes de couches et des fragments enfouis dans des dépôts meubles , mais les premières paraissent appartenir plutôt au terrain houiller, et les seconds aux dépôts métallifères dont nous allons parler. Le phtanite intercalé dans le calcaire est ordinaire^ ment soir et assez pur ; il passe , mais très-rarement , au silex corné. Les au* très sont plus variables et passent souvent au schiste argileux, à l'ampélite, a la Umonite , au silex corné , au jaspe , au sable, au psammite , à l'halloysite, à l'aUopbane , à l'argile, etc. ; leur couleur devient quelquefois grise, Uanobe, brune et même roug^.

Toutes ces rodhes quartzeuses sont souvent et les roches schisteuses s(Mit quelquefois traversées par des veines de quartz blanc , qui éprouvent parfois des renflements, et laissent des vides ou des géodes dont les parois sont tapissées de cristaux de quartz , soit tdancs , soit limpides.

517. Str(Uific(Uion. — Toutes les roches dont nous vencms de faire cour naître les principaux caractères, forment des couches dont l'inclinaison est très -variable sous le rapport des angles qu'elles forment avec l'horizon, mais ces couches ont une direction assez constante, qui parait éprouver une flexion générale vers le milieu du bassin, c'est-à-dire, sur une ligne que l'on peut conodérer comme passant par Namur et Rochefort ; de manière qu'à l'ocoîdent de cette ligne la direction est de l'ouest à l'est, et qu'à l'orient elle est du sud-ouest au nord-est.

618. Dmgion en systèmes. — U résulte de cette disposition que ces

S4d GÉOGNOSIE.

diverses roehes se présentent^ au premier ooup d'œil, oomme formant des bandes dirigées dans le sens de la direction générale des eoaohes; et ecmme ces bandes montrent souvent la répétition des mêmes roches , on a cru pendant longtemps que la contrée se composait d'un très-grand nombre de sjsr tèmes placés sur leur tranche les uns à côté des autres ; mais M. Dumont * a reconnu^ dans ces derniers temps, que l'ensemble du terrain pouvait être considéré comme composé de quatre systèmes superposés l'un à l'autre, et formant des espèces de bassins dont les bords sont quelquefois renversés, ainsi que nous l'avons déjà remarqué en parlant du terrain houiller qui complète ce système de bassin, ou plutôt qui le commence lorsque l'on va , ainsi que nous l'avons fbit dans cet ouvrage, du haut vers le bas.

Ces quatre systèmes se distinguent par leur nature : le plus élevé , ou ay^ième ccUcareua supérieur^ est principalement composé de calcaire et de dolomie; le suivant, on système gtuêrtzo-schisteua: supérieur^ est principalement composé de psammites et de schistes ; le troisième, ou système ccUca^eux inférieur y a la même composition que le premier ; enfin le quatrième, ou système qua/rtzo-schisteux inférieur, est, comme le second, principalement composé de schistes et de psammites ; mais il s'en distingue par la présence assez fréquente des poudingues et parce que la couleur rouge y est plus commune ; c'est Yold red sandstone des Anglais.

519. Division en bassins particiUiers. — Nous avons dit qu'il est bien probable que le terrain houiller et l'ensemble du terrain anthraxifère de cette contrée forment un grand bassin remplissant une dépression du sol ardoisier; mais les divers systèmes qui composent ce grand bassin sont loin de s'emboîter de manière à ne former qu'un bassin unique.

Le seul système quartzo-schisteux inférieur parait être dans ce cas, car il se montre à peu près sur toute la bordure du grand bassin; mais ce sy;stème, formant un sol très-inégal, se montre au jour non -seulement sur les limites du terrain ardoisier, mais aussi dans l'intérieur du grand bassin : il y forme même une bande continue qui le traverse dans le sens de sa longueur, et le divise en deux autres bassins inégaux , qui sont eux-mêmes subdivisés en un grand nombre de bassins plus ou moins étendus et plus ou moins complets ; car, de même que le relèvement des schistes , des psammites et des poudingues du système quartzo-schisteux inférieur, réduit les bassins partiels aux trois autres systèmes et au terrain houiller, le relèvement du système calcareux inférieur réduit les bassins supérieurs à deux systèmes anthraxifères et au terrain houiller, et ainsi de suite. Du reste, on doit éviter de prendre ce mot de bassin dans un sens trop rigoureux , et de croire que chacun de ces petits massifs présente toujours la véritable forme de bassin, c'estrà-dire que

** Dans l*onvrage cité à la note de Farticle 563.

TERRAIN ANTHRAXIFÈRE. 849

l'OD y Toie coiutammeat les mêmes couches s'enfoncer d'un côté et se relever de l'autre ^il y a au contraire de ces massifs qui ne sont , en quelque manière, qu'une partie de bassin , c'est-à-dire qui ne présentent qu'un système de couehes inclinées dans un seul sens et qui se terminent vers leur pied en s'appuyant sur la couche qui leur sert de support commun, laquelle reparait seule au jour*

5S0. Baggindu Condros. — Les recherches de M. Dumontne s'étant encore étendues que sur la partie septentrionale du grand bassin, nous ne sommes pas à même de faire connaître positivement le nombre et la position des bassins partiels ; mais parmi ces bassins nous en indiquerons un qui forme, à lui seul, la plus grande partie d'une contrée située entre la Lesse et l'Ourte, et que Ton connaît sous le nom de Condros.

' Cettre contrée présente un grand nombre de collines longues , étroites , dirigées du S. 0. au N. £., dont les flancs en pentes douces donnent naissance à des vallées parallèles peu enfoncées. Mais ces collines et ces vallées longitudinales sont coupées par d'autres vallées beaucoup plus profondes, dirigées en tout sens , dont les flancs sont escarpés et qui servent ordinairement d'écoulement aux rivi^es. Ces dernières vallées paraissent n'avoir aucun rapport avec la constitution géognostique ; elles se propagent indifféremment dans tous les systèmes. Mais il n'en est pas de même des vallées et des collines longitudinales, les premières étant ordinairement formées par le système calcareux supérieur, et les secondes par le système quartzo-sehisteux supé* rieur, de sorte que le calcaire y forme de petits bassins longitudinaux emboîtés dans les psammltes. Toutefois ces petits bassins , au lieu d'être entièrement isolés, se réunissent souvent par une de leurs extrémités à des massifs plus étendus qui interceptent la continuation des collines longitudinales de psammites ; de sorte que l'on doit les considérer comme des parties d'un grand bassin séparées par des échancrures.

Le calcaire de ce bassin supporte quelques petits bassins houiUers qui , à l'exception de celui de Bois et Borsu, ne sont pas assez riches en houille pour donner lieu à des exploitations. On voit aussi à la surface du sol des dépôts sableux et argileux , accompagnés de fragments de phtanite et de limonite , et dont nous parlerons à la suite des dépôts métallifères.

521. Fomles.—Uéiiiiàfi des fossiles du massif anthraxifère d'entre l'Escaut et la Roer n'est pas aussi avancée qu'on le désirerait ; voici cependant la liste que donne M. Dumont de ceux qu'il a observés dans la province de Liège , savoir :

Dans le système calcareux supérieur :

Calimena TrHtani. AmmarUteê sphmricus.

~ macrophtalma. Buccinum acuium,

Orthocera striata, Evomphaluê caiiUus.

GÉOGHOSIE.

Evotnphaluê penfaguMtiê.

Turbo mufioaiUÊ,

— êirittiU9.

TUrriteUa.

Cirruê rotundaiuê.

Natica globosa.

Aeriia spirata.

Heiicina.

Hélix carinatuM, Bellerophon tenuifascia.

— aperiuê.

— hiulcuê»

— eostattu.

Terebratula lineata.

— crumenaia.

— hantata.

— indeniaia.

PfodueiUêanHquaiUê.

— - COINOficilf.

— kemûplwriouê»

— iacunosai,

— tnonticularis»

— veitita.

Spififir y lober.

— biêulcahiê.

— oblattM^

— rotundatus»

— trigonalts, Productus scoticus.

— êpinuloêuê.

•^ Martini.

— jmnctatus,

— fimbriatut.

— concinnu9.

— longispinus,

— personatus.

— plicaiUis,

— rugosus.

— êarùitmtaiuê,

— sulcaiuê.

— tranêr>er9us.

Strophamena rugosa.

— pilBopHê.

— marnupiia.

yuUtlla Hngulaia.

Cjrpricardia atmulaia.

Sanguinolaria. Gorgonia ripiateria, Fungia discoidea.

CxathophxUum turbinalum.

— cœspitosum,

Sxringopara ramulosa»

Encrinitei.

Dans le système quartzo-schisteux supérieur

Terebraittia aspera.

— H'iUmii.

— lineata, Spirifir attenuatuê.

— biêulcatus»

— lineatus.

— pinguiê.

Pfvducius aculealus.

Sirophomena pilêt^fêiê.

Pecten-pUeatw.

Lucina?

CrasMUeUa ?

Saxicava ?

Unio?

CxaihophxUum,

Encrinites.

Dans le système calcareux inférieur :

Solarium.

Korita.

TerebraMa priâca.

— , êsplanaia.

TËRRAIM AITTHRAXIFÈRE. i«l

Cy^Mifopkj^linfn jHiêuffiHn»

Ww^^»^w»w^^^^P^»^ •

— gw&urËffctntnHfmi

SpM^^Êt OitêMUthtê,

— Uneatuêr

— pemkigonum.

— ananuê.

Manon fàcQsum*

Caiatnora ^^on^Ueê,

ReteporaantiqtMm

— polxmorphM.

Jnthophxflum bicostaium.

Encrinites,

CxathophxUum dianthus.

Dans le système quartzo-schisteux

Inférieur :

Produchti hemisphœricus.

Spirifér.

— conooides.

Sirophomena.

' — cmeifmut.

Encrinites»

Indépendamment de la plupart de ces espèces , on en a trouvé dans la province de Namur d'autres qui n'ont pas encore été convenablement déterminées, mais d'après lesquelles on peut ajouter aux genres ci -dessus, des spirnles, des tnrrilites, des mélanies, des buoardes ( cardium hibemiewn deSowerby), etc.

n y a aussi dans ce terrain des végétaux qui ne sont pas encore déterminés , mais que l'on suppose se rapprocher desfucoldes.

On remarque que les fossiles sont beaucoup plus communs dans les roches ealcareuses que dans les roches sdûsteuses , et beaucoup mohis rares dans ecffles-ci que dans les roches quartzeuses* En général, c'est dans les roches ealcareuses friables qu'ils sont le plus abondants.

5S2. Dépôts métallifères. — Nous avons déjà indiqué que le masstf anthraxifëre d'entre l'Escaut et la Roer renferme beaucoup de dépôts métallifères; mais nous n'oserions assurer qu'ils appartiennent ré^élkient à ce terrain.

Ces dépôts sont principalement caractérisés par la présence de la Umonfte, que les mineinrs nomment minejcmne y par opposition à l'oligiste (515) qn*as appellent mine rouge. Cette substance est souvent de couleur jaune-brunàtre ou brune et quelquefois noirâtre; sa cohérence varie depuis l'état terreux jQsqu'à une grande ténacité. Les parties cohérentes se trouvent au mtfieu des parties terreuses sous des formes concrétionnées ou fi*agmentâires, et présentent souvent des géodes qui sont quelquefois tapissées de mamelons irisés, dont on fait de superbes échantillons de cabtaiet. Ce minerai fèumit du «er d'excellente qualité.

Les autres substances métalliques qui accompagnent la limonite, sont : la sperldse, b maroassite, la galène , la cénise , la calamine, la gmHlisanite et

Uê-^ GÉOGIfOSIE.

la willémite. La première de ces substances est quelquefois exploitée pour la fabricatiofi de la couperose; la galène Ta été dans diffèreiutos localités et l'est peut-être encore , soit pour en retirer du plomb , soit pour être directenient employée comme alquifoux; enfin ^ la calamine et la smithsonite qui ^ à l'Aitberg près d'Âix- la -Chapelle, forment une masse très- considérable, sont exploitées pour en retirer le zinc, ou pour la préparation du laiton.

Ces dépôts ont des relations géognostiques difficiles à bien déterminer, et on les a souvent considérés comme ayant des gites très -différents les uns des autres.

Ils forment notamment des filons fragmentaires qui traversent les systèmes calcareux, et qui se prolongent quelquefois dans les schistes et les psammites environnants. Ces filons renferment ordinairement, outre la limonite et les autres substances métalliques indiquées ci-dessus , de l'argile , de l'ocre, du sable , du phtanite , du quartz , du calcaire , de la dolomie , de la barytine, de l'halloysite , de l'aUophane , du lignite , de la fluorine , etc. ; sentent ces filons ne sont qu'un mélange confus de fragments de limonite et de phtanite empâtés dans une argile ferrugineuse; d'autres fois ils ressemblent davantage aux filons proprement dits , et présentent beaucoup de substances cristallisées. A Yédrin , près de Namur, où il a existé une mine importante de plomb, le minerai de ce métal occupait la partie moyenne du filon ; tandis que les pyrites dominent dans la partie inférieure, et que la Umonite était la seule substance métallique delà partie supérieure.

D'autres fois la limonite se trouve placée sur les lignes de jonction des systèmes calcareux et quartzo-schisteux , où elle forme des dépôts quelquefois très -puissants , que l'on a considérés comme des couches , comme des amas couchés , et comme dés bassins, selon ks formes qu'ils affectent et la puissance qu'ils présentent ; mais ces dépôts pourraient bien n'être que des filons plus ou moins développés. Ceux que l'on a considérés comme des bassins, parce que les matières qui les composent paraissent disposées comme les couches d'un bassin, dont les assises inférieures sont ordinairement des phtanites et des sables , donnent en général lieu aux exploitations les plus abondantes, et renferment les meilleurs minerais. On trouve notamment plusieurs de ces gttes entre la Sambre et la Meuse.

La limonite se rencontre aussi en fragments épars dans les dépôts terreux qui recouvrent le sol, et notamment dans les vallées longitudinales du Gondros (520); mais ce qui caractérise plus particulièrement oès dépôts, c'est la présence de nombreux fragments anguleux de phtanite passant qudquefois au jaspe rouge, au quartz blanc cristallisé et au silex. On voit aussi, entre autres aux environs de Ciney , de ces fragments quartzeux qui ne sont, pour ainsi dire , formés que d'un assemblage de rouelles d'encrines. Ces dépôts présentent deux circonstances remarquabtes : l'une, c'est qu'an lieu

Digiti

TERRàlN ÂRDOISIBR. t4T

de te troa?er dans la parfo la plas basse des vallées kmgitadinales, Us reposait le plus souvent sur leurs flânes , c'est -à* dire, à la ligne de jonction des systèmes cakareux et quartzo- schisteux; Fautre, c'est qu'ils passent quelquefois , en s'enfonçant , à des dép6ts de sables ou d'argile purs, ^est*àdire qui ne renferment plus de phtanite et qui n'ont plus l'apparence limoneuse des dépôts superficiels ; mais il est à remarquer que ces dépôts sableux et argileux ne sont pas ordinairement rapportés au terrain anthraxifére, et que plusieurs géologistes les ont même considérés comme tériaires *.

in» GROUPE. — Terrain ardoisier **.

533. Synonymie. — Le groupe auquel nous donnons le nom de terrain

* J*ai parié ici des minerais métaUique$ qui se trouvent dans le terrain anthraxifère d'entre i*Escaut et la Roer, parce que ces minerais forment un des caractères les plus remarquables de ce terrain, et parce que l'incertitude où Ton est en général sur le véritable âge des filons, est cause que l'on a Thabilude de les décrire avec les terrains qui les renferment; mais je suis loin de prétendre que ces minerais et les matières qui les accompagnent ont été formés à la roème époque que le terrain antfaraxifère. La présence presque conUnueUe des phtanltes dans les dépôts métallifères, et le fait rapporté par M. Bouésnel en 1810 (Journal des mines , tome XXIX, page 307) ^ que les filons métaUifères s^arrètent au terrain houiller, m'avaient porté à croire que Ton pouvait rapprocher Tépoque de la formation des dépôts métallifères de celle des phtanites qui se trouvent dans la partie inférieure du terrain bouUler ; mais , à présent qi|e les observations de M. Dumont démontrent que le terrain antbraxifère a été plissé en même temps que le terrain houiller, je suis porté à croire que les dépôts métallifères sont aussi postérieurs au terrain houiller; car la présence de ces dépôts aux lignes de jonction des différents systèmes anthraxifères , c'est-à-dire, aux points où le soulèvement d'un système iofârieur a fracturé le système supérieur, parait devoir être attribuée à une intercalation parij^ection plutôt qu'à une déposition par stratification. L'absence des filons dans le terrain houiller ue contrarie pas cette manière de voir; car elle peut provenir de ce que le terrain houiller ne s'est pas fendillé comme le calcaire , pour recevoir les matières des filons. Cette feçon de voir tendrait donc à rapprocher Torigine des minerais métalliques d'entre l'EscanC et la Roer de l'époque pénéenne, et effectivement nous aurons l'occasion de faire remarquer^ dans le liyre suivant, que c'est là une des époques où il est sorti de l'intérieur de la terre le plus de matières métalliques et quartzeuses. D'un autre côté , les rapports qui existent entre les dépôts métallifères, et ceux de sable et d'argile que l'on trouve sur le terrain antbraxifère ou plutôt dans les enfoncements pratiqués à la surface de ce dernier, et la circonstance que ces amas de sable et d'argile sont aussi le plus souvent sur les lignes où le soulèvement des systèmes inférieurs a fracturé le système supérieur, me portent à croire que ces sables et ces argiles , bien loin d'être tériaires , comme on le croit communément , appartiemient aussi au commencement de la période ammonéenne.

** rai cru devoir continuer à me servir de la dénomination de terrain ardoisier y que des considérations locales m'avaient mis dans le cas d'employer dès 1808 , non pas que je trouve ce nom meilleur que d'autres plus usités ; mais , comme je ne limite pas mon groupe de la même manière que ceux auxquels on donne d^autres dénominatieiM , j'ai cru qu'A valait

ft4« GÉ0ei!f08IE.

4ird0tikr eotreipond h une graftde partie de cdut «pie les auteirs altemaiiii appellent grmiivaeke et M. d'Aubuisson TYoMnate; mais il endiffdrt en ee qite les schistes et les psammites, que nons avons rangés dans le terrain anthrlxifére, sont aussi souvent considérés comme appartenant à la grcmfoacke.

524. Caractères principaux. — Dh reste, la distincticm entre ce groupe et le terrain anthraxifère , si tant est qu*dle existe réellem^it, est encore pins difficile à établir que oeUe entre ce dernier et le terrain houUier ; aussi devonsnous avouer que les caractères qui nous servent è séparer les terrains anthraxi- * fère et ardoisier, ne sont pas admis par la plupart des géologistes, ce qui semblerait annoncer qu'ils ne tiennent qu'à des circonstances locales. Nous ne pouvons disconvenir, en effet, que ces caractères sont, pour ainsi dire, empiriques et ne consistent que dans des circonstances qui sont de nature à varier selon les lieux ; ce sont : la tendance des roches schisteuses à présenter ûe plus grands feuillets , à mieux résister aux iniluences météoriques , à passer i l'ardoise et aux roches talciques ; la tendance des roches quartzeuses à former des quartz grenus plutôt que des psammiles, la rareté des roches calcareuses, enfin une différence mieux prononcée avec les terrains secondaires , et plus de rapprochements avec ceux qui nons restent à examiner, surtout avec le terrain talqueux.

525. Fossiles. — Les fossiles ne sont pas dans le cas de jeter beaucoup de lumière sur cette question , parce qu'ils sont fort rares dans le terrain ardoisier, et qu'étant encore plus identifiés avec la roche que ceux du terrain anthraxifère, les déterminations spécifiques sont fort difficiles. Du reste, ils paraissent avoir beaucoup de rapports avec ceux de ce dernier terrain ; ee sont, en général , les mêmes genres, et on y a notamment observé des trSol)ites , des spirifères et des encrines ; mais les espèces n'étant point , en général, bien déterminées jusqu'à présent, on ne peut encore faire connaître d'une manière positive s'il y a identité ou différence entre les espèces de fossiles enfouies dans le terrain ardoisier et dans le terrain anthraxifère, d'autant {dus -que, la plupart des auteurs ne limitant pas leurs divisions de la même manière , nous ne sommes pas dans le cas de pouvoir assurer que certains gttes appartiennent à l'un ou à l'autre de ces deux groupes. Parmi les espèces déterminées qui ont été reconnues dans le terrain ardoisier, et qui jusqu'à présent ne l'ont point été dans d'autres , nous citerons trois espèces d'ogygies (O. OueUardii, O. Demaresti, O. ff^ahlenbergii) qui se trouvent dans les ardoises d'Angers. Du reste, on ne devra pas mettre une grande importance dans les différences qui pourront être reconnues entre les fossiles du terrain

aikuxqne Je conUnuassè à me servir du nom que J*avais pour ainsi dire créé , pMôi que de ciui]igerl*acoq>lion doMée aune autre dénomitiatlon.

TERRAIN A]^D0I6I£R. i#

isurdoisier et ceux du terrain authraxifêre , pour en conclure des rapports de position, puisque nous avons \n dans la série des terrains anunonéens que les fbssOes variaient souvent avec la nature des couches y c'est-à-dire que deux couches argileuses, séparées par une couche calcareuse, avaient quelquefois des fossiles communs qui ne se trouvaient pas dans la couche calcareuse inter* médiaire.

526. Terrain ardoimer de l'Jrdenne. Caractères géographiques. — Nous prendrons pour exemple du terrain ardoisier une région qui toucha immédiatement au massif anthraxif ère quç nous avons décrit à Tartide précédent; c'est celle connue sous le nom d'Ardenne, et que nous avons d^à indiquée (76) comme s'étendant des sources de la Roer à celles de TOise.

Cette région forme un plateau entamé par des vallées plus ou moins profondes : elle est peu propre à la culture; aussi est-dle généralement couverte de landes et de fbréts.

Le terrain ardoisier s'y trouve bordé au nord-ouest par le terrain anthraxifére indiqué ci*dessus. Une autre bande de ce terrain se retrouve à l'est, mais la jonction y^est souvent cachée par des terrains ammonéens dont les divers systèmes viennent successivement recouvrir la limite méridionale de TArdenne.

527. Composition.— Le terrain ardoisier de cette région est principalement composé de couches alternatives de roches schisteuses et quartzeu^es, plusou moins inclinées, très-souvent verticales, communément dirigées du nord-eat au sud-ouest, formant des espèces de bandes qui paraissent moins constante^ que celles du terrain anthraxifère, et (pii sont traversées par de nombreux filons ordinairement quartzeux.

« 528. Boches schisteuses. — Les roches schisteuses de l'Ardenne appartiennent en général au schiste ardoise; leur couleur la plus ordinaire est legris^ Ueuàtre, qui passe souvent au verdâtre , au rougeâtre , au gris de cendre, etc.; mais, qiieUe que soit la couleur et même l'état d'altération de l'ardoise, on peut la distinguer du schiste argileux du t€a*rain anthraxif ère par sa cassure, qui est toujours schistolde jusque dans ses plus petits fragments; par sa tendance à se diviser en grands feuillets et non en petits fragments, parce qu'elle résiste beaucoup mieux aux influences météoriques, et parce que les résultats de sa décomposition sont d'une nature différente de ceux des schistes argileux. On a vu, en effet, que ces derniers se décomposent en une terre argileuse, quelquefois sablonneuse ; tandis que Tardoise donne naissance à une terre légère, onctueuse, qui ne fait point pâte avec l'eau.

Les ardoises qui se montrent au jour sur les plateaux, ont en général éprouvé une certaine altération; dles ont une couleur plus pâle que les autres, et deviennent souvent blanchâtres ; elles sont tendres, friables, douces au toucher, d'un aspect stéatiteux; mais il est à remarquer que ce genre d'altératipn

tm GÉOQNOSIE.

n'a pas lien dans les ardoises que l'on expose maintenant aux actions météoriques , ni même dans celles qui se montrent au jour dans les escarpements qui forment les flancs des vallées^ ce qui annonce un ordre de chose analogue à ce que l'on remarque dans plusieurs espèces de roches amphiboliques et Mdspathiques.

Les ardoises de l'Ardenne, et notamment les carrières de Fumay, donnent de très -bons matériaux pour couvrir les toits; on les emploie aussi pour la bfttisse, le carrelage et autres usages.

529. Ces ardoises ont une grande tendance à passer au stéaschiste , et l'on voit souvent dans l'ardoise ordinaire des parties qui forment un tout avec la masse , et qui doivent être considérées comme du stéaschiste ; d'autres fois ce ^ont des couches entières qui présentent ce changement. En général, ces parties prennent une couleur verdâtre, passant à l'olivâtre et même au blanchâtre, et sont quelquefois accompagnées de silicates magnésiques et aluminomagnésiques à l'état cristallin. Ces substances se trouvent surtout très-bien caractérisées dans les géodes et dans les filons de quartz blanc qui sont si fréquents dans le terrain qui nous occupe.

Parmi les autres roches auxquelles passe l'ardoise de VArdenne, une des plus remarquables, sous le rapport économique, est le schiste coticule ou pierre à rasoir^ qui forme des veines jaunâtres au milieu de l'ardoise bleuâtre ; nous devons aussi citer des ampélites ou crayon des charpentiers, et d'autres roches schisteuses qui, plus tendres que les ardoises , servent à Cadre des crayons pour écrire sur les plaques d'ardoise ; quelquefois les ampélites du terrain ardoisier ressemblent tellement au schiste houiller , qu'on y a déjà entrepris des recherches de houille , mais toujours infructueusement.

Une autre roche assez remarquable qui a été trouvée à Ottré , province de Luxembourg, parait être un stéaschiste renfermant de petits grains noir&tres d'une substance laminaire , que l'on a cru pouvoir rapporter à la diallage et dont on a fait aussi une espèce particulière sous le nom SoUrélite,

580. Roches qiuj/rtzetises. — Les roches quartzeuses de l'Ardennc présentent plusieurs modifications : la plus abondante est le quartz grenu , dont la couleur la plus ordinaire est le grisâtre passant souvent au bleuâtre et au noirâtre, quelquefois au jaunâtre et au rougeâtre. Sa texture est souvent schistoîde , d'autres fois la roche forme des couches massives très-puissantes; les variétés noires ont quelquefois l'aspect extérieur des trapps, et plusieurs minéralogistes les considèrent comme appartenant à cette espèce, quoique leur infusibilité nous les ftisse encore ranger dans le quartz grenu ou dans lé phtanite. En général, c'est par les variétés de couleur foncée que le quartz grenu passe aux roches schisteuses ; tandis que les variétés grisâtres , jaunâtres ou rouge&tres font plus communément le passage au psammite , au grès et aa poudingue.

TERBAIN ARDOISIER. m%

Les poudingnes de TArdenne ont, en général, une certaine tendance à la stmctnre leuiOetée , qui leur donne un aspect particulier et rappelle un ter* rain où cette structure est presque générale; en effet, ils tendent ordinairement à se rapprocher des quartz grenus schistoldes ou des ardoises , et on ▼oit souvent des noyaux quartzeux qui s'allongent et s'unissent intimement avec la pète , laquelle devient souvent d'une nature analogue à celle de Tardoise et du stéaschiste; alors leur texture ressemble plus à celle des gneissesqu'à celle des poudingues, d'après l'idée que l'on a de ceux-ci. Indépendamment de cette plus grande tendance à prendre la structure schistoide, il paraît que les poudingues du terrain ardoisier peuvent se distinguer de ceux du terrain anthraxifère, parce que la couleur rouge y ^st moins commune, parce qu'an lieu de passer au schiste argileux , ils passent à l'ardoise stéatiteuse, et parce qu'ils présentent plus rarement des noyaux arrondis *. •

Les psammites ne sont pas très -communs en Ardenne, si ce n'est sur les bords delà région, où Us se lient avec le système inférieur du terrain anthrasofère. Ils fènt cependant , sous le nom de pierre à fàtia , l'objet d'un commerce assez avantageux pour les environs de Yiel-Salm et de Houffalize. Cette pierre est un psammite schistofde verdàtre, très-micacé, qui se trouve réellement dans le terrain ardoisier. Quand elle n'est pas trop feuilletée , on l'en^ ploie aussi à feire des meules à aiguiser.

Les grès sont encore moins communs dans cette région que le psanmdte; on exploite cependant, entre Weisme et Malmédy , un beau grès blanc trèsbien prononcé; mais il a une tendance particulière à prendre une texture analogue à celle des poudingues , et il passe à une roche composée d'une pâte degrés blanc, farcie de grains de la grosseur d'un pois, de quartz gras tran^ Xiarent. En général, le passage des grès et des psammites du terrain ardoir sier au poudingue, donne naissance à beaucoup de grès et de psammites à groa grains ou de poudingues à petits noyaux.

* n ne ftnit pas confondre ces poudingues du terrain ardoisier avec un autre dépôt qui a des caractères très-différents et qui se trouve aussi dans les limites géographiques de TAr^ denne , entre Malmédy et Stavelot , où il remplit une espèce de cavité du terrain ardoisier, avec lequel U est en stratification discordante. Ce dépôt est principalement composé d*un poudingue, formé de gros noyaux de grès et de quartz grenu , quelquefois de calcaire et de quartz blanc , plus ou moins liés par un cfutent très-forrugineux. Celte roche passe au pséphite , au schiste et au grès rouge , surtout dans la partie supérieure du dépôt. M. Dumont y a observé les fossiles suivants : une turritelle, les Spirift^r aUenwUua ^iroUtnéatui , un strophomène, le Strofnaiopora œncmUrica, les Çjratkophyllum pUcaium, penSagamÊm et ananas; les Aatrea parosa et agaricites , le S^jrringopora cœspiiosa, les Calamcpora goMandica^polXtuùrpha et spongites, et des encrines. Ces fossiles annoncent les terrains hémilysiens ; mais , comme ils se trouvent dans des noyaux qui peuvent appartenir à une époque antérieure à la formation du dépôt poudingiforme , d'autres considérations ont fait rapporter celui-ci au groupe pénéen.

V$t QÉOQUOUE.

. Ces grès et ces psammites eonUennoit quelqueMs da feldspaUi ordinaire oi^t altéré, et devienneat des arkoses, lesquelles diffèrent peu des grès et des psammites ordinaires*

Le quarts blanc compacte forme une grande quantité de veines et de filoni dans les couches schisteuses et quartzeuses qui Tiennent d*étre indiquées. Quelquefois, surtout dans les quartz grenus , ces veines sont si nomlmsuses qu'elles forment des mélanges analogues à ce que l'on remarque dans certaim marbres. D'autres fois , surtout dans les couches schisteuses , le quarts forme des ilons assez puissants que Ton exj^oite pour les employer dans les fabriques de poredaine ou de ftiience et dans les verreries.

&51. Boches ealcareuses. — Quoique le calcaire soit en général si rare dans le terrain ardoisier de TArdenne, que son absence est un des caractères qui le font distinguer des dépôts anthraxifères voisins « U ne lui est pas tout à fiait étranger , et l'on a notamment trouvé à Aile , à l'ouest de Bouillon, un banc mince de cette roche. Elle y est bleuâtre , d'une texture lamellaire, mais si feuiUetée que , si on n'y faisait pas une attention particulière , on ne la distinguerait pas de l'ardoise , dans laquelle elle est intercalée en stratification concordante , et avec laquelle elle se lie si intimement, qu'une partie du banc calcaire est encore de l'ardoise.

532. Boches porphyroideg.— On a observé à Deville , an nord de Mézières, une roche intercalée dans le terrain ardoisier ordinaire , et qui s'en distingue par la présence d'une grande quantité de cristaux , de grains et de noyaux de fioUbipath. Cette substance y est accompagnée de grains de quartz limpide oa gris de fumée, et le tout est enveloppé dans une pâte grenue qui avait d'abord été rapportée aux roches qui, dans cette contrée, forment souvent le passage enbre le quartz et l'ardoise, mais qui pourrait aussi être rapprochée des dioriteft stéatiteux.

La question se présente maintenant de savoir si cette roche, qui diffère tant de celles qui composent la masse principale du dépôt ardoisier de ces contrées , doit être considérée comme faisant partie de ce terrain ou comme appartenant au groupe porphyrique? La première de ces opinions avait d'abord été adoptée, parce que l'on voit des liaisons et des passages entre la roche porphyrolde de Deville et d'autres qui appartiennent décidément au terrain ardoisier, c^Bst-à-di^e qu'il y existe, près de la roche porphyrolde, des bancs qui sont décidément en stratification concordante avec le terrain ardoisier, et qu'à la première vue on prendrait pour des schistes grossiers, mais où l'on aperçoit, avec un peu d'attention , tous les éléments de la roche porphyrolde. Le feldspath n'y forme plus de cristaux , mais on le reconnaît aisément par sa texture laminaire et son clivage rhomboldal ; le quartz s'y distingue par sa cassure vitreuse ; l'un et l'autre se confondent avec une pâte feuilletée qui parait analogue aux stéaschistes que nous avons dit être subor-

TERAAIN TALQUEUX. 285

talqueux se distiogae des groupes précédents par la fréquence de la texime cristallme, et par la tendance que plusieurs de ses systèmes ont de se rapprocher du terrain granitique; les textures scbistolde et saccbarolde y sont aussi très -communes, et, quoique les dépôts de ce groupe se lient, ainsi que nous venons de le dire, avec des terrains qui pourraient être assez élevés dans la série secondaire, il ne parait pas que, jusqu'à présent, on Fait vu recouvrir d'une manière positive aucun des autres groupes que nous avons examinés dans les articles précédents.

ô^. Synonymie. — Le terrain talqueux, tel que nous l'entendons , comprend, à peu près , toutes celles des associations de roches appelées terrains primitifs qui ne àe rangent pas dans nos groupes granitique et porphyrique , notamment celles que l'on a désignées par les noms à'^ formation du schiste talçueua:, formation du schiste micacé et formation du gneisse : il est probable aussi qu'une grande partie des calcaires et des quartz dits /^nimttfs, doivent se ranger également dans ce terrain; aussi le nombre de roches qui entrent dans sa composition est-il très-considérable.

537. Caractèresi géographiques. — Ce terrain est très-répandu à la surface du globe; cependant les massifs où il se montre seul au jour sont rarement d'une grande étendue ; U constitue quelquefois des cimes très-élevées, et parait également dans des contrées très-basses ; mais , en général , on ne le voit pas dansées grandes plaines, qui sont ordinairement recouvertes par des terrains tériaires. iLe terrain talqueux , de même que le terrain ardoisier, est peu favorable à la culture , et les lieux où il est au jour sont ordinairement peu fertiles et couverts de landes , de pâturages ou de forêts.

538. Division en systèmes. — On sent, d'après ce que nous avons dit cidessus , que la position des divers systèmes qui composent le terrain talqueux, n'est pas assez connue pour que nous puissions leur assigner un ordre géognostique bien déterminé; ce qui d'ailleurs ne paraîtra pas étonnant, quand on fera attention que nous avons maintenant perdu les deux guides principaux qui nous ont dirigé dans l'arrangement des groupes précédents, savoir la superposition des masses, et la nature des fossiles. Nous avons vu , en effet, que plus nous avançons dans la série des terrains, moins la position apparente des couches peut nous instruire sur leur position originaire, parce qu'elles sont souvent renversées ou repliées l'une sur l'autre ; or, le terrain talqueux a une stratification encore plus généralement inclinée et contournée que les terrains précédents. Pour ce qui concerne les fossiles, il n'est pas démontré qu'il en existe dans le groupe qui nous occupe ; ceux que l'on a cru pouvoir lui attribuer appartenant probablement aux terrains supérieurs.

D'un autre côté, il est très-possible qu'il n'y ait pas d'ordre de superposition constante entre les systèmes du terrain talqueux, mais que les différences que nous remarquons entre ces systèmes ne soient que le résultat du

« développement accidentel de certaines couches ou de certaines substances qui entrent dans la composition générale de ce terrain , ainsi qtie nous avons déjà eu l'occasion de le foire remarquer pour d'autres groupes. En effet, il est très-rare que l'on trouvé^ un massif un peu puissant de ce terrain, sans que Ton y reconnaisse, en plus ou moins grande quantité, et souvent en stratification alternative , plusieurs des roches qui caractérisent les principaux systèmes.

Quoi qu'il en soit , on peut reconnaître dans ce groupe cinq systèmes principaux , selon que dominent le stéaschiste , le quartz , le calcaire , le micaschiste et le gneisse ; et , malgré , ainsi qu'on Ta vu ci-dessus , que l'on n'ait point de données positives sur la position respective de ces systèmes, il parait que le premier est ordinairement le plus élevé , et que les deux derniers sont ordinairement les plus inférieurs , et ceux qui se lient le plus intimetient et le plus fréquemment avec le terrain granitique. Quant au quartz et au calcaire, il paratt qu'ils sont moins abondants , et qu'ils pourraient être considérés comme subordonnés dans les autres roches plutôt que comme formant des systèmes particuliers.

53^. A côté de ces systèmes , on en a placé d'autres où dominent respectivement des roches schisteuses, feldspathiques, amphiboliques, pyroxéniques, et des ophiolites ^ mais nous croyons que les dépôts principaux de ces roches doivent être considérés comme appartenant à d'autres groupes , notamment à notre terrain ardoisier pour ee qui concerne les roches schisteuses, et au terrain porphyrique pour ce qui concerne la plupart des autres. Nous ne voulons pas contester néanmoins que toutes ces roches ne se lient de la manière la plus intime avec celles que nous rangeons dans le terrain talqueux ; tout parait même prouver que les substances qui donnent le caractère principal à ces roches , se trouvent réellement disséminées dans les roches propres au terrain talqueux.

540. Système du stéaschiste. — Le premier des systèmes indiqués cidessus , celui où domine le stéaschiste, que l'on désigne souvent par la dénomination de formation du schiste talqueuœ, et que l'on a quelquefois confondu avec le micaschiste , se lie d'une manière toute particulière avec le système quartzeux ; car le stéaschiste , ainsi que nous l'avons déjà ftiit remarquer (Min. 1,097) , contient presque toujours du quartz et passe fréquemment au quartz talcique. Il y a cependant dans ce système des bancs subordonnés, des amas ou des filons qui paraissent n'être composés que de silicates de magnésie, et que l'on est dans l'habitude de rapporter aux espèces talc, stéattte et serpentine d'après leurs caractères extérieurs ; mais nous avons déjà eo l'occasion de feire voir {Min. 615 à 624) que ces caractères n'étaient point en rapports avec la composition atomique, et que ces matières n'étaient en général que des mélanges d'espèces proprement dîtes. Les stéaschistes sont

TERBÂIN ARDOISIER. 2^

doués dtiu les ardoises; mais eette ^pèce de passage enb^e la nasse porphyrolâe et le terrain ardoisier ne prouve plus que celle-là appartienne à €^lui-ei, depuis qu'il est reconnu que les parties des dépôts neptuniens qui ayoisinent les masses plutoniennes diflPèrent soutent des autres parties de ces dépôts , et sont quelquefois eosnme imprégnées de substances qui oartetérisent les masses plutoniennes. Or, quoique l'on n'ait pas encore recQnw positivement si la roche porphyrolde de Deville forme un banc ou un d]fke, •nous >6ommes porté à adopter maintenant la seconde de ces opinions , et à y voir une dépendance du terrain porphyrique analogue aux diorites du Brtr bant et du Hundsrûck, qui, d'après toutes les apparences, forment des cuk>ts ou des dykes au milieu de massif^ ardoisiers qui composent probaUemeAt un même ensemble avec celui de l'Ardenne , dont ils ne sont séparés que .par deux bandes ou bassins de terrains supérieurs.

533. Fossiles. — La connaissance des fossiles du terrain ardoisier de l'Ardenne est une science à peu près nouvelle, car il y a quelques années .que l'on contestait encore l'existence de ces corps, tandis qu'à présent on en j déjà observé une assez grande quantité , mais qui ne sont pas Uen déterminés. Les plus communs sont des spirifères très-allongés dans le sens de leur largeur ; on y a aussi trouvé des calymènes , des asaphes , des penta^rinites , une hamite et un polypier voisin des astrées, que l'on avait pris originair^nent pour une plante.

534. GtÊes métallifères. — L'Ardenne renferme beaucoup de gites mértailifères, quoi qu'il n'y ait pas de mines très- importantes. Ces gites sont fort différents de ceux des massifs anthraxifères et ammonéens qui les avoisinent; au lieu des matières terreuses qui dominent dans ces derniers, ceux du terrain ardoisier sont principalement composés de matières à textures cristallines ou massives, et au lieu d'être presque toqjours accompagnés de limonite, cette substance ne s'y trouve que dans quelques localités particulières. D'après M«Cauchy *, les gîtes métallifères de l'Ardenne ne formentquetrès-rarement des filons, mais ils sont en général disposés par amas couchés ou par séries denîds, de noyaux et de cristaux disséminés dans des couches schisteuses et suivant la même direction que celles-ci. Ils présentent plusieurs espèces de minerais.

Celle qui donne lieu à l'exploitation la plus importante, est Idmùwrai de plomb de Longwilly, près de Bastogne ; la «prineqMiIe substance métallique y est la galène souvent antimonifère : elle s'y trouve en cristaux ou eo plaques qui s'étendent le long des parois de schiste. On trouve aussi dans la partie qui avoisine la surfïM^ , des cristaux de céruse et des cristaux ou des concrétions de pyromorphite, et aux points où ces deux substances cessent de se montrer, on voit paraître de la marcassite et de la blende.

* Annales des mines , S» série , tome IV, page 409.

S»4 GEOGNOSIE.

Le fmnerai de cuivre a aussi %té exploité à Stolzenbourg près de Vianden. Il s'y compose de chaikopyrite associée avec de la marcassite, dn sidérose, du calcaire, du quartz et de la barytine. A Yiel-Salm on voit des endnits et des cristaux de malachite, d'azurite et d'aphérèse.

Le minerai d'cmtimoine a été également exploité à Gœsdorf près de Wilz, où il présente de petits amas et des veines de stibine laminaire.

Le minerai de m^nga/nèse se trouve à Bihain et dans quelques autres lieux des environs de Viel-Salm. Il paraît y être composé d'un mélange d'oxydes et d'hydrates de ce métal. Sa couleur est noirâtre, son aspect terne, et il s'unît d'une manière très -intime avec les roches schisteuses dans lesquelles il est intercalé.

On trouve aussi en Ardenne plusieurs espèces de minerai de fer. La plus abondante est la limonite, qui a notamment été exploitée près de Champion, à l'est de Marche, et qui l'est encore pour les forges de Linchant au nord de Mézières : sa texture y est ordinairement compacte et sa couleur brune. L'oligiste rouge colore souvent les roches schisteuses ; l'oligiste spéculaire forme dans les filons quartzeux des environs de Yiel-Salm de grandscristaux, ou des . plaques laminaires d'un gris d'acier. L'aimant se trouve fréquemment en petits grains ou en petits cristaux octaèdres disséminés dans les ardoises : en est de même de la marcassite, qui accompagne aussi presque toutes les autres substances métalliques, et dont les cristaux se trouvent quelquefois en tout ou en parties transformés en limonite.

IV' GROUPE. — Terrain talqueux.

535. Caractères généraux, — Le groupe que nous désignons par le nom de terrain taUfueuXy parce que la plus grande partie des roches qui le composent renferment dn talc , de la stéatite ou du mica , forme une association moins naturelle que celles des groupes précédents , et nous n'oserions assurer qu'il ait une position bien déterminée dans l'écorce du £^obe; car les divers systèmes que nous réunissons dans ce groupe sont très-différents les uns des autres ; et, quoique les géologistes aient été longtemps d'accord pour considérer ces systèmes comme inférieurs à tous ceux que nous avons examinés jusqu'à présent, il en est qui se lient intimement avec le terrain de la Tarentaise, que M. Élie de Beaumont, ainsi que nous l'avons dit ci-dessus (454), place dans une position assez élevée parmi les terrains secondaires. Il résulte de ces circonstances, que la détermination de la position du terrain talqueux et l'expression de ses caractères généraux sont encore plus difficiles que celles des autres groupes; du reste, nous croyons que l'on peut dire que, indépendamment de l'abondance des roches talciques et micaciques, le terrain

TERRAINS PLUTONIENS. d»9

645. Minéraux disséminés, et gttes méMlifères. — Le terrain talqueux renferme une si grande quantité de minéraux disséminés, que, si nous voulions en foire Ténumération, nous, serions presque obligé de répéter une nomenclature minéralogique. Nous citerons parmi les plus abondants , le grenat, la tourmaline, l'épidote, le disthène, le zircon. Mais c'est surtout par ses nombreux gîtes métallifères que ce terrain est remarquable; les uns sont en filons, les autres en amas couchés. Ils paraissent s'étendre indistinctement dans tous les systèmes : on serait cependant tenté de les considérer comme plus communs dans le micaschiste et dans le gneisse que djins les autres systèmes; tel est le cas des mines d'argent, d'étain, de cobalt, qui se trouvent en Suède et en Allemagne, ainsi que de quelques mines de cuivre, de plomb, de fer, etc. C'est aussi au terrain talqueux que paraissent appartenir les gîtes les plus riches d'or et d'argent de l'Amérique.

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