TERRAIN HOUILLER
tiennent presque tous aux terrains^hooillers de l'Europe et des parties tem* pérées de FAmérique septentrionale ; quatre espèces seulement proviennent de llnde et de la Nou?elle-HolIande; ce sont le Gloa^opterù Bnjwmama, le PeoopteriscUata, le ZeugophyUites cdlamoides et le Pkyllotheca atêstrcUù. Cependant., s'il était permis de tirer une conclusion sur un aussi petit nombre d'échantillons, dont quelques-uns sont même douteux sous le rapport de leur gisement géognostique, on pourrait supposer que la flore houillère de la zone torride présentera les mêmes caractères que celle de nos contrées de la zone tempérée boréale.
n parait également ^ d'après quelques échantillons rapportés dans ces derniers temps du Groenland , que les végétaux du terrain houiller de la zone glaciale sont aussi les mêmes que ceux de notre zone tempérée.
Les débris d'animaux sont beaucoup plus rares dans le terrain houiller; on y a (cependant observé des restes de poissons, ainsi que des coquilles des genres ammonite, orthocère, bellerophe, évomphale, turritelle, lingule, térébratule, producte, pentamère, peigne, vulselle, moule, nucule, mulette, mye et saxicave.
499. Terrain houiller d'entre l'Escaut et la JRoer. — A ces indications générales sur le terrain houiller , nous allons joindre quelques notions sur un dépôt puissant qui forme , entre l'Escaut et la Roer , une grande bande ou série de bassins et qui s'enfonce à ses deux extrémités sous des dépôts secondaires.
500. Division en bassins. — Les bassins houillers que renferme cette étendue sont très -inégaux, les uns étant fort considérables et les autres ne formant que des espèces de taches ou de rudiments. Parmi les premiers on doit surtout citer les bassins de Liège et de Gharleroy , qui, n'étant séparés que par une petite arête de calcaire à l'est de Namur , ont souvent été considérés comme une seule bande. Du reste, on ne connaît pas encore bien l'étendue de ces bassins, surtout celui de Gharleroy, parce qu'il est recouvert, dans plusieurs portions de sa partie occidentale , par des terrains secondaires; de sorte que l'on ne pourrait pas encore dire si les riches mines de Mons et de Yalenciennes appartiennent à des bassins particuliers , ou si elles font partie du bassin de Gharleroy, qui,' dans ce cas, serait extrêmement grand. Les très-petits bassins se trouvent principalement disposés latéralement au midi des grands ; la plupart ne donnent lieu à aucune exploitation de combustible.
501. Composition. — Les principales roches qui composent ce terrain sont, comme ailleurs, la houille, le schiste argileux et le psammite, lesquels passent au schiste bitumineux , à l'ampélite alunifère , au phtanite , au grès , au sidérose, etc.
502. Houille. — La houille forme des couches dont l'épaisseur est très-
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variaUe ; on en cite de plus de deux mètred, et d'autres fois elles ne consistent qu'en de simples indices. Cette houille est généralement feuilletée, mais sa texture présente beaucoup de variations; il y en a qui est compacte, d'autre dont les feuillets sont si minces qu'elle ressemble à de l'oligiste laminaire, quelquefois elle est terreuse et pulvérulente. Elle est toujours d'un noir assez foncé, souvent éclatante, ayant même le brUlant métalfique. Ses qualités, comme combustible, sont aussi très -variables, et on trouve des nuances depuis les houilles les plus grasses jusqu'aux houilles les plus sèches. Les premières s'enflamment avec facilité , brûlent avec rapidité et ne laissent presque aucun résidu; les secondes s'allument avec difficulté, brûlent avec lenteur et laissent un résidu d'argile ferrugineuse assez considérable. Ces dernières variétés, que l'on appelle howlle maigre/ terre houille ou téroule, sont avantageuses pour le chauffage des classes peu aisées, par suite de la lenteur de leur combustion.
On trouve quelquefois au milieu des houilles grasses des fouillets d'anthracite qui se distinguent de la masse principale , parce qu'ils ne brûlent pas lorsqu'ils sont exposés au feu. D'autres fois la houille passe à la substance que l'on a nommée houille dalolde, c'est-à-dire, à une matière qui a tous les caractères du charbon de bois , qui se présente quelquefois en parties solides liées intimement avec la houille ordinaire, au milieu de laquelle eDe se trouve , et qui fait entendre absolument le même cri que le charbon de bois, lorsqu'on veut le rayer dans un sens contraire à la direction des fibres; d'autres fois cette matière forme des espèces d'enduits friables qui recouvrent l'extérieur des couches de houille.
La sperkise et la marcassite se trouvent aussi quelquefois dans la houille, soit en rognons , soit en dendf ites. On sent que leur présence nuit à la qualité du combustible, qui , alors , devient impropre à plusieurs usages économiques.
On trouve encore , mais rarement , du calcaire dans la houille , soit sous la forme de simple infiltration , entre les fouillets de houille , soit sous celle de noyaux cristallins.
On a remarqué qu'en général les couches de houille sont plus puissantes, et le combustible de meilleure qualité vers le milieu des bassins que vers leurs extrémités : aussi est-ce ordinairement vers les extrémités des bassins que l'on trouve le plus communément la houille maigre ou terre houille.
Les exploitations de houilles les plus importantes , sous le rapport de la richesse de leurs produits , sont celles des environs de Mous et de Charleroy ; mais celles de Liège sont plus remarquables par les difficultés que l'art doit y vaincre , et par la puissance qu'y présente le terrain houiller. La détermination du nombre de couches de houille que renfeiine ce terrain, a donné lieu à beaucoup d'incertitudes, à cause des irrégularités que présente l'allure de
TERRAIN MOUILLER. tSS
ces couches ; mais M. Dumont ^ fixe à 86 le nombre de celles qui CTStent dans le bassin de Liège.
503. Boches scMsteuses, — Les schistes du terrain houiUer sont ordinal* rement grisâtres ou brunâtres , et deviennent quelquefois tout à fait noirs : c'est le cas principalement de ceux qui avoisinent les couches de houille. Aussi cette couleur se perd par Faction du fèu , ce qui annonce qu'elle est due à une matière charbonneuse. Leur dureté est très-variable, car d'un c6té ib passent à l'argile, et de l'autre au phtanite ; ils ont tous une grande tendance à se décomposer par les influences météoriques; il y en a qui forment des couches compactes, où l'on ne distingue pas la structure schistoide.
L'ampélite alunifère ne parait d^érer des schistes noirs de ce terrain que par sa propriété de donner de l'alun, après avoir été grillé. Cette roche est principalement exploitée sur les bords de la Meuse , entre Liège et Huy.
504. Boches quartzeuses. ^Les psammites sont ordinairement grisâtres, et passent au brunâtre , au noirâtre , au rougeâtre et au bleuâtre. Ils renferment communément de petites paillettes de mica. Ils ont souvent la texture schistoide , et passent au schiste argileux ; d'autres fois ils passent au grès. On en voit qui contiennent des fragments de houille, et on peut citer à cette occasion un psammite gris, passant au grès blanc, que Ton a exploité au château de Namur , et où l'on voit beaucoup de ces fragments de houille qui semblent provenir de débris de végétaux.
Ces roches sont employées à faire des pavés, des meules à aiguiser, des moellons , etc.
Les psammites passent aussi aux phtanites; ces derniers sont presque toujours schistoldes, et passent aux schistes argileux; souvent ils sont noirs, quelquefois gris , d'autres fois blanchâtres, jaunâtres, rougeâtres ; ils deviennent quelquefois translucides , et passent au silex.
505. Sidérose. — Le sidérose se présente souvent sous la forme de rognons ou de blocs ovoïdes engagés dans le schiste argileux ou dans la houille; lorsque ces rognons ont été exposés quelque temps aux influences météoriques, ils se divisent par lames concentriques. D'autres fois le sidérose forme de$ couches au milieu du schiste argileux, et alors il est très-difficile de le distin* guer de celui-ci par la simple vue. On a employé ce minerai , depuis quelques années , dans les environs de Liège , pour la préparation du fer.
506. Subdivision en étages ou systèmes.— -Les subdivisions gédgnostiques que l'on pourrait établir dans le dépôt houiller qui nous occupe, n'ont pas encore été étudiées avec tout le développement nécessaire. Le premier travail de ce genre qui ait été fait est celui de M. Dumont, sur le bassin de Liège , où fl distingue trois étages particuliers. Le supérieur occupe le centre du bassin,
* Dans Tonvrage cilé à la note de Tarticle 363.
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et forme les plateaux des environs de Liège; il a une stratification beaucoup plus compliquée que l'étage moyen , lequel forme une es^ce de ceinture autour de Liège. Enfin ^ l'étage inférieur , qui se montre à découvert dans h plus grande partie du bassin ., est remarquable par la quantité de plis que font ses couches.
507. Liaison avec le terrain anthraanfère. — Tous les bassins de ce dépôt houiller sont placés dans le terrain anthraxifère, et quoique leur superposition à ce terrain puisse être maintenant considérée comme constatée, elle est ordinairement trés-difficile à reconnaître , attendu que les points de jonction sont souvent masqués , et que les superpositions se montrent fréquemment en sens inverse de leur position originaire , c'est-à-dire que l'un des bords d'un bassin se trouve, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, replié sur l'autre bord de manière que la couche qui, d'un c6té est inférieure, semble devenir supérieure de l'autre côté.
Du reste , il y a une liaison si intime entre le terrain houiller et le terrain anthraxifère, qu'il est presque impossible d'établir la ligne de séparation; car, outre que ces deux terrains ont le même mode de stratification, et qu'il n'y a souvent aucune difi^érence entre les schistes houiUers et les schistes anthraxifères , il est à remarquer que la houille et le calcaire bleu, qui sont respectivement leurs roches les plus caractéristiques , pénètrent réciproquement dans l'un et dans l'autre, de manière que l'on voit quelquefois du calcaire dans la partie inférieure du terrain houiller, et de la houille dans la partie supérieure du terrain anthraxifère.
On remarque que la partie inférieure du terrain houiller est souvent caractérisée par la présence de l'ampélite alunifère, et plus souvent par des phtanites.
508. Fossiles. — Ce terrain houiller renferme beaucoup de débris de végétaux, qui se trouvent principalement dans les couches de schistes qui avoisinent la houille. Ils s'y présentent ordinairement sous la forme d'empreintes qui sont , pour ainsi dire , imprimées sur le schiste ; mais quelquefois le végétal a plus ou moins conservé son épaisseur originaire, et sa substance se trouve remplacée par de la houille ou par la matière même du schiste. Voici la liste des végétaux fossiles que M. D. Sauveur , fils , y a observés :
Fucoides. Plusieurs espèces. CatamUes dubtuê, Art». CalamUeê approximaius, Schl. * ~ diêtanê, Stbk.
— Suckowii, Ad. Bk. — ciati, Ad. Bi.
— undfUatUê, Ad. Bk. — cannœfbrmis, Scbl.
* Les noms des auteurs auxquels sont dues les déterminations des espèces sont indiqués par les abréviations^suivantes : Adolphe Brongniart , Ad. Br. ; D. Sauyeur, Saut.; de Schlottheim, Schl.; de Sternberg; Stsr.